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La mélodie du bonheur feat Dazaën [TERMINÉ]

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Lun 6 Nov 2017 - 23:17
Quelle magnifique petite ville que voilà. Des temples pour prier les dieux qu’on veut, des tavernes assez variés et un marché qui lui aussi varie selon les marchandises. Je vais aller dans une taverne pas trop chère mais où on ne se les cailles pas non plus la nuit. Ah ! Celle-ci me semble tout à fait convenir.

CLACK !

Oula ! J’ai esquivé un verre ! C’est un lieu assez mouvementé. Il y a pourtant qu’un type qui semble désespéré ainsi qu’une femme et dans le coin d’une porte, de jeunes enfants. Le type me regarde puis s’avance en tapant des pieds vers moi.

- Vous n’avez rien à faire ici ! La boutique est fermée, revenez dem-…

Il fixe soudainement ma mandoline avec intérêt.

- Vous savez jouer d’ça ?

- O-oui, pourquoi ?

- Vous zêtes fauché ? Vous n’avez pas d’endroit où dormir ?

- Euh… Ce n’est pas exactement ça…

- J’espère qu’vous joué divinement bien car vous pourrez p’être me sauver la vie, v’voyez ? Jouer pour voir !

Le type est immense, il est tout en muscles, il porte une grosse moustache noir, il a des yeux ronds et persans, il ne semble pas être doté d’une patience gigantesque… Etant un petit truc insignifiant à côté je vais prendre l’option « écouter et faire ce qu’on me dit sans trop me poser de question ». Je pose donc mon sac, enlève mon manteau puis commence à jouer un petit air joyeux, plutôt dansant. Au bout de quelques secondes, le type menaçant et robuste danse gaiement et sa femme ne semble pas pouvoir se retenir non plus.
Après ce petit interlude, le gérant de la taverne, j’imagine, me serre la main ou plutôt me la broie.
- Parfait ! Avec ça, tu vas m’amener du client ! J’sais pas comment tu fais mais tu le fais bien alors si tu joues comme ça dans deux heures, j’te réserve la meilleur chambre plus le repas du soir, du matin et du midi !
Pourquoi quand on est solide comme un roc comme ça on se permet de séquestrer les gens ainsi sans gêne ? En même temps, j’aurai tout gratuit. Il y aura sûrement une salle de bain. Je fais un hochement de la tête même si pour lui, c’était déjà conclu puis il semble retrouver sa bonne humeur et préparer la salle.
***

Lors du banquet organisé par le tavernier, je joue des mélodies toutes plus envoutantes les unes que les autres. J’ai bien compris que mon instrument était vraiment spécial. Les gens ne peuvent pas s’empêcher d’être comme la musique est. Là, j’insiste tellement que c’est la méga fête dans sa taverne et on y voit de tout. Des habitués, des nouveaux voyageurs même des pirates qui passaient par-là. C’est complètement fou, même eux dansent et se mélangent aux autres. Il y a un gars trop bizarre qui semble être un pirate mais qui a passé trop de temps dans l’eau qui danse joyeusement même s’il semble totalement choqué de ce qu’il fait. C’est moi où sa peau a vraiment une teinte étrange ? On dirait un elfe mais… Hayer’vallisé ? Enfin, si ça se trouve il était venu pour un truc totalement différent et il se retrouve à danser au milieu de la piste en charmantes compagnies de sirènes passant par-là aussi qui avaient dû sûrement entendre mon crincrin de loin.
***

Finalement la soirée s’est très bien passé, j’ai vu profité du banquet tout en faisant plaisir aux gens et remplir les poches du tavernier. Il me remercier gracieusement puis m’installe dans sa plus belle chambre. Effectivement, il ne se fiche pas de moi, elle est plutôt sympa. Pas autant que celle de Grégoire au mariage de son fils mais quand même, classe. J’enlève déjà mon haut, il fait une de ses chaleurs ! Ah ! Oui, mon œil aux couleurs de l’espace infini brille encore pas mal ce soir. Je ne sais pas si c’est une si bonne idée de le laisser à la vue de tous, vu qu’il est aussi envoûtant que la musique… . En même temps, pour le moment, il ne semble pas déranger grand monde. Plus je regarde dans le miroir de la commode en regardant mon œil, plus je me dis que mon père ne vient vraiment pas du même monde que celui où je me trouve. Je défais ma tresse puis me regarde de nouveau. Je n’ai pas l’habitude de me regarder, la plupart du temps, je ne sais pas à quoi je ressemble. Ma tête s’est affiné, j’ai moins l’air juvénile je pense. J’ai gagné en muscles du dos pour supporter tous ce barda sur mes épaules. En parlant d’épaules et de dos, toujours aussi visible cette cicatrice, brûlure, oblitération d’ailes. D’après mon oncle, elles étaient de la même couleur de mon œil. Plus tape-à-l’œil je ne sais pas si on fait. Mais j’aurai bien aimé les garder, rien que pour pouvoir voler… .

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Mer 8 Nov 2017 - 0:17
L'homme ivre d'une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D'avoir voulu changer de place.

Baudelaire



Tout s'était enchaîné trop vite et sans qu'il n'en comprenne la cause ou le déroulement. L'onde de choc dont il était lui-même l'origine, à ce qu'il avait compris, avait tout balayé sur des lieues à la ronde. Il lui sembla même que la déflagration avait atteint son esprit, les rouages obscurs de sa mémoire, lui faisant revivre ces récents souvenirs comme au travers une nappe épaisse de brume. Comme si tout cela remontait à plusieurs siècles en arrière. En réalité, il y avait moins de dix jours que les événements s'étaient enchaînés. Mais quand on avait vécu tant de temps, comme Dazaën, quand on avait vu naître et mourir les âges, on se perdait souvent dans le couloir du temps et des souvenirs.

L'Elfe ne s'était pas rendu compte tout de suite que l'exaltation de fluide qui l'avait ébranlé tout entier avait eu un impact sur son physique. Victime de sa propre puissance, il avait été projeté en pleine mer, en même temps que les navires pirates qui le cernaient. Pourquoi, comment avait-il échappé à la noyade, cela il l'ignorait ? Sa mère, May'Veal, avait-elle tenu à l'épargner ? Il en doutait car le joyau de sang qu'il portait jusque là autour du cou le rendait aveugle au regard de la Déesse vengeresse. Toujours était-il que les vagues roulant sur le sable de Kaïl l'avaient déposé là un matin, à demi-nu, tremblant sous sa peau bleuâtre, plus mort que vivant, et qu'il avait dormi des nombreuses journées. Des pêcheurs habitant sur la côte l'avaient pris pour le rescapé d'un naufrage et on lui avait généreusement offert un toit, un lit douillet et des herbes médicinales afin que la mort ne le prenne pas. Avec le temps, Dazaën était revenu à lui. On lui avait fait alors mille question, sur l'endroit d'où il venait, la faction qu'il servait, comment avait-il atterri ici... Son corps épuisé portait encore les stigmates des tortures qu'il avait subi.
L'Humain qui l'avait recueilli chez lui n'étais pas un pêcheur. Détenteur du fluide, il avait abrité le pauvre hère dans le but principal de le remettre sur pieds. A présent que son invité allait mieux, le maître de maison désirait se rendre en ville afin d'étudier quelques rouleaux de manuscrits. Il avait proposé à Dazaën de l'accompagner, et ce dernier, qui lui devait tout et ne possédait rien, avait accepté. Qu'aurait-il pu faire d'autre ? La gigantesque quantité de sorts et de fluide que l'Elfe avait emmagasiné en lui au cours des siècles, comme une fontaine, s'était tarie. La source s'était clause après l'exaltation. Miss Fortune était la source de tout ce qui vivait, battait ou coulait en lui. Avec la nouvelle de sa mort, son corps s'était éteint de lui-même. Et il se voyait de nouveau, présentement, son cristal de sang greffé par on-ne-savait quelle magie sur le front, ces deux cornes gigantesques pointant le ciel, sa peau livide, cadavérique et bleuâtre. Tant de questions, et Dazaën n'avait pas de réponses.

Mais en réalité, qu'en avait-il à faire, des réponses ? Il avait perdu tout son fluide. Il était encore très faible, très fatigué. Une seule chose comptait à ses yeux. La femme qu'il aimait était morte. Alors lui, il était logique qu'il ne soit plus qu'un mort vivant.

Lorsqu'il poussa la porte de l'auberge nommée "L'étoile" il songeait à un moyen de s'arracher le cristal de sang des chairs. Une fois la protection d'Ozän inefficace, il n'aurait plus qu'à se jeter nu en pleine mer, un sac de rocs attaché à la cheville. Il l'avait déjà fait par le passé...

Mais voila, sitôt qu'il ouvrit la porte de L'étoile, il lui sembla qu'il pénétrait dans une autre dimensions. Ses pensées sombres s'effacèrent, doucement dans un volute de fumée, afin de ne plus laisser à son esprit que la préoccupation de la mélodie ! Dazaën prit place à une table, physiquement faible et fatigué. Ce n'étaient pas les places qui manquaient, car tous dansaient avec joie, debout ! L'Elfe n'était pas né d'hier, et il reconnut tout de suite l'intensité du charme qu'il y avait en cet mélodie. Il savait aussi, très clairement, qu'il n'avait plus la force et la capacité de lutter contre cela. Il y avait dix jours, peut-être. Aujourd'hui, non, clairement. Il ne ferait que s'épuiser encore plus. Deux options s'offraient donc à lui. Sortir ? Quitter l'auberge ? Errer dans les rues ? En trouver une autre ?

Ou bien céder au charme et..danser ?

Il se maudit de penser ainsi ! Quand bien même tout son corps commençait à battre la cadence, quand bien même la rythmique le dérangeait, comme une démangeaison, il luttait de toutes ses forces. Par les Dieux, il était encore si faible ! Ce qu'il faisait était un combat de titan et perdu d'avance ! Mais quelles raisons auraient-ils eu de danser ce soir, lui, Dazaën Thelazma, Elfe Noir maudit par sa propre mère, alors qu'il pleurait encore la mort de sa Miss Fortune ?

Mais lorsqu'une belle Aässila vint le trouver pour le prendre par la main et l'entraîner sur la piste, il céda totalement ! Le charme et l'artefact eut raison de lui, et son esprit embrumé, comme fiévreux, lui fit ouvrir ses bras à une autre qu'il invitait à la farandole. Néanmoins, il céda à la mélodie dans l'esprit d'un hommage muet mais vivant à la femme qu'il avait aimé durant plusieurs siècles sans défaillir.
L'enchantement qui le soumit ne pouvait cependant pas prévoir que son état physique ne lui permettait pas une telle débandade. Il grimpa les escaliers menant aux chambre à l'étage presque plié en deux. Ses jambes tremblaient lorsqu'il arriva dans le couloir. Il songea alors au fait qu'il n'avait pas un rond, et réservé aucune chambre. Ses jambes le lâchèrent, son corps le lâcha et il s'écroula sur le sol. Rampant, misérable, il poussa la première porte que ses mains spasmodiques trouvèrent. Il y avait une seule personne, de dos, à l'intérieur de la chambre. Dazaën vit mal, sa vision semblait d'ailleurs s'effiler comme du coton, mais il lui sembla apercevoir une mandoline posée sur le lit et, entre les deux omoplates de l'homme, les stigmates d'une mutilation au niveau des ailes. Elfin ? Tahora ? Mzékil ?

Dazaën sombrait dans les ténèbres. Il n'arrivait même plus à se relever. Fichu enchantement !

« Pa..rdon. Besoin..d'aide...'doit me..reposer. »

Très vite, les sons en plus de sa visions se brouillèrent, et il sombra dans une sorte de semi-inconscience.
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Dazaën Thelazma
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Sam 18 Nov 2017 - 22:46
Hum ? Quelqu'un rentre ? Je n'avais pas fermé à clefs ? Zut, j'ai pas l'habitude de faire ça. C'est bête, je me suis déjà fait cambrioler en plus. D'ailleurs, s'en est un ? Je m'approche et vois... Se sont des cornes... Des cornes qui rampes... C'est un démon ! Il y a un démon qui rampe dans ma chambre ! Hop ! Caché derrière le lit ! Il ne prendra pas mon âme ! Mais... Un démon, dans ce monde, il y en a pas ! Il y a vraiment pas de fichu démon ici normalement ! Il semble me causer. Il a arrêté de ramper. Il récite des phrases sataniques ? UN sortilège, un maléfice ? Mais attend... C'est le type à la peau bleue de la piste ! Zut, il a dû voir que la mandoline enchantait les gens.

- Pa..rdon. Besoin..d'aide...'doit me..reposer.

Euh... Je vais m'approcher un peu, j'entends pas bien. Bon, tactique : l'avancer derrière meubles. Je m'approche doucement de lui, derrière la chaise puis à quatre pattes en mettant la chaise devant moi et avançant avec. Ce qui est assez ridicule en y repensant. Mince... A voir de plus près il semble qu'il va crever-là. Devant ma porte. Le démon. Comment il a fait pour voyager d'un monde à un autre ? Bon. On va négocier.

- Bon-bonsoir monsieur le démon heu... Z'aller pas me manger mon âme hein ? Euh... Si je vous sauve ça ira ? Hum... On va faire comme ça. Euh...

Je m'approche un peu plus pour lui touche l'épaule avec mon doigt avant de le retirer rapidement. C'est froid ! Je me recache derrière la chaise. Pas de réaction. J'enchaîne.

- Par contre, vous êtes tout crado alors je veux bien qu'on soit à deux dans le même pajot mais va falloir vous décrasser avant.

Je sors de ma chaise après une bonne minute à attendre puis tente de le traîner. Oh. Avant de le traîner. Hum... Je vais lui toucher les cornes, juste pour m'assurer... Si c'est des- Ah ! Ah oui. Ben j'ai touché, c'est des vraies. Des vrais cornes, c'est un vrai démon.

- Bon allez gros sac ! Euh j'veux dire, grand démon. ahah. Herm...

Je le porte jusqu'à la petite salle de bain, j'allume le feu, met de l'eau puis déshabille le démon, mettant ses fringues puantes par terre en vrac.

- Z'aller pas râler hein, un bain une fois de temps en temps ça fait de mal à personne. Puis bah oui j'vais m'en occuper mais z'inquiéter pas ça restera entre nous et ses quatre murs. T'façon personne ne me croira si je leur dit que j'ai lavé un démon. Ils ne savent même pas ce que c'est. Aller mon... Hum... Bon monsieur ?

Je le porte et le dépose dans le bain. Il pèse son poids le loustique. Je prend le savon et commence à laver sa tête.

- Faites pas cette tête-là, j'vous aide parce que vous êtes un démon, ça se voit à des kilomètres avec vos cornes. Je ne sais pas comment vous avez réussit à atterrir ici mais oui, j'en ai déjà des tas des types comme toi dans les autres mondes. Ils ont des cornes comme vous. J'me demande si vous avez aussi les ailes. Enfin bref... Si vous ne partez pas comme un voleur demain j'vous expliquerais.

Il commence vraiment à partir dans un monde auquel on ne revient pas. J'ai tout fait. Sauf l'entre-jambes. Faut pas pousser. D'un côté j'ai fait ses fesses alors question honte de dignité de démon il est déjà très bas. Heureusement que j'ai un gans. Bon, on va passer vite fait sans regarder. Voilà, juste l'histoire de dire. A présent, je vais essayer de le sortir. Hop ! Séchage intensif, surtout aux cheveux. Ah ouai. J'ai pas penser à ça aussi. Des fringues. Ah ah... Bon. Je vais lui chercher un calbut à moi.
***

Voilà, il est propre, il est en caleçon, il est au lit. Et je suis claqué. Je saute dans le lit, heureusement qu'il est grand d'où la suite luxueuse. J'éteins toutes les bougies avant. Voilà. Bon, vous y voilà. Qui aurait cru que je dormirais avec un démon ce soir ?

- Bon bah, bonne nuit monsieur le démon, au fait, j'suis Wraith Dorcas au cas où.

Je me mets de l'autre côté et ferme les yeux. Un démon. Lui, il est tout faible, comme aspiré de toute énergie. C'est vraiment bizarre. Dire que je lui ai même brosser les dents. Il a de bonnes canines le bougre ! J'espère qu'il ne va pas me zigouiller pendant mon sommeil. Hum ? Un papillon noir dehors ? Avec des yeux rouges sur les ailes. On dirait celles d'oncle Sylvester. Il me manque un peu. Il doit avoir sombrer complètement dans les ténèbres d'Ozän... . J'espère que Gadvaoi entend mes prières pour lui. J'aimerai tellement qu'il redevienne comme avant... . Comme... Avant. Zzz...
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La mélodie du bonheur feat Dazaën [TERMINÉ]  190301083726900009
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Mer 22 Nov 2017 - 13:07
Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Hugo



Dazaën ouvrit un œil dérangé par la lumière qui filtrait à travers les rideaux de la chambre. Il lui fallut plusieurs secondes avant de se remémorer les derniers événements. Ce qui l'agressait et lui sautait aux narines, tout d'abord, fut l'odeur de savon d'anthémis Kaïl qui planait dans la chambre. Il était dans un lit, nu. Dazaën souleva avec peine son buste, écartant les draps sur lui, afin de se surélever sur les coudes. A côté de lui ronflait un humain dont la tignasse blonde était tressée en une tresse un brin hirsute. Dazaën se corrigea lorsqu'il aperçut, dépassant des draps, les deux scarifications qui cisaillaient le dos de son compagnon. Il ne s'agissait pas d'un humain, donc, mais d'un Elfin, Xen, Tahora ou Mzékil en disgrâce. Puis, petit-à-petit, tous ses souvenirs lui revinrent.

D'une certaine manière, lui aussi était tombé en disgrâce. Mais cela faisait tant d'années maintenant... Il passa une main dans ses cheveux qui le gênaient, et ses doigts encore léthargiques butèrent sur ses cornes. Ah oui. C'est vrai qu'il possédait désormais des cornes. Le pourquoi et le comment, il ne le savait toujours pas. Mais il ne s'affolait pas de la situation. Dazaën était de toute façon trop vieux et trop las pour s'affoler de quoi que ce soit désormais. Il avait déjà lu sous les pages d'un vieux grimoire dans sa jeunesse, il y avait des siècles de cela, qu'à l'époque antique il existait des Elfes, selon une vieille légende, qui vivaient reclus et, afin de s'adapter à leur environnement, des cornes leur étaient poussées sur le front. Peut-être lui-même possédait-il en ses veines un peu du sang de ces premiers Elfes ?
Dazaën Thelazma se leva en prenant garde de ne pas réveiller son compagnon de chambre. Oui, tout lui revenait à présent. La mandoline enchantée, la belle Aässila, la danse. Puis la mort de celle qu'il aimait plus que tout, au travers l'espace et les âges. L'Elfe meurtri songea que, l'espace d'une minute ou deux, il s'était éveillé dans ce monde l'esprit neutre, sans que ses lèvres ne crient muettement le nom de sa Miss Fortune.

Il portait un caleçon qui appartenait sans doute à son voisin de chambre. Un vêtement propre et confortable, Dazaën n'en doutait pas, si il n'était pas trop petit pour lui. Il repéra un bol d'eau claire posé dans un coin de la chambre et se passa le visage à l'intérieur. Sa tête lui faisait mal, il se sentait faible. Le fluide qui l'avait habité par le passé accepterait-il un jour de couler de nouveau en ses veines ?
Alors qu'il se demandait quoi faire, si il devait filer comme un voleur et respecter le sommeil de son généreux camarade, ou bien attendre patiemment que ce dernier ne s'éveille de sa bulle, il entendit l'ailé mutilé marmonner dans son sommeil des mots comme : "Sylvester" , "papillon" , "Hayert..." , "démon" et "confiture".

Dazaën se leva alors, il se couvrit avec le manteau de son hôte, posé en vrac sur une chaise et descendit à l’accueil de l'auberge. Après un bref entretien avec le tenancier de l'établissement, il remonta dans la chambre avec aux bras un plateau comportant du pain frais, des fruits secs et de la confiture de mirabelle. C'est l'instant que choisit son hôte pour s'éveiller. Dazaën posa tout ceci sur le lit, et entreprit de s'asseoir sur l'unique chaise de la chambre, jambes croisées l'une sur l'autre, bras sur sa poitrine.

« Garde ta frayeur petit, car ça serait perdre ton temps. Je m'appelle Dazaën Thelazma, et je n'ai rien d'un démon.

Il ne souriait pas, le cœur bien trop gonflé de tristesse pour cela, mais sa voix était néanmoins apaisante et douce. Paternelle.

- Je te remercie pour ton accueil, pas tous les Arcaëlliens auraient fait de même. N'aie pas peur pour ton manteau, je n'ai fais que te l'emprunter pour descendre au comptoir. Le tenancier m'a même filé ça, pour la chambre que tu occupes. Payé d'avance et compris dans le prix, a-t-il dit.

Et il ajouta, en se levant pour regarder par la fenêtre.

- N'aie pas peur de moi. Tu l'as bien vu hier, je suis aussi inoffensif qu'un enfant. Et si ma peau est faite du derme des couleuvres c'est que, contrairement à elle, j'ai perdu ce qui constituait mes crochets et mon venin. Tu sais, en ce monde tout peut se transfigurer, lorsqu'il y a sujet à être passionné.

Il se tourna alors vers son interlocuteur.

- Je suis navré mon garçon, mais je n'ai pas un seul écu à te donner pour te remercier de cet accueil que tu m'as fait. En revanche ce que je peux t'offrir, c'est mon bras armé. Si jamais tu dois te rendre quelque part, je peux t'accompagner et me faire ton veilleur. Je connais tous les océans d'Arcaëlle comme ma poche. »
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Dazaën Thelazma
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"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
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Sam 25 Nov 2017 - 23:58
<< Wraith ! Il est temps de te lever, tu as encore une longue route à faire. >>

Hum ?! Vous êtes la voix féminine que j'entends quelques fois ? Pourquoi je n'ai aucune image ? Suis-je seulement encore entrain de rêver ?

<< Entend-moi Wraith... ! Trouve-moi, trouve-nous, nous sommes au sud de Samdal'han, sur une petite île. Dépêche-toi, elle t'a trouvé ! >>

- Ah !

Je me réveille dans un frisson de terreur qui ne semblait pas être le mien. Le sursaut m'a fait relevé le buste et mes yeux se portent sur le démon assit sur une chaise. Il attendait sûrement mon réveille. J'entends sa voix, il me parle mais je suis encore dans un état un peu brumeux. Quelque chose de lourd est... Ah ! C'est le petit déjeuner généreusement offert sans doute par le tavernier en échange de mon "talent". Je regarde à nouveau l'être en face de moi, calme et jouissant d'une paisibilité que j'ai rarement rencontré.

- Je te remercie pour ton accueil, pas tous les Arcaëlliens auraient fait de même. N'aie pas peur pour ton manteau, je n'ai fais que te l'emprunter pour descendre au comptoir. Le tenancier m'a même filé ça, pour la chambre que tu occupes. Payé d'avance et compris dans le prix, a-t-il dit.

- Hum...

Je me gratte la tête, baille puis me frotte les yeux. Je m'étire ensuite le dos qui craque un peu puis secoue la tête.

-  N'aie pas peur de moi. Tu l'as bien vu hier, je suis aussi inoffensif qu'un enfant. Et si ma peau est faite du derme des couleuvres c'est que, contrairement à elle, j'ai perdu ce qui constituait mes crochets et mon venin. Tu sais, en ce monde tout peut se transfigurer, lorsqu'il y a sujet à être passionné.

C'est vrai que c'est un démon. Quoi que j'ai cru entendre qu'il dit le contraire. Comment il pourrait savoir ? Les démons n'existe pas ici. Ce monde a d'autres forces ténébreuses mais pas de démon. Heureusement, quand je vois ce que ça fait un "démon", ça bouleverserait carrément le petit équilibre du monde. Heureusement, il n'existe pas de "pierres à monde" ou "portails magique vers d'autres planètes" ou encore de "bombes nucléaires". Les pouvoirs ici sont forts mais pas démesurés pour anéantir le monde en entier.

- Je suis navré mon garçon, mais je n'ai pas un seul écu à te donner pour te remercier de cet accueil que tu m'as fait. En revanche ce que je peux t'offrir, c'est mon bras armé. Si jamais tu dois te rendre quelque part, je peux t'accompagner et me faire ton veilleur. Je connais tous les océans d'Arcaëlle comme ma poche.  

Je souris à mon interlocuteur avant de me lever pour mettre des vêtements.

- Je ne l'ai pas fait pour un quelconque retour des choses. Il serait simplement mieux de vous aider au lieu de vous laisser par-terre. Si on agit avec sagesse, normalement, ça nous le rend bien sans même qu'on le demande.

Je réalise soudain qu'il me tutoie, je vais donc faire de même. A présent habillé, je prend ma brosse dans mon sac et démêle simplement mes cheveux avant de les tresser et attacher.

- Je te l'ai dit hier mais je suis Wraith Dorcas, simple conteur et joueur de mandoline itinérant, Enchanté Dazaën. Tu peux m'appeler Wraith ou Dorcas si tu as du mal à prononcer mon prénom. C'est pas d'ici, c'est pour ça. Tu peux te servir, il y a bien assez à manger pour nous deux. Dis-je en prenant un fruit tout en me posant sur le lit. Désolé si je t'ai prit pour un démon, tu ne dois pas savoir ce que c'est puisque ici, il y en a pas. C'est que, ces cornes-là sont typiques des démons tu vois. Les cornes, la peau d'une couleur peu commune et les oreilles en pointes.

Je repense soudain à l'endroit que j'ai visité cette nuit. Je n'ai pas trouvé des démons exactement comme lui mais ils se ressemblent, cependant, ils ne sont pas appeler ainsi. Puis... Une voix. Je ne sais plus très bien ce qu'elle disait. Qu'est-ce c'était déjà...?

- Hum... Oh mais tu connais bien Arcaëlle alors ? Je ne sais pas si dans ton état il serait prudent que tu m'accompagnes. Si comme tu dis tu es tout faiblard sans vouloir te vexer, tu risques de croiser bien des embûches ! J'ai la protection de Gadvaoi mais je ne veux pas le surmener. Et puis, tu as peut-être des projets autre que vagabonder après ce qui pourrait être pour toi une chimère.

Je me sers de pains et fait quelques provisions pour le midi en les enroulant dans une serviette. On s'y retrouve plus dans tous ce fatras ! Je sors quelques poupées de chiffons dont celle confectionner par l'esprit de la mère de Grégoire de manufacture exeptionnelle puis y entrepose mes réserves. Je remets ensuite les objets bien en place.

- Je voyage pour découvrir le monde. C'était mon but initial avant que je ne parte de chez moi. Puis je me suis fixer comme but de retrouver mon père. Il n'est pas facile à trouver et je ne sais même pas encore s'il est encore de ce monde. J'ai quelques pistes, je sais qu'il y a une femme ayant aussi l’œil si particulier que je porte, celui où on peut voir l'univers à travers m'a-t-on dit. Le seul indice de mes origines coté paternels, autant dire que trouver des gens comme moi c'est comme chercher une aiguille dans une bottes de foins. J'y pense, vous en avez peut-être croisé ? Puisque vous êtes aller dans pas mal d'endroit, il y a peut-être une chance. Sinon, je vais devoir me rendre au sud. Quelque chose ou quelqu'un m'attend. Je ne vous obligerai pas à m'accompagner, vous devriez rester dans un endroit tranquille pour vous reposer.

Je me lève et prends mes affaires. Je lui tend des affaires.Il s'agit de ma tenue de témoin au mariage de Grégoire. Je n'en ai pas besoin.
Spoiler:
 

- Je préfère garder mon manteau mais je vous offre ces habits, je n'en ai plus l'utilité. Bon, ça vous fera beaucoup de bleue mais je n'ai que ça à proposer. Vos vêtements sont trop en mauvais états pour continuer à les mettre et peut-être qu'avec ça vous arriverez à trouver un travail. Bien présenter, c'est la clé de l'emploie ! Et puis ça prends trop de place dans mon inventaire.

Je lui pose ça sur la chaise qu'il a quitté puis reprend mon arc et ma mandoline.

- Après je n'ai rien contre la compagnie, j'ai eu pas mal de compères pendant une courte durée. Mais cela ne sera pas de tout repos et je ne garantie pas votre protection total ni une quelconque promesse de fortune. Je ne suis pas vraiment bagarreur, je joue de la musique, je tire à l'arc, je sais me servir d'un couteau et j'ai des notions en défenses mais me battre ça... Je risque plus de me blesser que blesser quelqu'un ahah.
 

Spoiler:
 
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La mélodie du bonheur feat Dazaën [TERMINÉ]  190301083726900009
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Jeu 30 Nov 2017 - 18:22
Ce sont les hommes qui sont imbéciles, ayant basé les voiles des navires sur le même principe que la tornade, de trouver le naufrage moins logique que la navigation.

Desnos




« Je voyage pour découvrir le monde. C'était mon but initial avant que je ne parte de chez moi. Puis je me suis fixer comme but de retrouver mon père. Il n'est pas facile à trouver et je ne sais même pas encore s'il est encore de ce monde. J'ai quelques pistes, je sais qu'il y a une femme ayant aussi l’œil si particulier que je porte, celui où on peut voir l'univers à travers m'a-t-on dit. Le seul indice de mes origines coté paternels, autant dire que trouver des gens comme moi c'est comme chercher une aiguille dans une bottes de foins. J'y pense, vous en avez peut-être croisé ? Puisque vous êtes aller dans pas mal d'endroit, il y a peut-être une chance. Sinon, je vais devoir me rendre au sud. Quelque chose ou quelqu'un m'attend. Je ne vous obligerai pas à m'accompagner, vous devriez rester dans un endroit tranquille pour vous reposer.

Tandis que son interlocuteur -qui paraissait bavard comme une pie !- s'expliquait concernant les objectifs qu'il s'était fixé dans la vie, l'Elfe détaillait d'un œil adroit la tenue que venait de lui prêter généreusement Wraith. Un nom qu'il n'avait jamais entendu au cours de longue vie, cependant pas un nom qu'il trouvait imprononçable pour autant. La sonorité de ces trois syllabes, songeait même Dazaën, avait en soi quelque chose d'agréable. La veste à jabot qu'il tenait entre ses mains, d'un bleu roi, avait tout pour anoblir, c'était vrai. Le pourpoint à manches damasquinées en argent, la veste et la culotte de velours, les bas à coins brodés, les bottes montantes avec piécettes d'armures pour la protection des genoux ainsi que le gilet de soie. Voila là une tenue de mariage tout-à-fait gracieuse. Dazaën en profita pour la passer tandis que son hôte se coiffait en parvenant à la fin de son monologue. A chaque coups de brosse remarquait Dazaën, c'était une petite touffe de cheveux blonds qui piaffait puis galopait dans l'air de la chambre. L'Elfe noir remarqua, non sans surprise, que la veste et les bas lui allaient, bien qu'un peu serrés. En revanche, il était impossible pour lui de se contorsionner à l'intérieur du gilet et du pourpoint à jabot. Il remercia Wraith Dorcas, et se contenta d'un torse nu sous la veste. Il envisagea alors de répondre au jeune homme car, bien que concentré sur d'autres activités, Dazaën possédait tout-à-fait la faculté de s'occuper de plusieurs effets à la fois ; en l’occurrence se vêtir et écouter.

- Aussi loin que remonte le cours de ma mémoire et le lot de souvenirs qui va avec, je n'ai jamais rencontré des membres de ta famille, ou d'autres ailés possédant un œil comme le tien.

Dazaën avait parfaitement analysé les propos du jeune Wraith Dorcas. Chacun de ses ébats et de ses éclats avait l'air d'une étincelle trop longtemps couvée sous la cendre. Il décelait un véritable potentiel en ce garçon.

- Pour ta quête personnelle, j'ai bien peur de ne pas pouvoir t'être bien utile. Cependant, il est de mon devoir de te mettre en garde, tu me parais si jeune. Ne la laisse pas te consumer et n'oublie jamais d'ajuster ton regard. Fasse, Wraith Dorcas, que ta quête personnelle, tes origines et tes démons ne viennent pas piquer la morale et la faiblesse de ta pensée. Moi qui me suis dis roi ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol avec des larmes à chercher et la réalité à étreindre. Ce n'est pas pour rien que je connais la mer comme une femme. C'est le suprême refuge de tous ceux qui ont décidé de s'affranchir de l'humanité. Tu peux, toi, poursuivre cette quête qui t'appelle, tenter d'atteindre les terres plus au sud de Fazej, retrouver ce quelqu'un ou quelque chose qui t'attend. Le fait que tu doutes dans tes paroles ne peut signifier qu'une chose : tu doutes aussi de ce que tu cherches. Et si tu doutes de ce que tu cherches, tu doutes de ce que tu veux, et tu doutes de qui tu es. Tu peux donc, disais-je, partir dans le sud à la poursuite de ce qui t'appelle. Mais tu peux aussi t'en aller vers un tout autre point d'Arcaëlle, à des affaires que tu concluras mieux, je le pense, que cette infortune à laquelle ton paternel t'aurait condamné. Tu veux aller au Sud ? Alors voilà, moi je te conseille de partir vers le Nord.

Alors que le jeune Wraith le regardait avec des yeux ronds et archifrits comme des merlans, Dazaën Thelazma se redressa de toute sa hauteur. Il était fort grand, et fort bien construit. Il croisa les bras sur son poitrail. Peut-être, était-ce sans doute vrai, Wraith demeurait encore trop jeune pour entendre et comprendre de tels propos. Il tenta de se rattraper auprès de son jeune compagnon :

- Un musicien pacifiste, cela est tout à ton honneur. Les souvenirs que tu te feras durant cette aventure t'accompagneront toute ta vie, et se cacheront partout. En tant que musicien, jeune Wraith, tu te dois de ne jamais devenir sourd. Quelque chose t'appelle vers le sud, je l'ai bien compris. Te sens-tu seulement prêt à affronter cette chose-là ? C'était ce que je voulais dire, tout à l'heure. Il est si facile de devenir sourd, petit... Se précipiter tête baissée dans l'adversité, suivre les yeux fermés un appel muet venant de nulle part... C'est cela, que j'appelle devenir sourd. Il se cache partout en ce monde, et pour chacun de nous des cauchemars multiformes et sans trêve. Je t'ai proposé mon aide afin de descendre dans le sud et poursuivre ta quête, je ne vais pas revenir sur ma parole. Tu as peur de ne pas réussir à me protéger ? Jeune Wraith, ne laisse pas tes yeux, comme tes oreilles te tromper. Mon visage est peut-être celui d'un homme de trente ans, mais je suis infiniment plus âgé. J'ai dépassé cent fois l'âge d'être un vieillard. Si je meurs au cours de ce voyage ? Eh bien ! Cela ne sera probablement pas de ta faute, et c'est que mon heure sera venue, voilà tout ! Aurais-tu eu autant de prévenance envers moi si j'avais eu des cheveux blancs et le visage creusé de rides ? Sache cependant que je préfererai, moi, faire route plus au nord. Où exactement ? Je n'en sais rien. Peut-être reprendre la mer. Le grand Nord d'Arcaëlle, ses régions inhospitalières, ses temples antiques et ses plaines de givre fascinent l'esprit des hommes, à ce qu'il se dit. J'irai par là, pourquoi pas. Je pense que tu apprendrais beaucoup de choses en te détournant de cet appel sourd et muet, afin d'entendre les chants d'éternité et les aurores boréales des monts enneigés d'Alzbey. On ne peut souffrir nulle lumière étant soi-même une ombre. Je ne dis pas que cela est ton cas. Mais le risque que tu t'assombrisses et te perdes toi-même en t'enfermant aveugle dans une chambre noire est réel.

Se demandant si ce qu'il disait était clair pour le jeune ailé, il précisa :

- C'est une métaphore.

Enfin, Dazaën avait passé tant d'années à jouer les pirates sur les Grand'Eaux, qu'il avait perdu l'habitude de parler comme un Elfe sage et de s'adresser à autrui autrement que pour beugler des ordres, des menaces ou pour jurer. Il était tombé si bas, songea-t-il le cœur lourd de pleurs.

- Le Nord ou le Sud, Wraith, quoiqu'il en soit et que j'ai pu dire, le choix t'appartient. Si tu le veux bien, je t'accompagnerai. Tu ne sais pas te battre ?

Dazaën décroisa ses bras.

- Rassure-toi, j'ai derrière moi dans ce domaine des siècles d'expérience. C'est bien assez pour nous deux...»


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"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
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Ven 8 Déc 2017 - 22:20
Il a rencontré personne comme moi. C'est à croire que je suis seul... Mais j'ai bien entendu ce gars quand j'étais chez les Lupans roux qui a reconnu cet œil. Peut-être ai-je rêvé ? Et pourquoi je lui ai confié tous ça moi ? Il a l'air tout calme et posé, ça incite à parler. Il répond cependant à ma proposition en essayant tant bien que mal de me dire le fond de sa réflexion. Il pousse si loin sa réflexion que je me sens un peu perdu. Son long monologue me laisse un peu pantois. De par ma non-détermination à aller au sud, comme s'il s'agissait d'une corvée, il en a déduit que j'hésitais encore à y aller. Et, qu'au contraire, je pouvais ne pas aller vers là où le "destin" me dit d'aller. Je n'y avait jamais pensé. L'idée même de ne pas y aller et faire même son contraire ne t'étais alors jamais traversé l'esprit. Pourquoi vais-je au sud ? D'habitude je ne suis pas précis sur les endroits où je vais sauf si on me conseille d'y aller parce qu'il y a une quelconque fête ou plats locaux à ne pas rater mais là, c'est différent. Je vais au sud car on m'y attend. J'y vais parce qu'on me dit de le faire. Merde, j'étais si obnubilé par cette voix qui me supplie que je me sens obligé de le faire pour que cela cesse. Je suis tout perdu.

Dazaën se lève soudain et je vois alors notre grande différence corporelle. Qu'il est imposant cet homme. Il croise les bras, comme quelqu'un qui jauge l'esprit d'un autre pour se mettre à son niveau. Il est très sérieux comme personnage, ça change de la dernière que j'ai rencontré. Ce n'est pas avec Tahiri que j'aurai ce genre de discussion sérieuse et philosophique. Avec elle, on part toujours dans du n'importe quoi. Là, on est dans une autre atmosphère, diamétralement opposé à celle-ci ou même à celle d'hier soir.

Je comprends alors que peut-être aller vers le sud n'est pas une si bonne idée. C'est vrai que je ne sais pas ce qui m'attends là-bas. Le seul moyens d'en être sûr c'est encore d'y aller mais... Il est vrai que ce que je vais voir va m'accompagner durant tout le reste de ma vie. Je ne pense jamais à long terme. Je vis dans le présent, je suis ainsi. Dazaën est plus quelqu'un qui pense au futur. C'est bizarre, c'est pourtant moi qui voit les futurs possibles de cet univers... . C'est comme si... Je ne voulais pas que le futur vienne. Je ne sais plus trop quoi penser.

Il vient de me dire qu'il a des centaines d'années ? J'ai rêvé ? Ah non, il l'explique bien. Je ne pensais pas qu'il serait si vieux. Remarque, ce qu'il dégage est cohérent avec ce qu'il me dit. Mais des cornes, je n'ai jamais vu nul part même sur des fresques ou autre témoignant du passé. Mon oncle en avait pas mal mais j'avais pas le droit de toutes les voir en même temps... . Cela dit, pour revenir au sujet, il aurait peur... Que je m'assombrisse ? Que je ne sois que l'ombre de ma quête ? Comme une vis dans un tableau déjà tout calculé ? En quoi aller quelque part où l'on m'attend risque de me donner du tord et que je ne sois plus moi ? J'en ai vécu des aventures et même si cela m'a rendu peut-être plus mature je ne pense pas avoir changer au point de ne plus être moi. Je ne serais même pas me définir.

- Le Nord ou le Sud, Wraith, quoiqu'il en soit et que j'ai pu dire, le choix t'appartient. Si tu le veux bien, je t'accompagnerai. Tu ne sais pas te battre ?

Je...

- Rassure-toi, j'ai derrière moi dans ce domaine des siècles d'expérience. C'est bien assez pour nous deux...

- Je sais me défendre un minimum mais je n'ai jamais eu de leçon à part de tir à l'arc. Ma dernière acquisition me permet te mieux tirer que les machins que je fabriquais.

En effet, elle est de très bonne facture et fait avec des matériaux inconnu donné par un fantôme dans un lieu abandonné.

- Sinon, j'ai eu une nouvelle capacité, celle de guérir les blessures. En tout cas, je ne sais pas encore l'étendu du cadeau que l'on m'a fait. Je suis un peu multitâche je dois bien avouer, si on ajoute à cela la mandoline et son pouvoir qui agit que par ma volonté et que je peux être l'espion parfait en toute circonstance par autre chose encore, ça fait beaucoup.

Je regarde le sol un instant avant de lui répondre. Nord, sud ? Me suivra-t-il si je dis sud ? Y'aura-t-il des embûches ou quelconque malheur si je ne vais pas au sud ? Ou l'appel s'éteindra quand je serais au nord ? Persistera-t-il ? Cela changera-t-il vraiment quelque chose si je vais au nord plutôt qu'au sud ?

- Je n'en suis plus si sûr... Après tous ce que tu m'as dit, je commence à douter du chemin que l'on me trace. Mais si je ne vais pas au sud, je ne sais pas ce qui pourrait se passer. Je suis jeune, c'est vrai, mais je me sens suffisamment fort pour faire face à ce qui se trame au sud. Je suis un bébé par rapport à toi qui a des centaines d'années je pense, mais j'ai déjà vu des choses que tu ne pourrais même pas concevoir leurs existences. Des mondes qui s'effondrent, des technologies qui parait irréels tellement c'est avancés, des endroits où le chaos passent, des planètes qui s'entre-choquent, des invasion parfois qui viennent d'une autre dimension. Il se passe tellement de choses par-delà les étoiles. Les fameux démons, pour qui je t'ai prit, qui ont des cornes, ils vivent dans un monde très hostiles. Et pourtant, est-ce que je me suis assombrit ? Se sera peut-être différent là-bas car cela me concerne directement mais si je ne vais pas là-bas, j'aurai toujours ce doute en moi qui me dira "et si tu y serais allé?". Je resterai dans mon incertitude et je ne pense pas que cela soit meilleur pour moi que me réserver. Je vais regretter de ne pas y avoir été plus tard, je pense... .

Je prends une grande inspiration, ans doute, pour me donner du courage et de la détermination.

- Je vais au sud, qu'importe ce qu'il adviendra. J'ai toujours été tous seul dans mes longues escapades alors un peu de compagnie pourrait être sympa. Hum... Cela dit, je ne t'enferme pas, une fois fait, j'irai au nord. Au endroit que tu m'a décrit plus tôt, j'aimerai bien y aller. Je ne sais pas pas très bien naviguer, un ami m'a apprit une fois, mais je me suis toujours débrouiller alors ça ira. Merci pour tes inquiétudes et tes réflexions, ça m'aidera et puis, je n'ai pas autant de recule sur les choses que toi. Je vais devant sans regret à présent.

Je lui sourit avant de quitter lentement la pièce, attendant sa réponse. Quoi qu'il en soit, on doit partir d'ici, ensemble ou séparément.


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La mélodie du bonheur feat Dazaën [TERMINÉ]  190301083726900009
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Mer 13 Déc 2017 - 21:06
J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.

Rimbaud



Ainsi donc la décision du jeune Wraith Dorcas était prise. Le garçon désirait poursuivre son périple vers le sud de Kaïl. Dazaën n'avait jamais été doué pour les démonstrations de sympathie. Cela faisait des années qu'il avait perdu la faculté de rire, et des siècles celle de sourire. Cependant, si le garçon avait eu la chance -cela aurait-il été une chance ?- de connaître un peu mieux l'Elfe haut et large à la voix rocailleuse qui lui faisait face, il aurait sans doute pu interpréter le léger renflement de ses sourcils et son clignement des yeux comme un témoignage de sympathie.

« Au moins, articula doucement l'Elfe maudit, tu entames ton voyage sans regrets. C'est le plus important sans doute.

Dazaën sortit de la chambre également. Il songea qu'il était gagnant dans l'affaire. L'ancien Capitaine que l'on connaissait sous le nom d'Ildezzeeth était entré dans cette chambre sans un objectif, sans le sou, sans un bagage, affamé et presque sans un vêtement, et il en ressortait fier, avec un habit du plus bel effet et une destination en tête. L'idée qu'il aurait désormais avec lui, ou plutôt qu'il serait désormais avec le garçon le réconforta et, sans savoir d'où lui venait cette étincelle minuscule de satisfaction, Dazaën s'en contenta. Le garçon esquissa un fin sourire, en bas de la cage d'escalier de l'auberge, sa mandoline fixée par un harnais dans son dos, en voyant Dazaën le suivre. Le garçon quitta alors l'auberge et Dazaën devina que la note pour la chambre, le déjeuner et le bain avait dû être payée d'avance.
Au-dehors, un soleil radieux luisait et réchauffait l'atmosphère de ses doux rayons matinaux. Dazaën croisa sur sa poitrine colossale ses bras musclés qui auraient pu assommer un boeuf.

- Je te suis, garçon.

Le garçon hocha la tête, désigna du doigt une destination et le duo se mit alors en route. Un instant, le cœur de Dazaën se serra, il eut mal dans toute la poitrine et sentit le sol vaciller sous ses pieds. Le nom de Fortune, sa Miss Fortune vint mourir terriblement sur ses lèvres bleuies. Quel idiot avait-il été ! Il venait de se venter auprès du garçon, mettant en avant ses capacités de guerrier, de garde du corps, d'aventurier, de marin, de soldat et que savait-il encore ! En vérité, il le sut en cet instant, il était mourant. Comment pourrait-il vivre, sans amour ? Comment pourrait-il survivre, lui Dazaën Thelazma, avec le poids de sa propre conscience, entouré de ses propres démons et sachant son amour mort par sa faute ? Le garçon vint lui demander comment il allait, et il esquissa un hochement de tête, suivi d'un regard plus dur qu'il ne 'aurait souhaité. Wraith haussa alors les épaules et, intelligent, continua sur le chemin que ses pas avaient choisis, comprenant sans doute que son nouveau compagnon de voyage ne désirait pas se confier davantage. Et pendant les quelques minutes que cette marche dura le long des murailles et des palissades de Fazej, Dazaën réfléchissait, dépérissait, mourrait et remourrait en criant muettement le nom de Fortune. Il voyait à chacun de ses pas l'ombre de la belle Aässilane vivre en sa solitude. Il entendait littéralement ses propres fantômes parler derrière lui.

Pourquoi les Dieux ne lui accordaient-ils donc pas le droit de mourir ?

Il avait vécu durant des siècles à l'image d'un mort-vivant, d'un sans-âme. Il ne voulait pas voir se rejouer un tel spectacle de désolation. Auprès du garçon qu'il se promit de mener à sa destination, l'Elfe Noir sut qu'il devrait chevaucher l'orage en son cœur. Il le ferait, et jetterait aux enfers le reste !
Le garçon se tourna vers lui, lui annonçant qu'ils venaient de quitter la ville de Fazej. Apparement, il désirait à présent prendre la mer et se trouver un bâtiment convenable. Lorsqu'il vit la larme qui roula sur la joue de son compagnon de route tandis qu'il lui expliquait cela, le garçon ne put s'empêcher de lui demander ce qui n'allait pas. De sa voix grave et graveleuse, l'Elfe croisa ses bras sur sa poitrine et hocha la tête.

- Parfois, toutes les blessures se rouvrent à nouveau. »

Ils reprirent leur chemin. Dazaën silencieux derrière le garçon avait l'impression que mille monstres, mille âmes en peine, mile remords, mile cadavres et mille Marie Fortune fixaient de loin dans l'ombre ses yeux humides et humiliés.
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Dazaën Thelazma
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D.T
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