La Duchesse Glends'Gôl et l'Esclave au Sang d'Or

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Dim 18 Nov - 14:19
J'avais finalement réussi à approcher les Enfants de la Liberté. Ce fameux groupe de rebelles qui avait pour objectif le même que le notre à savoir : combattre l'esclavage. Leurs méthodes étaient différentes des nôtres, mais complémentaires. J'avais fait fonctionner mon seul contact qui avait pu m'aider à les approcher : Tyr Mimir. Cela avait fonctionné. J'étais devenue à leurs yeux « La Fille du Défenseur de Niamed » et donc quelqu'un de confiance. Mes actes avaient été assez éloquents pour les encourager à me confier quelques tâches. Pour continuer à leur prouver ma bonne volonté, j'acceptai de leur rendre un service qui, dans tous les cas, nous serait également profitable à Sëya et moi-même dans notre lutte pour l’abolition de l'esclavage.

La lourde mission qui me fut confiée était de partir à la rencontre d'esclaves pour les convaincre de se libérer de leurs chaînes. Les Enfants de la Liberté étaient assez bien placés pour avoir une liste de ces personnes. Ils savaient à qui ils appartenaient et qui je devrais rencontrer pour approcher ces esclaves encore trop apeurés pour accepter de se libérer... ou même de se laisser libérer par autrui. Aujourd'hui je devais m'occuper d'approcher les esclaves que l'on disait totalement asservis et pliés à la volonté de leur Maître : Lëray Näzre’Han. L'homme en question organisait, paraissait-il, quelques soirées mondaines assez extravagantes, à la limite de la décadence m'avait-on affirmé. C'était en tout cas l'occasion idéale pour approcher les esclaves qui étaient sous son joug.

Avec l'aide de mon cousin qui avait accepté de nous venir en aide malgré lui, je pus me faire inviter à l'une de ces soirées. Pour ce soir, je serais Badb Glends'Gôl, la fille de Saladin Glends'Gôl, que l'on pensait tous parti en voyage. La vérité, c'est que Saladin avait signé son propre arrêt de mort en rejoignant les Hayert'Väals. J'avais du combattre mon propre père génétique jusqu'à ce qu'au final... ce soit lui qui me sauve d'un fils de Kaliqua, sacrifiant ainsi sa vie pour moi. Nous avions été ennemis, mais mon père, malgré tous ses travers, avait donné sa vie pour moi. Et à présent il me donnait également l'occasion de combattre l'esclavage de par son nom et son sang.

L'on me fit belle, me coiffant, me pouponnant et m'habillant comme une vraie duchesse, à la manière des Glends’Gôl, c’est à dire : vêtements sombres et maquillage terne aux couleurs froides. J’étais fin prête à partir de la demeure des Nazen pour rejoindre celle de Näzre’Han. Sëya avait fait apprêter un calèche pour moi, elle aussi devait se rendre ailleurs, probablement auprès de la Princesse qui souhaitait lui parler. J’étais légèrement tendue, la supercherie que je m’apprêtais à jouer comportait de nombreux risques. Après tout, mon apparence n’était pas des plus ordinaire : un œil bleu, un œil rouge, une mèche blanche parmi ma tignasse brune cuivrée. Il y avait peu de chance de me confondre avec quelqu’un d’autre. Näzre’Han, cependant, n’avait pas fait parti de la réception que nous avions donné en l’honneur de notre manifestation contre l’esclavage. Il y avait peu de chance qu’il me connaisse et qu’il puisse m’identifier comme la compagne de Sëya. C’est dans ces moments là que je me rendais compte à quel point la notoriété -quelle soit bonne ou mauvaise- pouvait s’avérer être à double tranchant.

Il ne fallait pas que je fasse la moindre erreur, ou que je me retrouver avec un autre membre de la famille Glends’Gôl, au risque de voir ma couverture s’effondrer. Cependant, sans risque, il n’y a pas de résultat, je devais me jeter pleinement au cœur de ce jeu dangereux et m’y prêter pour obtenir un peu plus la confiance des Enfants de la Liberté et augmenter nos chances de faire de l’esclavage, un mauvais souvenir. La pluie tombait ce soir là et je me mis à plaindre le pauvre homme qui conduisait ma calèche. Il ne devait pas avoir chaud avec un temps pareil. Je me repris et me dit qu’il fallait que je me remette dans la peau de mon nouveau personnage. Les Glends’Gôl n’avaient pas de pitié, ils étaient imbus d’eux même, fiers et pleinement satisfaits de leurs avantages sociaux. La plèbe n’était là que pour les servir, leur lécher les bottes si besoin. Je ne devais pas faire de sentiment et me montrer intouchable.  

Le véhicule finit par s’arrêter devant une demeure des plus luxueuses. Assurément, Näzre’Han était un marchand des plus riches. Le cocher vint m’ouvrir la porte et tendit un parapluie au-dessus de ma tête tout en me tendant la main pour m’aider à descendre. J’eus l’air quelque peu surprise quand je m’aperçus qu’il s’agissait de Brohmac, mon ami lorcq, mercenaire. Il fit signe de me taire et me sourit avec complicité.  

- Si la Duchesse Glends’Gôl veut bien se donner la peine de descendre. Je l’accompagnerai jusqu’au palier de la demeure de sire Lëray Näzre’Han.
- Brohmac ! Mais qu’est-ce que tu fous ?
- Je joues le jeu… soupira-t-il. C’est pas gagné avec toi !
- Hum hum… Silence, esclave !! Je ne t’ai pas demandé ton avis ! Mènes moi plutôt aux marches de cette demeure… et au sec !

Le lorcq aux cheveux blancs eut l’air satisfait et se tint à mes côtés pour tenir le parapluie qui me tenait à l’abri de la pluie. Nous montâmes les marches de la demeure avant de nous trouver face à une porte. Brohmac frappa et l’on ouvrit quasiment dans le même temps. Un domestique nous ouvrit et nous regarda de bas en haut avant de demander :

- Que puis-je pour votre service ?
- Veuillez annoncer l’arrivée de la Duchesse Badb Glends’Gôl, exigea Brohmac.
- Duchesse Glends’Gôl ! Nous sommes ravis de vous avoir parmi nous ! Le Maître vous attendait ! Il sera ravi d’apprendre que vous êtes des nôtres pour ce soir. Si vous le permettez, je vais vous défaire de ce manteau afin que vous puissiez rejoindre les autres invités ainsi que le Maître.  
- Faites donc ! Oh ! Et Brohmac, veuillez revenir à l’heure que je vous ai indiqué, et ne soyez pas en retard ! Vous risqueriez de le regretter amèrement ! objectivai-je.
- Bien sûr, ma Dame. Je ne faillirai point à mon devoir et aux tâches qui m’incombent. Je serais là en temps et en heure, comme il se doit.
- Parfait…

Je laissais le domestique retirer mon vêtement de pluie avant de le laisser me guider à travers la demeure pour rejoindre le salon de réception. Il était temps pour moi de découvrir en quoi les soirées de Näzre’Han étaient si prisées de la noblesse d’Yban. Il devait bien y avoir une raison à cela. Je n’allais cependant pas tarder à découvrir la sombre vérité sur la nature de ces réceptions…

Morianne habillée en Duchesse:
 
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Dim 18 Nov - 22:21

L'appel au sadisme

Feat Morianne


Aujourd’hui fut une énième raison de rester couché, pour commencer parlons du temps annoncé pour la semaine, il pleut, encore et toujours depuis une semaine, à croire que les mages de dën aient décidé d’embêter tout le monde cette semaine… Donc oui en ce jour de temps pourrit comme diraient les jeunes des bas quartiers, une fête se prépare dans la demeure du noble Näzre’Han, cette fête qu’il fait une fois par mois désormais.

C’était comme devenue une coutume des plus plaisante, un lieu de délices et de plaisir interdit pour ces riches être, où la morale et l’éthique n’ont pas leurs places. C’est un manoir de délices, les convives passeraient par la grille du jardin où moult statues des plus équivoques en matière de perversion seraient présente, bien entendu les femmes étaient majoritairement dominé par l’homme.

C’est un air cependant enjoué que le maître admire ses fourmis s’épuiser au travail de la sorte, chaque être qui n’est pas Mzékils vient à laver les nombreux sols en marbre afin de chasser la saleté rapportée par la pluie, à l’intérieur ont vient à tirer les tapis les plus riches, les tables sont joyeusement présentée avec des taches dorées, certaines salles sont équipés en jouet pour satisfaire les prochains visiteurs avec les esclaves qui seront posé à leur disposition, puis tout le manoir est décoré en blanc et or afin de parfaire à la bonne ambiance.

L’alcool était présent un peu partout, le chef cuisinier hurlait déjà sur sa brigade, le parfum que dégageaient les cuisines aurait réussi à convaincre chaque personne d’arrêter leur grève de la faim, l’odeur de la viande grillée, des légumes blanchis, par les fruits monté en dessert… Tout était grandiose, tout était dans la tape à l'oeil…

Au dernier étage qui est accessible via l’escalier central gigantesque, se trouve ce que Temira déteste, ce pseudo gage à l'oiseau géant, servant tout simplement à sa torture personnelle… Elle savait ce qui l’attendait comme tous les soirs, elle savait qu’elle serait encore humiliée en publique pour satisfaire l’égo de son maître qui porterait un masque ce jour, un masque de Piyou, Dieu que ce nom est ridicule pour cette bête des plus sauvage.

Tic toc… La pluie tombe sourdement à l’extérieur du manoir, Temira regarde par la fenêtre de la salle où elle attend de se faire convoquer, alors que le soleil se couchent les calèches arrivent à la suite, il y avait principalement des Mzékils présents à l’intérieur, mais certains humains arrivent aussi à montrer leur importance… Flic flac fait les goute sur le verre, le manoir était fort heureusement chauffé grâce aux gemmes même si cela reste secret, le demi-elfe entendait derrière les murs les convives monter doucement les marches pour passer ensuite devant les servants habillés richement, ces derniers étaient principalement des Xens et des humains, ils proposent donc de nombreux masques à l’entrer pour jouer au jeu des devinettes, ne pouvant se faire dans le jardin du manoir… Puis plus loin chaque convive est apprêté d'un petit couteau pointu et d’une petite fiole avec un bouchon de liège.

Le spectacle commença les convives riaient aux éclats face au charisme de Näzre’Han qui n’avait prévenu personne de son petit jeu masqué, lui seul connaissant alors le nom de chaque convive… Temira elle, écoutait pour reconnaitre des voix, voir si jamais elle avait la chance de reconnaitre quelqu’un, bien ce que ce soit son calvaire, reconnaitre de hauts dignitaires pourrait lui servir à l’avenir, du moins si elle en a un jour… Le maître vient à chanter les louanges de la soirée, vantant la vie qu’il mène. Il rassura tout le monde sur le fait que tout ce qu’il se passe ici reste ici… Tout en menaçant bien entendu de représailles ceux qui parleraient des secrets d’ici.

Peut de temps après Temira ne pouvaient plus rien entendre, les musiciens viennent à jouer fortement pour laisser les esclaves elfes danser, le jeu avait ainsi commencé… Temira entendant la musique se finir, elle se prépara alors à l’arriver du majordome du monstre, il ouvrit la porte et la siffla sans aucune classe.

Le demi-divin se lève donc et avance sur ce parquet, laissant donc entendre ses sabots claquer doucement, cette dernière portait de nombreux bijoux sur le corps et sur ses cornes. Son symbole luisant de son front doré fut reproduit dans son dos, on pouvait le voir par le fait qu’elle ne porte qu’une simple cape transparente et légèrement dorée, sa nudité était mise en avant et comme une bête, le maitre réceptionne cette dernière qui était tenue au cou par une chaine par le majordome. Les gens parlaient de son physique des plus atypique, parlant principalement de ses sabots et de ses cornes… Certains la trouvaient si horrible qu’elle en était intrigante, que sa peau sombre la rendait sale… D'autres parlaient de ses yeux dorés et du prix qu’ils arriveraient à en tirer s’ils les vendaient.

Une fois arrivé devant sa cage, qui se trouve dans une pièce de plusieurs mètres carrés, environ 60, une flopée d’invitées d’origine et d'ethnie différente était présent… Ils étaient surement une centaine, Temira fut alors tirée par son maître aux cheveux gris tombant dans son dos et à ses yeux bleu acier pour faire tomber son voile. Désormais totalement nue les elfes danseuse viennent à l’attacher à la cage, sabots et main, tenue en un X presque parfait, fragile aux yeux de tous… Mais la demi-divin se mordait les lèvres, hurlant de rage intérieurement, elle se vengerait un jour…

- Mes amis ! En cette soirée pluvieuse il m’est venue l’idée de partager avec vous un secret… Oui un secret de jouvence. Beaucoup d’entres vous le connaissent déjà, c’est ce qui me rend si… Beau ! haha ! Comment rester jeune ? Ne dites rien pour l’instant, nous avons de nouveaux convives comme madame la duchesse de Gle… Oups pardon j’ai failli faillir à ce simple secret ~.

Le maître de maison attrapa son couteau, et s’approche joyeusement de la jeune cornue, qui vient à se tendre d’un coup sachant ce qu’il allait arriver ensuite, tout doucement il vient à lui faire une entaille au niveau de sa poitrine, laissant enfin venir le sang doré, les invités viennent à réagir par un enthousiasme naissant, puis Lëray y posa sa coupe de vin froide contre la peau de son esclave tout en affichant un sourire des plus significatif, afin d’en récolter un peu de ce sang.

- Ceci est le sang demi-déesse mes amis… et son sang est capable d’arrêter voir même d’inverser les signes de l’âge… Enfin si vous êtes revenu c’est que vous voyez la différence, je n’ai donc pas besoin de vous convaincre de ma bonne foi… Rassurez vous, pas la peine de me payer, c’est offert par la maison. Ne suis-je pas le commençant le plus généreux ?

En réalité ils avaient tous payé ce sang à l’inscription, et bien entendu… L’effet du sang n’est que placébo. Alors que le maître vient à rire de bon coeur avant d’enfiler son verre, les convives arrivent à se mettre en file pour venir récolter dans la fiole ce précieux sang, pour rien au monde ils ne rateraient ça. C’est ainsi que tous ces êtres masqués arrivent à l’assaut du sang de Temira qui au bout finit par gémir de douleur, ce spectacle des plus sadiques fait naitre en elle une colère et une honte de plus en plus visible.

Pendant ce temps Lëray cherche du regard des personnes nouvelles afin de soutirer des informations, car… toute info est bonne à prendre.

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Jeu 22 Nov - 12:25
Il y avait plusieurs convives, rassemblés en un lieu où ils attendaient patiemment que cette soirée commence. J'étais visiblement la dernière à arriver. On nous fit monter des marches. J'observais silencieusement les autres invités : certains semblaient être des habitués, la plupart même, et présentaient une assurance non dissimulé malgré leur masque, d'autres, en revanche, était dans le flou et s'impatienter de savoir ce qui les attendait.  

J'arrivai finalement devant un sinistre personnage, portant visiblement un masque. Je fis mine d'avancer mais il m'arrêta d'un geste avant de me présenter un masque. Tout d'abord étonnée, je finis par m'en saisir : un masque qui représentait visiblement et de façon quelque peu stylisée un loup blanc, quelle ironie. Ma sœur bsurt, Gayël, aurait bien ri face à ça. En tout cas, ce masque me convenait parfaitement. Je m'en saisis et décidai de m'en revêtir. Voilà qui allait arranger mon problème d'identité. Personne ne me reconnaîtrait ainsi, c'était une aubaine. L'on m'invita alors à entrer dans les lieux suivants.

Le même type bizarre avec son masque revint alors vers moi et me tendit un couteau et ce qui ressemblait à une fiole. Je commençais à ne pas du tout apprécier la tournure des événements, je sentais que cette soirée n'allait pas me plaire, pas du tout même.

Nous étions à présent dans une grande salle de réception. La lumière tamisée des chandeliers et des gemmes qui ornaient les murs, donnait à cette pièce une ambiance des plus mystérieuse, lugubre ajouterai-je pour ma part. Les tentures contre les parois et sur le sol, étaient particulièrement fines et bien ouvragées. Je n'hésitai pas un seconde à supposer qu'elles avaient été tissées par des esclaves. Je me demandais alors combien de temps, combien de souffrance, combien de coups cela avait-il coûté à ces pauvres ouvrières et ouvriers pour tisser de telles parures.

Je fus tirée de mes pensées par l'arrivée soudaine de notre hôte : Näzre'Han. Il portait un masque lui aussi, que je reconnu rapidement comme étant la représentation d'un Piyou, un félin féroce et dangereux. Était-ce représentatif de cet homme ? Je partis du principe que oui, et qu'il allait falloir se méfier de lui. Il prit alors la parole avec grandiloquence. On pouvait bien lui admettre qu'il avait le sens du spectacle et la maîtrise des mots. Pas un instant je ne le quittai des yeux, et toute mon attention était portée sur lui. Tout le monde l'applaudissait avec enthousiasme, et j'en fis de même pour garder les apparences. Je n'étais pas là pour cela, mais Badb Glends'Gôl, elle, oui ; je devais jouer le jeu.

C'est alors que les musiciens se mirent à jouer et entra une troupe d'elfes -sûrement des esclaves- qui se mirent à danser en rythme. Le spectacle était beau, mais affligeant par son contexte. Je ne pouvais m'empêcher de ressentir pour elles de la pitié, de la gêne, et même de la honte. Dans ces tenues affriolantes, elles n'étaient rien de plus que des jouets pour attiser l'amusement et les vices de ces nobles corrompus par ce dicta élitiste. J'en avais la nausée, tous me répugnaient.

Puis la musique et la danse s'arrêtèrent et j'entendis siffler derrière nous. La porte s'ouvrit sur un spectacle qui me laissa sans voix. Face à nous, avançait une créature des plus magnifiques qu'il m'ait été donné de voir en tout Arcaëlle. Une peau grise fabuleuse et sans imperfection, marquée par d'étonnants symboles de couleur or sur son corps quasiment nu, des courbes gracieuses et élégantes, des cheveux d'un blanc légèrement grisâtre, élégamment tressés, des yeux couleur de l'or mais surtout : d'imposantes cornes sur sa tête et des sabots à ses pieds. C'était une elfe comme jamais je n'en avais vu, s'il s'agissait bien d'une elfe. Il était clair qu'elle possédait en elle le sang des dieux, sinon comment expliquer cette apparence ? A moins que ce fut l’œuvre d'une malédiction ou de terribles expériences magiques. Je m'en voulu de fantasmer intérieurement, et un court instant sur cette beauté des plus exotiques et me flagellai mentalement pour reprendre contenance.

En vérité, les chaînes qu'elle portait à son cou et dont le majordome se servit pour la tirer jusqu'au devant de la scène me rappelèrent rapidement les conditions de cet être qui semblait si sacré et dont on ne respectait pourtant pas la nature divine. J'en fus d'autant plus contrariée, car je ne supportais pas le blasphème. Tous les êtres d'Arcaëlles étaient sacrés, mais encore plus ceux qui avaient hérité du sang des divins. Je n'aurais pu assisté à pire spectacle d'humiliation. Je pouvais entendre certains parler de son prix comme d'une marchandise et cela me tira une grimace de dégoût qui était forte heureusement cachée sous les traits de ce masque.

Son Maître lui arrache alors le peu de dignité qu'il lui reste : sa cape fine, presque transparente, la mettant complètement à nue face à cette horde de monstres aristocratiques. Elle est finalement attachée à une cage. J'enrage intérieurement...

- Mes amis ! En cette soirée pluvieuse il m’est venue l’idée de partager avec vous un secret… Oui un secret de jouvence. Beaucoup d’entre vous le connaissent déjà, c’est ce qui me rend si… beau ! haha ! Comment rester jeune ? Ne dites rien pour l’instant, nous avons de nouveaux convives comme madame la duchesse de Gle… Oups pardon j’ai failli faillir à ce simple secret.  

Je me raidis un instant à l'évocation du début de mon nom d'emprunt. Mais que prépare-t-il exactement ? Il se saisit alors d'un couteau et s'approche de la pauvre femme cornue. Je me raidis complètement, ayant peur de ce qui allait se passait par la suite. Je ne pouvais pourtant pas intervenir vu comment nous étions entourés. Et j'avais remarqué également la présence de gardes dans la demeure. Impossible de lui venir en aide pour le moment.

Je le vis entailler la jeune femme au niveau de la poitrine avant d'y coller sa coupe pour en récolter le sang. J'ouvre de grands yeux étonnés : non seulement par l'atrocité du spectacle, mais également par la couleur du sang qui coule et présente une couleur dorée tout à fait inattendue.

- Ceci est le sang d'une demi-déesse mes amis… et son sang est capable d’arrêter voir même d’inverser les signes de l’âge… Enfin si vous êtes revenus c’est que vous voyez la différence, je n’ai donc pas besoin de vous convaincre de ma bonne foi… Rassurez vous, pas la peine de me payer, c’est offert par la maison. Ne suis-je pas le commerçant le plus généreux ?

Je sers les poings, fulminant intérieurement de rage. La mort, voilà tout ce que cet individu mériterait. Si l'occasion s'était présenté, je l'aurai tué d'une flèche entre les deux yeux. Comment osait-il ? Ce n'était pas même pêcher par ignorance, non ! Il savait !! Il connaissait sa nature divine, et pourtant, cet homme vendait son sang ! Ce monstre abject... faire preuve d'autant d'hérésie... Je sentais la colère exploser en moi, mais je devais la contenir.

Les nobles se mirent en rang pour, chacun leur tour, aller récolter du sang de la semi-déesse. Je me mets à la suite, cela aurait paru trop suspect de ne pas faire comme les autres. De toutes manières, j'avais bien l'intention de rencontrer cette esclave et de lui glisser un mot pour que l'on puisse se donner rendez-vous à un autre moment, en douce, histoire que je puisse la convaincre qu'il fallait qu'elle se défasse de son maître, pour son propre bien, car telle était ma mission. Je finis cependant par entendre de la bouche de certains une information qui allait peut-être changer mes plans : apparemment, le Maître, Näzre'Han, louait parfois, pour une soirée, son esclave pour assouvir les fantasmes pervers de ses « invités » qui n'étaient au final que des imbéciles heureux. Personne ne me ferait avaler que le sang d'une demi-déesse pouvait soigner de l'âge... Une autre hérésie de plus à ajouter sur sa liste de méfait.

Tandis que j'attendais mon tour, j'eus le déplaisir de voir que le maître des lieux se dirigeait vers moi, un sourire mielleux aux lèvres.

- Quel plaisir de vous voir, noble et charmante dame. Veuillez m'excuser ma familiarité, mais quel hôte serais-je si je ne m’enquérais pas du bien être de mes invités. La soirée vous plaît-elle ?  
- Cela manque d'amuse-gueule... dis-je abruptement et sans réfléchir.  

Näzre'Han se mit à rire et me regarda à travers les fentes de son masque, d'un air que je sentais plein de malice. Il claqua des doigts et un domestique s'approcha avec un plateau couvert de petits mets délicats.

- J'en prends bonne note, très chère ! Cela vous satisfait-il ?
- Certes, Messire...

Je pris délicatement l'une des petites bouchées qui m'étaient proposées et la croquai délicatement avant de reprendre la parole.

- Fabuleux spectacle que voilà... Je n'avais encore jamais vu un tel être sur Arcaëlle jusqu'à aujourd'hui.
- Oh ! Oui ! Ma petite Temira ! Elle vous intéresse, duchesse ?
- Elle... est fascinante, je dois bien l'admettre. Et la couleur de son sang... quel... quel miracle époustouflant !
- Ah ! Oui ! Son sang, chère Duchesse ! Vous êtes encore jeune, de ce que je peux en voir, mais il n'est jamais trop tôt pour penser à conserver sa jeunesse !
- Si je suis là, c'est bien que j'y ai songé, Sieur  Näzre'Han.
- Oui, mais... Je ne vous sens pas entièrement convaincue, je me trompe ?

Je serais les dents derrière mon masque. J'avais une envie irrépressible de lui en coller une dans les dents mais il fallait que je continue de jouer mon rôle.

- Certes... Il est vrai que j'émets encore quelques doutes à cet égard. De mémoire, je n'ai jamais entendu parler d'un tel miracle. Soigner les signes du vieillissement... hormis dans les contes de fées, cela n'a jamais existé, répondis-je froidement.
- Exactement ! C'est pour ça que ma Temira est aussi précieuse ! Elle est la seule à posséder ce don du sang ! Cet incroyable précieux que les dieux lui ont offert pour nous autres ! Une bénédiction, assurément.
- Une bénédiction ? m'insurgeai-je avant de me reprendre. Heu... En fait j'aurai même dit : un cadeau des divins ! Tout du moins si ce que vous prétendez est vrai ! me rattrapai-je.
- Oh ohoh oh ! Vous me blessez, Duchesse ! Moi ? Abuser de votre confiance ? Allons bon... Soit ! S'il me faut vous convaincre, je saurais y faire. Excusez moi, chers invités, il me faut convaincre une de nos nouvelles arrivantes de la chose ! Si vous permettez...

Il fit écarter tout le monde et m'avança sur le devant, face à la pauvre femme cornue dont je sentais le regard emprunt de colère et d'humiliation. Je restai silencieuse tandis que le maître de maison faisait tout un nouveau discours sur les merveilleuses propriétés du sang divin. Il m'encouragea alors à m'approcher d'elle pour collecter du sang de sa plaie. Je me mis à son niveau, m'approchais d'elle doucement et lui murmura alors quelque chose à l'oreille :

- Je suis désolée... Pardonnes-moi...

C'est non sans un certain dégoût pour moi-même que je laisser couler quelques gouttes de son sang doré dans la fiole que l'on m'avait confié. J'échangeai alors avec elle nos regards, essayant au mieux de montrer dans mes yeux verrons : rouge et bleu, toute la peine que j'avais à lui infliger un tel supplice. Je reculais doucement avant de faire volt-face, ne supportant pas plus longtemps ce spectacle navrant.

- Allez-y, Duchesse ! s'exclama Näzre'Han. C'est le moment de goûter ! Après tout, ce sang est tout à vous !

Je fis une grimace de dégoût derrière mon masque. Je le soulevais légèrement pour pouvoir porter la fiole à ma bouche. Je tremblais intérieurement d'horreur en pensant au sacrilège que je m'apprêtais à commettre pour ne pas me compromettre. Je bus du sang... Aussitôt cela fit surgir en moi un douloureux souvenir. Je me revoyais, ce jour maudit où mon père avait fait de moi une créature d'Özan, avant que j'en sois totalement purifié par un miracle de Thaä. Cette chose, cette horrible version de moi qui avait pris le nom de Badb et qui avait, dans sa soif de sang, étreint et mordu au sang une pauvre femme destinée à être sacrifiée. Je me rappelais la chaleur quittant son corps, le sang coulant dans ma bouche, comme celui qui y coulait actuellement. Cette faim dévorante, cette envie de posséder un autre arcaëllien ou une autre arcaëllienne... dévorer jusqu'à la dernière goutte de son sang et sentir la vie quitter la pauvre victime de ma folie dévastatrice... J'en frémis d'horreur rien qu'au rappel que cela m'avait procuré une intense satisfaction. Mais il me fallait garder cela en tête, jouer de cette envie pour avoir l'occasion de m'approcher de cette demi-déesse. Je fis donc mine de soupirer de plaisir.

- Oui, je crois que je peux le sentir à présent... le pouvoir du sang.

Agréablement surpris, Näzre'Han demanda une ovation avant de me reprendre à part.

- Alors ? Convaincue à présent ?
- Plus que convaincue ! Cette petite expérience m'a fait songer à une chose...
- Laquelle donc ? s'étonna le marchand.
- Cela faisait longtemps que je n'avais pas... céder à un caprice, à une envie douce et enivrante. J'ai entendu dire que pour une certaine somme, vous louez les services de votre précieuse esclave.
- Intéressée ? Temira est une esclave parfaitement soumise, vous savez. Si tel est votre désir, je pourrais concéder à vous la vendre pour une nuit.
- Vraiment ? J'en serais ravie. A vrai dire, votre esclave est tout à fait à mon goût. Dans les deux sens du terme. J'aime les... « beautés exotiques ». Pourrions-nous convenir d'un jour et d'une somme ? Je ne serais pas avare en or, s'il le faut... Alors permettez que je cède au moins une fois à cette capricieuse envie.

Oui, c'était la meilleure façon d'approcher Temira, la louer pour avoir toute l'occasion de lui parler, de la convaincre de briser ses chaînes. Il fallait que je convaincs cet homme de ma laisser une nuit avec elle. Je ne pouvais supporter de savoir cet être semi-divin en proie à de tels supplices. Ma foi en Thaä et aux autres dieux l'exigeait.
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