Ombres bienfaitrices feat Dazaën

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Ven 15 Déc - 19:21
Fin de Fazej, on avait le choix entre passer par Irid puis la forêt d'Al'ba ou bien directement la forêt d'Alba. Le risque de faire directement Al'ba c'est de se taper toute la forêt. Heureusement, un grand bout de la forêt "appartient" à oncle Sylvester, tapis dans l'ombre. Cela fait bien plus de trois ans que je ne suis pas retourné dans les terres où j'ai grandis. On peut voir de loin la forêt pourrir. Plus on s'y approche avec Dazaën, plus on peut observer comme une terre qui se meurt. La forêt était réputée pour ses créatures merveilleuses, ses tributs de Lupans et son temple en ruine. Mais quand je suis parti, une grande partie de la forêt s'est changé. A présent, une menace attend patiemment dans les ombres. Cette forêt doit être à présent marqué maudite à jamais. Si je me souviens bien, Sylvester habite au centre de la forêt. Je ne lui rendrais visite le temps que je n'aurai pas découvert par moi-même mes origines du côté paternel. Cependant, il sait quand je vais fouler ses terres que je connais bien.

- Allons directement dans cette forêt, on n'y fera qu'un bout mais si on reste dans cette direction, on sera à Shin' je ne sais plus quoi en un rien de temps. Désolé, je n'ai pas de carte avec moi mais je connais un peu les lieux en dehors de la forêt.

Nous nous mettons en route, je garde mon arc jusqu'à l'entrée de la forêt. Les bandits n'approchent pas trop la forêt mais ils sont tous le temps aux abords de celle-ci. Ils savent que les gens font tout pour éviter d'y pénétrer. Si je me souviens bien, ils ont quelques postes dans notre direction. Il y a aussi quelques Hayert'Väals dans le coin. Ils doivent encore vouloir tenter de prendre la forêt. Il y a quelques villages médiocres après Al'Ba mais suffisant pour refaire les réserves. Je regarde un instant mon nouveau compagnon qui semble être dans ses songes. J'ai pourtant essayer qu'il se confie un peu à moi mais il reste comme une forteresse imprenable. Peut-être est-ce parce qu'il est fatigué de raconter son histoire, ses malheurs aux autres ? Ou alors il se dit que rien ne changera ce qui a été fait.

Nous sommes à présent devant la forêt où de nombreux panneaux à l'entrée nous mettent en garde avec des signes que même des illettrés pourraient comprendre. Je range mon arme. Il est temps de mettre un foulard. J'en passe un à Dazaën. Sans hésiter, j'entre dans cette forêt à l'odeur nauséabonde. Cela me rappel la première fois où je me souviens y être amené par le Hayert'Väal. Maintenant que je me souviens, il me semble que je ne me souviens toujours pas comment cette histoire à fini. Sylvester est arrivé, je me souviens d'être près de lui puis... Plus rien. Le passage est difficile d'accès mais bizarrement, à chacun de mes pas, la nature semble s'écarter. Leurs recules comme seul son à cette forêt. Il y a quelques bestioles qui nous observe. Elles ne bougent pas, elle semble attendre les ordres. Pas d'abominations visibles et rien ne semble venir contraindre mon camarade. La seule chose qui bouge dans cette forêt sont ses innombrables papillons effrayants. Ils volent sans se soucier de quoi que se soit. Leur ailes noirs avec des motifs de yeux rouges orangés me font pensés aux ailes de mon oncle. Sauf que lui, se sont de vraies yeux avec des pupilles en fentes immondes qui lui donne un côté encore plus effrayant.

La forêt nous laisse tranquille, traverser ce petit bout en quelques heures sera du gâteau. Personne ne nous embête. Je me demande s'il y a encore les fantôme... Hum... Aucune âme souffrante semble airer par-ici. Rien que le calme avant la tempête. Une autre chose à régler. Je n'ai toujours pas trouvé comment je pourrais sauver Sylvester de son trépas. Chaque jour est un pas de plus vers sa tombe.

- Dit-moi si tu as besoin de quelque chose, on peut s'arrêter un coup.

Un papillon vient se déposer sur ma tête, je me demande ce qu'il veut. Je lève ma main et il se dépose dessus. Je l'ai sur mon doigt.

- Je vais à Shin'. On est dans la bonne direction ?

Le papillon s'envole vers la gauche, se déposant sur les arbres pour nous attendre. Sylvester veut bien nous indiquer la route.

Nous arrivons vers la fin de la forêt. Le papillon s'arrête ici. Il repart faire sa vie avec ses compères. Je me tourne vers Dazaën, souriant.

- Cela s'est bien passé finalement ! Il y a un petit village avant Shin'Taï, on va s'y arrêter. La nourriture y est moins chère et on pourra y être plus facilement logé. Ces heures de marches m'ont donné faim malgré les odeurs de morts.

Cependant, je m'attendais bien à ce qu'il y ai des bandits pas loin de notre position. Ils aiment bien traîner aux abords des forêts. Il savent bien que même si leur cibles veulent s'échapper, se sera certainement pas par cette forêt. Elle leur assure alors, un non-passage. On a eu de la chance avant d'arriver à la forêt, on en aura peut-être pas après. J'i beau regarder au loin, je ne vois pas où est-ce qu'ils pourraient être caché. Pour assurer notre route, et aussi parce qu'est devenu une habitude, il va me falloir me déplacer sous forme spectral. Cela dit, comparé à d'habitude, je ne suis plus tous seul. Lui expliquer va être compliquer.

- Hum... Je vais aller voir si notre route est dégager pour que nous puissions passer sans encombre. J'espère que tu me fais un peu confiance, pour ma part je veux bien faire le pari.

Je fouille dans mon sac, les herbes somnifères sont là. Il m'en reste pas mal, ce qui est une bonne chose.

- Ici, ça grouille d’assaillants et nous ne sommes pas forcément en mesure de riposter. De plus, on avancera plus vite en les évitant. A mon réveil, je serais si notre chemin est parsemé d’embûches ou si la voie est libre. Cela prendra plus ou moins de temps alors soit patient. Désolé si je ne t'explique pas tout, tu me prendrai pour un fou.

Je m'assoit près d'un arbre puis renifle une de ses fleurs. Le sommeil ne se fait pas attendre.
 

***

<< Wraith...! Viens Wraith, il ne reste plus beaucoup de temps, passe par le petit village avec Shin', tu nous rejoindra bientôt ! >>

Encore cette voix. J'en viendrai presque à m'habituer. J'approche au but ? Peut importe. J lévite à peine quelques minutes qu'un camp de bandits prêt à bondir sur leur proie se dressent contre nous. Ils sont six, armées et souriant. Leur chef est... Un Aracnor ! On non pas ça... Un Aracnor ! Il ne se transforme pas encore mais il a déjà les mandibules de sorties. Beurk... C'est dégoûtant ! Avec lui deux humains, un mzéchil et deux lupans. Il faut les éviter, je ne veux pas avoir d'ennuis avec eux... . J'ai l'impression qu'ils nous attendent... . Étrangement, ils sont tourné vers la forêt. Ils s'impatientent on dirait.

- Elle nous a dit qu'ils arriveront ! Soupir un des lupans.

- Tu les voit quelque part toi ?! Crie l'autre au chef.

- La ferme vous deux. Hurle le chef. Cette femme voit plus de choses que vous ne serez l'imaginer. Tenez-vous en au plan. Ils arrivent. Elle a dit qu'ils étaient dans la forêt. On va se rapprocher un peu, moi non plus je n'aime pas cette forêt mais j'en fait pas tout un plat !

Fichtre ! Ils vont se mettre à bouger, je dois vite prévenir Dazaën avant qu'ils nous voient.

<< Je t'en supplie Wraith... ! >>

La voix me montre d'aller tout droit. Mais il y a ces bandits. Pas le choix, il faut les contourner pour avancer.

***

Je me réveil d'un coup, il faut que je me lève pour prévenir Daza', on doit vite bouger. J'espère que de son côté ça va et qu'il n'est rien fait de... Qu'il n'est rien fait à part d'attendre.

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Mer 20 Déc - 13:58
Je m'éveille en le chantant ;
En me chantant il s'éveille ;
L'aurore croit qu'elle entend
Deux bourdonnements d'abeille.

Hugo






On connaissait le Capitaine Elfe comme étant le Septième Fils Adopté du Roi Pirate Lamiedo. Ildezzeeth avait un visage anguleux, en lame de couteau. Une torse large comme un bouclier, aussi solide qu'un bloc de granit à l'image du personnage qu'il était. Ses yeux, sombres globes dorés étaient sans cesse pliés sur le mariage horizontale de la mer et du ciel. Sa peau avait brunie sous le soleil d'Arcaëlle et ses lèvres s'étaient défrichées sous l'écume. Autour de lui, le vent mort puait. C'était comme une source vive mais impure où apaiser sa soif dévorante. Le défi dans les yeux, le juron entre les dents, bras croisés sur sa poitrine que recouvrait un large plastron d'armure, le Capitaine du Seventh Son, Ildezzeeth, observait d'un air sévère l'île du Cap Boa qui se profilait devant sa proue. C'était une bête étrange et sombre, cet Ildezzeeth. Mais les femmes, peut-être, aimaient cela. Cependant, même vu sous ce jour, celui-là ne valait pas la peine qu'on l'apprivoisât. L'obscurité enserrait le navire si près qu'il semblait qu'en allongeant la main par-dessus bord on pourrait toucher quelque substance surnaturelle. L'Elfe fit carguer la misaine, ordonnant que l'on marche uniquement avec les huniers et les perroquets. Ildezzeeth ne souriait jamais, mais il savait quelquefois plaisanter bien qu'avec cynisme.

« Messieurs, dit-il de sa voix graveleuse comme sortie des entrailles de la terre, cette nuit si notre cravate est blanche, elle sera de corde.

Quelques-uns des flibustiers qu'il commandaient rirent sous cape. Tous étaient près. Le Septième Fils se découvrit, entama une prière pour Özan puis les Hayert'Väal lancèrent la prise de Cap Boa. Le Seventh Son fit trembler ses bouches à feu.

Très vite l'enfer se déchaîna sur l'île. L'infanterie, la volière et la cavalerie mise en branle par le Gouverneur de Cap Boa finit déchirée sous l'alliance du fer, du fluide et du feu des pirates. Le port vola en éclat, suspendant définitivement toute son activité ! Les bâtiments indépendants amarrés le long des quais plièrent l'échine avant de sombrer, définitivement eux-aussi. Partout résonnaient le cri d'explosions qui déchiraient des ailes ou faisaient s'envoler haut des non-ailés. Pressés en groupe derrière leur chef, les Hayert'Vaäl tiraient leur fer ou leur mousqueterie sur les soldats et les civils que le feu n'avait pas détruit. Ils frappaient à chaque fois de façon à ce que l'autre ne se relève plus. Derrière l'Adopté la flibuste savait qu'elle n'avait rien à craindre car l'Elfe Noir valait bien dix fois chacun d'entre eux. L'Elfe traînait dans son sillage de véritables tourbillons de flammes, prenant l'éternité pour lui et ne laissant à ses ennemis que la mort ! Quiconque n'était pas disposé à le laisser passer dans Cap Boa périssait car il employait sa force ! Tour à tour, des tourbillons de flammes, des maelströms de foudre et des fossés de fiel surgissaient à chacun de ses pas ou au bout de ses doigts et toute la défense de l'île fut réduite à néant !
Ildezzeeth, sans un mot, sans que son visage ne trahisse aucune émotion, fit sauter les portes du Fort de Boa afin d'espérer recevoir la reddition du Gouverneur. Mais alors, tandis que volaient en éclat les lourdes portes d'ébènes, une nouvelle délégations de soldats fondit sur eux, invoquant le nom de Gar'Haz ! La flibuste répliqua en agitant un Joly Roger à la couleur du Roi Pirate tandis qu'ils criaient le nom "d'Ozän" ! Et les deux camps se percutèrent dans un effroyable tintamarre d'acier, de foudre, de fluide et de force !

- Si il y a bien une chose en Arcaëlle qui me fait horreur, dit alors le commandant en chef de cette escouade qui portait un large heaume lui couvrant le visage, ce sont les pirates et les araignées.

Ildezzeeth prit ces mots comme un défi et fit face à l'homme, presque aussi large et aussi grand que lui, qui dégaina en son honneur deux sabres. L'Elfe n'était pas bavard, aussi ne répondit-il pas à la bravade de son adversaire. Deux yeux rouges brillaient, étincelaient avec audace sous le heaume sombre qui lui mangeait le visage. Ildezzeeth ne se décomposa pas, il arma son bras tandis qu'un éclair, illuminant la nature tout entière, tombait littéralement du ciel sur sa cible ! Mais l'autre avait des réflexes et, avant que l'Elfe n'ait pu comprendre ce qu'il venait de se passer, il était amené à porter à sa poitrine douloureuse ses deux mains encore tremblantes du fluide qu'il venait d'utiliser !

- Un Lorcq.

La femme -car c'était une femme- jeta alors au sol son heaume et, étincelante dans son armure rubigineuse lança au forban un regard empli de haine.

- Tes aventures s'arrêtent ici, suppôt du Roi Pirate !

Ildezzeeth songea qu'il saurait jouir de l'impuissance de cette Lorcq fort bien faite lorsqu'il la tiendrait entre ses cuisses par les cheveux. Si il ne pouvait utiliser le fluide en sa présence, car les Lorcqs savaient drainer le fluide comme les vampires le sang, il ne craignait pas de manier un peu de fer. Dégainant son sabre d'abordage, l'Elfe Noir s'élança vers cette adversaire jumelée et les deux lames s’entrechoquèrent en une gerbe d'étincelles qui les obligea tous deux à reculer !

- Retournez d'où vous venez, Hayert' ! Retournez au néant !

Seuls les idiots prenaient la peine de parler durant un combat décisif, et Ildezzeeth le savait ! Il ne répondait pas, se contentant de parer et placer ses bottes du bout de sa lame, comme le maître qu'il était à ce jeu ! Il ferait très vite de cette terre peuplée une immense nécropole infernale à la gloire d'Özan ! La Lorcq l’aiguillonnait du bout de sa lame comme un taureau par un banderilleros mais l'Elfe savait conserver son sang-froid ! Il attaquait à la tête, fit comme s'il rompait pour couvrir son flanc, revint promptement à la garde contraire et, rapide comme un épervier, lui porta un coup de revers en bas qui, au craquement qu'il entendit, dut lui couper les tendons d'un jarret ! La Lorcq laissa échapper un cri de douleur mais sa force mentale était telle que le corps ne s'écroula pas ! Il y a eu action simultanée qui obligea l'Elfe à rompre, et le combat reprit ! Il para une riposte et engagea contre-riposte d'un mouvement de poignet ! Finalement, au bout de quelques minutes, blessées de toutes parts, la Lorcq perdit l'appui de ses pieds et chavira. Le Septième Fils en profita pour la désarmer, faisant voler dans l'air son arme avant de pointer le bout de la sienne sous son menton. Alors, pour la première fois, la Lorcq de Cap Boa put entendre la voix sinistre, graveleuse de Septième Fils du Roi Pirate :

- Je te monterai avant l'aube, femelle. Vaincue et soumise. »

Il l'assomma d'un coup de genou en plein visage qui lui emporta la mâchoire puis retourna à ses affaires. Moins d'une heure plus tard, l'île de Cap Boa tomba aux mains du Septième Fils et Ildezzeeth déposa sur une table la reddition marquée du sceau de son règne. Il additionnait les victoires sur Arcaëlle ces dernières années. La nuit qui suivit fut celle de ripaille, bombance et orgie. Les forbans forcèrent les serrures tout comme les femmes, et les enfants survivants furent embarqués de force pour être menés à Port-Suppure en tant qu'esclaves. Il avait désormais le temps plus à propos de tenir sa promesse faite à la belle Lorcq. Elle serait son trophée personnel.


~



Dazaën se leva, adossé contre un arbre comme il l'était, dès que l'interpella le garçon. Ce dernier avait dormi quelques heures, et l'Elfe devinait qu'il y avait anguille sous roche, ou bien comme l'on disait par les mers des Cancer, magie sous le caillou. Cependant, il ne dit rien. Sans un mot, aussi docile qu'un mouton ou qu'un brave chien, l'Elfe se redressa et passa autour de son épaule sa besace de cuir. Il était temps de reprendre la route. Il attendait que le garçon lui dise quelle route il désirait prendre et quel sort connaissait-il qui impliquait le repos de possesseur ? Et puis surtout, quels ennemis ils fuyaient, ou bien ils attendaient. Dazaën Thelazma laissa un soupir lui échapper en se remémorant l'époque où il défaisait des armées entières avec un bras tendu ou d'un simple mouvement du poignet.
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"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
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Lun 25 Déc - 18:55
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Ah, il est toujours là. Il est bien sage. Plus je le regarde, plus je me dis qu'il semble bien calme alors que l'on vient de passer une forêt maudite sans encombre et que je lui est raconté des trucs bizarres. Hum... Et il ne dit rien sur le faite que ces fringues sont un peu courts sur lui. Il accepte sans broncher tous que je fais et dis.

- J'ai vu des bandits non loin de notre position. Ils nous attendent d'après ce que j'ai vu et entendu, ce qui est plutôt étrange. Il s'attende à ce que l'on vienne rapidement vers eux. On va les contourner, j'espère qu'ils nous verront pas.

Je remet son sac sur mon dos, prends l'arc puis commence à partir vers la gauche. On va les contourner assez loin pour éviter qu'ils nous voient. J'entâmes une marche assez rapide, Dazaën me suis, toujours imperturbable d'apparence. Je me demande s'il le fait exprès où si vraiment rien le surprend. Il a vécu pas mal de choses mais tout de même, c'est étrange. Remarque, tout aussi étrange qu'un gars cornu à la peau bleusatre. Bleusatre ? C'est correcte comme terme ? Bon, l'idée est là. Par rapport à mon ancienne partenaire, celui-ci est carrément plus reposant. Mais en même temps, comme comparé à Tahiri il est pas avenant ni causeur comme moi, c'est pas facile de savoir qui il est. Même si, Tahiri est peut-être une dragueuse qui cause et qui est tactile mais je ne sais pas non plus qui elle est. Juste qu'elle agit parfois comme une enfant, qu'elle sait utiliser ses atouts féminins, qu'elle se bat bien avec son bâton en bois et qu'elle a bon cœur. Cela peut-il suffire pour faire d'elle une amie ? Une amie... On embrasse pas ses amis. Et je n'ai jamais agit comme ça avec d'autres demoiselle qu'avec elle. Qu'est-ce qu'elle est pour moi... ?

Un bruit me sors de mes réflexions. Je regarde vite fait et voit au loin le village. Il semble calme et paisible, surement parce que je ne vois personne. Je regarde derrière moi Dazaën, il semble souffrir. Je ralentis un peu la marche en le regardant. Si je lui demande s'il va bien, il va me répondre "oui" sans me dire ce qu'il ne va pas. C'est sûr que lui, n'est pas très causant. Il a pourtant bien causer à l'auberge mais depuis que l'on est sorti, il ne dit presque rien. Dans la forêt, je le n'ai pas entendu une seule fois. On va aller se reposer un temps à une taverne, histoire qu'il reprenne un peu du poil de la bête puis je vais essayer de lui décrocher quelques mots. On arrive bientôt.

On arrive devant l'entrée du village et il y a pas un chat. C'est bizarre, dans mes souvenirs c'était bien plus animé, le marché était ouvert tous les jours et le village vivait de ce point de passage avant la ville de Shin' plus loin. Les portes et fenêtres sont fermées, pas un enfant dehors, pas de corps signifiant le passage d'une quelconque guerre, rien. Près du grand puits, il y a toujours quelqu'un. Effectivement, je vois une silhouette assise tenant quelque chose dans ses bras. Une silhouette féminine maintenant qu'on 'y approche un peu plus. C'est une femme vêtu de noir avec une grande cape de grande qualité. Cette femme...! On dirait... C'est impossible ! Elle a été pendu par Grégoire ! Je dégaine mon arc puis cours vers elle. J'entends son petit rire amusé lorsqu'elle se lève, tenant dans ses bras un bébé. Je m'arrête d'un coup. Je suis assez loin d'elle pour qu'elle ne puisse pas m'attaquer et assez près pour la mettre en joug, ce que je fais immédiatement.

- Doucement Dorcas, dit-elle d'un ton calme, tu ne voudrais pas blesser ton fils ? Fuhuhu...

Mon quoi ?!

- Saleté d'Aracnor ! Dis-je d'un ton mauvais. J'ai cru que Grégoire avait réussit à te faire pendre.

- Oh oh oh, mais c'est grâce à toi que j'ai réussit à ne pas avoir la peine capitale ! Ce petit monstre est bien le fruit de notre union et on a épargné le temps de le faire naître.

- Tu mens, comment pe-

- Il a quelque chose de spécial. Voit !

Elle découvre le bébé et on voit deux yeux bleues avec un peu de l'éclat de mon œil "unique". Et il est blond comme moi. Pas de doute. C'est pas possible... . Qu'est-ce que qu'elle fait ?!

- Je n'ai eu que des malheurs depuis que tu t'es lié d'amitié pour ce Grégoire BoisdeFer ! Elle suspend de sa main l'enfant au-dessus du puits. C'était une véritable horreur de vivre comme une-

- Une esclave ?

- Oui !

- Tu n'as que ce que tu mérite. Qu'est-ce que tu mijotes ?! Tu vas en faire quoi ?!

- A cause de toi j'ai tout perdu ! Être enceinte a été un calvaire, je n'ai pas arrêté de me sentir mal, de me pas bouger comme je le souhaite, d'avoir ce rejeton de toi en moi... Tout, tout était insupportable ! Et en plus il a ta tronche ! Il est née, j'ai eu l'impression qu'il me jugeait déjà ! Il est aussi insupportable que toi même quand on le corrige... Mais ma souffrance va prendre fin. Je l'ai fait survivre rien que pour cet instant. Tu vas connaître la souffrance éternel Dorcas ! Que son sort te hante à jamais !

... !

- Quel idiot, je l'ai lâché, c'est trop tard ! Arg ! Mais ! Il est tombé dedans ?! Sérieusement ?! Il est fou ! Il veut vraiment rattraper le petit ? Cela m'arrange. Hop ! Je ferme le puits, à jamais Dorcas ! Héhéhé... . Qu'est-ce que t'as à me regarder toi ?! Quel accoutrement bien étrange... Et ces cornes... Pfft', de toute façon à toi tous seul tu ne fera pas le poids contre eux. Allez va, l'étranger.
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Mer 3 Jan - 17:59
L'amante court vers l'amant ;
Il me chante et je le chante.
Oh ! comme on dort mollement
Sous une branche penchante !

Hugo



Le garçon s'était élancé avant même que Dazaën n'ait pu esquisser un geste afin de le retenir. Ils se trouvaient à présent tous deux, lui et l'étrange femme au regard envoutant qui le dévisageait, non loin d'un village paysan. Il suffisait pour le voir d'ouvrir les yeux et les volutes de fumée des cheminées surplombant les toit s'élevaient par-dessus les frondaisons du bois qui les entourait. L'Elfe croisa sur son poitrail colossal ses bras, dans une gestuelle calme et assurée. La femme face à lui était fort charmante et même très bien faite, remarqua-t-il. Une échancrure particulièrement vertigineuse mettait en relief son opulente paire de seins et l'Aracnor pensait sans doute que cette gorge, quitte à être découverte, pouvait tout-aussi bien être mise en valeur. Des mandibules encadrait ses lèvres mauves en claquant et claudiquant le long de son menton terminé en pointe. L'esprit fort et l'âme inconstante transparaissait, pour Dazaën qui avait vécu tant de choses, dans le regard de l'étrangère.

« Quel mal t'a fait ce garçon ? demanda l'Elfe maudit d'un air impassible, faisant résonner sous les feuillages sa voix de roc.

Volontairement, il ne s'était pas montré agressif envers elle. D'une certaine façon, le front haut, les souffles de fraîcheur qui s'échappaient des commissures de ses lèvres pointées, jusqu'à sa voix à elle qui se taisait devant la sienne, à lui, le fascinait. L'Aracnor lui répondit bien vite, et du ton de l'insolence :

- En quoi cela peut-il t'intéresser ?
- Je veille sur lui, répondit Dazaën du tac-au-tac.

Les mandibules grouillantes laissèrent échapper un rire léger comme l'aile d'un oiseau. Dazaën Thelazma songea que n'importe quel oiseau ici n'avait pas la garantie d'échapper à la toile de l'araignée.

- Tu ferais mieux de veiller sur toi et partir d'ici, lança la femme. Des gens vont rappliquer et ils se ficheront pas mal de toi.

Elle parlait avec fermeté et assurance. Mais l'Elfe n'était pas né hier et ne se démonta pas. Il leva ses yeux au ciel quelques secondes, lâcha un "mmh" entre ses dents.

- Je peux savoir au moins ton nom ? demanda-t-il une fois sûr que l'affrontement était inévitable entre eux deux. Peut-être que le garçon me demandera de le graver sur ta tombe, tout-à-l'heure.

Si la jeune beauté en face de lui connaissait le Capitaine Ildezzeeth, elle aurait su qu'il ne plaisantait pas. Mais elle se contenta de soupirer, levant haut son menton orgueilleux.

- Nuela. Mais je ne crains pas trop les caïds dans ton genre. Cela dit, tu ne perds rien avec Wraith. Il est totalement inutile. Alors va jouer les bons samaritains ailleurs, vu ?

La voix des femmes est un venin suave, songea l'Elfe. Si il avait encore son âme sous son enveloppe de chair, il aurait sans doute sourit voire ri.

- Tu as tort de ne pas me craindre, dit-il simplement d'un ton neutre.

Sa voix, comme toujours, avait la gravité extrême de l'outre-tombe.

- Tu n'étais pas même née que j'écrasais déjà des armées et occupais des trônes. Alors, écarte-toi de ce puits.

La dénommée Nuela se contenta de tapoter son index contre la roche du puits, visiblement irritée dans sa vanité.

- Et te voila gardien de ce minable ? Pathétique. Tu veux tomber dans le puits toi aussi ?

Elle arqua un sourcil.

- Je te préviens, ça sera ton tombeau. Mais je vais attendre que Wraith meurt avant. Quelle sera sa mort ? ... Intoxication ? Maladie ? La faim ? La soif ? Faible comme il est, ça sera sûrement de frayeur !
- Méfie-toi de ceux qui ne sont pas encore morts, gronda l'Elfe maudit.

Il ne laissa pas à cette Nuela le temps de la répartie, et attaqua ! Il se sentait vieux, diminué, convalescent et d'un dynamisme bien piètre, mais il se croyait toujours capable de vaincre cette gamine qui l'avait provoqué. Ne serait-ce car il le devait au garçon. La vitesse de cette Nuela le surprit, et elle évita son coup avec la rapidité d'un étourneau qui prend son envol ! Elle enleva sa jupe, la faisant valser devant leurs quatre yeux, puis, portant un simple pantalon en dessous, prit la fuit à travers les frondaisons ! Ce fut seulement lorsqu'il se lança à sa poursuite que Dazaën prit conscience que le terrain était préparé et il dut éviter une multitude de toiles et de fils blancs qui formaient des pièges que d'autres que lui, plus jeunes ou moins expérimentés, n'auraient pas vu. Très vite, il gagna l'entrée du village dont il avait aperçu les volutes de fumée gris au-dessus du bois tout-à-l'heure. Il s'arrêta quelques secondes, afin de prendre son souffle. En vérité, Dazaën ne savait pas si son corps était prêt à tenir le choc ! Il y avait moins de trois jours, il était faible au point d'être incapable de se relever seul.
Il repéra alors son adversaire ! Elle venait de bondir sur un toit d'une des maisonnée de chaume du village ! Village par ailleurs qui ne comportait pas âme qu vive. Qu'importe ! L'ancien adorateur d'Özan poursuivit l'Aracnor !
Hélas, à peine se fut-il hissé à la force de ses biceps épais qu'une dague au pommeau finement ciselé s'abattit sur lui ! Fort de ses instincts, l'Elfe eut le réflexe de se laisser glisser sur la pente vertigineuse du toit, esquivant la lame argentée ! Mais il n'avait pas vu l'amas de fils collant accrochés à la lame de Nuela qui firent faire un volte-face à l'arme ainsi improvisée, et Dazaën sentit la morsure de la lame sur sa cuisse !

Mais le petit manège n'était pas encore fini. Il se redressa, jugeant d'un regard superficielle la profondeur de la plaie qui saignait, tandis que la lame revenait et le lacérait encore, véritable danseuse acérée ! Cette fois, ce fut son épaule qui s'ouvrit sous la morsure de l'acier ! La dague fit un troisième aller-retour, qu'il parvint cette fois à esquiver, alors que l'Aracnor, dissimulée non loin, la récupérait et reprenait sa course folle ! Elle exécuta un bond gigantesque puis ses paumes arachnéennes s'accrochèrent à un fil prévu à cet effet et la drôlesse disparut derechef à l'intérieur d'un bâtiment à étage apparemment inhabité. Dazaën la suivit sans difficulté, bien qu'au lieu de fil et de toile il comptait plutôt sur ses biceps et ses jambes ! Lorsqu'il pénétra dans la maison, l'obscurité se fit alors complète et il comprit que Nuela avait dû se servir d'un autre fil dissimulé afin de refermer net les volets sur le revêtement de la fenêtre !

- Astucieux...lâcha-t-il sans paraître troublé par les ténèbres.

Il se concentra alors, tentant de sentir son adversaire qu'il ne pouvait voir. Ce fut inutile, car l'Aracnor se révéla à lui d'elle-même.

- Et tu n'as encore rien vu !

Ziiiiiip ! Il comprit bien vite que le tour de la dague volante n'était pas fini ! Il l'entendit d'abord près et lui, et recula d'un bon pas, se félicitant d'avoir sans doute évité une ultime lacération ! Mais il sentit alors quelque chose de gluant s'enrouler autour de sa cheville et bientôt un cocon de toile le colla littéralement au sol tandis que derrière son dos la dague acrobatique lié à son fil venait entourer sa gorge puis s'enrouler autour. Il ne remua même pas, voyant là tout juste un jeu d'enfant.

- Ca y est ? Tu as finis de t'amuser ?
- Oh, mais pour moi ça ne fait que commencer ! riposta-t-elle sans qu'il ne puisse toujours pas la voir.

Tout juste, il devinait où elle se trouvait. Non pas que ses yeux ne voyaient pas dans le noir, car en tant qu'Elfe il avait développé au fil des siècles sa vision nocturne, mais Nuela se dissimulait à lui derrière une cloison. Parlé trop vite songea l'Elfe en la voyant finalement rappliquer, fière et un sourire aux lèvres, dague à la main, tandis que le drôle de collier de toile qui suffoquait Dazaën restait en place. Il comprit que Nuela l'avait sans doute fixé sur quelque mur ou charpente à l'aide d'une énième toile. Elle tournait autour de lui, d'un pas léger, en le contemplant.

- Pas trop mal pour un vieux ! rit-elle. Comment je vais pouvoir jouer avec toi, maintenant ?

Dazaën se souvint qu'il avait dit un jour exactement la même chose : "comment je vais pouvoir jouer avec toi, maintenant ?" à l'une de ses victimes.
Dans un élan très calme, il tira de sa ceinture un simple couteau de chasse, et s'en servit afin de se débarrasser de ce collier collant et qui l'empêchait de respirer proprement. Il voulut alors bondir sur sa rivale et trancher dans ses chairs mais fut stoppé rapidement par son pied collé au sol ! Au même instant, alors qu'il se rendait compte de son oubli fatal, l'Aracnor lui asséna un coup de dague un peu au-dessus du pectoral qui le piqua méchamment et le fit saigner !

- Reste tranquille !

Dazaën jura entre ses dents ! Il venait de se faire avoir comme un novice ! Alors il ferma les yeux, et tenta de sentir son fluide. Tous les Arcaëlliens possédaient une réserve de fluide. Cette réserve-là était-elle épuisable ? Il paraissait que non. Mais Dazaën pensait sincèrement l'avoir épuisée lors de son exaltation à bord de son propre navire, entre le crochet de Phadransie Lamiedo et sa tendre Miss Fortune. Il était temps pour lui d'en avoir le coeur net...

L'Aracnor continuait à tourner autour de lui, posant son regard si spécial sur les infinies scarifications et cicatrices de mutilations qui composaient le corps bleu de l'Elfe. Il n'y avait pas un centimètre carré de peau qu'une lame, qu'un bec ou qu'un tison avait épargné sur ce corps d’apparence si solide ! Dazaën Thelazma, maître de tous les fluides au cours des siècles, essaya alors de toucher l'essence même de ce rayonnement intérieur et l'impensable se produisit !  D'abord de simples flashs, puis de petites étincelles bleues commencèrent à se former autour de ses poings fermés ! L'Aracnor s'apprêta à dire quelque chose en voyant son adversaire concentrer entre ses doigts son Ka perdu mais elle n'en eut pas le temps et bientôt un éclair la percuta ! Elle eut juste le temps de se protéger avec ses bras puis recula, se contenant héroïquement, se dit Dazaën, afin de dissimuler sa douleur ! Moi qui invoquait des tourbillons de foudre, qui appelait d'un geste le feu du ciel ! Me voila réduit à des minutes de concentration afin de pouvoir toucher un petit éclair de Ka ! J'ai tant régressé...

Mais l'Aracnor perdit vite patience et, voyant les poings de l'Elfe s'illuminaient progressivement, faisant crépiter de la foudre en vrac autour de ses doigts, elle choisit sans doute de jouer la carte de la patience ! Comme une bête, Nuela se changea en araignée gigantesque et bondit sur sa proie qu'elle enroula dans un épais cercueil de toile à l'aide de son abdomen proéminent, des griffes de ses pattes et de ses crochets ! Le visage criard de l'Elfe aux yeux or se tordit dans un rictus de fièvre puis disparut sous la toile de l'Aracnor et le silence succéda aux cris de l'Elfe et aux rugissements de l'araignée !

Il ne se passa plus rien et Nuela, vainqueur de ce duel intéressant, regagna sa forme humaine.

C'est alors qu'un crépitement se fit entendre. Puis un autre. Et un autre. L'air s'emplit de fluide et des flammèches, puis de gigantesques flammes dévorèrent la toile qui se consuma très vite, percée par un gigantesque fouet de feu que brandissait l'Elfe déchu ! Dazaën attaqua tout de suite, vif comme la morsure d'un aspic ! Sentant tout-de-suite le danger, la prénommé Nuela tenta alors une retraite stratégique alors que les murs et la charpente de l'établissement s'embrasaient à leur tour ! Mais malheureusement pour elle, l'adresse de Dazaën au jeu de Mez était grand et le fouet incandescent vint mordre férocement la cheville de l'Aracnor dès l'instant où elle s’apprêtait à fuir par l'une des fenêtre à l'étage, grimpant au mur comme une possédée ! Il l'envoya alors, avec toute la force contenue dans son bras, s'écraser au sol, lézardant le sol sur de nombreux mètres et dans un nuage de poussière et de fumée !

- Les vaincus appartiennent aux vainqueurs, lâcha-t-il avec froideur.

Et, comme son adversaire hurlait sous la morsure des flammes avides de chair, Dazaën Thelazma utilisa son arme afin de la tirer jusqu'à lui.

- Comment je vais pouvoir jouer avec toi, maintenant ? dit-il avec ironie.

L'Aracnor paraissait à présent terrorisée.

- Tu es un bien meilleur chasseur que moi ! Qu'est-ce que tu veux ! parvint-elle à hurler sous la douleur !

L'Elfe prit tout son temps pour la réponse. Il haussa les épaules.

- On demandera ça au garçon.

Alors, sentant ses forces décliner, le souffle lui manquer, il dissipa Mez. Nuela arqua de nouveau un sourcil, ce qui lui donnait un air charmant. A plus forte raison lorsqu'elle était défigurée sous la douleur.

- Alors si tu places ma vie entre les mains de ce débile je n'ai pas trop à m'en faire !

Elle gémit, frictionnant sa cheville nue. Les doigts et les chevilles de ses pieds nus étaient également rougis par les flammes de l'Elfe.

- Il a des pensées d'un temps qui n'est pas prêt de venir sur Arcaëlle ! ajouta-t-elle.
- Où se cachent tes petits amis ? la questionna Dazaën sans prêter attention à sa dernière remarque.
- Ils ne vont pas tarder. Cependant, ils ne sont en rien des "amis". Si tu tiens vraiment à ton protégé, vous feriez mieux de ficher le camps !
- D'accord. Tu viens avec nous.
- Être un otage ne vous servira à rien. Ils ne sont pas stupides !
- Tu sais quelque chose au sujet de la quête de ce gamin ? Quelqu'un le poursuit ? On lui veut du mal ?

Comme elle ne répondait pas, massant sa cheville douloureuse, l'Elfe l'attrapa par les cheveux afin de la mettre debout ! Il avait subi lui-même des douleurs tellement pires que cette très gentille inflammation qu'il avait imposé à cette Nuela ! Elle se débattit un peu et il la traîna au-dehors. Il n'y avait toujours âme qui vive dans le village. Alors ils avancèrent en direction du puits, lui la traînant avec violence puis, à la fin, il la soutenait plus qu'il ne la maltraitait.

- Réponds à ma question, femme.
- Je pensais être la seule à vouloir lui mettre la main au collet. Une femme d'une trentaine d'année avec un même œil étrange que lui le veut, mais il ne m'a pas semblé que ce soit par vengeance ! Je l'ai observé. Je pense que tous d'eux viennent d'ailleurs.
- Ailleurs où ? demanda Dazaën soudain intéressé.

Mais Nuela ne fit pas attention à sa remarque et poursuivit en geignant :

- Quoi qu'il en soit si tu veux vraiment que ta larve survive il faudrait déjà le dégager du puits, et je te laisse deviner, à l'odeur, ce qu'il y a avec lui !

Dazaën ne semblait pour l'instant pas préoccupé par cette histoire de puits.

- Et concernant le gosse ?
- C'est bien le sien.
- Je n'en doute pas. Mais pourquoi l'avoir conçu ?
- Pour me venger de lui ! Je veux qu'il goutte à un désespoir si profond que tout son petit monde, son imaginaire, ses rêves s'écroulent. Qu'il perde à jamais sa joie de vivre. Le gosse est devenu mon arme pour son désespoir, une perte émotionnelle dont il ne se remettrait jamais.

Elle parlait avec beaucoup plus de calme à présent, remarquait Dazaën, et ses sourcils demeuraient moins arqués. Ils longèrent haie et fossés. Il se sentait fier comme le chasseur qui venait d'attraper une belle proie, mais fatigué comme un convalescent un peu idiot qui s'était cru capable de surpasser un athlète ! Son fluide, de nouveau, lui paraissait lointain et décharné, émacié. Toutes ces histoires avec Nuela lui faisait penser à des caprices et des jeux de gosses. Il reprit alors sa proie par les cheveux, l'agrippant fermement afin de lui obliger à relever la tête, exposant sa nuque délicate et brunie par les flammes à son regard piquant comme une aiguille.

- Tu as de la chance d'être tombé sur moi, souffla-t-il la bouche très près de l'Aracnor. Un autre que moi, ou même à une autre époque, aurait fait bien pire que l'étincelle de quelques flammèches. »
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"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
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Sam 6 Jan - 1:11
Où je suis ? On dirait un endroit inhabité. Je marche un peu mais je ne sens rien. Je suis sûrement ailleurs en vrai. J'avais sauté dans le puits pour secourir le petit. Pourquoi je me retrouve dans un champs de fleurs étrange dans un endroit calme ? Je me suis évanoui ? Sûrement, sinon je ne serais pas là. Je n'ai jamais vu de plante comme ça avant. Un nouveau monde ? On dirait qu'elles me suivent du regard. De près, je vois qu'elles ne sont pas rapprochées à leur tiges. C'est étrange. Elles ont une telle chaleur... J'ai l'impression de pouvoir les toucher. Ce champs s'étale à perte de vue et il y a aucun chemin créer par quelqu'un, pas même des traces d'animaux sauvages. Oh, je peux en prendre une. Oh ! Mais ce ne sont pas des fleurs ! On dirait des mini-mondes ! Je n'ai jamais vu un endroit ressemblant à celui-ci. Le ciel est noir et les lumières qu'elles dégagent suffisent à éclairer chaque recoin.

Hum ?! J'entends un bruit. Un son étrange, on dirait un crépitement. On dirait que ça grésille. Par où ça vient ? On dirait que ça sort de nul part et partout à la fois. Je me sens plutôt désorienté par cet endroit. Les grésillements se font de plus en plus intenses. Gnn... Ça résonne dans ma tête, ça en devient vite insupportable. Aaah... Ce lac était là avant ? L'eau est noir... Et, on ne dirait pas de l'eau mais une épaisse masse noir. J'ai l'impression qu'on ne peut pas voir à travers et pourtant... J'ai comme l'impression, comme une illusion qu'il y a quelque chose à travers "l'eau". De la fumée ? Non on dirait plutôt de la buée. Pourquoi je rentre dans l'eau ? Humm ? Je ne sens rien et pourtant je peux la toucher et même en mettre dans mes mains. Elles reste sur ma peau. On dirait qu'il y a des morceaux. On dirait des bouts de verres noirs mais ça brille, ou plutôt, ça reflète.

Je suis déjà venu ici. Comment je sais ça ? Pourquoi je le sais que maintenant ? J'ai l'impression que tous s'embrouille... . Où je suis ? Pourquoi je ne reviens pas chez moi alors que je voudrais partir ? Ai-je seulement envie de partir ? Pour aller où ? "L'eau" est si paisible. Me voilà nu. Avais-je seulement des vêtements ? On est bien ici. Où voulais-je aller d'autre ? Je ne m'en souviens plus. C'était peut-être pas important. Je m'enfonce doucement dans "l'eau". Pourquoi je me qualifie "d'eau" ? Ce n'est pas de l'eau, c'est...
***

<< Wraith ! Ne meurt pas ! >>

- Aaaah !!!

Hein ?! Que... De quoi de rêvais ? Je rêvais ? Je me sens tout engourdit. Pouah ! Quelle odeur affreuse ! Ça pue le... Cadavre ?! Il y a plein de cadavre partout ! Et je suis sur eux ! P-pourquoi forment-ils un trône sur lequel je suis ? Le bébé ! Il est sur moi. Sur moi ? comment ça se fait ? C'est bizarre quand même. Il est vivant. Il dort au pays des songes. On y voit rien, heureusement qu'il est sûr moi, je n'aurai pas su le trouver avec cette montagne de corps baignent dans de la flotte putride. Dégueu', c'est super dégueu'. Je ne les vois pas mais je les sens, dans tous les sens du terme. J'ai... J'ai l'impression qu'ils bougent...! Ce n'est pas possible, il faut se ressaisir ! Oh, il pleur ! Ah, ça résonne ! Ce mélange e mort et de vie... Cela me rappel quelque chose de tellement loin. C'est flou. Il faut escalader le puits pour sortir mais Nuëla a fermer l'entrée. Celle-là alors... . En plus elle est restée avec Dazaën. J'espère qu'elle ne lui fait rien de mal, le pauvre, il n'est pas au meilleur de sa forme. Courage Dazaën, j'arrive ! Je sens les pierres humides et je pense utiliser ses rebords pour grimper. Par contre, avec monsieur qui crie... Enfin madame ? Enfin, j'en sais rien.

- Chuuuuut petit bébé.

Raaah, il ne veut pas s'arrêter de pleurer. Peut-être se calmera-t-il si je lui chante une chanson ? Mais quoi ? Hum... Je vais lui chanter une chanson d'un autre monde. Ou plutôt... J'ai trouvé !

- Peut-être n'existe-t-il pas du tout de réponses
les êtres l'oublient parce qu'ils ne le comprennent pas et
qu'ils craignent la vérité intangible

Il n'existe pas de véritable frontière entre le bien et le mal,
en ce monde, il existe ni paradis ni enfer
malgré les tourments et le doute,

il va vous falloir continuer à chercher les réponses par vous-même.
vous nous êtes si chers,
à nous qui demeurons aux cieux

Nous nous reverrons un jour,
dans un autre espace temps
un jour...

il ne me reste qu'un seul pouvoir,
continuer à prier pour qu'il ne vous arrive pas malheur
voyez ceux que vous voudrez voir,

selon votre cœur, regardez la vérité en face,
soyez heureux.
N'oubliez pas que vous êtes nés aimés.

Nous nous reverrons un jour,
dans un autre espace temps
un jour...

Même une fois que le temps sera lentement remis en marche
et que le quotidien aura repris le dessus
la tristesse de vivre du sacrifice de ce qu'on ne voit pas

N'oubliez jamais
ma prière se cristallisera et tombera en poussière
et ses milliards d'éclats

Nous nous reverrons un jour,
dans un autre espace temps
un jour...

Tomberont comme autant de pensées
je voudrais vous serrez contre moi
en fredonnant une chanson douce

Même si mes bras ne peuvent plus vous enlacer
Je voudrais tant que ma prière soit entendu
mes enfants imparfait...

le Soleil artificiel et imparfait
continue
encore et toujours à vous aimer
Nous nous reverrons un jour,
dans un autre espace temps
un jour...

Je prie encore pour le bonheur de mes enfants bien-aimés
ceux qui continuent à envoyer leurs prières inchangées
race ailée qui parcourt le ciel

Déploie tes ailes porteuses de bonheur
naît une impression proche de la certitude
et qu'une force d'attraction

mes enfants imparfait...
le Soleil artificiel et imparfait
continue
encore et toujours à vous aimer
Nous nous reverrons un jour,
dans un autre espace temps
un jour...

A l'instant de la rencontre
ce n'est pas la dernière fois
réuni les êtres aimés autour d'un destin commun

Ni dieux, ni hommes
êtres nés dans un amour vertigineux
et que l'on nomme les anges.

Ma chanson l'a calmé. C'est la chanson d'une déesse qui s'adresse à ses créations qui se rebellent contre son système. C'est une prière que j'ai transformé en chanson. C'est plutôt sympa, même si ça ne rime pas. La déesse en question a cessé d'existé aux yeux de ses chers créations... Elle a libérer ses êtres de leur "chaînes" et n'existe plus que pour soutenir ce monde. Hum ? On dirait que ça bouge sous nous. Qu'est-ce que... Les cadavres nous soulève ! On monte très vite ! Ah ! Mais on va se retrouvé aplatit par ce qui bouche l'entrée non ?! Je vais libérer une main pour le pousser. Ce n'est pas pratique de tenir un bébé. Et hop !

- Ah ah ! Je suis enfin sorti !

Hum ? Bah ? Alors c'est ça les battements d'ailes ?! Une nuée de papillons s'envolent à la sortie vers la forêt. C'est les papillons de... Mais ?! Qu'est-ce qu'ils fichent ?! Pourquoi je les retrouve collé l'un l'autre ? C'est cette nympho ! Elle drague le pauvre Dazaën !

- Nuëla ! Dazaën, ne te laisse pas attendrir par ses formes et son visage, c'est une méchante nympho' !

Je sens les cadavres retomber, je saute au sol. J'ai récupéré le bébé, mission accomplit ! Par contre, que faire avec elle... .

- C-comment t'as fait ça ?! Crie-t-elle. Grrr' Wraith ! t'es toujours en vie alors que regarde-toi... Tu as du sang partout au niveau de la tête !

En effet, je sens le sang qui a coulé le long de mon nez et mes oreilles ainsi que ma bouche. Dans ma bouche, c'est infesté de sang. Qu'importe, si je suis en vie, c'est que ce n'était rien de grave !

- Change pas de sujet ! Vas pas faire des bébés à Dazaën, il est fatigué, laisse-le tranquille ! J'ai plus peur des aracnors maintenant !

Enfin si mais bon. Voilà. Pourquoi elle se marre ? Elle se paye encore ma tête... .

- J'aimerai bien voir ça, tu flippes dès que je m'approche de toi ! Tu es devenu suicidaire en plus d'être demeuré ?

Plus je les regarde, plus je me dis qu'un truc m'échappe. Pourquoi il l'a tient fermement ainsi ? Pourquoi elle a une cheville visiblement mal en point ? Et plus de robe ? Et sens fort l'aracnor ? Par Gadvaoi... .

- Ne te laisse pas entraîner dans ses délires chelou de mal euh... De...

Nuëla rit encore de moi. J'en peut déjà plus d'elle.

- Si tu voyais ta tête rouge pivoine ! Aïe ! Grr' !

Elle s'est blessée cette folle nympho... . Bon, j'ai pas le choix.

- Prend-le s'il te plait.

Je passe le bébé à Dazaën qui allait pleurer mais qui s'est ravisé en le voyant. Il semble contempler notre elfe bleue sans frayeur et même une légère candeur. Je m'approche de Nuëla qui s'est assise sur le puits. Je lui prend la jambe, elle râle. Attention. Moment d’extrême concentration. Elle râle. Bordel.

- Arrête un peu crier, j'arrive pas à soigner dans le boucan que tu fais. Même le bébé est plus sage que toi ! T'es pas possible ! Même mes ravisseurs petits, ne faisaient pas autant de vacarmes bourrés. C'est dire !

Elle se tait, semble perplexe. Je la soigne lentement mais sûrement en espérant qu'elle ne va pas profiter de la situation pour me sauter à la gorge. Qu'elle folle. Franchement.

- Voilà, tu peux marcher.

Je recule et au moment où je le fais, j'évite avec brio un coup de poing dans ma figure. Je me relève bien vite puis lui fait face.

- Mais c'est quoi ton problème à la fin ?

- C'est plutôt à moi de te dire ça ! Crie-t-elle.

Soudain, elle se tait. Elle regarde en direction de l'entrée du village puis elle semble reprendre son calme. Du moins, elle ne crie plus.

- Partons avant qu'ils nous voit.

Elle se dirige vers la sortie du village avec hâte. Passant par des coins isolé du village jusqu'à ce qu'on atteigne la sortie rapidement. Je me demande pourquoi elle nous aide à s'échapper puisqu'elle est avec eux. D'ailleurs, c'est qui eux ? Pourquoi elle est toujours fourrée avec des crapules ?! On quitte finalement le tout petit village pour s'engouffrer dans les vastes plaines ornées de petites collines dans une herbe bien verte. Je regarde Dazaën et remarque qu'il a toujours le petit. C'est vrai que je l'avais oublié celui-là, avec toute cette précipitation !

- On va en faire quoi du petit ? Dis-je.

- Moi rien, toi fais ce que tu veux.

- Mais t'es sa mère ! Tu vas pas l'abandonner !

- Ferme-là. Je l'ai conçu mais ça ne veut pas dire que je vais jouer le rôle de la maman et toi du papa. On est pas une famille. Il était destiné à mourir de toute façon mais ça ne s'est pas passé comme prévu. Et si je vous aide, c'est uniquement parce que je ne veux pas qu'elle t'ai. Je veux me venger de mes mains et elle va m'en empêcher.

Je soupir.

- Donc si je te suis sagement au final se sera pareil... . Il s'appelle comment le petit ?

- Un mort n'a plus besoin d'un nom. De toute façon tu vas faire quoi ? Le garder ? Laisse-moi rire, tu es un vagabond, pauvre en plus et tu ne sais pas t'occuper d'un bébé. Il va vite crever entre tes mains alors il n'a pas besoin d'un nom. Regarde, tu ne le porte même pas, c'est ton chevalier servant qui le trimbale.

Quelle cruauté... . Cela dit, elle a raison. Je n'ai rien pour le petit, tout juste de quoi me nourrir la plupart du temps sauf quand j'ai de la chance comme avec cette auberge hier. Je passe mon temps sur les routes à transporter un sac déjà costaud. Il n'y a pas de place dans ma vie en ce moment pour un petit Dorcas comme lui. Mais je ne peux pas l'abandonner. Je ne suis pas comme mon père qui m'a abandonné avec maman. Devrais-je mettre de côté cette quête pour l'élever ? Mais si je fais ça je ne connaîtrais jamais la vérité qui me hante tous les jours. De qui je suis ? D'où je viens ? Qu'elle est cette partie de moi qui vient d'ailleurs et semble bien encrer dans mon être ? Oh, il faut que je le reprenne.

- Désolé Dazaën, je te l'ai laisser comme ça, je... Je vais le reprendre.

Le petit Dorcas semble pourtant s'y attacher et ne lâche pas Dazaën des yeux, un noir comme Nuëla et l'autre, comme le mien.

- Dépêchez vous, on arrive enfin au abord de Shin' alors ne traînons pas !


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Dim 7 Jan - 22:01
J'aime. Ô vents, chassez l'hiver.
Les plaines sont embaumées.
L'oiseau semble, aux bois d'Aser,
Une âme dans les ramées.

Hugo







C'était un trésor aux murs de pierres blanches et polies, que le grand temple qui surplombait la petite ville. Résonnaient jusque dans les mauvais quartiers en contrebas le timbre sonore de ses cloches de cuivre que faisaient sonnaient les prêtres et qui annonçaient au cours de la journée le milieu de la matinée, le milieu de la journée, la première heure de l'après-midi, la fin d'après-midi puis le début du crépuscule, et enfin la mi-nuit. Le temple était également le centre culturel et névralgique de la ville. Le marché de Shin'Taï avait plutôt bonne réputation, mais Dazaën savait par expérience qu'il était malvenu pour les mercenaires, les rôdeurs de passage ou les simples routards de se procurer des outres d'alcool. Les villageois n'avaient aucun scrupules à vendre pour du bon vin de Samdal'Han du sang de bœuf. Les journées à Shin'Taï étaient rythmées par le son des cloches et le claquement sec du couperet qui s'abattait toutes les heures sur les nuques des veaux, des chèvres, des ânes ou des brebis que d'aucuns offraient sur les autels clandestins en sacrifice aux dieux. Et si, selon ce que brayaient du soir au matin et du matin au soir les prêtres de Thaä, le son des cloches était celui du clairon du ciel, alors celui du sang explosant sur le mamelon des autels de la cité ne pouvait être que le chant des âmes nouvellement allumées des pêcheurs repentis. Dazaën, qui connaissait la cité de Shin'Taï, avait toujours trouvé le clergé de ces murs un brin rustre. D'un point de vue extérieur, c'était le seigneur Nicholas Regner, qui avait prêté serment à La Damert'Ban ainsi qu'à l'Alpha, qui dirigeait la menue cité. Mais l'Elfe savait qu'en réalité, le véritable pouvoir revenait à Shin'Taï aux prêtres, et particulièrement aux prêtres de Thaä dont il s'était toujours méfié. Il se les figurait comme la nuit fanatique qui voulait rayer au petit peuple le peu de jour qui l'éclairait. La cité de Shin'Taï était entouré par des lieues et des lieues de champs cultivables, notamment de melons, et la majorité de la population était donc paysanne. L'on trouvait des melons absolument partout entre les mus de Shin, tellement que certains venaient même s'empiler aux pieds des murs de la ville avant de pourrir la plupart du temps, ratatinés par le soleil haut et fier. Cela n'empêchait néanmoins pas les paysans de briser l'écorce noire et fripée, racler puis moudre le fruit, le mélanger à des pelures d'oranges, du citron et du vinaigre afin de masquer l'odeur, puis, après une savante fermentation et quelques cuillerée d'eau et de miel, vendre ça le prix d'une tiare sous le titre d'hydromel au melon, spécialité locale.

Dazaën Thelazma, Wraith Dorcas et la nouvelle venue, mi-captive, mi-camarade de route, Nuela, pénétrèrent dans la cité quelques heures après que le premier manqua de brûler vive la dernière. Pieds nus, la cheville rouge et enflée, Nuela boitillait et l'éclat du derme des melons de Shin n'avait rien à envier à la plante de ses pieds, noircis par la poussière du chemin. Ce fut donc pour elle naturellement un soulagement d'atteindre enfin Shin'Taï. Très vite, le garçon réserva une chambre dans l'une des trois auberges de la ville : La Main de Gloire. Wraith paya pour une nuit, et trois lits, car on ne réservait pas à la chambre, mais à la couche. Il demanda aussi, en laissant tomber un écu supplémentaire sur le comptoir de l'aubergiste, à ce qu'une baignoire d'eau chaude ainsi qu'une carafe de lait chaud leur soit montées. Il régla également la somme requise pour le souper à venir. Une fois ceci fait, le garçon laissa pendre tristement sa bourse de cuir dans le vide. Il n'avait plus un sou. Dazaën, on le savait bien, n'en avait pas plus dans la sienne et tous les regards se tournèrent alors sur Nuela qui, bras croisés et l'air boudeur, paraissait évaluer la valeur de la chambre que Wraith venait de payer.

«  Et bien quoi ? s'irrita l'Aracnor la tête relevée avec sublime. Je n'ai pas de sous moi non plus si c'est ce que vous voulez savoir !

Le garçon l'accusa de mentir et Dazaën ne voyait qu'une solution afin d'en être sûr. Il exigea qu'elle hote le manteau qui lui couvrait les épaules. Comme cette dernière refusait catégoriquement, il attrapa cette Aracnor à la crinière de jais par les avants-bras, la secouant telle une poupée de chiffon puis vint l'alléger de son manteau et de son capuchon lui même et, effectivement, elle ne paraissait pas cacher sur elle de bourse. Ainsi donc, songeait l'Elfe fatigué, nous voilà tous les trois ruinés. Wraith entreprit de nourrir son fils avec le lait de brebis que leur fit monter l'aubergiste en même temps que la baignoire d'eau chaude, et Nuela ne se fit pas prier cette fois pour abandonner sur le sol son mantalon ample et son corset et, nue comme à son premier jour, se laissa glisser au fond de l'eau agréablement chaude. Alors que le garçon était concentré sur la petite chose silencieuse qui gobait le lait de son mieux, Nuela paraissait toute neuve, douce, calme, heureuse, apaisée. De ses mamelons roses, remarqua Dazaën, quelques gouttes de lait pulsaient. L'Aracnor, ses mandibules résorbées, sans le moindre soucis de sa pudeur, étalait ses longues jambes blafardes au-dehors de la baignoire fumante et le regard empli de sous-entendu qu'elle laissa traîner sur Dazaën ne lui échappa pas. Mais, les bras solidement croisés sur la poitrine, Nuela ne l'intéressait pas le moins du monde et il ne pipait mot, l'air rêveur. Il songea à ce que l'Aracnor lui avait confié, plus tôt dans la journée ; ''si tu tiens vraiment à ton protégé, vous feriez mieux de ficher le camps.'' Et Nuela avait conclu par : ''Ils ne sont pas stupides.'' Ainsi donc, se dit l'Elfe soucieux, si cette femme s'est si bien intégrée à notre petite compagnie, ce serait car elle craindrait un affrontement seule contre ces « ils ». Wraith poussa un cri de joie qui tira Dazaën de ses pensées et Nuela de sa griserie extatique. Le bébé venait de faire son rot.

~




Le Capitaine Ildezzeeth fit s'abattre la barque qui le portait en carène sur la plage de rocs noirs. D'un signe de la tête, il fit signe à ses sbires de l'attendre derrière. Il ne devrait pas être très long. S'étant fait mécène de nombreuses expéditions, au nom du Roi Pirate Lamiedo, le Capitaine Ildezzeeth, le Septième Fils, mit pied à terre. Nulle vie autour de l’îlot rocailleux qui le portait, nulle vie dans les prés, dans les bois, sous les trous et sous les cieux et la terre noire qui le portait. Le regard haut, le visage arrogant et l'air fier, il laissa derrière lui les marins du Seventh Son sous son autorité et avança d'un pas assuré le long de la plage de sable brun. Il portait sur son épaule un coffret de bois qui lui semblait peser un poids plume. Devant les deux yeux gris couleur or se profilait une profonde cavité rocheuse que les ténèbres avaient envahi. Une grotte. L'Adopté Ildezzeeth, son coffre toujours sur l'épaule, solidement campé entre sa paume et sa nuque d'acier, pénétra plus avant. Sa vision nocturne elfique se déclencha alors, et ses yeux distinguèrent très vite le pourquoi du comment. Il n'avait pas ordonné au Seventh Son une halte en cet endroit, îlot perdu au milieu de l'océan, sans une raison valable.
L'Elfe avait une sacrée tronche de fripouille à cet instant présent, et même de fripouille lugubre. Seul, il dépassa les soutènements naturels de roche noire pour pénétrer à l'intérieur de la grotte qui s'élevait sur la plage de l'îlot. Alors se dessinèrent sous son regard une véritable cache au trésor. Une cavité rocheuse qu'illuminait les milles et une pierres précieuses, écus et joyaux que contenaient la cache. L'Elfe Ildezzeeth laissa tomber sur le sol, parmi les écus dorés et les colliers de perle le coffre qu'il portait, et celui-ci s'écrasa sur le sol de la grotte en un "brouf" sonore. Un coffre parmi tant d'autres. Et l'île était si petite.

- Aujourd'hui je tiens un bonne prise. Qu'en penses-tu, femme ?

Face à lui, une créature aux longs cheveux roux se recroquevillait sur elle-même, au fond de cette caverne au trésor. Ildezzeeth se sentit malgré lui s'affermir sous son armure de cuir. Il avança, d'un pas long mais certain, vers sa cible. La Lorcq de Cap Boa se recroquevilla sur elle-même à la vue de son détracteur. Il fallait dire que l'Elfe Noir était large et haut, et sa fierté lui faisait comme un masque. Il avait tout d'un mâle dominateur, et ces derniers temps ses victoires s'enchaînaient les unes les autres ! Cela faisait des mois à présent, qu'il l'avait vaincue en combat singulier sur l'île de Boa. Un instant, l'Elfe semi-Dieu eut une pensée pour cet itinéraire de vie qui l'avait conduit aujourd'huy dans les bras de la flibuste. Son regard, brûlant comme un tison, se posa sur sa proie. Depuis qu'il avait vaincu cette Lorcq en combat singulier sur l'île qu'il avait annexé au nom du Roi Pirate, le Capitaine Ildezzeeth en avait fait sa chose. Souvent, lorsqu'il avait la possibilité de revenir d'une course, il faisait faire au Seventh Son un détour en ces eaux ; ni vu ni connu de Lamiedo, afin d'y déposer un coffret d'or et de pierreries. Et pour le Capitaine Ildezzeeth à cette époque, les femmes, au même titre que l'or et les pierres précieuses, étaient des trophées qui appartenaient aux vainqueurs. Alors, une fois qu'il laissa tomber au sol son coffre de bois lourd d'écus et de bijoux, l'Elfe s'avança d'un pas sûr vers la Lorcq. Il l'avait vaincue et soumise, cela faisait des mois à présent. La captive, habituée à ses genre de visites au pied levée, se contorsionna en position fœtale. Elle était entièrement nue et le duvet de poils roux entre ses cuisses était la seule chose qu'Ildezzeeth remarquait en cet instant présent. C'était même là une pensée quasi-quotidienne et qui n'avait jamais encore empourpré sa joue. Lorsque la Lorcq, jadis fière commandante en chef du régiment de garde de Cap Boa, tenta de l'arrêter, il la maîtrisa d'un tour de main, comme si elle n'avait jamais été rien d'autre qu'un fétus de paille. Il ne voyait plus qu'en esprit toutes ces promesses orales et ces formes humaines. Et son esprit à lui était toujours hanté par le vertige et la luxure. Sous l'ombre de son imposante domination, Ildezzeeth agrippa alors sa prisonnière Lorcq fermement, et entreprit de la monter comme il en avait pris l'habitude depuis sa dernière victoire. Après tout, comme il le disait si bien, les vaincus ne pouvaient qu'appartenir aux vainqueurs. Et le vainqueur, c'était lui. L'entrejambe de la Lorcq livrée à sa nudité, blond comme un soleil de Ray'Bauz, paraissait briller comme une montagne de feu au sein de cette caverne perdue au milieu de l'océan. Sa proie se débattait, comme toujours, mais l'Elfe Noir était habitué. Au contraire, il aimait même cela. Faire sentir à ses propres adversaires l'ampleur de leur impuissance l'excitait plus que tout. Pour lui, les larmes d'affaissement de ses victimes étaient un véritable poison. Il en raffolait. Mais, tandis qu'il mettait sa Lorcq profond, se vidant le corps comme l'esprit, celle-ci trouva la force de se soustraire à son étreinte, et l'Elfe en fut vite frustré.

- Je déverserai l'enfer sur votre tête ! cria la Lorcq en secouant énergiquement sa crinière rousse !

Il la tenait fermement par les reines, les paumes brûlantes contre ses flancs.

- Je fais de la victoire aveugle mon étendard, répondit de sa voix gravissime l'Elfe, et il plaqua le visage de sa victime contre la roche humide et noire.

Mais elle se débattait encore.

- Mon âme est hors de votre portée ! cria la Lorcq.

Un instant, Ildezzeeth se questionna quant-au-fait de répondre à sa prisonnière. Il n'avait qu'une envie : se vider. Il prit néanmoins son mal en patience, conscient que ce petit jeu amusait son désir.

- Je n'ai pas d'âme, répondit-il.
- Vous en aviez une, pourtant !

Il la gifla et ses mains gigantesques se refermèrent sur son col, menu et mouillé. De ses doigts habiles, il l'enserra et commença à étrangler sa victime. De son autre main, Ildezzeeth dénouait les ceinturons de son armure qui emprisonnaient sa virilité. Néanmoins le coup ne fit pas taire la guerrière de Cap Boa et, en dépit de sa bouche crachant du sang frais, elle poursuivit, sentant son tortionnaire se glisser doucement entre ses cuisses :

- Vous ne savez pas qui je suis !

Ildezzeeth se fichait de qui elle était.

- Tu es mienne, lui dit-il en la reniflant impudiquement.
- J'étais prêtresse de Gar'Haz sur Cap Boa ! cria alors sa prisonnière à l'encolure rousse.

L'Elfe s'en foutait pas mal. Pour l'heure, il voulait juste jouir d'elle. Par l'avant, par l'arrière, par la bouche, peu lui importait. Il déposait son coffre, il violait sa prisonnière puis il se rembarquait et reprenait la mer sous le pavillon de l'Araignée. Mais la Lorcq de Cap Boa ne semblait pas être de cet avis et, encore une fois, elle lui résista :

- J'étais prêtresse de Gar'Har ! répéta-t-elle plus fort en sentant la puissance de l'Elfe maudit tout contre ses cuisses.
- Je ne crains pas les Dieux, répondit Ildezzeeth.
- Pourtant vous devriez ! Je ne nomme jamais le démon par son nom mais je sais le reconnaître !
- Je n'ai pas besoin que tu nommes quoi que ce soit. Tiens-toi tranquille, ça ne sera pas long !

Alors la Lorcq cria une phrase que l'Elfe maudit n'oublierait jamais de toute son existence :

- Je suis fille de Gar'Haz ! Tout comme toi, tu es le fils de May'Veal !

Quelle fatalité tenait donc la race mortelle ? se demanda Ildezzeeth.

- Qui t'a dit cela ? glapit-il en agrippant le visage sale de la jeune femme entre ses doigts crochus !
- Je suis fille de Gar'Haz ! répéta la Lorcq ! Ca fait de moi une demi-déesse !
- Mensonge !

Encore une fois, il la gifla ! Mais il mit cette fois tant de force dans la gestuelle que la jeune guerrière parut assommée l'espace de quelques secondes. Néanmoins, elle reprit bien vite ses esprit. C'était cependant trop tard, car l'Adopté Ildezzeeth avait déjà commencé à la violer.

- Je ne crains que le tonnerre, le blasphème et le visage des morts...pleura la jeune Lorcq impuissante pendant que l'Elfe la travaillait.
- Qui t'a dit que j'étais le fils de May'Veal ? rugit l'Elfe de sa voix d'outre-tombe.
- Je suis semi-déesse...Je sais reconnaître un autre semi-dieu lorsque j'en vois un.

Il se vengea en la labourant plus profond encore. La Lorcq se mordit les lèvres afin de ne pas crier de douleur. Alors Ildezeeth referma sa poigne sur son visage féminin.

- Alors tu diras à ton divin Père lorsque tu le verras que c'est moi le responsable. Je t'ai baisé hier. Je te baiserai demain. Et je m'apprête à te baiser encore aujourd'hui !

Si l'amour provoquait les tensions, songea l'Elfe, le sexe au moins pouvait les apaiser.


~



Ildezzeeth goûta au fameux hydromel au jus de melon de Shin'Taï le soir-même, en compagnie du jeune ailé mutilé et de l'Aracnor. Réunis tous les trois autour d'une même table, les compagnons de voyage se régalèrent d'un potage de choux et de lapin près d'un feu de cheminée qui les revigorèrent. Wraith Dorcas avait l'air abattu, car il ne possédait plus un sou et il se demandait comment il allait bien pouvoir financer la suite de leur expédition. Sans parler du bébé ! Nuela quant-à-elle gobait à petites lampées son potage, l’œil aux aguets et le souffle court. Elle ne parlait pas. Le garçon proposa à l'aubergiste d'égayer un peu la soirée avec sa mandoline mais ce dernier s'excusa en répondant qu'il n'avait vraiment pas de quoi le rémunérer. Wraith Dorcas revenait au point de départ. Ainsi, le garçon s'en alla dormir le cour lourd. Dazaën, bien que fatigué, décida néanmoins de parcourir un peu la cité de Shin. Les villes, comme toute chose en ce monde, avaient un endroit et un envers. Nuela l'accompagna, pendue à son bras comme une pucelle toute pleine de fougue, et ils errèrent tous deux quelques temps, sans échanger un mot, dans les bas-quartiers de la ville. Dazaën regagna l'auberge moins de trois heures avant l'aube. Physiquement, il était épuisé. Le garçon ronflait comme un loir, en caleçon sous ses couvertures, et il ne restait pour lui et pour l'Aracnor qui les accompagnait qu'un seul lit à deux places. Bon gré mal gré, l'Elfe blafard, épuisé, y prit place. L'esprit apaisé, il savait désormais comment assurer leurs lendemains, à lui et au garçon. Mais à peine se fut-il déshabillé et couché sous les draps qu'il sentit une petite main chaude et baladeuse flatter ses cuisses.

- Tu penses à ce que je pense ? dit Nuela, couchée à côté de lui.

Mais Dazaën, justement, n'y pensait pas. Il repoussa l'Aracnor sans ménagement. Mais Nuela n'étais pas, ou plutôt était comme ces mouches noires que l'on chassait de la main mais qui revenait deux fois plus insistante : en moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, la belle Aracnor était montée sur lui. Dazaën ne tenta rien pour l'expulser, sentant son désir s'emballer comme un étalon fougueux en plein galop. A coté d'eux deux, le garçon, imperturbable, ronflait seul dans son lit.

- Je n'ai pas envie. dit l'Elfe afin de mettre un terme à ce petit jeu.

Mais l'Aracnor, bien que jeune, n'était pas née d'hier. Et sa paluche se referma doucement sur son sexe qui se mit à durcir presque malgré lui.

- Ce n'est pas ce que me dit ton corps... lui susurra Nuela d'une voix quasi spectrale.

Et avant que Dazaën n'ait pu répondre quoi que ce soit, l'Aracnor avait jeté au pied du lit sa chemise et prit entre ses mains à elle les siennes, qu'elle pressait sur sa poitrine neuve. Sous les vieux doigts de Dazaën, les mamelons gorgés de lait de Nuela avaient des petites fleurs d'or qui embaumaient l'esprit de l'Elfe soucieux.

- Arrête, la réprimanda-t-il néanmoins.

Mais Nuela était déjà hissé sur lui, et Dazaën sentait ses orteils chauds caresser ses côtes sous les draps de leur couche. Avant même qu'il n'ouvre la bouche, il savait que s'apprêtait là à se jouer une aventure qui serait flatteuse pour son amour-propre et agréable pour sa curiosité. Alors l'Elfe ne tenta rien pour repousser l'Aracnor au sourire carnassier qui se balançait, fesses nues, sur ses propres cuisses.

- Tu me plais, rit doucement l'Aracnor tandis que l'Elfe, s'abandonnant à son désir, laissait courir sa langue sur ses mamelons richement dressés.

L'on entendait dans la chambre que les ronflements insouçiants du jeune Wraith.

- Allez, baise-moi. dit Nuela.

Dazaën la renversa alors sur le lit, posant son index sur ses lèvres aux teintes de fruits, et il profita de la surprise qui la gagna afin d'entrer en elle.

- Quoi ? demanda quand même la belle Aracnor.
- Silence.
- Pourquoi ?
- Ne réveillons pas le garçon.

Elle ne dit plus rien, mêlant ses doigts blanchâtres aux draps soyeux du lit de l'auberge tandis que ses chevilles douces comme de la soie s'enroulaient autour de ses épaules à lui.

~



Le garçon avait-il entendu quoi que ce soit de leur nuit torride, passée avec la vilaine Nuela ? Dazan, honnêtement, n'en savait rien. Il réveilla lui-même le jeune Wraith Dorcas dès que l'aube pointa ses rayons dorés par-delà les fenêtres de la chambre. Au début, le garçon ne comprit pas pourquoi ce réveil soudain, pas plus que l'Aracnor d'ailleurs, mais Dazaën pressa le jeune Dorcas afin qu'il se lève, se vêtisse et le suive sans faire d'histoire. Ainsi, les deux compagnons gagnèrent, peu avant la mi-journée, l'enceinte de la petite forteresse du Seigneur Regner. Wraith Dorcas apprit très vite qu'aujourd'hui avait lieu en Shin'Taï un concours de tir à l'arc dont le premier prix n'était ni plus ni moins cent pièces d'argent pur.

- Je comprends pourquoi tu m'as réveillé si vite ce matin, sourit le garçon en bandant son arc devant la cible qui lui était destinée. Tu voulais que j'épates ce vieux Seigneur Nicholas Regner !

Wraith Dorcas distendit alors son arc, d'un bras expert. Il ferma un œil, leva son bras tendu au-dessus de son front, le poignet fermé sur la voûte boiseuse de son arme, laissa retomber son bras jusqu'à ce que la corde, pincée entre l'index et le majeur, frôla sa joue d'enfant, puis lâcha le tout ! La flèche fendit l'air avant de venir de planter à quelques pouces du centre de la cible et Wraith Dorcas, au milieu de ses adversaires, bondit de joie !
Mais son euphorie fut de courte durée car, à la seconde même où il se ventait de son exploit en embrassant la corde de son arc, Dazaën Thelazma décrocha un trait qui vint se planter pile au centre de la cible ! Le garçon, ainsi que tous les autres  au tournoi, en restèrent bouche bée. Vint le deuxième tour, au cours duquel le garçon se surpassa mais, encore une fois, aucun des participants n'égala Dazaën. Muet comme une tombe, concentré plus que jamais, l'Elfe aux cornes brunes faisait mouche à chaque fois et éliminait ses adversaires,
humains, Aracnors, Tahors, Mzekils ou Lupan, les uns après les autres ! Il rafla le premier prix et la bourse de cent écus offerte par le Seigneur Regner lui revint. L'Elfe en fit donc naturellement don au garçon, tandis que s'agaçait dans son coin Nuela, venu assister au tournoi malgré sa cheville brûlée. L'air était étrangement sec alors qu'il avait plu à l'aube. Bien vite le garçon et l'Elfe décidèrent de poursuivre leur chemin vers le Sud. La vieille tête de Dazaën, néanmoins, arrêta le garçon d'une instruction fort utile :

- Et le bébé ?

Effectivement, il fallait trouver une solution pour le bébé que portait Wraith au coin du bras. Nuela avait été claire quant-au-fait qu'elle ne désirait pas s'en occuper. D'ailleurs, précisait-elle, si la décision lui revenait, elle aurait noyé l'enfant depuis longtemps !

- Te souviens-tu, dit Dazaën au jeune garçon, lors de notre rencontre à Fazej j'avais évoqué les monts enneigés d'Alzbey. Je connais un monastère en cette région, et l'un des moines est l'un de mes amis. Il accepterait d'élever ton fils si je lui demandais. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut l'emmener avec nous au Sud de Kaïl. Qu'en penses-tu, garçon ? Acceptes-tu de faire un détour sur le chemin de ta quête afin de déposer ton fils au monastère d'Alzbey ?Je pense que c'est la meilleure solution.

Et Dazaën ajouta, tandis que Nuela croisait les bras sur son opulente poitrine, l'air froid :

- Quant-à-moi, j'ai de toutes façons une petite escale à faire. Libre à toi de me suivre ou non. Nos chemins peuvent se séparer ici. Mais si tu choisis de me suivre et de faire ce petit détour avec moi, tu dois en tout cas promettre de ne pas poser de question, quoi qu'il arrive désormais. J'ai une petite chose à faire. Que dis-tu ? »
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D.T
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Sam 13 Jan - 21:25
Mince... Il n'y avait aucune chance pour que je gagne ce tournois, Daza' est bien trop fort ! C'est vrai qu'il faut que je me fasse à l'idée que je suis fasse à un quelqu'un dont le physique ne reflète en rien son âge. Au moins, avec un camarade comme lui, on est grandement avantagé. Il n'était pas obligé de me suivre dans ces aventures rocambolesques, je me demande ce qui motive ce si énigmatique personnage a m'être autant bénéfique. On va donc, après avoir refait une beauté à nos bourse, se diriger vers le sud. Je visiterais cette ville plus tard, avec mon fils. Dazaën m'arrête un instant en soufflant de sa voix grave : "Et le bébé ?" On s'échange des regards, des expressions et micro-expressions qui se temine par un enchaînement de la part de mon compère.

- Te souviens-tu, dit-t-il, lors de notre rencontre à Fazej j'avais évoqué les monts enneigés d'Alzbey. Je connais un monastère en cette région, et l'un des moines est l'un de mes amis. Il accepterait d'élever ton fils si je lui demandais. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut l'emmener avec nous au Sud de Kaïl. Qu'en penses-tu, garçon ? Acceptes-tu de faire un détour sur le chemin de ta quête afin de déposer ton fils au monastère d'Alzbey ?Je pense que c'est la meilleure solution.

Mettre mon fils dans un monastère ? Ils peuvent vraiment faire ça les moines ? Et ils accepteront comme ça ? Sans prix ? Sans compensation ? Je ne savais pas que ça se faisait. Je ne suis pas trop rassuré de le mettre dans un endroit que je ne connais pas, avec des moines priant je ne sais quel dieu alors que je viens tout juste de savoir son existence. Je n'ai rien contre les différents dieux, j'aime bien le fait qu'il y en ai plusieurs mais bon, mon chouchou c'est bien Gadou'. On dirait un supportaire quand je dis ça.

- Quant-à-moi, j'ai de toutes façons une petite escale à faire. Libre à toi de me suivre ou non. Nos chemins peuvent se séparer ici. Mais si tu choisis de me suivre et de faire ce petit détour avec moi, tu dois en tout cas promettre de ne pas poser de question, quoi qu'il arrive désormais. J'ai une petite chose à faire. Que dis-tu ?

Hum ? Une escale à faire ? Pourquoi elle ne doit pas poser de question ? Et surtout, pourquoi il l'invite ?! Elle ne va pas nous suivre quand même ?! Elle va passer son temps à se plaindre ou à me critiquer sur tout et n'importe quoi. Ce n'est qu'une grosse araignée avec des pasteques Daza'... . Que s'est-il passé entre eux pour qu'ils se regardent ainsi et tout ? J'imagine peut-être des choses mais hier, il n'était pas aussi bien-veillant avec elle. Et même s'il l'a maltraite un peu, elle ne semble pas le haïr. Jarrive pas à savoir si cette femme a bien toute sa tête. Quoi ? Pourquoi elle me regarde comme ça ? Elle fait un vilain petit sourire au coin, je n’aime pas ça.

- Hum... Pourquoi pas ! Dit-elle, l'air ravie avec sa voix charmeuse en le regardant avant de me fixer. Je vous suivrais sans poser de questions en rapport avec notre route, je serais ainsi au plus près du déclin de Wraith.

Mais enfin qu'est-ce qu'elle a avec moi ?! Pourquoi elle me prévoit une fin tragique ? Je suis encore maître de son destin si quelconque destiné il y a. Le chemin n'est pas tout tracer, tous ces chemins prisent par hasard pour se retrouver ici avec elle ne peut être l'oeuvre d'une fatalité. Tout ne nous arrive pas parce que s'est écrit.

- Arrête de dire n'importe quoi, pourquoi tu n'irais pas embêter quelqu'un d'autre ?

Elle ricane légèrement avec son air hautain irritable. Pourquoi elle regarde derrière moi ? Hum ? Des gens nous regardais ou... ?

- Ça suffit ! Dit-nous ce que tu caches ? Qui sont ces personnes qui me voulais et qu'est-ce qu'ils me veulent ? Tu nous cache quelque chose de gros et tu joues avec nous comme si nous étions de vulgaires poupées.

Nuëla prend un air satisfait, elle replace ses cheveux délicatement puis me fixe de ses yeux noirs abyssales.

- Et toi alors ? Tu pourrais nous parler de ses morts qui s'animent juste pour te sortir de ton trou, ou de ses papillons étranges et pourquoi pas même de cette blessure à la tête qui aurait dû t'être fatal au vue du sang que tu as perdu et pourtant aucune blessure visible. Ah, et aussi de ton œil bizarre qui vient de nul part tant qu'on y est, que d'ailleurs, ton fils a récupéré ? Non ? Alors je viens avec vous avec mes secrets, se sera d'autant plus drôle quand tu les découvriras par toi-même. On te suis, Dazaën.

Elle se met en route, toute jouasse au côté de Dazaën qui attend ma réponse pour le temple. Je lui répond qu'avec un faible signe de la tête que je suis d'accord puis nous y allons. Je ne sais pas où se trouve l'endroit, j'espère que ce n'est pas loin. Aarg...!  J'ai mal au crâne d'un coup ! Je suis derrière eux tandis que nous rebroussons chemin. Porter le sac plus le bébé devient très pesant, je le sens physiquement. Mais la tête de petit me réconforte un peu, il semble me regarder avec son air tout sage et bienveillant. Un œil abyssale et un autre en voie lactée, c'est encore plus étrange comme tronche. J'espère qu'il n'aura pas autant de soucis que moi et surtout, je me demande s'il a aussi ma capacité. d'aussi loin que je me souvienne... C'était quand déjà la première fois que j'ai voyagé ?Je ne sais plus... Il y avait ce petit démon tout triste persécuté par les humains. Un petit démon aux cheveux blancs. Kizuë, qui plus tard se retrouve mêlé à une histoire étrange. Au final son monde s'est détruit. Il est mort seul, emprisonné sous la terre qui explose par la suite. Hum ? Le bébé semble contrarié. Au fait, il n'a pas de nom. Zut ! Je t'en trouverais un beau quand j'aurai fini ma quête, promis. En attendant, tu es "petit Dorcas", ça sonne bien. Je ne mettais pas déjà dit ça ? Tout semble se mélanger.

<< Wraith ! >>

- Hum ?

Non, ce n'est pas Nuëla, elle marche tranquillement. Je ne me sens pas trop dans mon corps depuis tout à coup, je me demande ce que va faire dans cette ville avant de partir pour le temple. Oh ? Un papillon. C'est l'un des papillons de la forêt d'Al'ba. Avec les ailes ressemblant à ceux de Sylvester. Hum ? Une grande ombre se dessine au sol. Mais c'est... C'est un griff- herm, un Eluas ! Il vole au-dessus de nous, c'est passif ces choses-là ou agressif ? Il me semble que c'est la deuxième option... . La créature se pose devant-nous, elle transporte une femme avec elle. Elle semble avoir dresser la créature. Soudain, une horde de brigands plutôt bien organisé nous attaque de dos. Nuëla ne semble pas plus préoccupé que ça, comme si elle s'attendait à cette fatalité. Ou plutôt, elle l'attendait.

- Tuez les autres, Dit la femme sur la créature, je ne veux que Wraith et le môme qu'il transporte.

Nuëla soupir, elle s'attendait à cela et me regarde. Je ne compris pas tout de suite pourquoi quand je constate que la personne sur sa monture a un œil comme le mien. Elle le savait. Elle savait qu'une personne comme moi nous poursuivait. Elle n'a rien dit. Cependant, elle est prête à en découdre. Mais ils sont très nombreux. Personne ne vient, pourtant il y a bien des gardes qui sont là en cas de grabuge mais c'est comme s'ils s'étaient volatilisés. Qui sont ces gens ?! Dazaën semble lui aussi prêt à se battre. Pour ma part, avec un sac et un bébé, ça va être compliqué... . Le papillon ! Où est-il passé ?! Hein ? Un des gars se rebelle ? Pourquoi il attaque les autres ? Les deux autres en profitent pour attaquer en premier. Tout se passe très vite. Je ne sais pas si je dois battre en retraite ou autre. Que faire ? La femme s'approche avec sa bâte vers moi, me jugeant de son regard froid et inquisiteur. Elle a quelques cicatrices dont deux aux visages, assez musclée, grande, les cheveux blonds, un œil marron et un autre comme le mien. Elle m'ordonne de monter mais je refuse et tente la retraite stratégique.

Soupirant, l'inconnu descend de sa monture puis, lâche sa hache avant de foncer sur moi. Je vois son coup de pieds arriver et enlève le bébé pour se prendre le coup à sa place. Elle me donne un coup de poing quasiment assommant avant de prendre le petit de force. Sa créature ailée la rejoint et elle le met sur son dos. Le bébé pleur mais je ne l’entends plus. Elle a vraiment une force de titan ! J'esquive quelqu'un de ses coups mais elle réussit à mettre au sol. Elle m'enlève le sac et alors que je me relève, cette femme me prend par derrière et coince ma tête pour m’étouffer avec son bras. Arg ! Je ne veux pas m’évanouir, j'ai un bébé à récupérer ! Je lui flanque un coup bien lacé mais elle s'énerve et me rue de coups avant de me trimbaler jusqu'au griff- enfin, l’Eluas. Dazaën veut me venir en aide mais je le vois occupé avec les autres bandits. Je commence à voir flou. Je ne suis plus grand chose à présent. Hum ? On décolle ? Je vois ses malfrats se comporter bizarrement, ils semblent devenir fous en plus de se faire botter les fesses par Dazaën. Il y a quelques ombres étranges qui semblent manipuler les gens mais... Arg, il faut que je me bouge, je ne veux pas être prisonnier, pas encore.

Je me débats, je penche de gauche à droite puis je réussis à m'éjecter de la créature. Cependant, elle me tient par le manteau avec ses griffes. On est déjà bien haut non ? Et hop ! Je n'ai plus mon manteau sur moi, ni mon sac d'ailleurs, je m'accroche à la bête qui se débat et essaie de reprendre le petit. L'inconnue se contorsionne pour essayer de me tirer vers elle. Outch ! Je me sens tomber... J'ai pourtant encore les poils de la bête en main. Mais ils s'éloignent. Je ne vois... Plus rien... .
<< Je te récupère Wraith alors que le dernier coup de la bête ta achevé. Tu ne mourras pas de ton cruel destin Wraith, ton oncle te le promet. Même si je dois donner tout le reste de mon être à Özan. Tu as bien grandi mon enfant. Bientôt, tu ne souffriras plus, bientôt, tous ces malheurs disparaîtront. Je t'en fais le serment, je te créerais un monde où tu ne pleureras plus. Venez à moi mes chers petits papillons, tuer vos hôtes et disparaissez avec moi. Je vais te déposer ici, avec mon long manteau noir sur toi. Elle est assez spécial tu verras. Mes créatures se sont toutes débarrassées de ces gêneurs, il n'est pas encore le temps pour cette rencontre. Elle bat en retraite comme je m'en doutais. Mon aura embaume les alentours d'un voile de mort. Mais je ne suis pas le seul, je regarde cet être qui t'accompagne mon Wraith, on a des points communs. Quelque chose en lui est d'Özan.
Souvient-en quand tu te réveilleras. Nous nous échangeons un bref regard avant que mes papillons ne reviennent. Je m'en vais mais, je serais toujours là.>>
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Ven 19 Jan - 15:11
L'un vers l'autre nous allons.
Il dit : " Ô belle des belles,
La rose est sous tes talons,
L'astre frémit dans tes ailes ! "

Hugo



Dazaën Thelazma sentit sa vision se brouiller et il vacilla légèrement sur le sol. Ses genoux et ses pieds tremblaient, ainsi que ses mains. Autour de lui, un fleuve de sang purpurin tâchait la terre meuble. Des dizaines de corps disloqués gisaient en différents tas, tels des cairns de pierres abandonnés. Le sang de l'Elfe battait furieusement contre ses tempes, et il sentait son fluide mourir tout doucement. Le combat contre Nuëla hier. Puis cette horde d'assassins aujourd'hui. Il n'avait tenu le choc que par un miracle du ciel. Le fluide qu'il avait dû utiliser afin de repousser ses adversaires avait vampirisé toute son énergie, et Dazaën, tout ancien Ildezzeeth qu'il était, attendait que la léthargie vienne le prendre. Déjà, les contours et les formes des objets et des corps autour de lui se brouillaient. Il sentit alors une main chaude se poser sur son épaule nue. Celle de Nuëla, qu'il reconnue à la voix :

« Ca va aller ?

Sans un mot, l'Elfe cornu se redressa de sa toute-hauteur. Il dut néanmoins s'appuyer sur le tronc d'un mûrier rouge qui se trouvait là. L'atmosphère avait des odeurs de sang caillé et de fruit pourri.

- Où est le garçon ?

L'Aracnor haussa les épaules, affirmant par là qu'elle se foutait royalement de Wraith. Dazaën fut soulagé de constater que son corps tenait le coup. Il ne s'évanouirait pas aujourd'hui, visiblement. Depuis leur dernière nuit passée ensemble, avec Nuëla, l'Elfe était gonflé d'aigreur et de rancœur. Il savait qu'il avait sa part de responsabilité dans leur union déjà regrettée, mais l'Aracnor avait le derme des couleuvres et, telle une succube tombée des étoiles -ou sortie droit des enfers- elle avait su le captiver par son regard envoûtant et ses charmes éclairés. Le fait qu'il se soit uni avec cette femme dont il ignorait tout retournait le cœur de l'Elfe maudit, éternellement fidèle à la belle Fortune qui l'avait quittée.
Dazaën bouscula alors Nuëla, qui sursauta sous la brutalité de son geste :

- Va le chercher ! Je sais que tu mens.
- Je me fiche de ce gamin ! s'agaça l'Aracnor en faisant claudiquer ses mandibules contre sa lèvre inférieure.
- J'ai dis : va le chercher. insista l'Elfe qui ne se sentait pas encore la force de se mettre en marche.
- La femme au griffon l'a emmené si tu veux tout savoir, dit Nuëla en crachant sur le sol. Mais je l'ai vu tomber en plein vol, à moins d'une lieue d'ici.

Alors Dazaën referma sa poigne solidement le long du cou de Nuëla qui se débattit après un "hmph !" de surprise !

- Je t'ai vu te mettre en retrait durant les combats, gronda l'Elfe de sa voix graveleuse, et me laisser vaincre seul tous ses assassins ! Alors pour te faire pardonner ta lâcheté, et si tu ne veux pas que je te brise les cervicales avec la seule force de mes doigts, mets-toi en route et va retrouver le garçon. Et gare à toi si je me rends compte que ça n'est pas sa chute qui l'a tué lorsque je vous retrouverai.

Il la lâcha et la belle Nuëla tomba sur le sol, encore boiteuse à cause de sa cheville.

- T'es lourd ! toussa-t-elle. Pourquoi on irait pas le trouver ensemble ?

Alors Dazaën Thelazma se retourna vers l'un des sbires qui baignait littéralement dans son sang mais que la vie n'avait pas encore délaissé.

- J'ai des informations à récupérer auprès de ces types-là.
- Ils ne te répondront pas ! bougonna la jeune femme.
- Je m'en doute. Mais je saurai obtenir les réponses. Pars devant. Ce qui va suivre ne sera pas beau à voir. murmura Dazaën en extirpant son couteau de chasse de sa gaine de cuir.

~



- Comment tu te sens, petit ?
- J'ai eu pire comme marron, même si elle frappe fort. dit Wraith en se frottant la joue. J'ai été inconscient longtemps ?
- Assez oui, répondit l'Elfe en ajoutant une bûche dans la petite cheminée. C'est Nuëla qui t'a retrouvé et on t'a transporté à deux jusque dans cette bâtisse. Des paysans sur le chemins ont accepté de nous prêter leur toit, le temps que tu te réveilles.

Assis à même le sol de la maison modeste, près du feu de cheminée, Nuëla badigeonnait d'huile sa cheville douloureuse en grommelant.

- Merci, je n'ai pas été d'une très grande utilité. s'excusa le jeune Wraith. J'espère que vous n'avez rien tous les trois.

Puis il fut soudain pris d'un élan de torpeur :

- Et il est où au fait le petit Dorcas ?

Dazaën adopta un air sombre.

- Ce que j'ai appris des mercenaires vaincus est très intéressant. De toute évidence, cette femme qui a voulu vous enlever, toi et le petit, a fait alliance avec celui qui fait tourner le commerce de la cité de Shin'Taï. En fait, elle le tiendrai plutôt sous son joug ce qui lui a permis de réquisitionner la garde locale en plus des tueurs qui nous ont attaqué tout à l'heure, hors de la ville.
- Celui qui s'occupe du commerce de la cité ? répété Wraith un instant abasourdi.

En même temps, Dazaën et Nuëla répondirent, tout en fixant le feu de cheminée.

- Nicholas Regner.
- Si j'ai bien compris, ce type est plus un captif de cette femme qu'un allié volontaire, c'est ça ?

Dazaën Thelazma détourna les yeux des flammes dansantes afin de les poser sur la jambe nue et bien blanche que massait Nuëla avec un certain érotisme.

- La femme et le petit sont probablement retournés à Shin'Taï, dans la forteresse du Seigneur Regner. »
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D.T
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Mer 24 Jan - 19:24
Je regarde le planché en me levant, regardant mes mains sales. Soupirant, je regarde par la fenêtre pour y voir le mauvais temps. Ma respiration se bloque et le temps que je m'y aperçoive mon corps reprend vite de l'air. Que va-t-elle faire du petit ? J'ai l'impression d'être à la place de ma mère. Serrant les dents en m'avançant vers la fenêtre, je laisse un peu de silence en essayant de ne pas paniquer. On sait un peu près où il est, c'est déjà ça. Il y a plus qu'à aller le chercher même si je suis sûr qu'elle va l'utiliser comme appât pour m'avoir. Mais avec mon don dont elle soupçonne peut-être l'existence sans pour autant savoir exactement ce que c'est, on a l'avantage.

- On va aller le chercher. Enfin, on... Si vous voulez venir avec moi. Je vais voir quels seront nos pièges et par où passer pour être tranquille.

- En te faufilant comme un voleur ? Soupir Nuëla. Soigne-moi déjà mieux cette jambe et laisse tomber ton moutard, il fait que gêner et puis t'en aura d'autres, par une femme aussi stupide que- Hé ! T'es devenu fou en plus d'être débile ?!

- On devrait te couper la langue, la communication par le langage ne te sers à rien puisque ton seul but dans la vie est de satisfaire ton grand appétit sexuel.

Je m'assoie sur le tabouret que je viens de lui lancer dessus puis lui prend la jambe non-nonchalamment sur mes genoux avant de la lui guérir totalement cette fois-ci sans trop d'effort. Nuëla se penche vers moi avec ses horribles mandibules en souriant avec son air lubrique.

- Il y a pleins de choses que je sais faire avec ma langue jeune crédule. Dit-elle d'un ton dragueur.

- Venant d'une aracnor c'est dégueu', ta race me dégoûte et tu ne fais sûrement pas exception. Je lui lâche la jambe puis me lève mais Nuëla me rassoie de force en mettant ses mains sur mes épaules.

- Ton côté arachnophobe me fait tant rire... Je ne sais pas si j'ai envie de te frapper ou de te dégoûter encore plus... Hum... Un peu des deux... .

- T'es complètement fêlée, il te manque des cases ! Dis-je en la repoussant pour me relever.

Je la regarde en soupirant, elle me haïs, on est trois dans un maison même pas à nous et elle sait que je souhaite récupérer le petit Dorcas. Pourtant, elle brûle encore de désir comme si rien ne l'atteignait. Telle une psychopathe nympho'. Rien ne doit compter à ses yeux à part elle et son fort appétit. Je la vois se trémousser en voyant que sa jambe ne lui fait plus souffrir. Elle agite ses gros lolos ayant encore du lait devant nos yeux en toute indifférence. Je me rassois, loin d'elle puis regarde Dazaën.

- Je vais faire un saut là-bas, ça va prendre plus longtemps que la dernière fois. Je vais vous dire des infos en dormant, tenez-vous prêt.

Je prends les fleurs qui endort puis les agite un peu, j'ai le temps de les mettre dans mon sac avant de dormir.

Me voilà dans la pièce où se trovue Nuëla, très surprise puis Dazaën, toujours avec sa tête impassible. Mais que peut bien-t-il penser ? Nuëla se fiche de ma tête en me traitant de fou. Elle va voir.

- Arrête de ricaner comme une dinde Nuëla. Oh, et ton décolleté. Tient-toi un peu et met tes mandibules loin de moi.

Elle se tait, abasourdit. Elle sourit soudainement puis vient vers moi en touchant mes cheveux tout en m'appelant d'une voix mielleuse. Une enfant. Franchement. Je me tourne vers l'entrée, traverse la porte puis descend vers nos logeurs avant de sortir de la maison.
Je vois des gardes nous cherchant activement. Deux vont vers la maison.

- Des gardes s'approchent de la maison.

Je vais plus loin, allant vers le centre de la ville en un souffle. Je ne sais pas ce qu'ils font en attendant, j'espère qu'ils sotn sur leur garde et que Nuëla se tient tranquille. Je vois une grande propriété où sort trois gardes, sûrement la bâtisse où vit ce type avec l'autre femme.
Peut-être une sœur.

- Deux gardes à l'entrée principal.

Je vais voir si on a d'autres entrées. Oui, une réservé pour les bonniches. J'entre, des gens font mettent en tas le linge pour faire une lessive. Plus loin, par un petit escalier, la cuisine où des gens font le repas. Je vais dans les salles du maître de maison mais je ne le vois pas.
Tout est infesté de bandits festoyant joyeusement autour d'une table de réception. Pas de femme à l'horizon. Je regarde dans les chambres et y voit le petit avec une petite fille d'environ six ans qui semble surveiller mon bébé. Elle est accompagné un petit être vêtu de noir avec un masque en bois pittoresque sur le visage. On dirait un corps d'enfant d'environ une douzaine d'année.

- J'ai trouvé l'enfant, il est avec deux autres enfant dans une chambre à l'étage, la première à droite de l'escalier.

Soudain, l'enfant me regarde. Chose qui n'arrive jamais ! Il me regarde et me suis du regard comme si j'étais visible. L'autre petite fille ne me vois pas. Elle a un œil comme le mien mais beaucoup moins intense que les deux yeux de cet être masqué. Il ne dit rien. Il ne fait que me suivre en tournant sa tête, ce qui, m’effraie un peu. Il me regarde dans les yeux, je fais de même et dans ce silence étrange, nous restons un moment ainsi. La porte s'ouvre soudain, cassant l'atmosphère mystérieuse qui s'installait. La femme ! Elle leur donne à manger, puis demande à l'être masqué si le bébé à un pouvoir. Le petit hoche la tête. Étonnée, elle le félicite d'avoir détecté très vite. Elle demande si la petite en a, il répond qu'il ne sait pas. Elle grogne en lui disant qu'il a intérêt de le détecter au plus vite avant de claquer violemment la porte. La petite fille tremblote un peu et se console en jouant avec le bébé. Les pauvres... Elle doit être leur mère. On les emmènera aussi ! Le petit me chuchote en allant vers moi : << Tuez mère où elle vous tuera, ne faites aucune demi-mesure. Si vous en avez le pouvoir cher voyageur, tuer-là et reprenez votre bébé.>> A sa voix, enroué fatigué, je peux entendre que celui-ci est bel et bien en enfant. Je lui répond que je viens les chercher puis disparaît vers d'autres recoins de la maison puis eu une idée. Je reviens à mon corps puis me réveil, découvrant ainsi le résultat de leur attentes à tous les deux.
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Mar 30 Jan - 16:01
Je dis : "La terre a cent rois ;
Les jeunes gens sont sans nombre ;
Mais c'est lui que j'aime, ô bois !
Il est flamme, et je suis ombre."

Hugo



Nuëla:
 



Dazaën n'eut pas à attendre trop longtemps. Sitôt que le garçon blondinet sombra dans son sommeil léthargique, sa belle et sulfureuse compagne se laissa aller à des positions corporelles, assise comme elle l'était sur sa chaise près de l'âtre, qui parlaient d'elle-même. Et ce que cette souplesse de corps semblait vouloir crier au visage fermé de l'Elfe maudit n'avait pas besoin de traducteur. Nuëla avait envie de sexe. Mais Dazaën conservait une âme lente à sombrer, et pour l'instant les poses évocatrices de sa compagnes ne le tentait pas. Mieux, il se forçait à détourner le regard d'elle, réfléchissant sur les éventuels dangers que leur trio aurait bientôt à affronter. Cela agaça la séduisante Aracnor qui n'avait pas l'habitude qu'on lui résiste. Non loin d'eux, Wraith respirait à peine, absorbé dans sa léthargie. Dazaën fixait les flammes dansantes devant ses yeux. Mais même sans avoir les yeux sur les côtés, il vit et il sentit clairement Nuëla se lever de son fauteuil pour venir se poster devant lui, bien campée sur ses jambes. Ses mandibules s'étaient déployées et claquaient contre sa mâchoire blanchâtre. Elle se pencha sur lui, ses deux mains agrippant fermement les accoudoirs du fauteuil de toile sur lequel siégeait Dazaën. Elle lui offrait ainsi une vue imprenable sur son décolleté et sa vertigineuse poitrine aux mamelons noirs gorgés de lait.

« J'ai envie de toi. lâcha Nuëla.

Alors Dazaën se força à la regarder, sentant un léger palpitement, comme une petite araignée justement, gagner ses membres endoloris.

- Tu as envie de sexe, la corrigea-t-il sans hausser la voix.
- J'ai envie de sexe, répéta la belle Aracnor un peu piquée en croisant les bras et en faisant la moue.
- Pas avec moi.

Il espérait naïvement que ces trois mots venaient d'étouffer le feu dans son âtre. Mais Nuëla était de ces flammes qui savait encore brûler, même sous la braise. Elle leva son pied nu pour le poser juste sur la cuisse de l'Elfe, avant de s'appuyer elle-même sur sa jambe. Un pied qui marquait les cœurs avec un talon lourd, songea Dazaën. Il concentra dans son cœur les mille parfums du souvenirs de sa douce Miss Fortune.

- C'est quoi ton problème ? siffla l'Aracnor de son air toujours pincé.
- Tu ne m'as jamais demandé mon âge, répondit l'Elfe espérant contrebattre la conversation comme l'aurait fait un adulte avec une enfant.
- Je ne demande jamais, se hérissa l'Aracnor. Je prends. Demander est un aveu de faiblesse.

Pour la première fois alors, Dazaën Thelazma la vit comme autre chose qu'une enfant capricieuse.

- Je pourrai dix fois être ton père.

Elle haussa les épaules avant de grimacer.

- J'ai déjà couché avec des hommes bien plus âgés que moi.
- Et des plus jeunes. dit Dazaën en lorgnant le garçon endormi.
- Mais c'est quoi ton problème ? répéta Nuëla dont la patience semblait mourir à petit feu. Tu n'aimes que les vieilles ? Tu en as une autre, c'est ça ? Une espèce de vieille prune toutes sèche ?
- Silence !
- Ah ! J'ai raison alors ! dit l'Aracnor en reculant un peu, surprise par le regard électrique de l'Elfe ; mais elle revint bien vite à l'assaut ! Tu en as une autre ! C'est quoi, une autre Elfe ? Mais ça ne t'a pas dérangé de me baiser la première fois, hein !

L'image de la belle Fortune s'insinua sur les yeux de Dazaën et une colère froide, meurtrière couvrit son cœur ! Il se leva alors, dressé de toute sa hauteur et attrapa à la gorge cette gamine aux mandibules claquantes ! La petite effrontée !

- Encore un mot, un seul mot, et je jure que je te tue ! la menaça-t-il entre ses dents serrées !
- Oh, ça n'est que ça.

Il la lâcha. Alors, Nuëla se débarrassa de son ample pantalon de voyage devant ses yeux.

- Qu'est-ce que tu fais encore ?
- Oh, mais je crois que je n'avais plus le droit à un seul mot, le nargua l'Aracnor. Ce que je fais monsieur l'Elfe ? Mais voyez par vous-même !

Et elle exposer à son regard flamboyant son fessier blanc comme neige.

- Puisque vous ne pouvez être ni mon amant ni même mon ami, soyez au moins mon père ! Vous vous êtes venté tout à l'heure d'en avoir au moins l'âge ! Il ne tient qu'à vous de punir votre petite fille comme le ferait un bon paternel.

Dazaën serra les poings, de rage !

- Rhabille-toi !
- Et bien quoi ! insista l'Aracnor. Je vous ai outré, père ? Hier vous ne faisiez pourtant pas le difficile ! Puisque nos chemins vont bientôt se séparer, que la séparation se fasse au moins sans me déplaire ! Ne faites pas cette tête-là, c'est même moi qui vous le demande, voyez. Punissez-moi !
- Mais tu n'es rien pour moi, petite fille ! Ne me tente pas espèce de garce ! Ou bien je vais...
- Je suis sure que votre main vengeresse fera ça très bien !

Et tout en tenant de tels propos, elle venait presser sa croupe provocante contre les cuisses de l'Elfe devenu furieux !

- Avec tes actions tu bâtis ta prison, petite sotte ! Rhabille-toi, c'est un ordre ! Le garçon va se réveiller !
- Et alors quoi ? Ça reste ma prison à moi ! Je n'ai peut-être besoin que d'une solide correction pour échapper à ces barreaux-là !
- Ne me tente pas ou je vais...
- Et bien faites ! Éduquez-moi comme un bon vieux paternel, puisque je le réclame ! Je le réclame à grands cris !

Et elle cria alors, fort et plusieurs fois : "Punissez-moi bon Papa ! Punissez-moi !" et elle riait aux larmes en même temps ! Dazaën céda alors à ces paroles nées d'un cœur empoisonné et bien vite, emporté dans un tourbillon de violence, sa main se transforma en véritable férule et il lâcha sa bonde à la violence ! Il frappa, frappa, frappa encore jusqu'à ce que sa vision se trouble et que le sang batte fort dans ses tempes, comme un marteau sur une enclume. Par terre, le cul nul, Nuëla pleurait mais un sourire provocateur flottait à la commissure de ses lèvres. Dazaën lui avait fait mal et son fessier, précédemment joli, tout blanc et tout rond, avait à présent pris une teinte purpurine et rouge vif. L'Elfe recula d'un pas, encore tremblant.

- Pauvre idiote ! Je ne voulais pas te faire mal. C'es toi qui...Couvre toi. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'espère que je ne t'ai pas trop fait souffrir...

Mais elle le coupa, le nez encore dans ses larmes et dans la poussière.

- Au contraire, Daz. Au contraire. Tu ne me résistes pas. C'est toi qui t'es arrêté. Déjà ? Pourtant tu en meurs d'envie, je le sais. Je sens ton corps qui parle pour toi.

Il voulut répliquer, mais à ce moment précis le garçon sortit de sa léthargie.

- Nuëla. Relève-toi et rhabille-toi. »
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D.T
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Sam 10 Fév - 18:49
Revenant dans mon corps laissé aux mains de Daza' et Nuëla, j'ouvre mes yeux, sortant cette enveloppe de sa courte léthargie. Bon, je me rappelle de tout, c'est part- Mais ?! Que fait Nuëla cul nue à par terre en riant comme une damnée ?! Qu'est-ce qu'elle a fait ou plutôt, au vu de ses fesses rouges, qu'est-ce qu'ils ont fait ?! Je regarde Daza', ayant une autre expression que celle de la neutralité la plus totale. Dazaën aurait-il succombé à ses charmes qui sont pour moi plus une aberration de la nature qu'un corps envoûtant ? Je me lève rapidement, je ne tiens pas à rester ici alors qu'on nous cherche et qu'un garde s'approche dangereusement de nous. Je range mes affaires, m'habille puis met mon sac et tous mon bordel sur mon dos. Nuëla s'approche, je sens sont corps venimeux contre le mien telle une veuve noir s'emparant de sa proie.

- Tu ne veux pas jouer avec nous Wraith ? "Papa" adore jouer avec les jeunettes ou les petites filles comme il le dit.

Oh bordel. Je lui fou un coup de pieds dans le tibia puis me retourne violemment pour lui mettre une grande gifle. Je n'ai jamais été aussi violant envers quelqu'un sauf quand il s'agissait d'enfants dans le lot.

- Je ne sais pas ce que vous fichez tous les deux dans j'ai le dos tourné et je ne veux pas le savoir mais si tu pouvais arrêter de le corrompre avec toute ta laideur tu me seras peut-être utile pour aller chercher mon enfant. J'ai un plan pour le chercher sans avoir à se battre et j'aimerai vous l'expliquer sans que madame remue son odieuse poitrine.

Elle se met à rire comme une folle. Une vraie. puis tire mon col en rapprochant ses mandibules infâmes.

- Tu as pourtant bien réussit à me faire ce petit merdeux c'est que je ne dois pas être si horrible à tes yeux ! Tu te fourvoie Wraith ! Vous vous fourvoyez tous les deux, personne ne me résiste bien longtemps... .

Elle se rhabille en ricanant.

- Franchement Wraith, je ne te pensais pas si violant. Aurai-je réussit à faire sortir de là le méchant Wraith ? J'ai vraiment hâte de le connaître ! Tu seras beaucoup plus hilarant et savoureux une fois que tu seras rempli de désespoir... Oui... Là, il y aura de quoi d'amuser. Tu auras peut-être des cornes, comme notre délicieux Daza'.

- Je ne nourris pas d'espoir pour toi, je sais que tu es irrattrapable. Je ne sais pas pourquoi tu es aussi avide de ses choses mais tout est cassé dans ton esprit. Cependant, ne nous fait plus supporter ton âme malade et comporte toi convenablement.

- Dixit le type qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas. Navré Daza' mais ton comparse n'est pas un elfe mais un petit Xen froussard sans aile ! Oh, et encore, un Xen... Mais lequel de tes parents n'en était pas un mais un être venu de l'espace ?

- Comment... ?

- Oh ça va, ce que tu fais et cet œil prouve bien que tu n'es pas d'ici. Et après c'est moi l'abomination... Mais toi, qu'est-ce que tu es au juste ?

Je prends une grande inspiration puis expire doucement.

- Cela ne te regarde pas. Concentrons-nous sur le plan. Suivez-moi et nous esquiveront les gardes. Ensuite, Nuëla, malheureusement, il semblerait que ça ne déplais pas aux gens de voir tes formes alors tu feras ce que tu sais faire de mieux : te trémousser devant les hommes, tu seras poussées par une musique enchanteresse avec ma mandoline. On s'incruste au banquet où tous le monde aura les yeux rivés vers toi. Dazaën, tu pourras aisément te faufiler et aller au premier étage à droite, il y a une chambre où se trouve le petit Dorcas et deux autres enfants. L'un des enfants sait que je suis venu, dit-lui juste que "l'esprit" est avec toi et il comprendra et te suivra avec la petite. Il porte un masque. Si tu croise la femme de toute à l'heure, la blonde, occupe-toi d'elle mais ne la tue pas, j'ai besoin de ses infos. Se serait super si tu t'occupe de la femme avant d'aller voir les enfants. Si tout vas bien, à la fin, j'endors tous le monde et on se casse d'ici avec notre butin : cette femme et les enfants.

- Et qu'est-ce que j'y gagne personnellement Wraith ?

- Mes remerciements, tu ne seras pas jetée dans le puits de tout à l'heure et t'auras un goutté si tu détrousse ses messieurs. Cela te va Daza ? Si tu es à plat, je comprendrais, on trouvera autre chose.

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Mer 21 Fév - 12:04
Il reprend : " Viens avec moi
Nous perdre au fond des vallées
Dans l'éblouissant effroi
Des sombres nuits étoilées. "

Hugo


Nuëla:
 



Shin'Taï:
 

Le plan de Wraith fut accepté à l'unanimité. La nuit tomba sur Shin'Taï. Une nuit durant laquelle Dazaën et la belle Aracnor Nuëla prirent soin de ne pas se trouver trop près l'un de l'autre. Une nuit durant laquelle l'Elfe, le garçon et l'Aracnor échaffaudèrent les derniers composants de leur plan visant à s'introduire à l'intérieur du domaine du Seigneur de la cité. Le Seigneur Nicholas Regner de son nom, qui avait prêté serment à La Damert'Ban, à la Démocratie ainsi qu'à l'Alpha, dirigeait ainsi Shin. C'est à l'intérieur du château de Nicholas Regner que la femme mystérieuse qui avait enlevé le bébé de Wraith se trouvait. Si Dazaën avait accepté le plan du garçon sans broncher, l'idée de devoir affronter une adversaire dont il ne savait rien, et qu'il avait à peine entrevue, le travaillait. Mais lui, Dazaën Thelazma, qui avait dompté par l'encolure bien des mers et des peuple, ne pouvait dépérir face à une simple mortelle. Une mortelle qui semblait bien au courant concernant la vie et les origines du garçon. Cette future adversaire, chevaucheuse d'Eluas de surcroît, venait-elle également de l'espace ? L'espace... Un concept inconnu sur Arcaëlle et qui donnait le tournis à Dazaën sitôt qu'il y songeait. Des questions impérissables et éternelles demeuraient, et des milliers de réponses existaient. Peut-être, songea l'Elfe maudit, un jour la science et les mortels, tout mortels qu'ils fussent, parviendraient à trouver les réponses à ces questions. Mais pour l'instant Dazaën Thelazma avait autre chose à faire et l'heure n'était pas à la philosophie. Le trio, bien armé, se mit en branle et rapidement parvint à s'introduire dans le domaine du Seigneur Regner. Ce fut Dazaën qui se chargea des "invitations" en mettant knock-out d'un bon revers du droit les soldats de la garde, qui se chargeaient de surveiller l'entrée du pont-levis.

« S'introduire sera facile maintenant, dit l'Elfe. Faisons ça vite, nous savons que Nicholas Regner organise un banquet cette nuit. Nous rejoignons tout de suite la salle de réception, et sans attendre jeune Wraith, tu te mettras à jouer. Cela empêchera toute intervention destinée à nous faire sortir d'ici ou à nous faire arrêter.

Ayant compris, le garçon tira sa mandoline et ses doigts se mirent immédiatement à parcourir l'instrument de bois. L'Elfe et l'Aracnor, après un hochement de tête, se bouchèrent les oreilles à l'aide de cire d'abeille et prirent tous deux des directions différentes. Nuëla suivit le garçon, d'un pas léger et envoûtant, tandis que celui-ci se servait de sa musique enchanteresse afin de faire ployer toutes les âmes contenues entre ses murs. Un instant, alors que Dazaën montait deux par deux les marches en pierre d'un escalier en colimaçon, il songea malgré lui à l'Aracnor à la peau laiteuse. Il espéra alors que tout irait bien pour elle. Il était courant dans les rues de Shin que le Seigneur de la cité organisait plusieurs fois l'année de grands banquets au sein desquels toute la noblesse et les membres les plus importants du clergé étaient conviés. Et il était naturel de trouver, au sein de ces activités festives au cœur du château, des courtisanes un peu particulières. Particulières, elles l'étaient en ceci : graissée et payée par une main généreuse, les jeunes demoiselles se trouvaient là afin d'égayer la soirée et divertir les invités. Et il était possible, entre deux prières destinées à Thaä, Cherby ou Gadvaoi, de "louer" les services de ses courtisanes un peu spéciales. D'après les dires de Nuëla, les prêtres eux-même n'hésitaient pas à s'occuper des belles festives, louant l'imposition des mains  pour les plus subalternes d'entre eux, et la déposition de la semence bénie pour les plus ambitieux.
Alors l'idée qu'un prêtre ou qu'un nobliaux pose ses mains sur les cuisses de Nuëla provoqua chez Dazaën un élan de furie. Il se surprit à faire preuve de jalouser et, au milieu de son délire, désirait la jeune Aracnor.

Alors il lui pressa de mettre rapidement fin à sa mission afin d'écourter celle de Nuëla.

Une main sur la poignée de la porte que lui avait décrite le garçon, Dazaën fut surpris par une voix.

- Que fais-tu ici, Elfe ?

Il se retourna.

- Et toi, femme ?

C'était elle. La cavalière d'Eluas qu'ils avaient rencontrés la veille. Elle rabattit d'un geste frénétique le capuchon de toile qui masquait partiellement son visage. Alors l'Elfe la vit. Il concentra entre ses doigts son fluide Mez, prêt à user de Mez'Til. Il se sentait reposé et prêt à faire face.

- C'est adorable de la part de Wraith de venir me rendre une petite visite ! dit d'un air sérieux la femme. Et je vois qu'il a emmené quelques amis. Apparemment, ils se détendent dans la salle du banquet.
- J'imagine que Regner s'y trouve aussi. répondit de sa voix grave l'Elfe.
- Il y est. lui confirma la femme.
- Je viens pour récupérer l'enfant. N'essaye pas de m'en empêcher.

Alors la femme, avec des airs d'incomparable guerrière, mêla une main à sa chevelure.

- Arcaëlle a son ironie. Je ne pensais pas que vous parviendriez à vous introduire ici si tôt. Mais qu'importe. Ca ne change rien à mes plans. Réglons cette histoire vite fait, bien fait. »

Et le combat s'engagea.
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Jeu 8 Mar - 22:43
Côté Wraith et Nuëla

Mon air de mandoline semble bien marcher, les hommes et mêmes les quelques femmes, très races, sont subjuguées par la danse sensuelle de Nuëla et baigne dans les éloges de ses spectateurs. Elle sourit, son visage de femme dominatrice et cruelle prend le dessus ce qui me fait frissonner de dégoût à son égard. Je crois que Dazaën n’aura pas trop de mal à s’infiltrer et s’il se fait prendre, tout guerrier est indisponible pour le moment. Sauf bien sûr, la femme qui a le même œil que moi. La croiser serait vraiment pas de bol, surtout s’il a les enfants avec lui.

Nuëla profite de la situation pour s’en mettre pleins les poches, fourrant dans un sac qu’elle a piqué tous l’argent que ses adorateurs lui fournissent. Il y a même des bijoux, trésors volés très certainement. Elle se pare d’or au fer et à mesure qu’elle se découvre lentement, faisant apparaître un décolleté encore plus exagéré que le précédent. Sur cet air aphrodisiaque, elle chante par-dessus, accentuant l’engouement des guerriers et les faisant danser, valser et même s’aller à la décadence en enlevant leurs habits et armes. La musique, malgré nos protections aux oreilles, semble se frayer un chemin. J’entends déjà distinctement la musique et Nuëla semble être sous le charme peu à peu. Rien ne peut donc arrêter la mandoline ? Heureusement, Dazaën est plus loin, il ne subira et je l’espère, pas les effets de la musique.

Côté Dazaën et Tiamat
(Vue par l’enfant au masque)

Elle va le payer… Elle va le regretter… . Chère petite sœur, pardon de n’avoir pu te protéger. Cette fois, je vengerais tous mes frères et sœurs morts par sa faute ! Elle ne tuera plus ma famille parce qu’ils ne sont pas comme moi ! Maudit pouvoir ! Maudite famille ! Cette fois, se sera elle ou moi. D’après le sang de ma sœur qui se répand sur le sol, laissant une trace visible du chemin qu’à emprunter ma mère, je devrais la suivre sans souci. Elle n’a même pas fait une mine peinée quand elle lui a tranché la tête et n’a même pas essuyer son sang de sa hallebarde. Rien à faire, j’avais beau la supplier… Supplier… Il est temps d’en finir. Avant, je vais m’assurer que le bébé soit entre de bonnes mains. Je vais l’apporter à cet homme blond à l’allure d’elfe.

Côté Wraith et Nuëla

L’enfant au masque ! Il a bébé dorcas ! Je me baisse et il me met délicatement le bébé dans mon sac sans rien dire. Je me relève, ne pouvant m’arrêter de jouer. On se fixe longuement, ses deux yeux comme l’un des miens, le plus étrange, semble pénétrer mon âme. Il voit. Il se tourne ensuite, avec une petite lance adapté à sa taille, puis disparu de ma vue. Je me demande bien pourquoi sur lui, cette mélodie n’a pas fonctionner. Ou alors il s’enfuit pour éviter justement que ça lui fasse quelque chose ? C’est qu’il doit être vraiment à l’opposer d’un sentiment de gaieté et d’envie… .

Côté Dazaën et Tiamat

Je la vois, elle se bat avec un type avec des cornes semblant ne pas être très en forme. Elle agite sa hallebarde non sans calculer sa trajectoire, voulant le toucher pour le geler. L’autre esquive avec la grâce d’un elfe mais tout ce grabuge ne semble pas affoler les autres qui dansent, envouté par la chanson. J’ai bien fait de vite m’éloigner. Je me demande qui est ce type à la mandoline… . Pour le moment, je vais me venger, qu’importe si j’interrompe son combat. D’ailleurs, se sera un bon effet de surprise.
Je me déplace sans aucun bruit, eux sont trop occupés à s’entre-tuer puis me glisse dans l’ombre pour attendre le bon moment pour m’interposer. La cape avec la capuche, m’offrant tout le loisir de ne pas être vu dans les ombres. L’elfe sortit une arme, surement un de ses pouvoirs et met « maman » dans un bon angle pour la frapper au flan. Je m’élance en bondissant sur elle sans aucun bruit mais elle pare mon coup et le coup de l’homme cornu avec sa grande hallebarde d’un coup de maître. Cela laisse ma surprise tomber à l’eau, son instinct plus fort que tout. Je m’éloigne un peu pour ne pas être à sa grande portée.

- Tu veux te venger mon fils ? Ta sœur ne valait pas un clou alors va surveiller le bébé et laisse maman s’occuper de nos invités et lieu de faire des bêtises.

- Jamais plus… Te tuer mettre un terme à tous ceci ! Dis-je sous mon masque, me faisant une voix ténébreuse.

Je l’attaque, évitant sa hallebarde.

- Meurt !

Elle utilise cependant son pieds pour me mettre un coup qui me renvoi sans pour autant être déconcentrer de l’autre côté. Tiamat est une arme vivante, très douée avec sa hallebarde, encore plus avec ses poings et ses pieds, elle manipule aussi très bien la glace sur son arme que sa magie de la terre. Pas question de reculer, le sang est la seule issue.

- Alors tu me trahis ?! Crie-elle. Tu vas le regretter une fois tout cela terminé !

Sa force, propre aux lorcqs, m’a bien amoché en un coup cependant, je n’abandonnerai pas. Je me lance une deuxième fois, usant du terrain à mon avantage pour faire des sauts acrobatiques et l’attaque par derrière. Elle tape du pied en criant « Assez ! » et le sol se met à trembler. Peu à peu, la demeure se fissure dans ses craquements aux sons abominables et le terrain se met à bouger, tous s’écroule et pourtant le combat continu. L’adversaire de Tiamat ne se décontenance pas et malgré le terrain, ils se battent ardument. Je m’y mets aussi, après tout, je suis entraîné et bientôt nous rejoignons le type à la mandoline et la danseuse. L’homme a arrêté de jouer et semble s’accrocher, la danseuse semble fuir avec un sac bien remplit et les guerriers sont tous entrain de reprendre leur esprits. Quelque uns trop tard, ils se blessent et tombe dans la grosse fissure qui emporte la demeure. Quelques gardes se faufilent hors de la zone tout comme le joueur de mandoline et la danseuse ne trouve pas autre chose à faire que de se rhabiller en soupirant. Quant au cornu, il semble avoir du mal malgré ses efforts. Il semble… Comme vidé. Lui pourra tuer cette garce, je vais l’aider.

- « Par la force de l’univers, moi, voyageur, je te transmets cette même force pour qu’elle s’imprègne en toi et te conduises à une victoire sans équivoque. »

Boosté, il est à présent capable de tout sentir, comme un second souffle jusqu’à ce que je retire notre lien ou que je meurs. Je vois déjà le court règne de ma déplorable mère prendre fin. Adieu femme et va là où les voyageurs ne peuvent aller.

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Mer 14 Mar - 21:42
Pourquoi fais-tu languir celle qui t'aime tant ?
Viens ! pourquoi perdre une heure ? Hélas ! mon cœur attend ;
Je suis triste comme les tombes ;
Est-ce qu'on met du temps, dis, entre les éclairs
De deux nuages noirs qui roulent dans les airs,
Et les baisers de deux colombes ?

Hugo



Nuëla:
 


Shin'Taï:
 



Tiamat:
 



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« Par la force de l’univers, moi, voyageur, je te transmets cette même force pour qu’elle s’imprègne en toi et te conduise à une victoire sans équivoque !

Le ciel flamboya alors aux yeux de Dazaën, ouvert comme un abîme. Ses oreilles bourdonnèrent sourdement, comme s'il venait d'être frappé par un éclair ! Autour de lui, le gouffre en démence que leur duel venait de creuser paraissait un couvercle ouvert sur les flammes d'Ozän ! Tout son corps le faisait souffrir. Paradoxalement, l'Elfe Noir se sentit imprégné d'une force nouvelle ! A ses poings crépitaient Ka et Mez, fougueux, criards, affamés. Tous ses sens en alerte, Dazaën sentait tourbillonner autour de lui tous les fluides d'Arcaëlle ! Äan, Mez, Ka, Dën, Thâ et Khan évoquaient le tonnerre grondant des Dieux ! Et à présent lui, Dazaën Thelazma, parvenait à les sentir et à les toucher ! Comme au temps de sa jeunesse Elfique, comme à l'apogée de son existence maudite ! Il estimait par-dessus toute chose le fluide qui lui coulait des mains comme de l'eau d'une source vive ! Tout autour de lui déjà, l'air crépitait, meurtri par les ondes de Ka'Noï et les flammes de Mez'Tîl qui lui mordaient les doigts ! Des pans de roches entiers, des fragments de terre, des morceaux de roches tournoyaient prise dans une tornade de fluide ! A ce spectacle, son adversaire eut un mouvement de recul, sa hallebarde glacée bien en serrée entre ses mains. La longue robe noire qu'elle portait par-dessus ses épaules claquait au vent avec force et violence. Tiamat, à peine remise de sa frayeur, se tint bien droite face à l'Elfe cornu qui la dévisageait avec violence. Des hordes de spectres et d'ombres semblaient tournoyer entre eux deux ! Dans son dos, Dazaën voyait, à plusieurs centaine de pas, la chevelure dorée du garçon qui emmenait les enfants loin d'ici ! Car très prochainement allait se jouer dans l'enceinte du palais qui n'était plus que ruine le dénouement d'une bataille qui ne se terminerait que par la mort de l'un ou de l'autre combattant ! La peur de Tiamat s'éloigna avec sa confusion.

- Bien joué l'Elfe ! rétorqua-t-elle en essuyant d'un revers du poignet le sueur qui lui coulait le long des tempes. Mais je n'ai pas dis mon dernier mot moi non plus ! Tu veux passer au niveau supérieur ? Nous allons passer au niveau supérieur !

Et alors, forte de ses paroles, la Lorcq aux crocs nacrés sourit tandis que la terre tremblait derechef tout autour d'elle ! Alors jaillirent droit de ses entrailles des montagnes de roches meubles qui s'assemblèrent petit-à-petit jusqu'à former une véritable armée de pierres ! La horde de golem faisait barrage entre les deux adversaires et, telle une meute de chiens prêts-à bondir, ils semblaient résolus jusqu'au bout à protéger leur créatrice, quoi qu'il en puisse leur coûter !





Dazaën s'élança, vif comme la foudre qui crépitait autour de son encolure et de ses phalanges ! Soulevé par un nouveau souffle, par une nouvelle vitalité, l'Elfe affronta son premier adversaire avec bravoure ! Il libéra Ka'Noï de sa main gauche, vorace de chair et de roche, et la tempête rugit pour lui ! Sous le poids du tonnerre qui crépitait à son appel, la première créature de roche s'affaissa terrassée, bien trop lente pour son adversaire ! Plein de sa frénésie et de ses hurlements, Dazaën ne s'arrêta pas là ! Plus rapide que l'éclair, plus violent que l'ouragan, plus léger que l'aigle, il bondissait d'adversaire en adversaire, disparaissant entre leurs énormes poings massifs, esquivant coups sur coups puis attaquant à son tour dans un tourbillon de flammes ! Alors, comme au temps de sa vigueur, Arcaëlle put reconnaître l'Elfe déjà plusieurs fois centenaire qu'il était et qui savait ordonner aux fluides ! Le vent hurlait par bourrasques pour lui, la terre se fissurait et tremblait sous son pas et déjà à ses ordres Ka et Mez se mêlaient afin de former une houle de flammes crépitantes qui envoya s'écraser au loin plusieurs adversaires de pierres !

- Toutes mes félicitations ! cria alors une voix au milieu du carnage.

Une voix que l'Elfe avait oublié, tant il était concentré sur l'armée autour de lui à défaire !

- Ta nouvelle puissance est impressionnante, je dois bien l'avouer ! Tant de fluide me met en appétit !

Tiamat était obligée de hurler afin de se faire entendre au milieu du fluide, du fiel et des éléments déchaînés !

- C'est pourquoi j'ai décidé de me l'accaparer, Elfe ! Tue pour moi le garçonnet blond, et récupère les enfants qu'il est venu m'enlever avec ta complicité. Ou alors...elle mourra.

La Lorcq s'était décalée de quelque pas, au milieu de son armée personnelle de golems. Ainsi, elle laissait Dazaën contempler le spectacle qui s'offrait à ses yeux. Un être de roches et de pierre, formé par Tiamat, maintenait entre ses bras colossaux une femme que Dazaën connaissait bien, maintenant. Nuëla !

- Fais ce que je te dis, ou bien ton amie mourra ! hurla Tiamat.
- Penses-tu que la conscience d'un Elfe soit volage, Femme ? Celle des Hommes l'est peut-être. Pas la mienne !

Alors Dazaën Thelazma tandis son bras, et une colonne de foudre en jaillit ! Jamais personne à Shin'Taï n'avait vu d'éclairs aussi lumineux, aussi épais, aussi mortels ! Pourtant, ils ne touchèrent pas Tiamat que son armée de terre vivante protégeait !

- Pauvre idiot ! cria de toutes ses forces la Lorq en frappant contre le sol sa hallebarde au centre de laquelle étincelait une pierre cent fois lumineuse ! Tu te crois malin, c'est ça ?! Ton fluide, je n'ai pas même besoin de l'aspirer pour te vaincre ! Je te battrai à l'ancienne !

Encore une fois une vaste lueur ardente embrasa tout sur des lieues à la ronde ! Autour des deux adversaires, un voile de poussière, de décombres et de fluide explosa ! Le sol, victime de la pierre de magie de Tiamat se recouvrit de gel à une vitesse titanesque, emprisonnant dans une prison glacée tout ce qui se trouvait autour de Dazaën, sol y compris ! L'Elfe sentit, telle une gueule géante, le tourbillon de glace qui s'emparait de lui, l'emprisonnait, le dévorait tout en le soulevant à plusieurs pieds au-dessus du sol ! Immobilisé par cette langue de glace gigantesque, seule la partie supérieure de son corps émergeait de cette prison gelée : son visage, ses épaules et le haut de son buste ! Tiamat, à l'abri derrière ses titans, rit en brandissant au-dessus sa tête sa hallebarde qui étincelait avec, au centre de la garde, la fameuse pierre de magie : c'était un saphir étincelant !

- Tu aurais dû accepter ma proposition, l'Elfe ! Tant pis pour toi. Car à présent je vais remporter ce combat...et tuer ta compagne !

Alors la cruauté chassa l'ombre de la paupière de Tiamat et d'un geste de la main, elle dirigea la lame faite de roche acérée par-dessus le poing démesuré du golem qui maintenait au sol Nuëla. Le poing fermé s'abattit sur la belle Aracnor ! Aussi tranchante qu'une épée, la lame faite de pierre s'enfonça dans le ventre de la compagne de voyage de Wraith et de Dazaën qui cracha un sang presque noir par la bouche ! Le triomphe semblait exulter au-dessus le front de la Lorcq à la hallebarde de givre ! Elle assembla sa garde en diligence tandis qu'à ses pieds et sous le regard de l'Elfe périssait Nuëla ! A ce coup terrible, éperdu de malheur et de souffrance, Dazaën, qui avait fermé les yeux impuissant en signe de deuil, les rouvrit aussitôt. Prisonnier de son cocon de glace, il s'embrasa tout-entier :

- Tu viens de commettre la dernière erreur de ta vie, Femme.

Sa voix paraissait jaillir d'outre-tombe et l'air tremblait à chacun de ses mots.

- Parce que maintenant, j'ai toutes les raisons du monde de te tuer...Et j'en fais une affaire personnelle !

Aussitôt le cocon de glace qui le maintenait captif vola en éclat, pris dans un tourbillon de flammes hurlantes qui l'entourait ! Auréolé d'un Mez affamé et hurlant, Dazaën Thelazma ne touchait à présent plus même le sol ! Au paroxysme de sa puissance, l'Elfe maudit des Dieux leva les deux bras aux cieux et, hurlant sa rage et son désespoir, appela à lui Ka qui se déchaîna ! Le transport de fureur qui le prit était un coup terrible pour son adversaire Lorcq ! Bientôt vinrent crépiter autour de Tiamat et Dazaën des centaires d'éclairs bleutés qui, se joignant les uns aux autres, entreprirent de créer un dôme gigantesque autour d'eux ! Enfin, l'Elfe appela à lui Mez ! Sa maîtrise de Mez'Tîl était par le passé parfaite et il comptait bien l'utiliser de nouveau ! Un fouet construit à partir de flammes pures se dressa alors et, encore plus vif que la lumière, vint éventrer et rompre un-à-un tous les golems de roche qui entouraient Tiamat ! La houle de sa poitrine portait la foudre, la fulguration, le vent et les flammes ! Tout autour de lui, Dazaën voyait s'écrouler, faisant trembler la terre, les géants de roches qu'il désunissait !
Un instant après, la hallebarde de glace le transperçant en pleine poitrine fit monter la pâleur à son front ; et il s'affaissa sur les genoux.

- Les golems n'étaient qu'un leurre, l'Elfe !

Tiamat posa un pied sur l'épaule colossale de Dazaën, afin d'enfoncer davantage son arme de glace entre ses pectoraux tandis qu'il croulait sur le dos. Leurs regards se croisèrent un instant de nouveau, comme dans l'air les flèches de deux armées. Dazaën toussa, mais il ne réussit qu'à s'étouffer avec son propre sang. A ses poings, le feu et la foudre se taisaient et mourraient tout doucement.

- Tu meurs déjà ? souffla Tiamat le visage dégoulinant de sueur. Dommage ! J'aurai bien aimé dévorer ton fluide finalement ! J'aurai été rassasiée pour des années entières, j'en suis persuadée !

Et elle ajouta, tenant toujours fermement entre ses mains la hallebarde plantée dans le thorax de son ennemi :

- Ah, tu es toujours vivant. Parfait ! Je vais pouvoir savoir quel goût tu as, en fin de compte !

Elle se passa la langue sur les lèvres, se les humectant et rien ne pouvait de son sourire empêcher la répulsion. Alors que la Lorcq déposait un baiser avide de fluide au creux du cou de son adversaire, Dazaën parut s'éveiller soudainement ! Alors que Tiamat se voyait déjà vampiriser l'énergie de son adversaire mourant, ce dernier parla aux flammes, parla au ciel ! Il tenait le feu et le fer tout près. Alors, en un chaos digne d'un maelstrom infernal, la foudre tomba du ciel telle une enclume ! Massive, colossale, plus dense qu'elle ne l'avait jamais été ! Et elle percuta le cœur étincelant de la hallebarde, la pierre chargée de fluide qui l'animait ! Le saphir à gemme Dën qui faisait la toute-puissance de Tiamat éclata sous la puissance de Ka'Noï, entraînant avec lui la hallebarde toute entière ! Tout autour d'eux et dans toutes les directions, une glace impénétrable envahit le paysage ! Tiamat avait été éjectée à plusieurs pieds de Dazaën sous le souffle de l'explosion ! Des éclats de saphirs mêlés à d'autres éclats de glace tranchants qui provenaient de la hallebarde infortunée lacérèrent les deux adversaires !

- Pauvre idiot ! hurla Tiamat écumante de rage ! Shin va finir consumée toute entière par le pouvoir de la pierre que tu viens de détruire ! Et nous serons consommés nous aussi, tous les deux !

Dazaën au sol, leva fièrement la tête. Toutes les plus nobles pensées de la race Elfique flottèrent sur ces propos :

- Pas Shin'Taï. Ce combat n'a fait que trop d'innocents. Pourquoi crois-tu que j'ai créé cette barrière autour de nous tout à l'heure. Il n'y aura pas de victimes supplémentaires.
- Cette...barrière ?!

Tout autour d'eux, le dôme de foudre crépitait et se tordait de douleur en rencontrant la glace !

- Non...Non, tu n'as pas pu ! J'aurai dû dévorer ton fluide lorsque j'en avais l'occasion !!

Levant impuissamment les bras, Tiamat que le givre dévorait déjà tentait alors de vampiriser le fluide de son adversaire, espérant briser le dôme magique qui les emprisonnait ! Mais le pouvoir de la gemme catalysatrice était trop grand, pour Tiamat le temps était compté. Au centre du dôme que consumait le gel affamé, Dazaën Thelazma avait trouvé la force de serrer dans ses bras la belle Aracnor que la mort emportait.

- Daz...

Ses doigts qui effleuraient les lèvres déjà pâles de son amant étaient aussi glacés que le givre qui les emmurait. Ils étaient tâchés du sang des misérables. Elle peinait à articuler, agonisante.

- Daz...On va...mourir, hein ?
- Seulement une mort physique...Mon amour. 

Il recueillit le dernier baiser de Nuëla et la serra plus fort contre lui. Le trou dans sa poitrine qui s'agrandissait se cristallisa au contact de la glace qui finit par tout recouvrir. Y compris Tiamat dans un hurlement fétide. Le dôme levé par Ka s'effondra en une explosion de lumière puis finit par mourir également. À sa place ne restait plus qu'un décor immobile prisonnier du givre. Avec, en son centre, la statue de deux amants enlacés qui quittaient ensemble l'éphémère mémoire du monde. Et celle un peu plus loin de Tiamat, debout le visage déformé par un rictus hurlant d'horreur et de haine.

~



Quelques mois plus tard. La demeure du Seigneur Nicholas Reigner avait fait l'objet de travaux de reconstruction massifs. Shin'Taï et ses habitants avaient été épargné par le cataclysme et l'explosion. Aujourd'hui était un grand jour pour Shin'Taï. Car aujourd'hui, la cité se réunissait afin d'honorer ses morts. Un groupe de pleureuses, fidèles prêtresses de Thaä se pressaient sous les lauriers en fleurs des jardins du château. Et parmi le ciel bleu, les pétales au vent et la foule endeuillée, avançaient pieds-nus des fidèles bacchantes de Xad-Jo, bougies à la main. L'on faisait sonner dans toute la cité de Shin'Taï les cloches de l'église de Gar'Haz. L'artisan hier buvait à la taverne un verre d'hydromel au melon, et venait aujourd'hui se recueillir humblement entre les portes du château, ouvertes à tous pour l'occasion. On voyait des reflets sombres entre les nuages et les ailes des colombes et des serins que les vicaires et les mages lâchaient en grande volée sous les feuillages. Au centre des jardins nouvellement édifiés, une esplanade se tenait là. En son centre, il y avait un autel qui appelait aux sacrifices ou aux offrandes pour Gar'Haz, le Père des Défunts. Et un peu plus loin, à quelques pieds de l'autel où les pleureuses se tenaient, une statue de dix pieds de hauteur dominait les jardins embaumés. La statue représentait un Elfe au visage grave, à l'apparence jeune quoique mure, le front ceint de cornes étranges. Le regard inerte de la statue semblait visiter les fleurs des lauriers pleines de gouttes, leur disant tout bas quelques mystères avant de s'en aller vagabonder parmi la foule, leur laissant le parfum et leur prenant le miel.

Sur le socle de la statue qui représentait l'Elfe, ces mots-ci avaient été gravés :


"Ici repose celui qui se sacrifia pour Shin'Taï : Dazaën Thelazma"


Dormaient aux pieds de ladite statue les corps sculptés dans la glace des deux amants, sous les feux naissants de la nuit et mourrant du jour, prisonniers du même caveau pour l'éternité.


FIN



Épilogue


À plusieurs kilomètres de là, alors que la nuit entoure la terre de son manteau, le clapotis des vagues s'écrasant sur une rive de galets noirs fait écho aux croassement des oiseaux. L'écume semblait questionner tout bas la roche palpitante. La mer pleine de deuil et pleine de trouble porte alors à sa surface deux globes sombres, puis ce qui semble être un visage dégoulinant d'iode et d'écume perce alors les eaux en apparence paisibles. L'auteur de cette ombre infâme se laisse alors traîner jusqu'au rivage, où il s'échoue à la manière des grands poissons du large. Son corps écailleux se contorsionne alors, et le monstre se traîne à l'aide de ses bras gluants et difformes entre les hauts-fonds et les galets. Sur sa bouche tordue, un nom grince sinistrement, comme le pendu à son gibet.

«Da...za...ën. »


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"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
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Sam 17 Mar - 15:42
Il était une fois, un homme venue de l'espace en quête d'une nouvelle maison. Elle se nommait "Arcaelle". La maison abritent encore une multitude d'espèces plus ou moins "éveillées". Il avait donc décidé d'emprunter la chair d'une de ces races encore en vie pour la modeler à sa façon et ainsi aller à leur rencontre. Il y faisait de nombreux descendants parmi les femmes qu'il avait trouvé sur son chemin. La première s'appelle Tiamat, demi-Lorcq ayant reçut un don spécial venu de son père : celle de voir à travers les yeux des gens. Tiamat n'a pas eu une vie très facile après le départ de son père, d'abord entraînée pour être une guerrière, elle s'est faite échangé en mariage pour une alliance. Ce mode de vie de femme esclave lui convenait guerre, entre lui et les enfants dont elle espère qu'ils hériteront du gène etc... elle décida alors de faire faire à son mari un repos éternel et accusa un homme à sa place. Elle devenu ainsi, la chef suprême d'une très grande bande de pillards. Elle partie donc en quête de ses frères et sœurs et réussit à mettre la main sur deux d'entre-eux. Le deuxième et la quatrième. Elle poursuivit sa quête et trouva le cinquième. Mais son règne fut d'une coutre durée lorsqu'elle combattu farouchement un elfe de l'ombre, cornu et à la peau bleue du nom de Dazaën Thelazma. Ils perdurent tous les deux la vie devant les yeux du cinquième descendant.

- Dazaën !!!

Courant vers lui et Nuëla, je constate vite qu'ils sont immobile. Daz'... Réveille-toi Daz' ! Debout ! Tu est un démon-elfe très fort ! Ne me dit pas qu'elle t'a eu ?! Ils sont dans la glace, tous les trois. D'abord Daz' tenant Nuëla dans ses bras et, plus loin, Tiamat. Nuëla a une vilaine blessure et son visage semble endormi quant à Dazaën il semble sourire en la regardant. Fait chier !

- Dazën ! Ne... Ne mourrez pas tous les deux ! Gadvaoi m'a donné de quoi vous guérir ! Je peux soigner ! Äan !

Je sens une grande puissance en moi se développant, une douce lumière jaillit de mes mains et va sur Dazaën. Merde ! Ça ne fonctionne pas ! Il faut que ça marche ! Dazaën, tien bon ! Aller ! Un petit effort ! Par Gadvoi, je t'en supplie ! Sauve mes amis ! Enfin... Mon ami et cette vipère, ils ne méritent pas de mourir ainsi... . Pitié ! Pitié !

- Arrête, ça ne sert à rien, ils sont perdus. Me dit la voix d'un enfant derrière moi.

J'entend cette enfant sous son masque me demander d'arrêter en me tirant mais je ne peut m'empêcher de m'y résoudre. Je m'entête et persiste, allant toujours plus loin dans le puisement de ma magie de guérison mais rien ne semble fonctionner. Ils sont... Prit au pièges par cette glace. Du feu ! Il nous faut du... Feu... Je n'ai plus de force. J'ai tout puisé en vain... . Encore un effort. Je me lève péniblement pour cherche de quoi faire du feu mais le garçon se met en travers ma route.

- Du... Feu... .

- Ça ne marchera pas, on parle de gemme ayant éclaté, ça ne se répare pas les dégâts faits autours.

Je réussit à faire un tas de bois puis allume un feu, je souffle dessus mais rien ne se passe. Même le feu s'éteint immédiatement. Je prends alors le bois et tape dessus. La glace ne se fissure même pas. Merde... Et merde !! Daz' !

- Daz'... Ne meurt pas... Gadvoi il faut le sauver ! Gadvoi ! Non ! Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Je peux les sauver ! Je peux tous les sauver ! Non... !


***

- Allez, debout messire le Xen !

J'entends la voix du garçon résonner dans mes oreilles. Je m'en fiche, je ne veux pas bouger. Dazaën est mort par ma faute. Si seulement nous étions partis au nord. Tout est de ma faute... . Cette Quête m'a juste mené à sa mort. J'ai envie qu'on me fiche la paix. J'entends soudainement les pleurs d'un bébé.

- Il a faim, mangez aussi. C'est votre bébé non ? Alors occupez-vous-en.

Il me donne petit Dorcas sans me demander son avis.

- Pas le temps pour les larmes, vous devez finir votre quête. La voix, je sais d'où elle vient. Je vais vous y conduire.

- Tu peux... Me tutoyer... Hum...

La voix ? Oui, je m'en souviens, la voix d'une femme qui me supplie de venir la chercher. Je m'assoie sur le lit d'une petite maison avec le bébé qui s'est arrêté de pleurer. Il me regarde et j'ai déjà l'impression qu'il me comprend. Pardon bébé Dorcas... Je n'ai pas pu sauver ta mère. Je n'ai pu sauver personne... . A quoi cela sert un tel pouvoir si ce n'est pas pour sauver des vies ? Hum... ?

- Allez vient Wraith, ils t'attendent. Il dépose sa petite main sur ma tête.

- Pour-pourquoi tu porte un masque... ?

Il semble embêté par ma question et son regard étincelant chancelle vite.

- Pour que l'on ne voit pas en moi le tyran qu'était mon père. Plus je grandit, plus je lui ressemble à s'y méprendre.

- Je ne le connais pas... Tu pourrais, me le montrer ?

Il semble hésiter puis dans un long soupir il me répond.

- Très bien, je peux te faire confiance, tu es quelqu'un de bien Wraith.

Il enlève sa capuche puis son masque. Ses yeux reflétant l'univers sont hypnotisant mais j'essaie de passer outre et regarde sa peau blanche, ses tâche de rousseurs qui vont bien avec sa couleur de cheveux, roux avec des pointes noir, comme brûlé récemment. Il semble gêné et je ne pu m'empêcher de le serre dans mes bras.

- Allons, pour moi, tu n'es qu'un petit garçon aux cheveux de feu et aux yeux ressemblant à celui que je porte. Tu es le fils de cette femme ?

Il sursaute de surprise mais ne fait rien.

- Oui. C'était Tiamat, la première descendante de votre père. Allons-y maintenant, vous serez tous ce qu'il y a à savoir sur les descendants comme vous.

- Bien. Finissons cette maudite quête.
Le cinquième

Le cinquième descendant, Wraith, n'eu pas beaucoup de chances non plus. Petit, on lui a arraché les ailes et sacrifiée sa mère pour lui. Il se fit recueillir par un Xen banni et maudit, son oncle Sylvester. Gentil et protecteur, Wraith vivait loin des traquas des Hommes. Plus tard, il entreprit une quête : retrouver son père et ainsi connaître la vérité. Il quitta le doux foyer isolé de Sylvester et parcouru le monde à sa recherche. Sa quête lui mena à Dazaën Thelazma dont il ne savait pas grand chose. La voix le guidant au sud, il tomba nez à nez avec d’abord la femme de son enfant puis la première descendante : Tiamat. Vous connaissez la suite, la mort des trois protagoniste. Il ne reste plus que Wraith, le garçon et le bébé pour finir la quête de la voix mystérieuse. Il prirent pas moins d'une semaine avant arriver jusqu'à une île tout en bas de la carte du monde. Le bout du bout. Il arrivèrent dans une petite grotte caché dans une colline et trouvèrent le repère des pillards de Tiamat.

- Comment va-t-on entrer ? Chuchote le garçon. Ils ne savent même pas que leur chef est morte.

- Avec la musique Dewey, la musique qui soumet les Hommes.

Dewey. Il m'a dit son nom qu'après trois jours passées. Il reste mystérieux et très secret pour un gamin d'onze ans. Il a même remit son costume ressemblant aux médecin de la peste d'un autre monde mais à la place du masque de corbeau, un masque en bois noir tout simple avec deux trous pour les yeux et d'autres petits pour parler. Je prends ma mandoline et joue un air retirant toute haine dans le cœur de quiconque entendra les notes. Laissant une vaste paix parcourant leur êtres, nous laissant passer. Même moi je me sens apaiser. J'en voix qui sont tellement paisibles qu'ils s'endorment. Dewey nous conduit jusqu'aux prisons puis prend les clés sur un garde endormi. Il ouvre une porte puis on longe un couloir sentant la mort. Je m'arrête de jouer, pressé de voir la personne détenant la voix.


Le deuxième et la quatrième descendante

Le deuxième descendant vient d'une famille de fermiers humain, il se nomme Jürgen. Il s'engage dans l'armée à sa majorité pour ramener des sous pour sa famille. De soldat, il passa bien vite les grades jusqu'à chez d'un bataillon car on lui refuse d'être général tant que ce dernier ne sera pas décédé. Il gagna de nombreux titres grâce à son don : lire dans les pensées des gens et à travers les objets. Il cacha bien sûr ce don mais cela ne l'a pas empêché de s'attirer des problèmes. Lors d'une mission consistant à démantelé le groupe de pillards de Tiamat qui sévissait au royaume, on lui tendit un piège. Ils le savait mais ne pu désobéir aux ordres et décida d'y aller seul pour laisser la vie sauve à ses hommes. Il se fit donc capturer par Tiamat et jeté aux cachots, au même endroit que la quatrième.

La quatrième vient d'une famille d'artiste Tahora, Julia. Très vite, on lui trouva un don pour la chanson. Elle chanta alors et avait fait une longue carrière durant laquelle elle anima les salles de riches personnes comme les cabarets de gens peu fortuné. La chanteuse avait reçut le don suivant : ressentir les émotions de chaque être vivant, se les approprier et même, d'apaiser les peines les plus douloureuses comme le contraire. Malheureusement,
elle fut très facile de l'attraper et l'enfermer pour Tiamat. Elle ressentait toutes les douleurs dans le cœur de cette dernière. Sachant cela, Tiamat avait fait mener la vie dur à Julia et cette dernière avait reçut le même traitement qu'avait eu Tiamat de la part de son mari mais en pire. Pour se sortir de là, elle unit son pouvoir à celui de Jürgen pour appeler le cinquième, très réceptif. Seulement, le temps que ce dernier arrive, il était déjà trop tard pour elle. Julia mourut trois jours avant l'arrivée de Wraith, des suites de ses multiples châtiments.
- Non... Non... Ce n'est pas possible ! La voix... C'était elle la voix ! J'en suis sûr ! Je suis là, je suis là ! Réveille-toi ! Je suis enfin arrivé ! Je vais la ramener ! Par Äan ! Aller !

Le cinquième avait beau s'acharner avec son pouvoir de guérison, son corps soigné mais inerte, lui faisait comprendre qu'on ne pouvait pas ramener les morts. La quête de la mystérieuse voix prit fin mais la quête principal de Wraith n'était pas encore faite. Malheureusement, après avoir délivré Jürgen, enterré Julia, aller voir la statut commémoratif de Dazaën pour lui dire au revoir, Wraith sombra de plus en plus dans les ténèbres et son cœur innocent se retrouva empoisonné de nouveau. Avançant dans l'obscurité, il s'écroula sans finir son voyage vers un autre continent à la recherche du troisième.


Fin


( désolée, je suis un boulet, j'ai oublié les dessins dans mon autre chez moi, dès que je rentre je les mets XD )
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