Bal'a dash, Minn'da ! [PV]

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Mer 23 Déc - 19:47
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Elle y était. Toute proche de revoir son fils, s'il était prévu dans les combats de la journée. Leylane était venue tôt, dès l'ouverture officielle des affrontements, plus précisément. Elle pensait encore à ce qu'elle avait vécu la veille, en rencontrant la fille de Thäa et d'avoir appris que les adorateurs d'Özan étaient encore en activité. Mais aussi que ce dieu avait réussi à procréer. Il devenait important de trouver l'enfant, et de le ramener entre de meilleures mains pour le bien d'Arcaëlle, ou de l'éliminer, tout simplement.
Si ce sujet était de prime abord d'une extrême urgence, elle était aussi une mère. Qui avait certes laissé ses enfants à d'autres, mais pour les protéger. Kyren et Maiev avaient peut-être fini par l'oublier, la remplaçant dans leur mémoire par celle qui les avait élevé depuis vingt ans. Mais elle restait leur mère, et s'inquiétait de ce qu'elle avait vu dans les entrailles d'un animal, elle s'inquiétait de ce que devenaient ses enfants. Elle aurait préféré ne pas les retrouver dans une arène, ou tout autre endroit similaire. Mais les voies du destin sont parfois étonnantes... La demi-déesse ne savait pas encore si elle prendrait contact avec eux, ni de ce qu'elle leur dirait, ou ferait. Devait-elle éviter la raison qui les avait menés ici ?
Elle se dit qu'elle aviserait le moment venu. Pour l'heure, malgré l'entrée payante -pour les frais paraitrait-il-, les gradins commençaient à se remplir, nombreux étaient les badauds venus pour voir se verser le premier sang de la journée. Elle avait du, comme tout le monde, laisser ses armes à l'entrée. Elle n'aimait pas ça du tout, mais elle s'y était pliée, menaçant à demi-mots celui à qui elle les avait remises... La furie blanche, son fils, ne combattait pas avant un moment, d'autres étaient annoncés avant lui. Leylane chercha Maiev des yeux, espérant la reconnaitre. Elle devait être une belle jeune femme, maintenant, seuls ses cheveux blancs pourraient permettre de la reconnaitre de loin. De près, elle s'intéresserait aussi à ses yeux, et à l'éventuel médaillon de loup qui venait de son père biologique. Si son frère était dans le même, en plus de son nom, elle n'aurait que peu de difficultés à le reconnaitre.

Les combats commencèrent vers la neuvième heure de la journée, le soleil inondait le cadran de sa lumière, guidant l'ombre sur les différents chiffres. Plusieurs gladiateurs entrèrent sur le sable de l'arène, sous les vivats ou les huées de la foule selon les noms que donnait le commentateurs. Le mzékils semblait apprécier l'attention que lui portait la foule, saluant çà et là les spectateurs. Comme s'il avait le droit de vie et de mort sur ceux qui s'affrontaient.
Et les heures passèrent... Les morts se suivaient, si semblables, et pourtant si différentes. La demi-déesse cessa de les compter, puis de s'y intéresser. Elle était plus concentrée sur la recherche de Maiev, mais il aurait été louche de se promener si près des bords de l'arène, à la recherche d'une personne. Elle préférait rester discrète pour le moment. Elle eut un regain d'intérêt quand le mzékils adipeux annonça, peu avant l'heure du repas de midi.

- Et maintenant ! Un combattant prometteur, victorieux de plus d'une dizaine d'adversaires ! Le charmeur de ces dames, le cauchemar de l'arène, Kyren, la furie blanche !

Certains acclamèrent l'annonce, d'autres le huèrent, leurs paris étant divergents. Elle le vit sortir par la porte massive, avançant lentement dans sa longue veste noire, son armure légère reflétant le soleil. Il avait fière allure, pensa-t-elle. Si seulement il était dans une réception ou un autre évènement. Ses cheveux mi-longs, blancs comme ceux de sa mère, se balancèrent lentement dans la brise. Il sortit une épée, la tendit et salua la foule, plus spécialement l'autre côté de l'arène. Leylane ne put voir s'il saluait une personne en particulier, mais il y avait de fortes chances que la jumelle de Kyren y soit. Restait à savoir qui serait son adversaire...

- Et de l'autre côté ! Il a fait ça toute sa vie ! Il donne la mort comme un bourreau, Rooker Belgen ! Saluez-le bien pour son dernier combat !

La foule hua, ou acclama, l'adversaire de son fils, un tahora en armure complète. La semi-elfe sentit qu'il était dangereux. En plus de trois siècles, elle avait rencontré un certain nombre de personnes redoutables. Et même si ce Rooker semblait lui aussi assez jeune, il avait du s'endurcir assez vite pour arriver à son dernier combat. Mais le mzékils reprit la parole.

- Et pour l'occasion, nous avons une surprise ! Il va devoir choisir. Fera-t-il équipe avec la furie blanche, ou combattra-t-il à ses côtés ? Mesdames et messieurs ! Je vous présente : le terrible Bäaphû !

Elle frissonna. La foule lançait ses vivats, mais elle connaissait le danger que représentait cette créature. S'il était relativement peu imposante comparée à certaines, le bäaphû était une formidable machine à tuer, forgée par des siècles et des siècles - voire plus- d'évolution. Sans compter sa haine viscérale pour tout ce qui n'était pas de sa lignée. Ce dernier point pouvant être sujet à caution, jusqu'ici personne n'a osé étudier les mœurs de cette créature.

- Ai-je dit "le" ? Je voulais dire "les" ! Ils sont deux, ils sont affamés et prêts à tout ! Souhaitez un bon courage à nos deux gladiateurs !

Deux... bäaphû ? C'était de la folie. Y avait-il assez de personnel pour les maitriser ? Il était déjà presque impossible d'en terrasser un seul, alors deux... Soulagée, elle se dit que le tahoras choisirait de faire équipe avec Kyren. Des grognements firent écho aux paroles du commentateur. Elle vit une tâche blanche se lever, au loin, de l'autre côté de l'arène. Mais elle n'y prêta pas attention. Elle vit seulement son fils s'approcher du dénommé Rooker et lui adresser quelques mots, sans doute pour établir un plan ou l'inviter à faire le bon choix.
Ils voulaient du spectaculaire, mais deux des plus dangereuses créatures d'Arcaëlle contre deux gladiateurs ne pouvant sans doute pas user du fluide à cause de leur collier ? Nul doute qu'il y avait là un message à décrypter. On ne sort pas vivant de l'arène... La direction des lieux avait donc du changé de main. La demi-déesse se leva, et s'appuya sur la balustrade, anxieuse. Quelle allait être la suite des évènements ?

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Jeu 23 Nov - 13:44
Le sang coula, chez Barbe-Bleue, - aux abattoirs, - - dans les criques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et le lait coulèrent. […] et la Reine, la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra jamais nous raconter ce qu'elle sait, et que nous ignorons.

Rimbaud




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Phadransie La Noire avait un trop ferme caractère pour plier devant les lois mystérieuses de la providence. Ainsi, elle ne se laissait jamais rudoyer ni par les Dieux ni par le sort. Les derniers événements l'avaient placé au-devant de la scène, seule survivante d'une tempête de fluides sans précédents. Pour tout théâtre, c'était une île déserte perdue dans l'immensité des océans d'Arcaëlle et entourée de hauts-fonds tranchants comme des lames de rasoirs. Pour tout rideau, un amas de nuages noir au loin qui s'amassaient dangereusement. Et avec elle, pour seul accessoire, il y avait le Seventh Son. Le navire de son enfance. Le navire damné. Le navire du Roi Pirate, son père, Avicular Lamiedo. Le tristement célèbre Seventh Son, le Septième Fils, qui l'avait vu s'élever puis ployer puis s'élever de nouveau. Et avec, dans l'estomac du navire, des dizaines de cadavres condamnés au silence éternel.

Voilà où en était Phadransie La Noire après que son ennemi juré, l'Elfe Noir qui se faisait surnommer Ildezzeeth lui avait échappé. Il lui fallait à présent trouver une solution afin d'échapper à la tempête fabuleuse qui s'annonçait. Seule, on ne barrait pas un navire de la taille du Seventh Son. Seule, on ne dégageait pas un navire de la taille du Seventh Son des récifs sur lesquels il s'était à demi-échoué. La tempête, l'orage et les éclairs éclatèrent, et La Noire ne put pas y faire grand chose. Retranchée au cœur du mal, dans la cabine du Capitaine du bâtiment, elle espérait que toutes ces vagues et tout ce vent la remettrait à flot sans la couler. Une belle contrariété au fond, puisqu'elle avait prévu avant cette histoire de détruire le navire auquel elle s'attachait aujourd'hui. Essuyer une bourrasque au large qui faisait courir son ancien bâtiment, la BlackWasp, cela elle l'avait déjà fait et ne le craignait pas. Mais cette tempête-là était d'un tout autre niveau, et peu s'en fallut que ne périsse tristement, corps et bien, le Seventh Son.

Lorsque le grain passa, Phadransie La Noire, sans trop pouvoir l'expliquer, se retrouvait sur le pont d'un bâtiment encore entier bien qu’ébréché et que la fureur des éléments avait projeté tout en haut d'une éminence rocheuse, comme une petite falaise sourcilleuse et qui dominait la plage. De son perchoir singulier, la pirate voyait se déployer sous son œil fatigué l'immensité de la mer et de l'horizon infini. La Noire étant faite de chairs, d'os et d'une engeance endurcie, ce numéro d'équilibriste auquel s'amusait le navire qu'elle montait ne la terrifia pas outre mesure ! Tout au contraire, Phadransie se propulsa sur le pont du bâtiment fantôme, posant ses mains sur le gouvernail. Peu lui importait désormais que le Seventh Son soit tâché de feu, de sang, de fluide et d'écumes. Elle en était la seule maîtresse.
Alors s'était déroulée une chose à laquelle la noire capitaine ne s'attendait pas. Une bande de naturels, à demi-nus et le corps drôlement peinturlurés de noir et de blanc de sorte qu'ils ressemblaient plus à des spectres jaillit d'outre-tombe qu'à des humains, vinrent à sa rencontre. Et voyant là la pirate avec son crochet d'or sur lequel venaient glisser les premiers rayons d'un soleil matinal, le gigantesque navire à la voilure battant au vent, hissé les Dieux seuls savaient comment au-dessus de cet-à-pic rocheux, ils la prirent elle pour la réincarnation vengeresse de May'Veal, et lui pour l'arche noire sur laquelle ladite réincarnation devait sortir des flots. Profitant des croyances de ces drôles-là, Phadransie La Noire avait saisi l'occasion à pleine main ! Oui, elle était bien May'Veal Baja'Azk, l'Élue de la Déesse pas contente, et oui le Seventh Son échoué sur son étrange perchoir était bien la terrible arche volante qui sortait droit des abysses ! Les naturels, non content de lui témoigner mille marques de respects et de sacrifices, la vénérèrent à l'égal de May'Val et se rangèrent à ses ordres. Ainsi, il ne fut pas difficile pour la pirate de faire construire à ses laquais les semaines suivantes une gigantesque rampe de bois qui aurait pour but, tel un immense toboggan, de faire glisser le bâtiment du haut de son nid jusqu'aux vagues en contrebas. Ne rechignant point à la tâche, l'échine courbé sous l'autorité toute naturelle de cette Déesse à la main en or qui chevauchait une arche de bois emplie de spectres, l'opération fut rapidement menée, et bien menée. Le Seventh Son regagna les flots, et Phadransie La Noire engagea les naturels comme équipage d'infortune. Encore une fois, la roue tournait pour elle. Car elle était maîtresse de son destin.

Les cartes marines et les différents articles que La Noire récupéra dans la cabine de l'Elfe Ildezzeeth, l'ancien capitaine du bâtiment, lui apprirent beaucoup de choses. Non contente de s'être emparée de deux des navires de son père et d'avoir mise -quasiment !- hors d’état de nuire le Septière Fils, l'Adopté et la Huitième Fille, il restait à La Noire à décider ce qu'elle allait désormais faire. Regagner son port d'attache, c'est-à-dire Port-Suppure ? Quel accueil lui réserverait-on, là-bas ? Sachant que c'était Henry Tarrentt l'Aracnor, le Quatrième Fils, qui gouvernait la cité ?

Trop imprudent. La Noire ne voulait pas prendre le risque de tout perdre. Si elle avait pu faire tomber Ildezzeeth grâce à sa ruse et son habileté, il n'en serait pas de même pour son demi-frère Tarrentt. L'on disait que lorsque Tarrentt sortait sa lame de son fourreau, c'était uniquement pour tuer. Elle le connaissait assez bien, le Tarrentt, pour savoir que lui faire front était une idée stupide. Il la tuerait, il vengerait ses frère et sœur et récupérerait le Seventh Son. La solution vint à Phadransie d'elle-même. Elle trouva la réponse à ses questions dans l'un des journal de bord de l'Elfe déchu. Le Roi Pirate contrôlait quasiment tous les océans de l'Est d'Arcaëlle et il ne possédait pas d'ennemis. Mais il en avait eu, par le passé ! Et cet homme, cet ancien Seigneur Pirate qui avait eu la grandeur de défier en son temps le futur Roi-Pirate avait un nom. On l'appelait la Terreur des Sept Mers. Le Profanateur. Gabriel Cortez. Et, selon les notes d'Ildezzeeth, ce Cortez n'avait pas été battu par le Roi-Pirate, mais bel et bien par l'Amirauté de la Principauté. Condamné à mort, il avait finalement échappé à son sort en finissant dans l'estomac des terribles galères. Puis, il avait encore été muté si l'on pouvait dire, afin de finir dans la grande Arène de Cescan.

« Cescan... La forteresse enneigée. La cité du bout du monde.

C'était donc la destination de Phadransie La Noire. Si elle voulait se faire un nom sur les mers, si elle voulait renverser la dictature du Roi-Pirate, elle devait se faire des alliés de nom. Libérer le Profanateur de l'Arène de Glace lui semblait être un bon début. Ainsi, La Noire délaissa ses malversations contre le Royaume afin de se concentrer sur la Principauté ! Elle mit le cap sur le nord et, toutes voiles dehors, le Seventh Son entama le début de son voyage du bout du monde.

~



C'est ainsi que, après plus de dix semaines de navigation, Phadransie La Noire jeta l'ancre à plusieurs milles de Cescan. Monnayant les services d'un passeur, c'est encapuchonnée que la pirate mit le pied dans la cité de givre du bout du monde. L'habitude des climats chauds et tropicaux ne lui rendit que plus mordant le froid de Cescan. Mais La Noire n'était pas du genre à se faire arrêter par des détails. Elle loua les services d'une auberge et prit un peu de repos. La journée du lendemain se passa à se renseigner sur la Grande Arène de Givre. Il paraissait qu'on y organisait, dans la journée même, une exécution publique. Des pirates Noviens, à ce qu'il se disait... L'entrée dans l'Arène était gratuite pour les exécutions, payantes pour les spectacles. La veille des exécutions, de jeunes garçons que l'on appelait les livrets distribuaient et affichaient un peu partout des tablettes qui détaillaient le nom, le prénom et l'origine de ou des condamnés ainsi que l'accusation et le moyen de mise à mort que la Principauté avait jugé le plus adapté pour les crimes commis. Ainsi nota Phadransie, chaque exécution à Cescan avait des tournures de cirque et de spectacle. La Noire entra une première fois dans l'Arène de Givre afin d'assister à l'exécution. Les condamnés étaient au nombre de vingts, il s'agissaient de pirates du nord qui pillaient les villages de la Principauté à l'aide de drakkars locaux. Phadransie ne les connaissait pas, mais très vite on leur passa la corde au cou et ce fut finit. Le peuple sortait de l'Arène de Cescan emballé comme s'il sortait du petit théâtre ou de l'opéra. Déjà, l'on parlait partout dans la ville du prochain spectacle de Givre qui serait grandiose. A force de roublardise habile, Phadransie La Noire put gagne de quoi payer sa place dans l'Arène cinq jours plus tard. Se produisaient là bon nombres de gladiateurs. Les combats étaient violents, l'issue toujours fatale, et Phadransie prit assez vite goût à ces cirques-là. L'empêchait de prendre part aux paris qui fusaient dans les gradins l'anonymat et la discrétion qu'elle souhaitait plus que tout préserver en cette cité. Puis on annonça un autre gladiateur, à l'instant où la pirate s'apprêtait à céder à son envie de jeu :

- Kyren, la Furie Blanche !

Une ovation, des cris, des exclamations ! Apparemment, le type était connu par ici. La Noire suivit le combat avec attention, mais elle suivit avec plus d'attention encore la grande dame encapuchonnée qui, pressée sur les stalles du premier rang, paraissait livide dès que la Furie Blanche se trouvait en mauvaise position. Alors, Phadransie La Noire s'avança à son tour, et observa du coin de son œil la Dame. C'était une Elfe. Elle cracha. Au fur-et-à-mesure que s'enchaînaient les minutes et les affres du combat qui opposait les deux gladiateurs à deux bäaphûs, Phadransie La Noire gagna en confiance. Un plan naissait dans son esprit. Ainsi, elle s'approcha des stalles jusqu'à être assez prêt de l'Elfe, alors que commençait le dernier acte. Elle lui souffla à l'oreille, le visage dissimulé habilement sous un capuchon sombre :

- Tu veux la liberté pour la Furie Blanche ? Je pense qu'on devrait causer un peu toi et moi...

Sur ce, elle se retira laissant entre les doigts de la mystérieuse Elfe voilée un bout de papier sur lequel était noté en lettres rouges couleur de sang :

"Ce soir. Sur les Docks. Mouchoir noir."

Elle se retira avant la fin du combat, sachant qu'il n'y avait pas d'autres programmations après la Furie Blanche. Le soir même, sous une lune de fiel, Phadransie La Noire attendait, dissimulée dans la brume et une bouteille de cognac à la main. Elle se trouvait enveloppée d'un lourd manteau gris, assise dans une barque à flots sur lequel se dressait un seul mât. Et accroché audit mât, un mouchoir noir battant au vent à travers le brouillard.

- On verra bien. » murmura pour elle-même La Noire en réchauffant sa main gelée contre sa cuisse et en introduisant le goulot gelé de la bouteille entre ses lèvres.
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Dim 26 Nov - 17:46
Livide, la demi-déesse observait avec attention le combat de son fils contre les bäaphûs. Le dénommé Rooker et lui avaient vraisemblablement mis au point une stratégie, mais le risque était quand même réel. La moindre erreur signifierait la mort. Cependant, Leylane était moins anxieuse quant à la mort de l'autre gladiateur, seul importait son fils. Mais les deux semblaient être en accord sur la façon de se sortir de cet affrontement contre les bêtes leur faisant face.
Durant de longues minutes, le tahoras et l'hybride tinrent bon, mais commencèrent à fatiguer sous l'effort. Du moins, c'était sans compter l'énergie du désespoir, formidable instinct de survie s'il en était. L'action se déroula très rapidement, trop même. Un bäaphû réussit à empaler Rooker, mais celui-ci, dans un dernier souffle de vie, enfonça son arme dans le crâne de la créature, mettant fin à ses jours. Kyren se retrouva donc seul face à la deuxième bête.

- Voyez vous ça, cher public ! Rooker et le bäaphû se sont entretués ! Dommage pour lui, ses combats nous manqueront ! Mais que va donc faire la Furie Blanche ? Seul contre son redoutable adversaire !

Le présentateur fit presque vaciller la demi-déesse sans le vouloir. Ses yeux s'illuminèrent, mais elle ne fit rien, elle n'interviendrait qu'en cas d'urgence. Si Kyren se retrouvait réellement en danger de mort. Elle voulait d'abord savoir ce dont il était capable.
Mais une voix féminine vint chuchoter à ses longues oreilles. Si elle voulait la liberté pour la Furie Blanche ? Bien sûr que oui. Mais avant qu'elle ait pu répondre, la voix lui glissa un papier et s'éclipsa. Elle avait donc rendez-vous ce soir sur les docks, avec pour seul signe de reconnaissance, un mouchoir noir. Interloquée, la semi-elfe se retourna, mais trop tard. Elle avait gardé un œil sur son fils et avait raté l'inconnue. Certes, la banshee aurait tout aussi pu partir pour rattraper cette personne, mais Kyren passait avant tout. De plus, Maiev manquait toujours à l'appel. Cela dit, l'arène était assez vaste, sa fille pouvait donc se trouver de l'autre côté de celle-ci. La retrouver sans s'approcher de son fils se révèlerait donc délicat. Elle n'était pas prête, aujourd'hui, à les rencontrer. Après tout, qui était-elle pour eux ? Elle avait préféré les confier à d'autres pour ne pas souffrir, mais elle restait leur mère, et souhaitait qu'ils aient au moins de bonnes relations.
Dans un coup du sort, le bäaphû restant envoya valdinguer Kyren, qui tint bon. Mais le coup avait sans doute infligé des blessures à son enfant. Leylane ne pouvait malheureusement pas intervenir directement, sans quoi elle finirait elle aussi à devoir combattre -du moins, c'était la règle. Crispée, la demi-déesse observa en gardant un air impassible, ce qui ne fut pas aisé.

- Mais que se passe-t-il, public ? Moi qui pensait que Rooker avait été tué par son adversaire, voilà qu'il nous surprend et semble se relever, quel retournement de situation !

Les vivats de la foule firent le tour des gradins, sans doute contents de la tournure des évènements. Ils semblaient apprécier les combattants du jour. Seulement, personne ne vit que le tahoras arborait maintenant des yeux blancs, et qu'un trou béant se trouvait au niveau de son cœur. Enfin, presque. Le présentateur en fit la remarque, créant un élan de méfiance parmi les spectateurs, cela signifiait une seule chose : un hytrez. Et la créature mort-vivante se jeta sans réfléchir sur le bäaphû. Surpris, Kyren resta immobile quelques instants. Il était extrêmement rare qu'un hytrez "naisse" dans l'arène, voire impossible. Mais la fille de Gar'Haz ne venait pas souvent ici, or elle était capable de ce genre de tour de force.
Pendant ce temps, ce qui était un arcaëllien quelques minutes auparavant attaquait sans relâche la machine à tuer qu'était le bäaphû. Lui aussi semblait surpris, sans doute par l'odeur de la mort qui émanait de cette chose qui osait s'en prendre à lui. Profitant de l'ouverture, Kyren brandit sa lame et courut en direction du duo. Le serviteur de Leylane semblait se ficher de lui et continuait sa lutte insensée. La Furie Blanche décida de faire de même et évita de justesse la patte du bäaphû avant de lui lacérer le flanc. La créature d'outre-tombe en profita pour attaquer cette plaie, pendant que le gladiateur encore vivant revenait à l'assaut et assenait un coup net sur la nuque du bäaphû.
Exténué, il se laissa tomber à genoux au sol pendant que la créature tombait avec fracas. Comme s'il en avait oublié l'autre menace. Il se releva aussitôt, prêt à frapper le hytrez de sa lame. Mais c'est à ce moment que Leylane choisit de libérer le cadavre de son commandement, et celui-ci tomba inanimé avant que la Furie Blanche ne puisse lui séparer la tête du corps. En soupirant, la demi-déesse se laissa basculer sur les gradins. Le présentateur, lui, vantait les mérites de Kyren et tout un discours vantant l'entraînement de l'Arène, ce qui finit par désintéresser la semi-elfe. Et son fils fut rapidement mené, à nouveau, dans sa cellule, avant même qu'elle n'ai pu penser à la moindre possibilité d'évasion. Elle pesta, surtout qu'elle devait encore retrouver sa fille.
Mais sans relations à Cescan, la tâche risquait d'être plus difficile. Le mieux était encore d'attendre le soir et de se rendre sur les docks. En approchant Kyren, elle était sûre de trouver Maiev. Il lui fallait simplement un peu plus de temps avant ça, avant que les jumeaux ne retrouvent leur mère...

[...]



Vint ensuite le soir, qu'elle avait patiemment attendu dans la chambre qu'elle avait loué à l'auberge la plus proche de l'Arène. Encapuchonnée, elle se dirigea vers le port en tenant le message remis plus tôt. Son arc en os dans le dos, elle gardait une main à porté de lame, en cas de mauvaise rencontre. Elle cherchait un mouchoir noir. Devait-elle trouver un galion ? Une goélette ? Ou bien une simple barque, avec un mât. Et avec ce fameux repère accroché au mât. Ses yeux rouges se rivèrent sur la silhouette sombre occupant le rafiot. Une rencontre en toute discrétion lui paraissait louche, mieux valait faire ce genre de choses dans un lieu public, afin d'éviter de paraitre suspicieux. Qu'importe ! se dit-elle, la seule chose vraiment gênant serait sans doute le froid qui s'installait. Elle posa un pied dans l'embarcation.

- Bal'a dash, malanore... dit-elle en jetant le papier précédemment reçu aux pieds de son interlocutrice. Pourrions-nous discuter dans un lieu moins... froid et exposé ? Les rencontres tardives sur les quais ont tendance à éveiller les soupçons chez les badauds.

Elle se souvenait parfaitement de sa rencontre avec une certaine Sëya sur les quais de Cescan, la veille, et de leur affrontement contre les adorateurs d'Özan. Mais l'inconnue n'avait pas besoin de savoir. Leylane s'assit en face d'elle.

- Comment suis-je supposée vous faire confiance ?

Après tout, cette histoire pouvait être un traquenard...

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Jeu 7 Déc - 21:15
Et la nouveauté chimique
Les voyageurs entourés des trombes du val
Et du strom.

Rimbaud



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«  Un lieu moins froid et moins exposé ? La neige t'effraie, l'Elfe ?

Car c'était bien à une Elfe que Phadransie La Noire s'adressait en ce moment. Elle n'était pas surprise d'ailleurs, car elle savait à qui elle avait à faire. A la clarté d'un croissant de lune et d'un ciel parsemé d'étoiles, la pirate pouvait à présent distinguer, au moins grossièrement, les traits et les éléments qui composaient le visage de son interlocutrice. Sous un large capuchon de cuir cousu régulièrement, une crinière blanche battait au vent, encadrant un regard de feu et de fiel qui paraissait briller sous l'ombre du capuchon. Deux yeux rouges ouverts sur un monde de noirceur et de mort dévisageaient la pirate, durs, profonds comme s'ils cherchaient à percer les secrets de son âme d'un seul regard. La peau blanchâtre de l'Elfe, légèrement rosée et que la lumière nocturne rendait presque bleue comme le vin renversé sur une nappe venait relever l'éclat d'une bouche aux lèvres droites et régulières, fines et légèrement piquées. L'Elfe avait dans la voix ce même timbre que possédaient tous les Elfes, songea Phadransie La Noire, qui leur faisait annoncer avec la même austérité un mot de tendresse ou une menace de mort. Elle avait toujours détesté les Elfes, et lorsque cette dernière posait sur elle ses yeux rouges, perçants comme ceux d'un rapace, La Noire n'avait qu'une envie : les lui arracher.

Phadransie se contenta simplement de se saisir de l'un des deux aviron, faisant signe à sa potentielle future alliée de grimper dans la barque tandis qu'elle commençait à s'éloigner des quais.

- Pour ce qui est de l'exhibition, c'est justement pour ça que j'ai choisis cette barque. Monte, on va s'éloigner un peu de la rive. Je ne fais pas confiance aux dockers.

Alors l'Elfe posa un pied sur le bord de la barque, une main toujours posée sur la garde de ce que la flibustière devinait être une dague. L'éclat de l'acier brillait sous le manteau noir de l'individu aux longues oreilles.

- Je vous ai posé une question, me semble-t-il...

C'était vrai que l'inconnue avait posé une question à La Noire, mais c'était aussi vrai que la barque s'éloignait de plus en plus, poussée par les battements de l'aviron sur l'eau sombre, et donc l'Elfe n'eut au final pas d'autre choix que de se hisser à bord.

- Je peux te la retourner, ta question, dit Phadransie La Noire d'une voix sèche et sans dévisager cette Elfe qu'elle détestait déjà. Moi non plus je n'ai rien qui me prouve que je puisse te faire confiance. Tu pourrais très bien faire partie des gardes-chiourmes de la Principauté.
-  C'est vous qui m'avez donné rendez-vous...affirma l'interlocutrice de La Noire après avoir levé les yeux au ciel.

Elle chercha alors au fond d'une poche invisible le bout de papier sur lequel Phadransie reconnut son écriture.

- C'est vrai. Je crois que tu as des vues sur la Furie Blanche. Je me trompe ?

C'était très direct comme approche, songea Phadransie, mais elle ne souhaitait pas la discussion ne s'éternise. En même temps, si l'Elfe et elle possédaient des objectifs communs, les deux devraient trouver rapidement un terrain d'entente. Et si elle s'était trompée... Si je me suis trompée, je n'aurai qu'à la tuer ici et maintenant, puis balancer son corps à la flotte, voilà tout.

- En effet... Je préfèrerai le voir libre...répondit l'Elfe après un instant de surprise qui n'échappa pas à la pirate. Mais qu'est-ce que sa liberté vous apporterait ?
- Moi ? Rien du tout. Je n'ai que faire de ta Furie Blanche.

L'Elfe n'était pas bavarde et ne répondit pas à la remarque de La Noire. Ainsi, de longues minutes passèrent durant lesquelles les deux femmes eurent le temps de s'éloigner complètement des quais et des bâtiments de pêcheurs à l'ancre aux alentours.

- Alors, pourquoi ? Je pourrais le libérer seule, mais vous avez piqué ma... curiosité. insista finalement Tignasse Blanche.
- Et comment comptes-tu t'y prendre ? Pour libérer ta furie, je veux dire.
- Je pense que cela vous paraîtrait incroyable... Mais ne vous en faites pas pour moi, je suis une personne pleine de ressources. Cependant, votre aide me permettrait d'éviter des pertes...
- Je pense qu'on pourrait s'entraider, oui...dit Phadransie.
- Nous sommes d'accord.

Encore une fois, le silence vint poser sa marque entre les deux femmes. La Noire en profita pour poser l'aviron sur la barque, entre elles deux.

- Alors dis-moi. Tu as déjà visité l'arène ?
- Il y a très longtemps...dit l'Elfe après un demi-silence, les yeux au ciel. Si rien n'a changé, je saurai encore m'y repérer.
- Le soucis avec vous les Elfes c'que vous êtes si décrépi putain, que vous n'êtes même pas fiables. Bon, heureusement que je me suis procurée un plan de l'intérieur du cirque. Voilà ce que je te propose, la liberté pour ta Furie Blanche contre la liberté pour l'un de mes amis.
- Parce que les humains sont meilleurs que les elfes ?

Phadransie leva l’œil, et son regard noir vint heurter celui, sanglant et brillant comme celui d'un chat, de l'Elfe qui ajouta finalement :

- Passons...si Kyren est libéré, votre ami le sera. Quand pensez-vous agir ?
- J'ai besoin d'encore du temps. Je ne connais pas la ville de Cescan assez bien. Il me faut aussi des moyens, à comprendre par là des jolis cailloux dorés qui font bling bling dans les bourses. Des alliés ne seraient pas de trop également, si tu connais des mercenaires ou qui que ce soit qui soit prêts à trancher à vif dans la Principauté... Des ailés principalement. On ne rentre pas dans l'Arène de Cescan comme dans un moulin ! Après il me faut encore des renseignements. L'arène fait aussi office d'échafaud, je crois bien. C'est là qu'ils dressent le gibet et offrent diverses pendaisons et autres exécutions au petit peuple. J'ai aussi entendu des rumeurs annonçant le retour prochain du prince au palais. Peut-être qu'on devrait profiter de ce moment pour agir, lorsque les culs merdeux qui composent cette cité auront l'attention détournée et les yeux bien ailleurs.
- Nous agirons donc lorsque le Prince sera de retour, lui répondit l'Elfe avec un étrange sourire qui lui rendait l'air bien plus vieux qu'elle ne l'était en réalité. Malheureusement, la plupart de mes alliés de l'époque sont morts, depuis le temps... Mais dans une ville telle que Cescan, il n'est pas difficile de trouver des alliés contre de l'or.

Phadransie laissa échapper un "mmm" entre ses lèvres closes, tout en soutenant son menton de sa main aux ongles vernis de noir.

- Pour les renseignements, reprit l'Elfe en scrutant un point invisible sur la ligne d'horizon, les tavernes conviendront. Nous avons un peu de temps devant nous pour cela. J'aimerai savoir. Quelle piste prendrez vous ?
-  Une piste ?
- Quelle voie. Préférez-vous trouver des alliés ou soutirer des informations ?
-  Tu es à Cescan depuis longtemps ? fit La Noire répondant à une question par une autre question.
- Je suis arrivée hier, et je n'y étais pas venue depuis...bien plus longtemps que je ne veuille l'admettre.

Quel âge avait cette pute encore ? Morbleu de merde, Phadransie haïssait cette sous-race d'enfants de putes ! Avec les Elfes, tout était si confus ! Les instants où elle avait eu sous son crochet Ildezzeeth lié à une table de torture avait été pour elle les meilleurs de sa noire existence ! La Noire eut néanmoins assez de jugeotte pour ne pas avouer tout haut ce qu'elle exécrait tout bas.

- Alors soutirons d'abord des informations. Menaces et corruption, un duo que j'aime bien. On verra pour des alliés après.
- Ma nuvennin.

Pour avoir déjà entendu ces mots-là de la bouche d'Ildezzeeth, son supérieur à l'époque, La Noire en saisissait le sens. C'était l'équivalent elfique d'un : "c'est vous qui voyez".

- Après ce qu'il s'est passé à l'arène aujourd'hui, les tavernes, et autres lieux de rencontres et de beuveries, seront plein de monde ce soir, conclut l'Elfe tandis que La Noire reprenait son aviron et ramait en sens inverse.

La Noire la déposa sur les quais, en lui donnant rendez-vous dans dix jours exactement, au même endroit. L'Elfe, sans un mot, se retira et disparut comme une ombre dans la nuit. Phadransie La Noire avait beaucoup à faire. Mais avant toute chose, elle avait besoin d'abreuver son gosier qui demeurait terriblement sec. Elle s'engouffra dans une ruelle merdeuse, joua de son crochet sur la première pute qu'elle trouva sur un trottoir -la fieffée salope s'avérant ô bonheur être une Elfe !- et l'allégea de sa bourse. Puis elle poussa la porte de la petite Taverne "L'Anguille" et s'offrit une couette, un bon gueuleton et yo ho ho, et une bouteille de rhum !

- Demain, je me mets au travail. »

Il s'avérait que La Noire avait menti. Elle n'avait jamais possédé le moindre plan de l'Arène de Givre.
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Jeu 22 Fév - 0:57
La jeune humaine était antipathique aux yeux de Leylane. Si jeune, et pourtant si imbue d'elle-même. A croire qu'elle avait plus vécu que la demi-déesse. L'orgueil des humains, sans doute... Mais elles avaient besoin l'une de l'autre pour mener à bien la libération de Kyren et de l'ami de la jeune fille. Leur entrevue dura peu de temps, et elles se séparèrent tandis que l'humaine lui donnait rendez-vous dans dix jours. C'était largement suffisant pour ce qu'il y avait à faire... sous réserve que, de son côté, la borgne mène aussi l'enquête. Cependant, il aurait été plus utile de se donner plusieurs rendez-vous afin d'actualiser jour après jour leurs informations.

Leylane, elle, avait plus ou moins choisi sa façon de procéder. Vu l'heure tardive, elle aurait même pu commencer tout de suite, mais les gens étaient probablement déjà plus qu'avinés. Si un ivrogne pouvait parler facilement, il pouvait être plus compliqué de comprendre ses dires, et encore plus de différencier le vrai du faux. Quoi que, la demi-déesse était assez bonne à ce jeu là. Commencer le lendemain était tentant, toute demi-déesse qu'elle était, elle n'en était pas pour autant dispensée de repos. Mais... la liberté de son fils était à la clé. Et ce, même s'il ne savait sans doute pas qu'elle était sa mère. Ne restait qu'à retrouver sa fille, qui n'était sans doute pas loin. Elle regrettait parfois, mais les élever aurait été un trop grand risque pour eux. Elle ne se souvenait que trop bien de quelles manières s'étaient passés la vie et le trépas de "leur" grande-sœur Eyala. Au final, renouer avec Kyren, et Maiev, ne serait que le début de longues explications.
Il était donc grand temps de préparer ces retrouvailles.

En quittant le quai, elle se dirigea vers Le Joyeux Goéland -quel nom horrible-, un rade qu'elle avait visité à plusieurs reprises par le passé. Il avait certes subit des rénovations et des améliorations, mais de ce côté du port, il restait LE rendez-vous des marins en quête d'ivresse et de filles. D'ailleurs, certaines attendaient un marin charitable, et des éclats de voix, ainsi que des chansons, se faisaient entendre de l'extérieur. La semi-elfe entra sans prêter attention aux autres et se dirigea vers le tavernier.


- Bonsoir, l'ami. J'aurai juré voir ton père, en arrivant. Mais tu es un peu trop jeune, tu devais être dans le ventre de ta mère la dernière fois que je suis venue ici... J'ai aidé ton père, il y a des années. Tu dois être Kol, je me trompe ? Comment se porte ta famille ? Näas a finalement changé de vie ? Il voulait parcourir les mers, me semble-t-il. Et Finna, toujours dans la couture ? J'ai toujours le cadeau qu'elle m'avait offert, une magnifique robe pourpre.

L'homme resta interdit, comme surpris par la situation. Le dénommé Kol ressemblait trait pour trait à son père Näas, qu'elle avait sauvé d'une mort certaine il y a de nombreuses années. Il hocha la tête.

- B'soir, ouais, 'en ai 'tendu parler, d'une dame aux ch'veux blancs.. M'père parcourt les mers... 'fait visiter les beaux coins à bord d'son rafiot. Mais là, 'l'est en voyage. M'mère s'est abîmé les mains, 'peut plus coud' ses belles robes, c'dommage. Vot'robe a du prend' d'la valeur ! Papy nous a quitté y a deux ans, 'fallait s'y attend'vec l'alcool, ou bien à caus'd'la vérole, 'sais plus.

Kol était nettement moins charismatique que son père. Moins causant, moins avenant. Pas étonnant qu'au premier abord, la clientèle ait l'air un peu plus... à son image. Certes, l'ambiance était là, mais les chants étaient bien différents. Avait-elle fait fausse route en pensant trouver des renseignements ici ?

- Navrée pour Finna et Bajem. Quant à ton père, on peut dire qu'il a en partie réalisé son rêve... Tu les salueras de ma part, tes parents ? Je reste à Cescan quelques jours. Passons, on verra tout ça une prochaine fois, sers moi du vin, et pas celui pour les ivrognes.

Elle posa une pièce d'argent devant Kol, c'était largement suffisant, elle avait même été bien plus bavarde qu'à son habitude. Il fit signe à son assistante de remplir un pichet de vin et posa un gobelet devant Leylane. Dieux qu'elle aurait préféré tomber sur Näas ! Lui, c'était un homme de confiance, et sa femme aussi. Leur fils, par contre, avait tout l'air d'avoir traîné dans des lieux peu recommandables, ou tout simplement, il n'avait peut-être pas la fibre commerçante. Allez savoir. Elle resta donc accoudée au comptoir, un peu en retrait. Elle tentait de laisser trainer ses oreilles en espérant capter les bribes d'une conversation intéressante, de trouver un début de piste pour trouver un groupe de personnes prêtes à l'aider. Bien entendu, il n'était pas nécessaire de leur dire toute la vérité, n'est-ce pas ?
Malheureusement, mis à part un marin éméché qui vint l'accoster, rien ne retint son attention ce soir-là. Chou blanc, donc. Il lui faudrait retenter sa chance après une bonne nuit de sommeil. Et potentiellement tenter d'entrer en contact avec son fils, pour le mettre au courant qu'il allait pouvoir quitter l'arène en vie dans quelques jours. Restait, là aussi, à trouver un moyen d'y parvenir, ce qui ramenait Leylane à son point de départ. Il aurait été plus rapide de commencer directement près de l'arène, mais personne n'était chanceux du premier coup, après tout. La demi-déesse aurait très bien pu trouver ce qu'elle cherchait ici. Avec un soupir, elle reposa son gobelet vide sur le comptoir. Elle avait bien repéré des personnes au physique intéressant pour faire partie du plan, vantant leurs prouesses, si seulement leurs yeux corroboraient leur physique et leurs mensonges...

De plus, ce n'était sans doute pas le genre de lieu où irait Maiev, si elle était à Cescan. A sa place, Leylane, comme elle aurait du le faire ce soir, serait allée dans un établissement près de l'arène. Voire même dans l'arène, pourquoi pas ? Ou peut-être pas, la nuit, les visites étaient interdites, à moins que sa fille n'ai trouvé un moyen de contourner le problème. Là encore, la semi-elfe revenait au même constat : le lendemain, elle devrait chercher des alliés ET sa fille. Et accessoirement trouver de quoi user de nécromancie, afin de se renseigner sur l'inconnue qui proposait de l'aider à libérer Kyren. Elle voulait savoir à quoi s'attendre avant de l'aider à libérer son ami. Elle quitta le bouge en saluant brièvement le fils de Näas et Finna. Il était temps de rentrer à l'auberge, de s'offrir un repas, un bain et une bonne nuit de sommeil. *Demain sera un autre jour* se promit-elle. Oui, c'était certain, les dieux seraient avec elle.
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Jeu 15 Mar - 14:41
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l'étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant

Verlaine


LE PRINCE :
 



Les informations que Phadransie La Noire avait réussi à glaner au cours de ces dernières semaines passées à Cescan s'avérèrent fort utiles. La Capitaine du Seventh Son avait pour l'un des gladiateurs de la grande Arène de Givre des projets pressants, mais afin de les réaliser elle avait dû s'instruire. Dans une cité royale de la taille de Cescan, monnayer des informations n'était pas le plus difficile. A chaque ruelle, des guildes itinérantes plus ou moins légales faisaient commerce. Le plus difficile restait de démêler le vrai du faux. Le retour récent du Souverain de la Principauté à la Capitale, Yülhan Mzékils'Han avait apporté un souffle neuf aux murs de Cescan. L'on acclamait sur toutes les bouches le nom du Prince. A Cescan, la population vénérait son Prince, et cette vénération tournait selon Phadransie La Noire à l’idolâtrie. En plein centre de la cité, donnant sur la mer, se tenait une esplanade au milieu de laquelle se dressait la plus grande statue de marbre d'Yban. Elle représentait bien sur le Souverain dans toute sa splendeur, les Épées Jumelles dans chaque main. Tous les jours, un nombre indéfinissables faisant partie du clergé des Divinités Communes, de l'Aristocratie, de la Gent Ailée ou simplement de la cour s'écrasaient sur ce palier en dévotions et psalmodies diverses. Des scribes et des poëtes se pressaient aux portes gigantesques du Palais et le long de cettedite esplanade, aux pieds de la statue, afin de réciter tout haut des psaumes ou des élégies vantant les mérites du Yülhan.
En ville, lors du marché, les habitants avaient également l'habitude de se saluer de la façon suivante : "Add'Yülhahan Al'Paï Dar !" Littérallement : "Je m'en viens vous saluer, citoyen de la Principauté et que la force vous accompagne". Une formule que La Noire avait pris bien du temps à retenir et à savoir recracher correctement. C'était là une formule de politesse qu'elle trouvait pompeuse, surtout lorsqu'elle venait déranger l'achat de deux navets et trois carottes. Le Prince se targuant d'être un fieffé poëte, joueur de lyre de surcroît (à ce qu'il paraissait !) tous les jours Cescan voyait s'épanouir sous le gel et la brume qui l'environnait des alexandrins différents vantant tour à tour Yülhan, Paï et Gada'Ash Lliahi, les Épées Jumelles. Ainsi, parler mal du Prince récemment de retour était condamnable à Cascan, et une telle action était vue comme un blasphème. Personne ne prétendait excuser le coupable dont la tête finissait généralement très vite entre le billot et le couperet. Il régnait en cette cité l'ambiance des qui régnait habituellement dans les capitales. Tout le monde se méfiait tout le monde. Partout l'on complotait, et lorsque tombait la nuit chacun tenait sa main, comme l'on avait coutume de le dire, près de sa manche. L'Aristocratie Mzékil de la capitale, qui régnait en maîtresse dans ses palais de pourpre et d'or, préparait tranquillement à sa vieillesse une tombe misérable. Afin d'obtenir quoi que ce soit, il était bien vu de se jeter à genoux.

Cescan était une ville que Phadransie La Noire avait apprit à haïr, et elle l'aurait bien réduise en cendres de la bouche à feu de son Seventh Son chéri.

On parlait -c'était le pompon !- de l'abolition définitif de l'esclavage, cette tradition ancestrale que la Principauté demeurait la seule à entretenir sur Arcaëlle, et le peuple se divisait là en deux castes. Les partisans qui voyaient là un exemple parfait de modernité, disaient que la Démocratie n'en voulait plus, le Royaume n'en voulait plus, même les tribus sauvages des Plaines du grand Nord n'en voulaient plus, et l'esclavage n'était à ce jour plus que l'apanage des adorateurs d'Özan et des tribus de sauvages ! Les opposants ne tenaient forcément pas le même discours. En attendant, qu'ils fussent opposants ou partisans, tous les habitants de Cescan se souhaitaient mutuellement toutes choses prospères sous la lumière solaire, lorsqu'ils se croisaient au temple, aux thermes ou au marché. Forcément, dès que se pointait la lune dardant de sa pâleur les bas quartiers, c'était un autre langage qu'on pouvait entendre. Comme l'on disait, le bourgeois qui s'encanaille croisait là la canaille qui s'embourgeoise. On se déplaçait masqué. Les mercenaires rôdaient tels des ombres le long des murailles. L'épée n'était jamais ceinte très loin. Faute d'épée, c'était au minimum le poignard. Au mieux le pistolet.

Cescan n'était pas en reste au niveau technologie, et La Noire se procura plusieurs pistolets de fort bonne facture qu'elle gardait tout le temps sur elle.

L'homme qu'elle cherchait à délivrer de la Grande Arène se prénommait Gabriel Cortez, anciennement connu sous le nom du Profanateur. A l'époque, Cortez, Capitaine de son titre, avait été le principal et plus grand rival de Lamiedo. Aujourd'hui n'étant plus que l'ombre de lui-même, oublié de la mémoire des mers, La Noire avait bien l'intention de faire sortir ce bougre là des geôles de Givre. Car le type était esclave de la Principauté. Gladiateur, si l'on voulait être plus précis. Au même titre que ce Kyren, la Furie Blanche.

Pour avoir un jour fait ce pas contre l'Araignée, songeait Phadransie, Gabriel Cortez pourrissait depuis des années dans le cirque. Elle se demanda, après autant de temps passé les chaînes aux poignets, si le bougre pourrait lui être d'une quelconque utilité dans sa lutte contre le Roi Pirate et ses méphistophéliques fils.

« Si Cortez est trop diminué et que je ne peux rien en faire, alors je le tuerai. Tant pis.

Les informations que la jeune femme avait récupérées au sujet de son futur potentiel allié avaient été les plus étranges. Alors qu'elle s'était imaginé dans une galère impossible en tentant de faire parler de ce Cortez, elle s'était éberluée en constatant que tous les citoyens de Cescan le connaissaient !

- Gabriel Cortez ? disait-on. Oui, bien sûr ! Gabriel Cortez, le Gladiateur ! Le Champion de l'Arène ! Gabriel Cortez l'Invincible ! Presque dix ans qu'il est ici le Champion, à combattre dans l'Arène de Givre. Une légende vivante ! Invaincu en dix ans !

Tantôt on le décrivait comme un homme. Tantôt comme un Lupan. Tantôt comme le dernier représentant d'une race éteinte, de l'autre côté d'Arcaëlle. Si le sort avait conclu sa ruine en le privant de sa liberté, la population de Cescan voyait Cortez comme un véritable héros, une légende vivante. Ce qui jasait si bien entre les langues. Grand. Très grand. Fort. Très fort. Maître de Mez. (Cela plut à Phadransie : Les Araignées avaient horreur du feu.) Râblé. Puissant. D'un trouble sans pareil.
Elle apprit récemment que Le Prince Yülhan Mzékils'Han avait racheté Cortez à l'Arène de Givre. Cela n'avait changé en rien la situation du Gladiateur, si ça n'était qu'il avait à présent l'honneur de combattre à chaque fois sous les yeux de son maître, lorsque ce dernier n'était pas en déplacement. Gabriel Cortez combattait rarement, pas plus d'une fois ou deux dans l'année. Mais lorsqu'il le faisait, c'était Cescan tout entière qui se déplaçait afin d'assister au spectacle, le Prince y compris. Il occupait, d'après ce qu'on avait dit à Phadransie, une loge spéciale et montait un siège surmonté d'une tête de Lufan, aux armatures recouvertes de poudre d'or. De là, il pouvait assister au spectacle avec tout le confort que l'on devait à sa royale personne. Si Cortez ne se produisait que rarement dans l'arène, c'était pour une raison précise. En plus de conserver toute l'attraction d'un tel numéro en le rarrifiant au possible, il était de coutume que personne n'échappe à la sentence de l'ancien pirate. Gabriel Cortez combattait, vainquait et tuait. Et c'était systématique. Le peuple voyait également en lui l'effigie de son souverain. A la fois puissant et inflexible. Il en fallait, disait-on à Cescan, des poignes solides pour diriger d'une main de fer les rennes de la Principauté ! Phadransie La Noire apprit que Gabriel Cortez devait se produire bientôt, afin de célébrer le retour du Prince à la capitale. Ainsi, la pirate se tint prête. Elle s'était rendu à son second rendez-vous avec cette Elfe encapuchonnée étrange, afin d'échanger leurs informations respectives sur le Prince, sur l'Arène et sur les Gladiateurs qui en étaient prisonniers. En revanche, elle avait planté sa troisième entrevue. Involontairement d'ailleurs. Une rixe impromptue au détour d'une ruelle à quelques minutes seulement du rendez-vous. Une rue trop étroite. Elle avait voulu y passer la première. Le type en face aussi. Les épaules avaient cogné.

- 'pourriez vous excuser !
- Je baise ta mère, enculé de siresse !
- Je baise tes morts, femme !

On avait dégainé les deux pistolets, saisi l'amorce, armé le chien. BIM. BIM. Deux balles. Un mort. Et elle, pissait le sang. Leylane avait dû l'attendre inutilement à la taverne cette nuit-là. La Noire s'était bandé l'épaule de son mieux, ajoutant à celle-ci le prix de ses nombreuses autres blessures, puis elle avait bu du rhum afin d'oublier la douleur et l'odeur putride qui émanait des fanges de Cescan et de ses nuées de rats. Elle avait bien cherché à recontacter l'Elfe, plusieurs semaines après ça, mais dans une ville de la taille de Cescan qu'elle ne connaissait pas encore très bien, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. D'autant plus qu'elle était déjà fichée et que la garde Princière s'amusait à placarder son portrait grossièrement dessinée sur les panneaux d'affichage de la cité. Il était écrit sur les enseignes :


" WANTED : Phadransie La Noire. Pirate. Humaine. Morte. Vive. 1200 PO "

Elle crachait en passant devant. Cescan entendrait bien vite parler d'elle. La Noire ne parvenait pas à estimer sa tête à moins de 5000 PO.

~



Une gueule de bois soudaine la fit s'éveiller en retard. C'était aujourd'hui, le jour où se produisait son poulain. Gabriel Cortez l'Invincible, le Champion de la Principauté, combattait aujourd'hui même dans l'Arène de Givre ! Phadransie La Noire parvint à se frayer une place dans l'Arène en usant de discrétion. Elle se faufila dans le dos de la garde, doublée ce jour-là. De toutes façons ces derniers ne l'auraient pas laissé entrer car l'Arène était complète, et cela était peu dire. Elle n'avait pas non plus volé assez d'or à son goût pour se résigner à payer le prix d'entrée. Le Prince, comme à son habitude, était là. Du haut de son trône étincelant d'or et de vermeil, la tête immaculée du Lufan sur le dossier de son siège, impassible, les Epées Jumelles dans leur fourreaux respectif, il assistait au combat qui se déroulait sous ses yeux. Le Yülhan était fort bien entourée, et sa garde d'élite paraissait compétente. Ou en tout cas, fort bien équipée en terme d'armure et d'armes. Phadransie La Noire chercha un long moment, avant de trouver son Elfe. A ce moment précis pénétra dans l'Arène le tant redouté Gabriel Cortez. Une ovation magistrale s'éleva des tribunes ! La foule enfiévrée tapait des mains, hurlait et scandait le nom de son Champion. Mais le Gladiateur ne semblait pas se préoccuper de son armée d'adorateur. D'un pas lourd, lent mais assuré, le corps tendu comme une arbalète, prêt à lâcher, il avança doucement.

Spoiler:
 

On annonça alors à la foule la venue du candidat d'exception qui allait risquer sa vie face à l'Indétrônable ce soir : La Furie Blanche ! Phadransie comprit que se jouait là pour toute cette noblesse mal fardée de la Principauté le spectacle de l'année ! Elle courut afin de réduire la distance qui la séparait de l'Elfe à la chevelure blanche et dut hurler afin de se faire entendre :

- Il est là ! C'est lui ! Tu ne comprends pas ! Le pirate que je suis venu chercher, l'ami que je comptais libérer de l'Arène, l'adversaire de la Furie Blanche en ce moment, c'est le même homme ! Gabriel Cortez !

Deux esclaves taillés comme des rocs firent sonner un gong gigantesque. Le combat entre Kyren et Cortez venait de débuter !

- On doit faire quelque chose ! Maintenant ! cria La Noire en brandissant son crochet ! Autrement ce qu'il va se passer, c'est que Cortez mettra fin aux jours de la Furie Blanche sous nos yeux ! »

Bien mis dans son fauteuil, le Prince Mzékils'Han croisa ses jambes l'une sur l'autre, et il sourit en observant son champion.
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Mar 12 Juin - 1:35
Si sa première soirée avait été peu fructueuse pour la récolte d’informations, les dix  jours suivants, eux, furent très intéressants. Leylane revint plusieurs fois à l’arène, même lorsque son fils ne combattait pas –ce qui ne l’aida pas à localiser Maiev dans un premier temps. Grâce à ses aptitudes, elle commença à élaborer un plan, il ne serait peut-être pas utile d’embaucher des mercenaires. L’Arène avait connu des morts innombrables, il lui serait aisé d’en tirer parti tant l’endroit grouillait de spectres en sommeil, elle pouvait les sentir. Pour les hytrez, la situation serait un peu plus compliquée, elle n’avait aucun moyen de savoir si des corps étaient enterrés sous le sable. Et le cimetière le plus proche était hors de la ville. Cela dit, si elle recrutait des mercenaires, la demi-déesse saurait les rendre utiles vivants… comme morts. Restait toutefois à trouver les fonds pour cela, ce qui était la partie la plus difficile.
De même, en étant « persuasive », Leylane avait pu visiter l’Arène de l’intérieur. Ou plutôt, à service donné, service rendu… Elle avait ainsi pu se faire une idée d’un éventuel chemin de fuite, et du nombre de gladiateurs qui seraient reconnaissants de recouvrer leur liberté. Il lui fallait maintenant trouver des mercenaires, ailés de préférence. Car s’il lui serait facile de se faire accompagner d’une ou deux personnes, un groupe entier passerait difficilement inaperçu. Quand bien même ils entreraient à différents moments ; d’autant qu’ils refuseraient certainement de se séparer de leurs armes pour entrer dans l’Arène. Il y avait bien une compagnie composée de mzékils et de tahoras, mais elle se trouvait à l’autre bout d’Arcaëlle et elle était hors de prix. L’humaine et la demi-déesse n’avaient pas le temps. Kyren n’avait pas le temps.
Puis vint l’entrevue avec la jeune humaine. Les deux femmes mirent leurs informations en commun, mais toujours dans des rapports verbaux tendus. Elle semblait détester les elfes, mais cela importait peu. En revanche, ce qui importait, c’était qu’elle fasse sa part du marché, bien que Leylane fût persuadée de pouvoir faire sortir Kyren sans elle. Les renseignements de la pirate étaient plus fournis que ce que la demi-déesse avait trouvé de son côté à propos de l’Arène. Mais n’était-ce pas ce dont elle était supposée s’occuper ? En retour, la semi-elfe lui promit que lorsque le dénommé Gabriel Cortez combattrait pour le Prince, elle serait présente pour l’aider à s’évader. Malheureusement, elle fut honnête : trouver des mercenaires s’avérait beaucoup plus compliqué que prévu. Voire impossible, lever une somme importante demandait bien plus de temps. Ce fut sans doute pour cela que l’humaine ne vint pas à leur dernier rendez-vous. Ou peut-être parce que son portrait était affiché partout. Enfin, plus ou moins ressemblant. Phadransie la Noire était recherchée morte ou vive contre 1200 pièces d’or. Cela fit sourire la demi-déesse. Qu’elle aille à Özan, Leylane agirait seule s’il le fallait. Toutefois, les jours entre ces deux rendez-vous furent mis à profit.

Les jours passèrent encore, les semaines aussi. La Nécromancienne en profita pour nouer des relations avec la pègre de Cescan, à faire en sorte que certains de ses membres lui soient redevables. Jour après jour, à tour de rôle, les roublards firent entrer des armes en les cachant, ou en soudoyant un garde pour qu’il ne voie rien de suspect. L’agitation des combats ou des exécutions restait aussi le meilleur moyen d’agir sans que personne ne leur prête attention. Toute cette opération était coûteuse, certes –et sa bourse fondait comme neige au soleil-, mais l’appât du gain et de la renommée suffit à faire taire cette question. Si peu de gens avaient tenté de fuir de l’Arène, aucun n’avait réussi.  Elle savait ce qu’elle faisait, car il était hautement improbable que les mercenaires présents au jour prévu survivent. Du moins, pas tous. Elle se chargerait de la garde rapprochée du Prince, le jour venu, eux s’occuperaient des gardes de l’Arène et autres menaces. Pour ce qui était de la dénommée Phadransie, et bien… si elle voulait faire sortir ce Gabriel, elle se devrait d’être présente.

[…]

Enfin, vint le jour du combat. Tout était en place. On ne parlait que de ça, dans tout Cescan : Gabriel Cortez allait affronter un adversaire inédit. Leylane avait peur, au fond d’elle. Elle craignait que son fils ne risque sa vie. Elle ne connaissait rien de ce « Cortez l’Invincible » –que des ouï-dire-, mais c’était le champion du Prince, et en tant que tel, il ne devait pas être traité à la légère. Elle jeta un coup d’œil dans les gradins, et vit quelques-uns des hommes et femmes qui avaient accepté de l’aider. La promesse d’or et de gloire était plus forte qu’elle ne l’aurait cru, même si tous, n’étaient pas présents. Quelle déception ce serait pour eux quand ils comprendraient qu’il n’y avait pas d’or à la clé ! La gloire ne leur suffirait sans doute pas, mais ils seraient morts avant de réclamer paiement. Ou bien Leylane serait déjà partie depuis longtemps. Ce qui ne l’empêchait pas d’être extrêmement tendue. Le Prince était là, entouré de ses gardes, la demi-déesse serra les dents. Son champion combattait, bien sûr qu’il était là ! La foule était en liesse, et leur dirigeant semblait se nourrir de ça. Comme tous les autres dirigeants qu’avait connu la Principauté. Et l’on annonça l’arrivé de Cortez. Leylane en fut surprise, il ne ressemblait ni à un homme, ni à un elfe, ni à ce qu’elle connaissait. Même si c’était un lorcq, il était bien trop grand et trop massif. Quelque chose clochait chez lui, mais quoi ? Et son visage ne trahissait aucune émotion alors que la foule l’acclamait. Il avait réellement l’air invincible. Mais cela n’était peut-être qu’une impression.
Son adversaire se fit annoncer : la Furie Blanche. Elle pâlit quelque peu, ses craintes se retrouvaient confirmées. Kyren courait un grand danger, si le combat était mené jusqu’à la mort. Ce qui était évidemment le cas. Et la foule acclama de plus belle. Et les yeux de Leylane flamboyèrent, littéralement. S’il arrivait quoi que ce soit à son fils, les choses risquaient de très mal tourner. Une voix hurla à ses côtés, mais elle y prêta peu attention, peu lui importait que ce Cortez soit l’ami en question que la Noire voulait faire évader. Quand le gong retentit, annonçant le début du combat, elle se décida et se tourna vers l’humaine, le regard dur et flamboyant, avec une voix d’outre-tombe.

- S’il arrive le moindre mal à mon fils, ton « ami » meurt !

Impassible, le champion et Kyren se toisèrent, puis le métisse sortit son arme avant de se préparer à l’assaut. D’un geste souple, il enjamba en quelques foulées la distance qui le séparait du colosse. Mais Leylane ne vit pas la suite, d’un geste, elle intima aux mercenaires de prendre les armes dissimulées et de s’occuper des gardes à leur portée. Seuls restaient les gardes personnels du Prince, mais ils n’étaient pas leurs cibles, le Prince non plus, d’ailleurs. La foule sembla se figer, mais les combattants ne remarquèrent pas le changement. Kyren assaillait Cortez sans réussir à le blesser, ni à passer sa défense. Leylane parvint à se contrôler et ses yeux perdirent de leur éclat. Mais rien n’était joué. La foule commença à fuir, tant mieux. Cela leur faciliterait la tâche. D’un geste, elle fit se relever les gardes morts, qui se jetèrent sur les mercenaires pour les réduire au silence. Leylane se tourna à nouveau vers la Noire.

- Empêche ton ami de combattre mon fils, c’est sa seule chance de survie. Je ne ferai que le tuer.

Les mercenaires se relevèrent pour se joindre au rang des soldats. La demi-déesse intima à la moitié des hytrez de se poster autour de là où se trouvait le Prince, et l’autre moitié se dispersa pour affronter les derniers gardes et mercenaires en vie. Surtout les mercenaires. La foule semblait terrifiée et cherchait à fuir par tous les moyens. Quelques arcaëlliens tentaient d’éliminer les hytrez à leur portée, mais la panique générale finit par l’emporter. En quelques secondes, les clameurs du combats furent remplacées par les cris d’horreur du public. Et les gladiateurs semblèrent enfin se rendre compte de quelque chose. Leylane se laissa emporter par la foule pour brouiller les pistes. Quelqu’un pouvait avoir repéré son manège, bien qu’elle ait tenté d’être la plus discrète possible. Elle voulait ainsi voir si une personne se soucierait plus de Kyren que ce qu’il se passait. Par exemple, une jeune fille aux cheveux blancs et aux yeux rouges. Avec un sourire, la semi-elfe sut qu’elle venait de retrouver sa fille Maiev. Elle n’avait plus qu’à essayer de la rejoindre parmi tout ce tumulte. Celle-ci semblait malgré tout déboussolée. Une fois que Leylane aurait rejoint sa fille, elle descendrait dans l’arène pour retrouver Kyren. Ou pour tuer Cortez. Voire les deux, si Phadransie n’arrivait pas à arrêter l’affrontement. Car le chaos ambiant ne semblait pas déranger les deux gladiateurs…
Petit à petit, la demi-déesse se rapprochait de Maiev, en essayant de garder un œil sur ce qu’il se passait sur le sable de l’Arène. Mais elle devait aussi garder le contrôle des hytrez, ce qui était légèrement plus difficile et fatigant. Tout cela devait finir rapidement. Elle finit par se trouver à côté de sa fille. Ne sachant comment l’aborder, elle choisit d’être directe.

- Maiev, aide-moi à faire sortir Kyren d’ici.

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