Sinu a'manore [Tahiri]

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Dim 16 Déc - 17:38

Le "retour" avait été aussi long que l'aller, mais Leylane et ses enfants avaient décidé de ne pas repasser par Wasdkioljer pour aller sur Phangrt. Elle avait rêvé du désert de glace et des mont d'Aängak. Ses rêves étaient très troublés ces derniers temps. Notamment ceux concernant sa première fille, Eyala. La demi-déesse s'était réveillée de nombreuses fois en panique, sortant involontairement Maiev et Kyren de leur sommeil par la même occasion. Usant de son talent pour lire dans les entrailles, elle avait vu qu'elle devait aller au nord par Fazej. Sa vision avait été floue, mais assez précise pour qu'elle en parle à ses jumeaux. Une montagne, froide, sombre, sans aucun signe de vie. Il y avait cependant un vieux château au sommet de cette falaise, et le soir, on pouvait voir briller de la lumière derrière ses fenêtres à petits carreaux. Ce château avait toujours été là. Les habitant de Fazej disaient que celui qui y demeurait conversait avec les brumes matinales qui s'élevaient des profondeurs. Il aurait découvert dans les abysses d'Aängak des choses curieuses à ce moment où le bord de la falaise se confondait avec le bord du monde tout entier, quand les cloches solennelles des temples se mettaient à tinter dans l'éther blanc de féerie. Cela, ils en parlaient par ouï-dire, car ce château interdit n'avait jamais été exploré, et les gens du pays évitaient soigneusement de diriger leurs regard vers lui. Car ceux qui s'y étaient aventurés ou intéressés de trop près n'en étaient jamais revenus.
Au début, les deux jumeaux affichèrent une expression étrange, à mi-chemin entre l'étonnement et l'incompréhension, avec un soupçon de frayeur. Il est vrai qu'apercevoir sa mère triturer les entrailles d'un animal, et affirmer avoir vu quelque chose de ce genre pouvait laisser un sentiment bizarre à n'importe qui. Mais Leylane ne leur avait pas tout dit, car la parole ne transmettait pas ce qu'elle avait ressentit en voyant ce château. Néanmoins, le trio avait pris la route pour Fazej, ville la plus proche du lieu où ils devaient se rendre.

Après leur escapade dans le Gaha'Fel, se retrouver aux portes du Ryhanter leur causa un changement conséquent. L'écart de température était énorme en peu de temps. C'était à se demander pourquoi des gens avaient choisi d'établir un village entre ces deux déserts. Les trois aventuriers se dirigèrent vers l'auberge et laissèrent leurs montures s'abreuver et se nourrir. Leylane devait se renseigner sur ce qu'elle avait vu, elle laissa donc ses enfants vaquer à leurs occupations. Kyren se dirigea vers le forgeron, et Maiev demanda une chambre pour se reposer. La demi-déesse, elle, prit place à une table non loin de l'âtre où brûlait une buche énorme.
Il n'y avait pas énormément de clients, les habitants étant encore à leur travail. Mais suffisamment pour commencer son enquête. Lorsque le patron, un humain, regarda vers elle, Leylane lui fit signe de s'approcher, ce qu'il fit en grommelant.

- Kes'j'vous sert ?
- Du vin, si vous avez. Et de quoi manger, je vous prie.
- Z'et'pas d'ici, hein ? Causez pas com'nous z'ot'. 'n'a pas d'grand vin, mais y's'boit. Pour'l'manger, ben, patat' et viand' ou lard.
- Cela suffira, merci, répondit-elle en ignorant la première question.
- A'va, j'port'ça. S'ra tout ?
- J'aurai besoin d'informations, mais cela peut attendre.

Car comme elle l'avait vu, le château où elle devait se rendre faisait peur aux autochtones. L'aubergiste lui fit un signe de tête, et se dirigea vers le bar et aboya à l'intention de la cuisine de préparer un repas. La demi-déesse abaissa sa capuche et retira ses gants en prévision. Elle examina les clients pour tenter de deviner celui qui pourrait l'aiguiller, mais tous avaient triste mine, ou semblaient un peu apeurés. Nul doute qu'elle trouverait des réponses, s'ils désiraient parler. Ce qui s'annonçait sans doute plus difficile qu'elle ne l'escomptait. On lui apporta le vin et elle se servit un verre en attendant son plat. L'un des clients, un elfe au coin opposé de la salle, semblait la regarder. Elle décida qu'il serait le premier à qui elle poserait des questions.
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Leylane Shalandis
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Mer 19 Déc - 11:38
Plusieurs semaines, et même plus d'un mois s'étaient passés depuis les événements qui s'étaient produits à Ouma'Han. Je prenais un peu de repos au Domaine, profitant de l'hospitalité de Grégoire Boisdefer. Il avait été peiné de voir que j'y avais perdu une main et m'avais permis de rester autant que je le désirais. J'avais pu rencontrer sa femme, Saphira, qui je lui concédai, était d'une beauté ravissante et aux courbes toutes à fait charmantes. Je comprenais maintenant pourquoi Grégoire avait tant tenu à lui rester fidèle. Un sacré bout de femme cette Saphira. Elle tua d'ailleurs Grégoire du regard quand je lui racontai le passage où je l'avais un peu forcé à dansé puis séduite, précisant à la fin que nous étions sous un charme.

Mon séjour se déroula plutôt bien, dans une bonne ambiance même. J'eus l'occasion de me faire guérir, choyer et même chouchouter. Ce qui me désolait le plus était la perte de ma main droite. Heureusement pour moi, j'étais gauchère, et même ambidextre, ou en tout cas je le fus. Grégoire eu la gentillesse de me fabriquer une main en essence de bois de chêne et de me gratifier de quelques écus d'or pour ma participation à la libération d'Ouma'Han. Cette main en bois ferait l'affaire le temps que je trouve quelque chose de plus pratique pour la remplacer. Elle avait été finement ouvragée, et même vernie. Les doigts étaient plutôt fins et l'ouverture de la main me permettait de prendre mon sabre à deux mains sans avoir peur de le lâcher pendant les combats.

Après les longues semaines qui se passèrent là-bas et où j'eus le plaisir de rencontrer la charmante Anna Cornwall, qui était toute aussi froide et rigide, je quittai le Domaine à la recherche des technomanciens. J'avais dans l'espoir de gagner les îles au sud de Kaïl pour les y trouver et me faire confectionner une main mécanique. Avec leur savoir faire, je savais que je pourrais avoir quelque chose de vraiment précieux et efficace pour le combat. Mais avant que je ne sois partie pour Juier, afin de gagner la mer, je rencontrai dans une taverne un type qui me confiait avoir entendu parler d'un légendaire technomancien vivant à Fazej. Apparemment il était le meilleur dans son domaine et s'était exilé loin des îles et loin de la civilisation pour perfectionner son art.

Fazej n'était pas connu pour être une grande ville, elle était même plutôt désertée de ce que j'en savais. Idéal pour avoir la paix, je me disais donc que le type devait sûrement avoir raison et que ce légendaire technomancien devait s'y cacher. J'avais beaucoup de route à faire pour gagner Fazej... A cette époque de l'année, il était tout bonnement impensable que je passe par les montagnes, avec l'hiver qui approchait et qui était même quasiment installé, ce n'était pas prudent, c'était même suicidaire, d'autant qu'il y avait également le désert du Ryhanter à traverser si je voulais gagner Fazej, autant me suicider tout de suite.

Je dus donc passer par le sud, rejoindre Wasdkioljer avant de descendre un peu plus pour arriver à Tromayan qui était devenu un bordel monstre. Les Dominians me demandèrent en tout cas de ne pas trop m'attarder ici, la citée forteresse était en total reconstruction et ne pouvait accueillir des « civils » pour le moment. Je repartis donc le lendemain de mon arrivée là-bas. Je remontais donc la forêt du Pic de Thaä où j'eus la chance de ne croiser aucun danger. J'étais pourtant persuadée que des Lupans vivaient dans ces bois, mais étrangement, je n'en croisais aucun. Une aubaine pour moi au final, même si j'aurai pu me débrouiller avec eux. Connaître des ratsgars comme Vÿ avait ses avantages.

J'avais finalement rejoins Fazej, dans le froid et le vent. Je m'étais attendu à ce que la ville soit un trou paumé vu son emplacement, mais ce n'était pas non plus le désert auquel je m'étais préparée. En fait, la principale activité de la ville semblait résider dans sa librairie spécialisée dans l'écriture et la copie de manuscrit concernant les fluides. Seuls les scribes semblaient posséder la richesse et le savoir de cette ville, les autres habitants étaient plutôt des pecnots du coin. L'écart était assez flagrant d'ailleurs. Il y avait bien des voyageurs qui venaient spécialement ici pour y trouver cette fameuse mine de savoir qu'était « A la Plume d'Or » mais pour ce qui était du reste, c'était plutôt calme.

Hormis les voyageurs comme moi, tout le monde semblait me regarder avec la plus grande des curiosités. Je restais silencieuse face à leurs regards. Je trouvais étrange que ces habitants soient aussi intrigués face à mon arrivée. Pourtant, avec le nombre d'étrangers qui se trouvaient là pour aller consulter la librairie, j'aurai pensé qu'ils y étaient habitués. J'entrai justement dans la dite librairie à la recherche de renseignement. Peut-être sauraient-ils où se trouvait le fameux et légendaire technomancien. Avec un peu de chance, il était peut-être passé par ici pour se fournir en parchemins sur le fluide et compagnie. Il y avait un xen à l'accueil du bâtiment qui était en train de consulter un manuscrit. Il ne me prêta même pas attention lorsque je me plantai devant lui. Je dus toussoter bruyamment et frapper ma main en bois sur le comptoir pour qu'il daigne finalement quitter des yeux sa lecture. Il remonta ses petites lunettes sur son long nez aquilin et me regarda d'un air agacé.

- C'est pour quoi ?
- Bonjour monsieur ! J'aurai besoin d'un renseignement !
- A quel sujet ?
- Je cherche le légendaire technomancien, et je me disais...
- Jamais entendu parler, répliqua-t-il sèchement avant de reprendre sa lecture.

Je le regardais avec étonnement, me demandant s'il ne se foutait pas un peu de ma gueule. Je frappais à nouveau sur le comptoir avec ma main en bois.

- Vous pourriez au moins être poli ! Et ne me mentais pas ! Je le vois quand on me ment !

Il releva à nouveau la tête et sembla encore plus agacé. Il prit ses lunettes et les nettoya avec un mouchoir fin et délicat avant de me lorgner avec plus de précision.

- Un mercenaire, hein ?
- Ouais, et ?
- Vous devriez aller à l'auberge au coin de la rue. Vous pourriez en apprendre un peu plus sur le technomancien.
- Vous semblez en savoir assez...
- Écoutez, le technomancien légendaire est effectivement passé ici pour acheter quelques manuscrits de la Plume d'Or. Mais on ne l'a pas revu depuis. Certains disent que...

Il regarda nerveusement autour de lui pour voir si on ne nous écoutait pas, ni ne nous observait. Il alla près de la porte d'entrée et retourna la pancarte à l'entrée pour signifier que la boutique était fermée. Il revint vers moi en se tortillant les doigts.

- Certains disent qu'il aurait été enlevé par des choses !!  
- Des choses ?
- Oui ! Il y a... il y a ce... ce diable... parfois il apparaît en ville... la brume se lève soudainement et... Et il se passe des choses... des choses terribles ! Oh, vous ne voulez pas savoir ! Non vous ne voulez pas ! Il faudrait être fou mais... Si vous avez assez de courage et de force, allez demander à l'auberge... lui, il sait !
- Lui ? Qui ça ?
- Draenwelen, un elfe... Il est souvent à l'auberge... il a vu des choses dans les montagnes. C'est un chasseur, il vit de ça et en général il va dans les montagnes pour chasser... Mais elles ne sont plus sûres selon lui... ils se passent des choses là-bas... pire qu'ici. Et le technomancien s'est isolé là-bas m'a-t-on dit. Draenwelen a dit qu'il a disparu et que des choses l'ont emmenés...
- Des choses ?
- Je ne peux pas en dire plus... Non... Je ne peux pas ! Partez maintenant !!! J'en ai déjà trop dit !! PARTEZ !!! DEHORS !!!

Il se leva d'un bond et me poussa alors vers la sortie tandis que je protestais. Mais il n'y avait rien à faire, il ne voulait plus rien savoir. Il me jeta dehors et ferma boutique. Je restais plantée là, devant la porte, étonnée de ce qu'il venait de se passer.

- Sérieusement ?  

Je jetais un œil dans la rue avant de m'apercevoir qu'il commençait à faire sombre. Le ciel était couvert d'épais nuages menaçant. Il était peut-être effectivement temps pour moi d'aller à l'auberge. Je gagnais donc l'endroit précédemment nommé lorsqu'un sentiment étrange me gagna soudainement.

- Mais qu'est-ce que...

Plus je m'approchais de l'auberge et plus cette sensation devenait forte. C'était comme un léger pincement dans la nuque, j'avais les poils qui s'y dressaient et plus il devenait fort, plus j'avais l'impression que cela ne m'était pas étranger. Quand est-ce que j'avais ressenti cela pour la dernière fois ? Je n'arrivais plus à me rappeler. C'est avec la plus grande des prudence que j'entrais dans l'auberge. Les regards se tournèrent vers moi, des regards torves, qui me mirent très vite mal à l'aise. Ne voulant pas paraître intimidée, je bombais le torse et fis un sourire en coin avant de déclarer.

- Ça sent bon la gnôle dans le coin ! Vous me faites une place ?

Pas de réponse. Tout le monde continuait de me regarder de travers. Je me sentis mal à l'aise mais je fis comme de rien. Je me dirigeai alors vers le comptoir et fit face au patron qui me regardait avec appréhension.

- 'core une 'trangère...
- Heu... j'vous demande pardon ?
- z'êtes pas l'pr'mière !

Il me pointa du doigt une personne, je tournais mon regard vers elle et m'aperçus qu'il s'agissait d'une elfe. Elle portait un capuchon et dans la peine-ombre difficile de la distinguer correctement. Mais je pouvais sentir quelque chose émanait d'elle ; quelque chose de fort singulier et de familier à la fois. Ce n'était pas l'elfe que je cherchais, mais ma sensation de picotement dans la nuque augmenta légèrement.

- Oh... Ok... Et... J'pourrais avoir de quoi boire ?
- Kek'vous v'lez ?
- Que ? P'tain la vache ! J'pige pas un broc de c'que vous bavez !
- J'v'sers quouo ???
- Ah ! Heu... ben... un truc fort, s'il vous plaît !
- D'lo gnôle ?
- Par exemple...

Il prit alors une bouteille qui se trouvait derrière lui. Il y avait des choses qui flottaient dedans, je cru même distinguer la forme d'un serpent dans la bouteille... ou d'une anguille... Quand il posa le verre plein de cet alcool qui me sembla beaucoup moins enviable à présent, j'eus un air de dégoût.

- Heu... ok... Ouais... Bon...
- V'z'vez faim ?
- C'est... plus appétissant que ce truc là ?
- Potat' et viand' ou lord...
- Ok... Heum... Je suppose que je crains rien avec ça ! Va pour les patates et le lard !
- J'v'z'apporte ço ! Pr'nez une toble !
- Ok... merci...  
- Potat' et lord !!! ET qu'ço saute ! beugla-t-il à l'attention des cuisiniers.

Je pris mon verre en main et en bus une gorgée. Quelle horreur. Ce machin était si fort que je failli le dégobiller sur place. Je grimaçai et toussai avant de pester. Je me mis à regretter les vins du coteau de Nazen. Sëya, elle au moins, avait du goût en la matière et m'avait toujours servi d'excellents crus. Rien à voir avec cette immonde gnôle. C'est à ce moment là que cela me revint. La sensation étrange et familière que j'avais eu en voyant l'elfe encapuchonnée là-bas... ça avait été la même que celle que j'avais eu en présence de Sëya. J'avais appris par la suite que Sëya était une demi-déesse... Ce pourrait-il que l'elfe attablée non loin de moi soit une demi-déesse aussi ?  

Je m'installai à une table non loin d'elle, tout en essayant de l'observer discrètement. Elle semblait en pleine discussion avec un autre elfe qui était du coin, lui. Se pouvait-il que se soit le même elfe que je recherchai ? Le dénommé Draenwelen ? Je n'osais les déranger... J'essayais de tendre l'oreille pour les entendre mais à un moment, mon regard croisa celui de la femme elfe. Je me figeai d'effroi. Ses iris et le blanc de ses yeux était d'un rouge sang qui me firent très vite comprendre la nature de cette femme car elle avait un point commun avec une personne que je connaissais très bien.

- Oh merde... jurai-je entre mes dents.

Comment pouvais-je ne pas reconnaître la nature profonde de mon père dans de tels yeux ? Assurément, cette elfe était elle aussi la fille de Gar'Haz, j'en aurai donné mon autre main à couper. Je baissais les yeux et me cachais le visage derrière ma main, faisant mine de ne pas être là. Je sentais que j'allais rapidement avoir des ennuis.
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Homme, femme... du moment que ça se baise...
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Mer 2 Jan - 22:24
La demi-déesse resta quelques instants à dévisager l'elfe un peu plus loin. Elle n'appréciait pas la manière dont il soutenait son regard, mais il avait au moins le cran de le faire. Cependant, bien qu'elle ait de nombreuses questions à lui poser, elle préférait finir son repas avant. Elle trouvait ce genre de comportement quelque peu malvenu lorsque l'on souhaitait discuter. Et ce, même si, inconsciemment, elle savait que dans un village comme Fazej, les gens ne lui en tiendraient pas rigueur.
Une fois repue, elle se servit un verre de vin et fit signe à l'elfe de venir la rejoindre. Ce dernier s'assura qu'elle s'adressait à lui, et ne prit même pas la peine de se lever. Il envoya son voisin de table.

- Ouais ? J'peux t'aider?
- Et bien... c'est tout à fait possible. Enfin, je l'espère.
- On peut aller dans ma chambre, ou dans la tienne. C'comme tu veux, ma belle.
- Hum, je crains que vous n'ayez mal compris mon geste. J'aurai simplement des questions à vous poser.
- Ah, sûre ? Pas d'envie de... ?
- Non. J'ai juste besoin de réponses à mes questions.
- Allez, même pas just'un peu ? J'suis assez doué, hein. On va bien s'amuser.
- Pas même si vous étiez le dernier mâle sur Arcaëlle, kim'jael (petit rat)...
- Allez vous faire foutre, alors.

Leylane foudroya l'humain de son regard rubis. Et visiblement, cela suffit à le faire retourner à sa place. Il dit quelques mots à l'elfe, et celui-ci daigna s'approcher de la demi-déesse.

- Bal'adash, malanora, squass me falon (Salutations, voyageuse, excusez mon ami). Il manque clairement d'éducation. Mais... que venez-vous chercher dans ce trou à rats ?
- Comme je le lui ai déjà signifié : des réponses à mes questions. Prenez place, si vous en avez.
- Et quelles sont les réponses que vous attendez, falon aén seidhe (amie elfe) ? demanda-t-il en s'asseyant. Il y a des lieux bien plus plaisants et fréquentés pour obtenir des réponses.
- Mais rares sont les lieux se trouvent aux abords d'un château dans les montagnes. Du moins, un château dont le propriétaire aurait découvert des choses curieuses dans les abysses d'Aängak. Un château interdit, sur lequel les gens du pays évitent soigneusement de diriger leurs regards.
- Car ceux qui s'y aventurent ou s'y intéressent de trop près n'en reviennent jamais... Pourquoi voudriez-vous allez dans cet endroit de malheur ? Il y a des façons plus simples de mourir.
- Cela me regarde...
- Peut-être... Mais d'un elfe à une autre, je ne peux que vous conseiller de faire demi-tour. Il n'y a rien de bon pour qui que ce soit, là-haut. Profitez-plutôt de l'hospitalité de Fazej.
- Ne me faites pas perdre mon temps...
- Oh, loin de moi l'idée. Mais personne n'en est jamais revenu, des gens ont disparu. Des groupes entiers, même.
- Vous seriez surpris de ce dont je suis capable. Je ne suis pas une arcaëlienne normale...
- Je ne suis pas sûr de saisir.
- Je pense que je peux régler ce problème de disparitions, et revenir vous faire un compte-rendu.
- C'est possible... Beaucoup ont affirmé la même chose que vous.
- Dites-moi ce que vous savez, que vous importe ce que je compte faire après ça ?
- Et bien, soit. Reprenons sur de bonnes bases. Je me nomme Draenwelen.

La demi-déesse eut un sourire amusé.

- Enchantée, deireádh wen len (fin blanc enfant : petit enfant blanc). Leylane.
- Voyez-vous ça, un nom dont je ne suis pas sûr de connaitre la signification... Ne serait-ce pas en lien avec notre peuple ? Voilà qui est amusant.
- Peut-être est-ce mieux que d'être nommé d'après la couleur de ses cheveux ?
- Touché...

A vrai dire, Leylane non plus n'était pas certaine de ce que signifiait son prénom dans la langue des elfes. C'était là l'un des soucis de leur langue natale, tout n'était pas toujours "traduisible". Il y avait plusieurs possibilités, comme le suffixe -aén, mais elle n'était pas venue discuter de sémantique et d'étymologie. Par la suite, Draenwelen lui apporta ses connaissances sur le château et ses environs. A quelle distance il se trouvait de Fazej, combien de personnes avaient disparu ces derniers mois, depuis combien de temps cela durait, et tout un tas d'autres informations. Mais de nombreuses parts d'ombres restèrent. Elle tenta de lui poser les bonnes questions, mais il était difficile de faire avouer à son interlocuteur ce qu'il ignorait.
C'est à ce moment qu'une sensation étrange et pourtant familière envahit la demi-déesse. Et cela se rapprochait. Au vu de la moue de Draenwelen, Leylane se rendit compte qu'elle avait peut-être trop prêté attention à ce qui arrivait. Elle se ressaisit et continua la discussion, sans pour autant cesser d'être attentive. Elle prévint d'ailleurs l'elfe. Lequel répondit simplement.

- Sans doute la jeune elfe qui vient d'entrer dans l'auberge. Elle est clairement pas du coin. On a pas eu autant d'étrangers dans une soirée depuis des décennies, je crois. Pendant un instant, j'ai eu peur que vos questions aient ramené celui qui vit dans le château que vous cherchez.

La demi-déesse haussa les épaules. Pourtant, elle avait eu la même sensation en rencontrant une tahoras à Cescan il y avait quelques semaines. Ils reprirent leur conversation, sans tendre l'oreille à ce que disait la nouvelle venue à l'aubergiste. Mais, contre toute attente, au bout de quelques instants, le temps qu'il fallut à l'inconnue pour commander et s'attabler non loin d'eux, Draenwelen interrompit Leylane, à voix basse.

- Band'isalas, asha aén seidhe anu gar'ean (Faites attention, la fille elfe nous regarde).
- J'ai une sensation étrange depuis son arrivée, cela ne me quitte pas.

La demi-déesse se retourna en direction de la jeune elfe, et lorsque leurs regards se croisèrent, l'étrange sentiment de familiarité se fit plus insistant, mais il lui était impossible d'en trouver la raison. Elle aurait pu aller lui parler, demander la raison qui la poussait à les regarder depuis quelques minutes. Mais elle baissa les yeux et se cacha le visage. Sans doute n'était elle pas habituée à être prise sur le vif, ou peut-être que oui. Mais Leylane se dit qu'une fois sa discussion terminée avec Draenwelen, il lui faudrait aller voir la jeune elfe. C'est à ce moment que Kyren choisit d'entrer à son tour.  Il préféra s'asseoir à la table de sa mère plutôt que de monter dans une chambre pour se reposer.

- Minn'da (Mère)... dit-il avant de saluer Draenwelen d'un signe de tête.
- Votre fils ? Il ne vous ressemble pas du tout, pourtant.
- Je tiens de mon père.
- Prends garde, fils. nous sommes observés, et j'ai un pressentiment étrange en sa présence. Garde un œil sur elle, lui dit-elle à voix basse. As-tu trouvé ce qu'il te fallait chez le forgeron ?
- Je devrais y retourner demain.
- Parfait. Elle reprit sa discussion précédente. Mais, Draenwelen, nous ne sommes pas ici pour débattre de sa ressemblance avec son père. Parlez-moi plutôt du propriétaire du château.
- Ah... On dit qu'il se nomme Tepes Acrudal, que c'est un lorcq. Mais on ne sait même pas à quoi il ressemble, vu que personne n'est jamais revenu vivant.
- Et comment sait-on tout ça, si personne n'en est jamais revenu ?
- Alors là... c'est la question à dix mille pièces d'or.
- Et à quand remonte la dernière disparition ?

Il sembla réfléchir. Il fut intéressant de noter qu'à l'évocation du nom de Tepes Acrudal, les clients cessèrent de parler, de boire et de manger. Ils semblèrent pris d'une terreur certaine.

- Hum, je sais plus trop. Ça fait si longtemps que des gens disparaissent ici. Je dirais... quelques jours, tout au plus une semaine. C'était... un technomancien, je crois. J'ai pas son nom, mais il avait l'air très doué.
- Où a-t-il disparu ?
- C'est bien ça le problème, il vivait en ermite, y pas grand monde qui sait où il habitait. Peut-être trop près des frontières du château. On l'avait pourtant prévenu... Même moi, je vais pas chasser là-bas.
- Pourriez-vous nous y mener, demain ?
- Pas pour tout l'or du monde. Désolé, mais je tiens à ma vie. C'est au dessus de mes forces, vous n'avez pas vu ce que j'ai vu.
- Servez-moi, et vos efforts seront récompensés.
- Je peux seulement vous donner une carte de la région et marquer l'endroit, mais anar'Daÿl na Othab (par Daÿl et Othab), je n'y retournerai jamais.
- A défaut d'un guide, cela me suffira. Apportez-moi ça demain.

Draenwelen avait perdu de son aplomb. L'elfe sûr de lui avait légèrement pâli, et semblait pressé de mettre fin à la conversation.

- Allez, je ne vous retiens pas plus longtemps. Shorel'aran, falon aén seidhe (Salutations, camarade elfe).
- Va faill, malanora (Au revoir, voyageuse)... Je vous apporte la carte demain.

La demi-déesse acquiesça et regarda Draewelen retourner à sa table.

- Kyren, tu ne veux pas aller te reposer ?
- Non, je ne suis pas fatigué. J'ai plutôt faim. Je reviens.

Il se dirigea au comptoir pour passer commande. Leylane était enfin seule, et pouvait donc se retourner vers la jeune elfe.

- Aneth ara, asha aén seidhe, doral ana'diel ? Anaria shola ? (Salutations (familières), jeune elfe, comment allez-vous ? Que puis-je pour vous ?) Pourquoi ai-je le sentiment étrange que vous m'observez depuis que vous êtes arrivée ?

Et plus encore, un sentiment familier et inhabituel. Quel était le nom de la dernière personne qui lui avait fait ressentir cela ? Sëya Nazen ? L'heure des questions ne s'était pas finie avec le départ de Draenwelen, apparemment...
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Jeu 3 Jan - 10:51
A mon grand soulagement, l'elfe me quitta des yeux et se concentra sur sa discussion actuelle. Je continuais à tendre l'oreille et je pouvais en saisir quelques mots par-ci et par-là. J'avais pu comprendre rapidement que l'homme que je recherchai avait bel et bien disparu et qu'en cause de cela un dénommé Alucard ou je ne sais pas trop quoi, qui avait élu domicile dans un vieux château visiblement maudit et craint de tous. Même l'elfe baroudeur ne semblait pas vouloir accompagner celle que je soupçonnais être fille de Gar'Haz. Il y a parfois des mots que je ne saisissais pas très bien. N'ayant pas eut une enfance très longue en compagnie de ma mère, la langue elfique m'était quasiment étrangère.

Aussi ne compris-je presque rien des premiers mots qui me furent adressés par ma « demi-sœur » si l'on put dire ainsi lorsqu'elle se présenta à moi. J'enlevai alors lentement ma main en bois de mon visage, j'étais de toute façon démasquée, plus besoin de me cacher. Mon regard croisa à nouveau le sien ; c'est comme si mon père s'était tenu devant moi, mais dans une version beaucoup plus féminine... et elfique. Sans doute aurait-elle eu la même impression si elle s'était trouvée face à mon alter-ego divin.

Avant de lui répondre, je pris une profonde inspiration, et d'un geste de la main, je l'invitai à s'asseoir face à moi. A présent face à face, nous pouvions deviser plus sérieusement de nos affaires.

- C'est vrai, je l'avoue, je vous observais. Je vais même l'avouer sans détour, je vous écoutais. C'est très mal poli, c'est vrai. Je m'excuse pour ça mais il y a deux bonnes raisons à cela.

Je pris le temps de me redresser, pour prendre un peu d'assurance et pour observer un peu mieux mon interlocutrice. Je pouvais sentir dans ses yeux que la patience n'était pas toujours dans sa nature, mais probablement en avait elle plus que moi. J'étais plutôt du genre jument sauvage comparée à cette elfe à la posture calme et assurée. Elle devait certainement être plus âgée que moi, à moins que se fut le fait d'avoir des enfants qui lui donnait ce côté sûr et maternel.

- La première, c'est que moi aussi je recherchai Draenwelen, dans l'intention de m'aventurer dans les montagnes pour retrouver le technomancien légendaire.  

Je montrais ma main en bois avec le plus grand des dépits.

- J'ai comme qui dirait, besoin de ses services. Donc... Je suis arrivée ici, pensant que je tomberai sur mon gars et qu'elle ne fut pas ma surprise en vous voyant en sa compagnie, qui plus est en provoquant chez moi cette terrible sensation de familiarité.  

Je finis le reste de mon verre de gnôle en pestant à nouveau que cette merde était vraiment infâme avant de reprendre. Il était temps de me mettre à table et d'avouer la vérité, la seule et unique qui m'avait réellement poussée à l'observer un peu plus en détail, avec insistance même.

- Et quand je vous ai vu... J'ai compris pourquoi. Votre teint pâle, vos cheveux blancs, et vos yeux rouges... sexy d'ailleurs ! ajoutai-je avec un clin d’œil avant de me raviser au vu de la sévérité de son regard. Hum... enfin bref... Je sais, chez moi, ça ne se voit pas dans l'état actuel, mais vous... Je pense ne pas me tromper en déclarant que nous avons toutes les deux le même géniteur.

Je sentais la tension légèrement monter. Le doute n'était cependant pas possible. La nature de notre rencontre faisait que les éléments autour de nous paraissaient soudainement prendre une autre dimension. L'on pouvait entendre au dehors le croassement de dizaine de corbeaux, leur battement d'ailes vrombissant dans la pénombre de cette fin de journée au ciel obscurci par un orage menaçant. Tout était réuni pour que Gar'Haz nous fasse sentir sa présence. Les lieux avait soudainement pris une nature profondément surnaturelle.

- Je suis Tahiri, en langage elfe ça donne quelque chose comme Talah Irima (Belle Mort)... Nom que ma mère m'a donné en l'honneur de mon père... Gar'Haz.

A cette évocation, on entendit les corbeaux à l'extérieur croasser de plus belle. Avec un air embarrassé, je finis par siffler entre mes dents, tout bas, de sorte qu'on ne l'entendit presque pas :

- J'aime pas quand il fait ça...
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Sam 12 Jan - 17:05
La jeune elfe invita Leylane à prendre place à sa table. Elle ne tenta même pas de nier avoir écouté la conversation que la demi-déesse avait eu avec Draenwelen. Pas plus qu'elle ne nia les avoir observés avec insistance, et surtout la semi-elfe. Cependant, elle était venue chercher le dernier individu kidnappé par Acrudal : le technomancien. Peut-être ferait-elle la route avec eux, du coup.
D'ailleurs, elle aussi avait un étrange sentiment en présence de Leylane. Ce qui n'empêcha pas les yeux de l'elfe tricentenaire de littéralement s'illuminer quand elle en parla en les qualifiant de "sexy". Ce n'était pas le genre de chose qu'elle appréciait.
Là où ses paroles changèrent la donne, ce fut de lui révéler qu'elle aussi était une fille de Gar'Haz. Ainsi donc, Leylane avait une petite sœur, une sor'ca ? Pourquoi ce dernier ne lui avait rien dit ? Cela était tout de même une information d'une grande importance. Et en parlant de lui, il était apparemment dans les environs, les clients ne semblaient vraiment pas rassurés par ce qui se faisait ressentir. La demi-déesse était légèrement sous le choc de la révélation, pour ne pas dire ébranlée. Un mélange d'émotions contradictoires occupait son esprit, et cela dut se voir sur son visage. Et quand elle reprit la parole, sa voix avait encore plus l'air de provenir d'outre-tombe. Ses yeux rubis s'illuminèrent de plus belle.

- Et pourquoi "notre" père a-t-il jugé qu'il n'était pas nécessaire de nous prévenir que nous avions une sœur, ailleurs sur Arcaëlle ? Anar'ichaer së talahen ! jura-t-elle en serrant les dents, se fichant que cela déplaise à leur père.

Malgré tout, la demi-déesse tenta de garder son calme. Elle savait ce qui pouvait se passer si la colère l'emportait. Kyren semblait sur le point de revenir vers elle, mais elle l'en dissuada. Elle en revint à ce qu'il se passait autour.

- Il ne se montre presque jamais, et soudainement, il décide de faire sentir sa présence. Tsss. Formidable. Quel père exemplaire. T'as-t-il jamais dit qu'il avait d'autres enfants ? Ou que les autres dieux en avaient ?

Il était vrai que Leylane n'avait encore jamais croisé d'autres demi-divinités. Du moins, elle n'était toujours pas sûre que la sensation que lui donnait Tahiri soit liée à sa condition. Si c'était le cas, cela voulait dire que la tahoras Sëya était-elle aussi l'enfant d'un dieu. Ou d'une déesse. Elle avait tant de questions en tête, et sa sor'ca n'était probablement pas en mesure d'y répondre.

- Ah, vraiment, j'aurai plutôt pensé avoir une sor'ca par ma mère. La demi-déesse soupira. Enfin... bien que notre divin père ait été incapable de le faire, nous nous rencontrons quand même. Ma mère m'a nommée Leylane, à l'inverse de la tienne, ce nom n'est pas en l'honneur de Gar'Haz.

Le croassement croissant des corbeaux à l'extérieur semblait annoncer clairement la présence, ou du moins l'attention, du dieu sur les environs. Ou le soupçonnait-elle. Car Leylane n'avait vu Gar'Haz qu'une seule fois, et ce n'était pas sur Arcaëlle.

- Mais assez parlé de lui. S'il préfère s'amuser à faire croasser les corbeaux, libre à lui. Je n'ai pas le temps de jouer. C'est une attitude bien puérile pour un dieu, ne penses-tu pas ?

Au dehors, les croassements ne s'arrêtaient pas, et l'atmosphère s'alourdit. Les clients avaient l'air de se demander ce qu'il se passait. Draenwelen, lui, essayait de comprendre ce qu'il se passait, si les deux elfes nouvellement arrivées étaient à l'origine de ce changement soudain.
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Dim 13 Jan - 15:52
Son regard sembla s'embraser. De toutes évidences, la nouvelle l'avait fortement la contrarier. Pour quelle raison ? Je l'ignorai mais elle me le fit rapidement comprendre.

- Et pourquoi "notre" père a-t-il jugé qu'il n'était pas nécessaire de nous prévenir que nous avions une sœur, ailleurs sur Arcaëlle ? Anar'ichaer së talahen ! jura-t-elle en serrant les dents.

Je restais silencieuse. Je n'avais pas compris ses derniers mots, mais il me sembla comprendre que c'était assez grossier dans l'idée... Et quant à sa question, j'avais déjà tiré un trait sur le fait que « notre » père puisse un jour se montrer comme tel à notre encontre.

- Il ne se montre presque jamais, et soudainement, il décide de faire sentir sa présence. Tsss. Formidable. Quel père exemplaire. T'as-t-il jamais dit qu'il avait d'autres enfants ? Ou que les autres dieux en avaient ?

« Et bien en fait j'avais une jumelle... Donc techniquement, il y en avait d'autres... » avais-je envie de lui répondre, mais je m'en abstins. J'avais un peu peur de sa réaction et ce n'était pas tellement le propos. Je fis juste non d'un signe de tête. Après tout, ce n'est pas lui qui me l'avait dit, c'était juste que j'en avais vaguement entendu parler, mais là encore je préférai garder cette réflexion pour moi-même.

- Ah, vraiment, j'aurai plutôt pensé avoir une sor'ca par ma mère. soupira ma « demie-sœur ». Enfin... bien que notre divin père ait été incapable de le faire, nous nous rencontrons quand même. Ma mère m'a nommée Leylane, à l'inverse de la tienne, ce nom n'est pas en l'honneur de Gar'Haz.

« La chance... » me dis-je. Gar'Haz me faisait déjà assez rappeler à plusieurs occasion que j'étais sa fille... Alors porter en plus un nom en son honneur... Bref.

- Mais assez parlé de lui. S'il préfère s'amuser à faire croasser les corbeaux, libre à lui. Je n'ai pas le temps de jouer. C'est une attitude bien puérile pour un dieu, ne penses-tu pas ? finit-elle par me demander.

Je restais silencieuse un instant. Peut-être... Comment savoir ce qu'un dieu avait en tête ?

- Peut-être... Chuis pas dans sa tête. Des fois il fait des trucs que je pige pas. Genre m'envoyer d'un bout à l'autre d'Arcaëlle pour me faire rencontrer des personnes pour je ne sais quelle raison... Sans doute me faire embrasser ma « destinée » ! dis-je en mimant des guillemets avec... ma seule main valide. Bref... J'avoue que j'avais plus ou moins conscience que j'étais pas la seule fille de Gar'Haz. T'as jamais entendu parler des Faucheuses ? Des enfants de Gar'Haz qui ont voué leur vie à lui pour... ben pour faire un peu le ménage. Il te parle jamais à toi ? Il arrête pas de me prendre là tête, à moi... soit-disant que je suis pas une fille digne de son nom... Pfff... S'il pouvait me lâcher un peu...

Je la vois se crisper soudainement. Mais qu'est-ce qu'elle a ? Oh putain, je le sens pas cette histoire, j'vais essayer de changer de sujet, ça a pas l'air de l'enchanter ce qu'elle vient d'apprendre de ma bouche, j'aurai mieux fait de fermer ma grande gueule.

Je toussotai et repris rapidement la parole pour passer à autre chose. Après tout, elle avait raison. Il valait mieux l'ignorer et faire comme si de rien. Après tout, si on se rencontrait maintenant, c'était peut-être pour une bonne raison... Et si ça se trouve c'était lui qui nous avait poussé dans cette direction. J'espérais que non, cela voudrait dire qu'il a une sacrée emprise sur nos destinées à toutes les deux.

- Mais bon... C'est pas tellement le sujet, t'as raison ! Faisons comme s'il était pas là... J'ai entendu dire que tu allais te rendre au manoir... J'aime pas tellement l'idée, ça m'a l'air d'être encore une situation dans laquelle je risque d'y perdre des plumes.

Je lui montrai ma main en bois, pour lui faire comprendre que je parlais de ça et que c'était assez récent.

- La dernière aventure m'a coûté littéralement un bras... Mais j'ai pas tellement le choix, j'ai besoin du technomancien pour qu'il me fabrique une main sur mesure. Alors si ça ne t'ennuies pas, chère « sor'ca », j'aimerai t'accompagner. Avec un peu de chance, le technomancien est retenu prisonnier par ce Arculad ou je ne sais pas quel est son nom. J'espère juste qu'il est toujours en vie... En tout cas, à deux filles de Gar'Haz, je ne pense pas que l'on craigne beaucoup de monde, ne penses-tu pas ?

Je regardai un peu autour de nous en attendant sa réponse. Tout le monde semblait nous dévisager méchamment, comme s'ils se doutaient que nous étions la cause de toute cette tension qui montait de plus en plus. De toutes évidences, nous allions très rapidement passer pour des fauteurs de trouble.
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