Sur un pied d'égalité [avec Nawel Reza]

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Sam 11 Nov - 22:06
Ce soir est une mission importante, je devais me charger d'un noble de la ville de Ñyken, au Nord du continent. Il possède des informations compromettantes sur ma famille, de quoi remettre en cause la noblesse des Talryn. Depuis quelques temps, il faisait chanter mes parents pour les forcer à céder davantage de leurs terres à sa modeste personne, lui qui se gavait de nourriture et de femmes à longueur de temps. On raconte que sa libido était tellement forte qu'il lui arrivait de se soulager sur des esclaves, quel grossier personnage. Cependant, c'est aussi sa plus grande faiblesse, et c'est ainsi que je devais agir en tant qu'Ombre, celle qui délivrera les miens de son joug.

Ce soir, il y avait un bal avec des gardes à l'entrée, mais mon entraînement vigoureux m'a permis de m'introduire dans la salle principale sans trop de difficultés. Ayant mis une tenue de soirée, une robe avec un décolleté légèrement apparent pour ne pas faire trop vulgaire et juste ce qu'il fallait d'élégance, je marchais avec les autres convives à la réception de la fête, et il était là, James Zven, assis sur un trône, tel le roi de cette soirée. J'attendais qu'une occasion se montre, que son regard se pose sur mes formes et ma tenue, avant de le lui rendre, avec un léger rictus sur mes lèvres. Il n'en fallut pas plus pour que l'immonde chose vint me parler en face, sa voix grave et ses yeux qui m'épiaient sans la moindre gêne.

-Mademoiselle, une femme telle que vous devrait venir me voir de plus près, votre beauté est semblable à celle de Thäa, tant vous êtes rayonnante!

Ah, la phrase d'accroche par excellence, il est difficile à croire que des femmes aussi cruches pour tomber dans ce traquenard puissent exister, mais soit, il fallait que je fasse avec. Souriant afin de faire apparaître légèrement mes dents, je le regardais droit dans les yeux.

-Et bien, vous êtes un sacré charmeur, Monsieur Zven, je serais honorée de rester davantage avec vous, et de voir jusqu'où nous portera ce début d'affinité.

Il m'invita à passer une partie de la soirée avec lui, devant boire chacune de ces paroles comme si c'était l'eau la plus pure de la Principauté, alors qu'elle était comparable à la plus salée des mers. Toutefois, cette attente fut récompensée, je le voyais céder à ses pulsions, me caressant la peau avant de m'embrasser la nuque, et indiquant la direction de sa chambre. Je lui pris la main et nous montâmes à l'étage, dans les chambres de Zven. Une fois à l'intérieur, il commença à m'embrasser comme un sauvage en tenant mes hanches, je devais me laisser faire et y aller petit à petit. Durant chaque contact, je lui aspirais un peu de son fluide, juste ce qu'il fallait pour pas qu'il le remarque, mais il était sous l'emprise de ses envies, il ne se méfiait de plus rien. Basculant sur le lit, je lui fis des caresses, aspirant son fluide de la même manière, jusqu'à être au dessus de lui, affamé par l'idée de faire la bête à deux dos avec moi, malgré un début de fatigue dû à mon stratagème. Lui faisant des baisers du torse jusque dans le cou, lui volant un peu de fluide à chaque embrassade, je sortis discrètement ma dague avant de lui asséner un coup dans le poumon droit, posant ma main sur sa bouche pour éviter tout cri. Tout était fini, il ne restait plus que les documents confidentiels à prendre sur son bureau et partir, mais un imprévu toqua à la porte.

-Monseigneur! Une intrus s'est infiltrée au bal, des témoins ont vu une femme s'infiltrer dans votre propriété, vous devriez vous mettre à l'abri.

Zut, ma technique n'était pas encore au point et j'ai été repérée. Prenant les documents, je passais rapidement par la fenêtre, avant que le garde enfonça la porte, à défaut de ne pas avoir eu de réponse de son maître. Lorsqu'il vit la scène macabre, il donna l'alerte. Manque de chance, des gardes m'ont vu sortir de la chambre par la fenêtre, je devais donc m'échapper en profitant des ombres de la nuit. Je courus le plus vite possible en dehors du bâtiment avant de sortir de la ville, mais à la limite de celle-ci, une flèche m'arriva en plein dans l'épaule, me faisant lâcher un petit cri et me forçant à me cacher dans l'obscurité en dehors de la ville afin d'échapper aux gardes. Une fois chose faite, je retirais cette flèche avant de voir un espèce de liquide verdâtre au bout de la pointe. Mon sang ne fit qu'un tour quand je compris que j'ai été empoisonnée. Je commençais à tituber, aspirant le fluide des arbres et d'autres plantes pour espérer que ma régénération de Lorcq fit son effet, mais je ne maîtrisais que peu cet aspect. Dans mon malheur, j'ai eu de la chance, le sang qui avait coulé avait rendu les documents quasiment illisibles, effaçant alors les dernières preuves fâcheuses contre la lignée dont je fais partie. L'effet du poison s'était presque estompé mais la perte de sang avait progressivement floutée ma vision, avant de ne voir que l'obscurité et le résultat de ma piètre performance. Après 2 kilomètres à lutter contre ce poison, et ne trouvant plus aucune chose vivante contenant du fluide, je m'évanouie au beau milieu de la forêt, adossée contre un arbre.
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Dim 12 Nov - 11:09
La nuit, Nawel ne chassait pas. Ce n'était pas pratique, on n'y voyait pas à deux mètres devant soi, et allumer un feu ne ferait que repousser les bêtes. Sans compter que les malfrats se fiaient à ce signe pour trouver des proies faciles à abattre. La chasseuse n'allumait de feu qu'en journée pour faire cuire sa viande, ou en cas de réelle nécessité. C'est-à-dire qu'à se moment là, aucune flamme ne l'éclairait.
Elle s'était installée tranquillement, non loin d'une rivière, et somnolait en fixant le ciel. L'inconvénient du voyage en solitaire était évident : on ne pouvait jamais vraiment relâcher sa garde puisqu'on ne pouvait pas dormir à tour de rôle avec l'assurance que quelqu'un veillait sur soi. D'un naturel assez sociable tout de même, elle regrettait aussi de n'avoir personne avec qui partager ses petits traits d'humour ou ses remarques. Enfin, ça lui évitait au moins d'avoir à supporter une pipelette ou un prétentieux qui ne la laisseraient ni l'un ni l'autre dire deux mots tranquillement. La solitude, c'était bien aussi. Il n'empêche, c'était un pour un peu plus de sécurité qu'elle se retrouvait à se rapprocher de la ville. Elle avait assez pour une ou deux bonnes nuits à l'auberge, ce dont elle ne se priverait pas. Dormir sur ses deux oreilles était un luxe parfois nécessaire.
Nawel s'étira, et changea de position pour apercevoir la Lune. Si on lui avait dit qu'elle pourrait tranquillement dormir en forêt il y a encore quelques années... Elle n'était pas sûre, malgré toute son envie de liberté, qu'elle l'aurait cru. Elle était même plutôt persuadée du contraire. Certains diraient que la vie avait une Justice, que le destin avait décidé que surmonter ses épreuves la libérerait ou que les dieux veillaient sur elle. L'ancienne esclave n'en croyait pas un mot. Elle était là parce qu'un abruti cruel l'avait défigurée, et parce que cette violence ne devait s'acharner sur personne d'autre. Sa vengeance n'était pas imminente, elle le savait. Mais elle était nécessaire, et elle tomberait sur son ancien maître et sur tous les autres comme un couperet. Qu'ils comprennent ce que c'était que la servitude et la justice arbitraire d'un maître qui ne vous voyait que comme des meubles désobéissants !
Génial, voilà que Nawel s'était énervée toute seule en ressassant des souvenirs. La chasseuse se racla la gorge et s'assit, mettant fin pour le moment à sa tentative de sommeil. Attrapant son outre elle en but une gorgée. Il n'y avait que de l'eau à l'intérieur, mais de toute façon Nawel n'était pas très friande d'alcool ou de jus de fruits. Il fallait avouer qu'elle n'en avait que rarement bu dans sa vie, peut-être que le goût lui aurait été plus agréable si elle y avait été habituée... Elle s'amusait, en même temps qu'elle réfléchissait vaguement à plusieurs choses, à remuer l'outre pour entendre le liquide restant se fracasser contre les parois. Un autre bruit vint la troubler.
Elle aurait juré entendre du mouvement non loin... Ramassant son sac et son arc, elle se redressa. Après avoir vérifié que ses dagues étaient elles aussi bien accrochées à sa ceinture, Nawel entreprit de se déplacer le plus silencieusement qu'elle le pouvait. Comme quand elle chassait. L'obscurité ne l'aidait pas à voir grand chose mais au moins elle la dissimulait, ce qui était toujours bon à prendre ! Il y avait bien des bruits de pas. La personne qui les émettait ne devait sans doute pas essayer de se faire discrète d'ailleurs, parce qu'ils étaient franchement bruyants. Nawel s'approcha encore. Une personne seule, voilà ce qu'elle entendait, et ça lui suffisait à conclure que ce n'était au moins pas une bande de malfrats écumant les forêts pour détrousser les voyageurs.
La silhouette, qu'elle discernait à peine, finit par se coller à un arbre en tombant à moitié. C'était assez surprenant. Intriguant. Nawel ne retint pas sa curiosité. Elle franchit encore quelques mètres qui la séparaient de la forme mouvante qui l'avait attirée là.

Y a quelqu'un ?

Pas de réponse. Pourtant la silhouette était là et ne bougeait plus. Nawel s'approcha encore. Elle était désormais assez proche pour voir qu'il s'agissait d'un être humanoïde qui ressemblait à une femme. Elle pencha la tête pour apercevoir les oreilles de l'inconnue. Pas une elfe, apparemment. Elle semblait pourtant plus grande qu'une humaine normale. Nawel secoua la tête. Pourquoi se posait-elle ce genre de questions ? Ça n'allait pas l'aider à satisfaire sa curiosité et ça n'allait pas non plus lui expliquer ce qui se passait.

-Youhou ?

Nawel agita une main devant le visage de l'inconnue. Pas de réaction. Un juron particulièrement grossier s'échappa des lèvres de la rouquine, qui s'agenouilla devant la femme. Apparemment elle était au moins évanouie. L'ancienne esclave se débarrassa des affaires qu'elle transportait en les posant à côté d'elle et entreprit de prendre le poul de la demoiselle. Au moins évanouie, ça voulait dire que peut-être... Non, elle était toujours vivante. Un soupir de soulagement franchit les lèvres de Nawel. Restait à savoir ce qui avait pu lui arriver.
Elle était... Habillée bizarrement. Nawel ne distinguait pas tout à fait ce qu'elle portait mais ça ne ressemblait pas à la tenue de quelqu'un souhaitant véritablement faire un tour en forêt. La pauvre, si quelque chose l'avait mise en fuite depuis la ville elle avait dû marcher au moins quoi... Une demi-heure ?
Il y avait également une odeur de sang. La femme devait être blessée. Nawel jura encore. L'odeur pourrait attirer des prédateurs et ça ne lui disait rien de bon. L'ancienne esclave attrapa une main de la demoiselle et la serra entre ses doigts.

Eh ! Réponds moi ! Si tu m'entends, ouvre un œil ou serre ma main.

Nawel n'appréciait pas trop l'idée de tripoter des gens sans leur consentement mais c'était peut-être grave. Ne lâchant pas la main de la femme, pour qu'elle puisse effectivement la serrer si elle en avait la force, elle entreprit de rechercher d'où la dame saignait. Lorsqu'elle posa sa main sur l'épaule de la belle au bois dormant de l'aventure, elle sursauta presque en sentant le liquide chaud qui s'en écoulait. Elle ne s'y était pas vraiment attendue mais au moins elle avait trouvé la blessure. Que faire alors ?
Nawel fit un peu basculer la femme en avant pour pouvoir jeter un œil. La plaie n'était pas bien grosse, ça ressemblait à un impact de flèche. Seulement ça pouvait vite devenir dangereux si on la laissait saigner pendant des heures. Elle remarqua également qu'il n'y avait pas que du sang, d'ailleurs. Un liquide d'une autre couleur qu'elle ne parvenait pas à reconnaître dans le noir mais qui devait être bleu ou vert, presque un peu gluant, se mêlait au liquide vital. Soit la fille avait voulu se soigner elle-même avec quelque chose que la guérisseuse ne connaissait pas, ce qui était peu probable, soit... Du poison. Cette femme habillée bizarrement avait reçu une flèche empoisonnée.
La garde était sans doute à sa recherche... Viendrait-elle jusqu'ici ? Nawel n'en savait rien. Mais consciente qu'il aurait pu lui arriver exactement la même chose dans sa fuite de Cescan, elle résolut de ne pas laisser la victime toute seule sans aide.
Elle commença donc à fouiller dans son sac, à la recherche d'eau pour nettoyer la plaie et enlever le poison encore là, puis de ses différents remèdes et bandages pour s'occuper plus sérieusement de la blessure. Elle ne cessait pourtant pas d'appeler la demoiselle. Peut-être qu'elle l'entendrait ? Si ça pouvait la faire revenir à elle, c'était toujours ça de pris.
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Dim 12 Nov - 16:36
Le noir complet, le monde autour de moi n'est qu'abysse, la mission avait beau être un succès, ma discrétion n'est encore pas au point, je pouvais m'estimer chanceuse de m'en tirer qu'avec cette blessure. Cependant, m'évanouir en pleine nuit, au beau milieu d'une forêt, je pouvais être à la merci d'un bon nombre de prédateurs ou de malfrats. Je n'eus le temps de penser à ces craintes, lors des dernières secondes de conscience qu'il me restait, j'ai cru entendre comme un appel, une voix de femme, mais je ne pus écouter davantage. La fatigue l'avait emporté mais mon instinct me forçait à rester éveillée quand je senti un contact physique. Elle était en train de prendre mon pouls, vérifiant si je suis vivante. Si cette personne était une Lorcq et qu'elle cherchait à aspirer mon fluide, elle va être très déçue, mais la taille de sa main me prouva qu'elle était plus petite que ceux de ma race. Je ne savais donc pas à qui j'avais à faire mais je préfère rester calme et ne rien faire pour l'instant, attendant de voir ce que l'inconnue comptait faire à propos de ma situation. Du peu que je sentais, elle ne souhaitait pas me faire de mal ou profiter de la situation. Reprenant petit à petit conscience, je l'entendais jurer en découvrant que je saignais. Son registre de parole n'était pas de la noblesse, mais correspondait davantage à celui de la classe populaire. Je n'avais pas à me plaindre de sa classe sociale pour l'instant, elle était quand même en train de me sauver la vie, malgré que ma fierté, déjà transpercée par une flèche, prenait un autre coup. Je l'entendis alors m'appeler et me donner des instructions.

-Eh ! Réponds moi ! Si tu m'entends, ouvre un œil ou serre ma main.

Elle était en train de tripoter mon corps, à la recherche de ma plaie. Je n'étais pas encore prête à affronter le potentiel questionnement qui m'attendrait à mon réveil, je devais trouver des excuses, une histoire, de quoi cacher mon identité du mieux que possible. Tant que je n'avais pas trouvé cette solution, je devais feindre mon inconscience disparue depuis qu'elle a pris mon pouls. Réfléchissant à toutes les éventualités, je devais trouver la raison de mon échappatoire. Le coup de l'ancienne esclave libérée serait trop difficile à faire croire, et comment justifier ma tenue? Il me fallut que quelques instants avant de penser à ma victime et à son goût prononcé pour les femmes. Mon histoire était toute prête, j'ai maintenant un alibi des plus plausibles, il ne reste plus qu'à adapter mon vocabulaire et le tour est joué. Sentant la mystérieuse inconnue me soigner avec des bandages et divers liquide, je bougeais lentement, serrant sa main qui tenait la mienne depuis quelques temps, avant d'ouvrir les yeux. Je ne distinguais pas trop son visage dans la nuit, mais elle n'avait pas les oreilles d'une elfe, je dirais que c'est une humaine à première vue. Mon épuisement était pourtant bien réel, mais mon corps étant encore assez bien empli de fluide, je pouvais me contrôler et donc ne pas aspirer le sien.

-Que... Que s'est-il passé... Qui va là? Laissez moi...

Paraître désorientée est un bon moyen de distraction et d'engager la conversation. Je n'étais pas en mesure de faire face à qui que ce soit, alors autant jouer sur l'aspect de la faiblesse afin de ne prendre aucun risque. La personne en face de moi ne cherchait pas à me faire de mal, je devais en profiter, de plus, elle ne sait pas qui je suis, ni ce que j'ai fait cette nuit. Grimaçant en sentant la douleur de mon épaule, je restais adossée contre l'arbre, ne faisant pas de gestes brusques. Il fallait toutefois saluer la gentillesse de cette dame, mais elle devait avoir un intérêt à le faire, personne n'agit de manière bénévole.

-Merci de ton aide... que les dieux vous bénissent... par Gar'haz... je suis sauvée...

Je la laissais finir ses soins, la regardant plus attentivement. C'était une femme rousse avec une cicatrice sur le visage. Un si joli minois gâché, c'est bien dommage pour elle, mais tant pis. Elle devait être une esclave ayant gagnée sa liberté, et malgré tout, c'est un point commun avec ma famille qui a gagné son titre de noblesse avec ses nombreux succès sur le champ de bataille. Le temps est assez mal venu pour les présentations, d'autant plus que la nuit, nous devons être sur nos gardes afin d'éviter les possibles agressions du bestiaire. Face à ces ténèbres, le moindre animal chassant son gibier peut vite devenir problématique...
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Dim 12 Nov - 17:09
Nawel était très concentrée. Il le fallait. Elle avait nettoyé doucement la plaie, enlevé tout ce qu'elle pouvait du poison qu'elle avait fini par reconnaître. Heureusement pour la victime ce n'était rien de mortel, c'était plutôt fait pour qu'elle dorme et qu'on la retrouve. Un genre de sédatif. Rien de bien grave. Une fois assurée qu'il n'y avait plus aucune substance bizarre dans la plaie, Nawel la recouvrit doucement d'un onguent de sa fabrication. Les deux auraient pu entraîner un effet non désiré en se retrouvant mélanger et il fallait penser à tout ! Elle aurait pu tenter de la soigner avec son fluide également, mais cela lui demandait une concentration et une tranquillité qu'elle n'avait pas : elle devait rester attentive au moindre bruit ! Sinon elles risquaient toutes les deux de se faire surprendre par quelqu'un ou par un animal et ce n'était vraiment pas le moment. Il ne restait plus qu'à bander la plaie... Voilà qui allait être difficile sur une victime inconsciente... Alors que la guérisseuse s'apprêtait à retirer sa main de celle de la blessée, elle sentit ses doigts se refermer dans les siens. Ah ! La revoilà parmi les vivants.

-Que... Que s'est-il passé... Qui va là? Laissez moi...

La pauvre avait l'air ailleurs, on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Elle n'avait pas la tenue de quelqu'un qui s'attendait à se prendre une flèche dans l'épaule, et Nawel n'était même sûre, vu ses vêtements, qu'elle soit du genre à se promener en forêt seule de jour. L'ancienne esclave, sans vraiment prendre une voix douce ou quoi que ce soit du genre, répondit néanmoins.

-Chuuuuut, chuuuut... Ça va le faire, ça va aller, bouge pas.

Elle avait l'air de vouloir bouger, mais la douleur devait la retenir. Nawel la décolla doucement de l'arbre juste une petite minute, pour parvenir à bander au moins provisoirement son épaule. Une fois cela fait ça devrait déjà aller un peu mieux : elle ne perdrait plus son sang dans la nature. Après il lui faudrait sans doute du repos, bien manger et... Se débrouiller pour que ce genre de choses ne se reproduise pas.
Nawel, qui terminait ses vérifications du bandage, senti le regard de la demoiselle se poser sur elle. Si elle ne lui faisait pas peur avec son énorme cicatrice, ce serait déjà ça... L'ancienne esclave savait que cette partie de son visage n'était pas belle à voir mais elle n'y pouvait rien. Si sa vue gênait la blessée et bien qu'elle se débrouille seule ! La guérisseuse ne dit rien. Elle n'aimait juste pas repenser à cette partie d'elle-même, ce n'était pas la faute de la victime. Elle aussi dévisagerait sans doute quelqu'un avec une tronche aussi ravagée que la sienne, elle en avait conscience. Tant qu'elle ne faisait pas de remarque désobligeante à ce sujet...

-Merci de ton aide... que les dieux vous bénissent... par Gar'haz... je suis sauvée...

Nawel suspendit son geste un instant, surprise. Elle n'avait pas tellement l'habitude de tant de reconnaissance, il fallait dire que c'étaient en partie ses soins qui avaient attiré cette cicatrice sur son visage. Enfin, ce qu'on attribuait à tort à ses soins. Elle lâcha délicatement la demoiselle, l'adossant stablement à l'arbre à nouveau maintenant que sa « mission » était accomplie.

-Oulah, parle pas trop vite ma grande, ça porte malheur. Mais... euh... Merci ? Je fais de mon mieux, disons.

Nawel rangea soigneusement tout ce qu'elle avait sorti de son sac, laissant un moment de répit à sa patiente du jour. Enfin, de la nuit. Elle se posait quand même beaucoup de questions sur ce que la dame pouvait faire là, dans cet état. Elle l'avait aidée parce qu'elle la devinait en fuite, et que la pauvre n'avait vraiment pas l'air de pouvoir s'occuper d'elle toute seule, ce qui lui rappelait sa propre histoire. Ça ne voulait pas dire qu'elle ne voulait pas connaître la vérité...

Qu'est-ce que tu fais là ? Tu viens d'où ?... Tu vas où ?


Il faudrait bien la raccompagner quelque part, Nawel ne se voyait pas la laisser perdue dans la forêt toute seule dans cet état. Seulement, impossible de savoir si elle n'était pas suivie ou rechercher, si elle pouvait retourner d'où elle venait ou si elle savait déjà où fuir... L'ancienne esclave se demandait bien, tout de même, ce qu'elle avait pu faire pour finir dans cette situation. En bref, elle avait contenu sa curiosité dans seulement trois questions, mais elle espérait bien qu'elle aurait la réponse. En attendant...

- Tu veux boire ?
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Lun 13 Nov - 20:56
-Chuuuuut, chuuuut... Ça va le faire, ça va aller, bouge pas.

La demoiselle continua ses soins, me décollant légèrement de l'arbre afin de bander mon épaule et aider à sa cicatrisation et à éviter de perdre davantage de sang dans la nature. A partir de là, je ne pourrais qu'aller mieux, la perte de sang ne sera plus qu'un mauvais souvenir et je retrouverais mes pleines capacités. Malgré tout, il faudra que je travaille le facteur de régénération de ma race, car cela est bien pratique pour ce genre de situation. En attendant, la guérisseuse faisait bien son travail, et il serait dommage de me la mettre à dos dès maintenant. Tant que je peux contrôler ma soif de fluide, je la garderais sous le coude, jouant la comédie jusqu'au moment opportun, mais je ne compte pas me débarrasser d'elle, du moins pas tout de suite. Elle ne sait rien de ce que j'ai fait ce soir là, je n'ai donc aucune raison de la tuer.

Lorsque nos regards se sont croisés, il eut un silence notable, elle ne disait plus un mot, mais je sentais que mon regard la gênait. Néanmoins, lors de mes remerciements, elle s'arrêta nette quelques instants, aurais-je dis quelque chose qui l'aurait vexée? Ou bien peut-être n'est elle pas familiarisée avec la gratitude d'une personne. En tout cas, une fois ses soins finis, elle me remit contre l'arbre avec délicatesse afin d'éviter toute douleur. Cette femme savait ce qu'elle faisait, elle était sûre d'elle, ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ça. Peu importe, pour le moment, je devais me montrer aimable, une aide aussi désespérée, je ne dois pas me laisser aller et prendre sur moi avant d'être en sûreté. La demoiselle répondit alors à mes remerciements et à mes autres dires.

-Oulah, parle pas trop vite ma grande, ça porte malheur. Mais... euh... Merci ? Je fais de mon mieux, disons.

Je lâchais un sourire, c'est qu'elle était plutôt terre à terre, ma foi. Cela montre qu'elle a perdu une partie de son innocence, ce n'était pas une gamine, bien qu'il soit probable que je sois plus âgée qu'elle. Rangeant ses affaires, elle en avait fini avec ses soins, me laissant alors souffler quelques instants, j'imagine qu'elle devait avoir un nombre incalculable de questions, après tout, que fait une dame habillée en robe de soirée dans la nuit la plus profonde. Je me préparais à ces questions fatidiques, redoutant celle du pourquoi du comment. Je dus réagir en conséquence quand cette fatalité arriva.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Tu viens d'où ?... Tu vas où ?

Faisant semblant d'être désorientée, je lui répondis d'une voix hésitante, afin d'être un minimum crédible lors de mes explications.

-Je ... Les gardes, ils m'ont vu... j'ai dû fuir ... on m'a forcé à aller dans sa chambre...

Je feignais de reprendre mon souffle, tentant de la manipuler du mieux que possible et de lui faire avaler mon histoire, accompagnant mes paroles d'une voix faible, montrant l'état de choc. Je n'eus le temps de terminer ma phrase que la guérisseuse me posa une autre question.

-Tu veux boire?

-Non merci... c'est gentil.

A peine ai-je eu le temps de refuser poliment sa proposition que quelques gouttes commencèrent à tomber au sol, se mêlant aux bruits de pas qui étaient difficilement audibles. Difficile de distinguer si ces pas étaient ceux d'un animal ou alors de gardes me cherchant. L'un dans l'autre, l'obscurité n'était pas notre alliée et on devait bouger de là au plus vite afin de trouver un refuge. Avec un peu de chance, ce n'était peut-être qu'un Boros ou un Din’Otorâ, des créatures passives, mais on devait se méfier. M'appuyant avec mon bras valide afin de me lever, je murmurais à ma partenaire de fortune quelques conseils.

-On ferait mieux de se cacher quelque part pour la nuit... on est des proies ici. J'essayerais de t'aider au maximum, je ne veux pas être un poids mort pour toi.

Sur ces paroles, je disais la vérité, mon épaule est amochée et la jeune rousse représente pour l'instant notre meilleur atout de survie et aucun risque ne devait être pris. La regardant, je décidais de lui faire des présentations partielles, afin d'instaurer un climat de confiance.

-Je m'appelle Cornelia. Je t'en dirais davantage quand nous serons plus en sécurité.

Je ne connaissais pas trop les bois, mais nous devions nous éloigner de ce bruit de pas le plus rapidement possible. Le bruit de la pluie pourrait nous couvrir si elle se faisait plus intense, mais pour l'instant, cela n'est qu'une petite averse.
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Lun 13 Nov - 21:57
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Je ... Les gardes, ils m'ont vu... j'ai dû fuir ... on m'a forcé à aller dans sa chambre...

Nawel n'était pas sûre de tout bien comprendre. En même temps la dame avait l'air parfaitement perdue, son histoire semblait dans le désordre et elle avait besoin de reprendre son souffle. La chasseuse se demandait si elle n'aurait pas dû attendre encore un peu pour poser cette question. Les événements risquaient d'être aussi frais que traumatisants vu les quelques explications entamées. Elle n'était pas si sûre que ça de vouloir tout savoir. Elle proposa à boire.

-Non merci... c'est gentil.

Nawel se demanda si elle ne devrait pas l'obliger à boire, en fait. Ça ne pourrait pas lui faire de mal. Surtout qu'elle avait peut-être bu autre chose à sa soirée, tout était possible, et qu'un peu d'eau pouvait toujours faire du bien. Elle n'en fit rien. Comme si l'univers approuvait cependant cette idée de boisson il se mit à pleuvoir. Nawel n'avait pas spécialement prévu d'abri pour la nuit et l'idée de finir trempée ne lui plaisait pas trop. Pire que ça, mais ça ne la concernait pas tout à fait, la pluie allait créer de la boue et la boue allait rendre leurs pas visibles et traçables. En parlant de pas...
L'ancienne esclave redressa brusquement la tête. Il y avait eu un bruit. Des bruits. Des pas. Animal Humain ? Si c'était un humain il devait être seul, et donc ce n'était probablement pas la garde. Les gardes, en plus du bruit, se promenaient toujours avec leurs torches même en forêt. Nawel pencherait plutôt pour un animal. Ou alors un brigand solitaire... Elle réfléchissait à toute allure mais fut coupée par une voix.

-On ferait mieux de se cacher quelque part pour la nuit... on est des proies ici. J'essayerais de t'aider au maximum, je ne veux pas être un poids mort pour toi.

La chasseuse se tourna vers elle en fronçant les sourcils. La femme lui semblait soudainement bien réveillée et particulièrement pertinente et cohérente. Ce que son état de choc n'aurait pas dû permettre pour l'instant. Nawel n'était pas née de la dernière pluie et elle remarquait bien qu'il y avait quelque chose de louche dans cette histoire. Elle ne dit rien. Elle n'était pas du genre à s'embarquer dans n'importe quelles conclusions trop hâtives, elle préférait attendre d'avoir d'autres indices pour déterminer s'il y avait oui ou non un problème. La blessée semblait néanmoins faire ce qu'elle avait dit, et s'appuyait sur son bras encore en forme pour se relever pendant que la chasseuse remettait ses affaires sur son dos et prenait son arc en main. Au cas où.

-Je m'appelle Cornelia. Je t'en dirais davantage quand nous serons plus en sécurité.

-Nawel.

Elle ne dit pas un mot de plus pour le moment. Les chasses devaient être silencieuses. Parler c'était laisser une trace, une piste, un indice qu'une créature ou un humain n'hésiterait pas à suivre et à exploiter. Il fallait néanmoins qu'elle rajoute une autre chose, ce qu'elle fit dans un seul souffle, un seul murmure alors qu'elle marchait à côté de « Cornelia ».

-Fais attention, appuie toi sur moi si besoin. Y avait un truc sur la flèche, je crois que c'est un sédatif.

Nawel se demandait finalement si elle avait vu juste à ce sujet. Etant donné qu'elle avait enlevé une bonne partie du produit sur la plaie il était normal que l'effet en soit radicalement diminué, mais elle se serait attendue à une fatigue plus marquée tout de même. La demoiselle avait l'air d'avoir plus de ressources qu'on ne pouvait le croire en l'apercevant simplement. Enfin, il fallait dire que les apparences allaient un peu contre elle à ce sujet pour une première impression : Nawel l'avait tout de même trouvée évanouie contre un arbre.
Elle n'avait pas le temps de se pencher sur la question en tout cas ! Elle tenait dans ses mains son arc et une flèche, et marchait légèrement courbée, sur ses gardes. Certains animaux n'étaient pas dangereux mais ils n'étaient malheureusement pas majoritaires par ici. Même s'il serait probablement difficile de leur échapper il valait mieux au moins ne pas se laisser surprendre. Faire un feu pourrait éloigner les bêtes, généralement elles n'aimaient pas ça. Mais si c'était un garde ou un voleur il leur tomberait droit dessus. Le choix était difficile, et quand un prédateur les attaquerait il serait trop tard pour se décider.

-Y a pas d'abri dans le coin, c'est juste une saleté de forêt,
dit elle en écartant tant bien que mal une mèche humide qui collait à son visage et commençait à la déranger. Plus on marche plus tu vas t'épuiser, et si c'est un animal dangereux il va forcément nous rattraper, surtout vu notre allure. Arrête toi.

Il était temps de faire face, d'après Nawel. La pluie commençait à s'infiltrer dans ses cheveux,et couler sur sa nuque. C'était une sensation particulièrement désagréable mais il fallait essayer d'en faire abstraction. Elle banda son arc en direction du bruit. Humain ? Animal ? Elle serait vite fixée. En bien ou en mal. Hors de question de tirer sur quelqu'un sans au moins savoir ce qu'il leur voulait cependant. Nawel prit une profonde inspiration. Elle ne semblait pas spécialement inquiète vu de l'extérieur, pourtant.

-Qui va là ?

Elle tira un peu mieux sur la corde, guettant l'obscurité. Humain ou animal. Elles seraient vite fixées.
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Sam 18 Nov - 22:09
-Nawel

Brève et simple, sa réponse montrait sa concentration sur les bruits aux alentours. Elle avait pris son arc tandis que je restais aux aguets afin de pouvoir faire face au danger en cas de nécessité. J'entendis alors Nawel murmurer très doucement à mon oreille afin que ses paroles ne soient audibles que par moi.

-Fais attention, appuie toi sur moi si besoin. Y avait un truc sur la flèche, je crois que c'est un sédatif.

Je déglutis nerveusement à l'entente de son diagnostic. Si ce qu'elle disait était vrai, et c'était plus que probable, alors ma fuite sera très vite anticipée. Cependant, ma perte de sang ainsi que mon physique de Lorcq devrait m'accorder quelques moments de répit supplémentaire, bien que la poussée d'adrénaline peut aussi accélérer le processus et m'entraîner droit vers une immobilisation totale de mon corps. Ne disant rien, j'observais ma partenaire dans ses gestes, elle est très méfiante et méthodique. Il fallait bien faire la différence entre un arcaëlien et une bête, sachant que les deux pouvaient être menaçant pendant la nuit. C'est là que je me posais la question : Est-ce que je devais utiliser le fluide de Nawel pour m'en sortir? C'est une femme du peuple, c'est pas une grande perte comparée à la mienne, et puis, c'est la loi du plus puissant ici, Gar'Harz n'en tiendra pas compte. Cependant, j'avais néanmoins besoin d'elle, car si jamais le sédatif faisait encore effet, j'aurais fait ça pour rien, elle a son utilité pour l'instant. Qui sait, j'aurais peut-être pas besoin d'absorber son fluide. Je devais donc redoubler de prudence moi aussi et compter sur mes propres ressources. Je suivais les pas de la demoiselle, aussi discrètement que possible, après tout, j'ai été entraînée à être discrète et précise. La tension montant d'un cran, et cela se faisait ressentir de par les complaintes de la demoiselle.

-Y a pas d'abri dans le coin, c'est juste une saleté de forêt, plus on marche plus tu vas t'épuiser, et si c'est un animal dangereux il va forcément nous rattraper, surtout vu notre allure. Arrête toi.

La pluie commençait à alourdir ma chevelure et je sentais mon bras gauche de plus en plus endormi, le bougeant avec une fluidité réduite, mais tant que mes jambes étaient intactes, je pouvais m'en sortir. Je m'arrêtais, me préparant à une attaque et ma partenaire fit de même en bandant son arc. Je ne pouvais pas sortir les dagues que j'avais sur moi, je suis censée être une femme relativement sans la moindre défense, mais si l'on m'y oblige, je n'aurais pas le choix de prendre le risque de faire tomber le masque. Est-elle assez compétente pour lutter face à un animal dangereux ou des soldats. Devais-je écouter ma raison ou mon instinct? C'était un choix cornélien particulièrement difficile, je devais garder le contrôle de la situation à tout prix, ma réputation était en jeu. C'est alors que Nawel pris une grande inspiration avant de s'adresser à la chose inconnue

-Qui va là?

Un silence pesant régna quelques instants dans la forêt. Pas une parole, pas un geste. Je restais attentive aux bruits des alentours, respirant lentement afin de mon souffle ne trahisse pas ma position. Si c'était un soldat, la pluie a dû eteindre sa torche, si c'était un animal, l'odeur nous trahirait et on entendrait la bête charger sur nous. Je réflechissais, chaque seconde me semblait interminable, la tension était à son comble. Si c'était un prédateur, la logique voudrait qu'il chasse le jour et non la nuit, cela ne pouvait laisser que peu d'options : un arcaëllien ou un animal qui cherche à se nourrir en dehors du danger. Agacée par la situation, je devais malgré tout garder mon calme. Un changement brusque de comportement risquait de trahir ma couverture. Soudain, les pas se firent de nouveau entendre, plus discret, avant d'entendre un grognement. Je devenais nerveuse, c'était bel et bien un animal proche de nous. Une lueur commença à se faire apercevoir, révélant alors ce qui allait être notre adversaire. J'aurais préféré ne jamais croiser cet animal qui n'était compté que dans les légendes urbaines mais le voici : un Loumez. Cet animal issu d'expériences était capable de maîtriser le fluide Mez avec une efficacité redoutable. La pluie nous donnait l'avantage, c'est sans doutes pour ça qu'il ne cherchait pas à montrer ses flammes tout de suite.  Lançant une boule enflammée en ma direction, je fis un rapide pas de côté afin de l'esquiver de peu, mon bras gauche n'ayant pas suivi mes mouvements. Fonçant droit sur moi, si jamais ses crocs incandescents me touchaient, je risquais de garder des séquelles pendant un bon moment. Je comptais sur l'adresse de Nawel, mais je devais me résoudre à combattre. Durant ce court instant, une idée me traversa l'esprit, me hâtant de la transmettre à la guérisseuse.

-Essaye de l'immobiliser, je vais absorber son fluide.

Un animal avec du fluide Mez en lui, ça va certainement me requinquer, encore faut-il que j'arrive à me rapprocher de lui et à le saisir sans risque de me brûler sévèrement. Quoiqu'il en soit, si le plan marchait, alors nous serons sauvées, cela devait fonctionner, il en valait de notre survie.
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Dim 19 Nov - 14:46
Nawel n'était pas spécialement d'une nature peureuse, mais il fallait avouer que la situation n'était pas des plus rassurantes. L'ennemi invisible, dont l'espèce même était inconnue, était toujours plus effrayant que celui qui s'avançait clairement à visage découvert. Un homme ? Une bête ? Aucune idée. Et ne sachant pas encore ce qui allait s'avancer vers elle à travers la forêt, la chasseuse tenait son arc bandé. Il ne fallait pas se mentir, elle était plus prête à tirer qu'à relâcher doucement la corde dans un geste pacifique.
Aucune réponse. Elle tendait l'oreille pourtant ! Mais rien ne lui parvint. Un homme qui ne souhaitait pas répondre, ou un animal qui ne le pouvait pas, qui se cachait là ? Les pas se firent entendre à nouveau, Nawel se tourna instinctivement dans la direction du bruit. Un grognement brisa alors le silence entrecoupé seulement par la pluie qui tombait toujours. Animal.
Lorsqu'il entra dans le champ de vision des deux demoiselles, ce fut absolument impressionnant. Un Loumez! Nawel n'en avait encore jamais croisé, même si elle connaissait sur le bout des doigts chaque légende se rapportant à eux. Il appartenait à la catégorie de prédateurs qu'elle avait espéré ne jamais croiser mais elle n'avait plus le choix à présent: faire demi-tour et s'enfuir, ce serait juste mourir dos à l'animal. Sa flèche fendit l'air mais l'animal l'évita. Il fallait dire que la surprise ne l'avait pas aidée à viser de son mieux.
Malgré la pluie l'étrange animal parvint à former une boule de feu qui passait très près de Cornelia. Le prédateur semblait coriace et particulièrement dangereux. Sa maîtrise du fluide lui donnait un avantage considérable. La chasseuse tentait de se rassurer en se répétant qu'ils n'étaient pas immortels, et qu'il allait mourir comme le ferait un lièvre mais ça ne marchait pas vraiment. On ne se retrouvait pas tous les jours devant un animal qu'on croyait presque mythologique.
Nawel ne le quittait pas des yeux. Entre ses grognements et ses quelques apparitions de lumières, impossible de le manquer. Elle avait même déjà encoché une nouvelle flèche. En priant pour qu'elle puisse l'atteindre. À présent elle tachait de bouger pour qu'il ne puisse pas lui sauter dessus trop facilement. Mais tout cela était inutile, pour le moment du moins, parce qu'il semblait en vouloir particulièrement à Cornelia. L'odeur du sang, sans doute. L'ancienne esclave ne pensa cependant même pas à en profiter pour fuir: il la rattraperait de toute façon, et ce serait le comble du déshonneur d'abandonner la demoiselle.

-Essaye de l'immobiliser, je vais absorber son fluide.

Voilà au moins qui levait l'ambiguïté sur la nature de Cornelia: elle devait être une Lorcq pour avoir cette idée et pouvoir la réaliser. Mais immobiliser était plus dur que tuer, souvent. Immobiliser, c'était généralement tirer dans les pattes. Les pattes d'un loup énorme et en mouvement n'étaient pas une cible facile dans le noir, même quand on devinait avec assez de précision la position de l'animal. Tant pis, il fonçait sur Cornelia et elle devait faire quelque chose. Elle tira la corde un peu plus avant de la relâcher. Nawel ne prit pas le temps de s'assurer qu'elle avait ou non touché sa cible, elle attrapa aussi vite qu'elle put une deuxième flèche pour essayer de tirer une nouvelle fois avant que l'animal atteigne Cornelia.
Pourtant elle l'avait eu. Ne voulant pas prendre le risque de le manquer, elle n'avait pas visé précisément ses pattes. Le trait s'était fiché dans le flanc de l'animal dont une espèce de grognement plaintif s'échappait. Coupé dans sa course il se tourna vers Nawel, responsable de sa douleur. Il était loin d'être assez blessé pour arrêter ses charges potentiellement meurtrières. Une nouvelle boule de feu fonça hors de sa gueule, en direction de la guérisseuse cette fois. Elle eut le temps de se dire que c'était la même couleur que ses cheveux, avant de faire ce qu'elle pouvait pour échapper à la trajectoire enflammée de la menace. Sa vivacité lui évita de finir carbonisée, mais elle n'était plus dans une position qui lui permettait de menacer l'animal d'une quelconque manière. Il ne restait qu'à espérer que Cornelia pourrait saisir l'occasion, la minuscule occasion que Nawel avait tenté de faire naître pour elle. Mais elle ignorait assez de choses au sujet des Lorcqs pour ne pas savoir de combien d temps elle avait besoin. Cherchant simplement à lui en donner le plus possible, elle sifflait et bougeait pour essayer de conserver l'attention de l'animal blessé. Il n'en était devenu que plus agressif... Et un peu moins vif. Elle priait pour que ça continue dans cette voie et qu'il finisse mort de fatigue, en s'étant vidé de son sang ou peu importe.
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Jeu 23 Nov - 21:44
Nawel s'était exécutée et commença à tirer des flèches en direction de la bête qui fonçait droit sur moi. La première flèche avait manqué de peu sa cible, d'après le petit saut qu'il avait effectué pour éviter cet obstacle. En revanche, la deuxième flèche avait ralentie le Loumez, décidant de charger sur la guérisseuse. La bête était ralentie, c'était le moment de la prendre au dépourvue et de charger sur l'animal. Je ne devais pas rater une telle occasion de me nourrir d'autant de fluide, de plus, cela enlèvera quelques doutes à Nawel si jamais elle en avait. Mes forces commençaient à partir, elles aussi, le sédatif faisait de plus en plus d'effet, si la bête ne s'écroulait pas en première, ça sera moi. Le temps semblait court, l'adrénaline montait, le moment approchait. Lorsque la bête fut à quelques mètres de ma partenaire, je me jetai alors de toutes mes forces pour stopper l'assaut de l'animal avant de commencer à absorber son fluide. J'étais au dessus de la créature, me débattant avec lui, chaque seconde de combat était en sa défaveur, plus j'absorbais son fluide obscur, plus ma force et mon agilité revenaient. Les gouttes d'eau étaient moins dures à supporter, la bête s'affaiblissait de plus en plus, tentant de se dégager en chauffant son corps afin de brûler mes mains. Je grimaçais, ça me brûlait, mais je devais tenir bon, il ne doit pas pouvoir contre-attaquer. La lutte était bientôt gagnée, mais quand tout semblait fini, il lança une ultime boule de feu, me forçant à user de mes mains pour me protéger. Il profita de cette occasion pour se libérer de mon étreinte et se sauva au loin. Je pestais au sol, pris de cours par une créature inférieure.

-Bon sang! C'était pas loin. Au moins, la bête est partie... merci.

Ce n'était pas mon genre à remercier une femme du peuple, mais forcée de constater que sans elle, je ne l'aurais probablement pas battu. De plus, cet affrontement m'a redonné de l'énergie, je pouvais presque bouger librement mes membres, mon bras gauche n'était quasiment plus entravé, le sédatif faisant clairement moins effet. Ses effets pouvaient néanmoins refaire surface mais ils seront minimes, du temps s'est écoulé depuis que je me suis prise cette flèche. Cependant, je n'allais pas filer à l'anglaise, loin de là, la jeune femme risquait d'avoir des doutes, je devais rester la plus crédible possible. Il est vrai que je n'avais plus besoin d'elle, mais je devais me montrer reconnaissante et aimable, malgré son milieu social. Je pris alors un ton calme et soulagé, par notre victoire.

-Au moins, je ne suis plus exténuée. Son assaut a été repoussé, bravo. Je pense que nous devrions nous reposer maintenant...

En repensant à la phrase que je venais de dire, je me rendis compte que j'avais employé des mots plus élaboré, ce qui ne fallait pas faire en face de la populace, ma couverture risquait d'être trahie. Il fallait que je trouve un autre sujet de conversation et vite,je devais garder le contrôle de la situation quoiqu'il arrive. L'euphorie de la victoire a relâché mes défenses, à moi de réparer cette bourde. Nous marchâmes alors afin de nous éloigner des lieux du combat. Aucune de nous deux étions blessées, la pluie venait de s'arrêter, le ciel s'était un peu éclairé, laissant place à la Lune et à une multitude d'étoiles, permettant de voir un peu plus précisément les lieux qui nous entourent. Il fallait désormais trouver un endroit ou nous pouvions dormir à l'abri des prédateurs ou alors, à un coin stratégique pour que l'une puisse veiller sur l'autre. Sur la route, je lui posai alors une question, afin de passer le temps pendant nos recherches.

-Cela peut paraître indiscret mais... comment as-tu su que... j'étais ici?

Je ne devais pas lui demander ce qu'elle faisait ici, au risque de devoir lui répondre à mon tour, et je n'ai pas trop envie d'étoffer mon histoire pour l'instant, si je pouvais éviter de lui mentir au maximum, cela m'arrangerais. Je restais calme, souriant légèrement pour montrer un signe amical de ma part et laisser moins de place au doute que j'aurais pu laisser planer.Par chance, une petite grotte visiblement vide et proche d'un courant d'eau se dessinait à l'horizon. Une véritable aubaine pour se protéger. M'adossant contre la paroi de la grotte, je soupirai, contente d'avoir trouvé un abri pour le reste de la nuit. Le lendemain, nous pourrions même nous laver un peu avant de repartir vers la ville afin que je puisse acheter un cheval pour rentrer chez moi.
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