La cour des morts

 :: Le monde :: Kaïl :: Sud :: Shin'Taï Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Sam 31 Mar - 18:46
Le froid, c’est ce qui avait envahi ton corps puis toute ton âme, Dazaën. Cette morsure de froid avait retiré la vie qu’il te restait jusque là. Après un long moment de perte de conscience, tu entends une nuée de corbeaux se mettre à hurler.  Tu quittes lentement ton sommeil sans fin pour prendre connaissance de ce qui t’entoure. Un silence inquiétant s’impose à toi tandis que tu te retrouve dans un lieu qui semble se trouver hors delà du temps et de l’espace. Tout est blanc autour de toi, il ne semble pas y avoir de sol, ni de mur, ni de plafond, pourtant tout est blanc et infini. Tu ne distingue absolument rien hormis l’infini de cette réalité dans laquelle tu te trouves actuellement.

Le temps s’écoule… tu ne sais combien de temps cela fait que tu es là. Tu ne ressens ni la fatigue, ni la faim, ni la soif. Le moindre essai pour t’endormir semble futile, c’est comme si tu étais dans un rêve sans fin. Il se peut que tu sois là depuis longtemps, ou très peu de temps. Tu ne sais pas, et tu ne peux pas le savoir, il n’y a rien ici qui puisse te servir de référence de temps et d’espace. Tu n’as rien pour t’occuper, tu n’as rien à faire, tu es seul avec tes pensées, tes souvenirs et ils t’assaillent de plus en plus. C’est à t’en rendre fou, complètement fou même. Tu n’as aucun endroit où t’enfuir, où aller, ton existence n’a même plus de but, et pourtant tu ne peux arrêter d’être dans cette endroit. Tu commences même à songer qu’il aurait mieux valu que ton existence soit complètement effacée plutôt que de vivre cela.

Alors que la folie commence à te submerger, quelque chose semble t’apparaître. Tu penses tout d’abord délirer, que ton esprit, donc ton être tout entier puisque tu n’es pour le moment plus que ça, te joue des tours. Mais soudainement, ce que tu discernais se retrouva face à toi. Un homme à la peau pâle et grisâtre se tenait debout devant toi. Toute ton âme se mit à tressaillir à la présence de cet être qui dégageait une aura puissante, plus puissante que tout ce que tu connus jusqu’alors. Seule une personne de ta connaissance avait un jour suscité en toi ce sentiment : May’Veal, ta divine génitrice. Les yeux rouges de l’être divin face à toi te fixaient d’un air glacial, dénué de toute compassion. Tu pouvais aisément deviner que pour lui, tu ne représentais rien, pas plus qu’une fourmille ne représente quelque chose pour un géant. Pourtant, son intérêt se porta pour toi. Sa voix était la plus sinistre que tu ais jamais entendu, la plus glaciale. La Mort émanait de tout son être.

- Ainsi donc, c’est toi, petite créature sans importance, que May’Veal m’a prié de venir juger en personne ? Quelle perte de temps… Si les portes de mon Royaume ne t’ont pas été ouvertes, c’est que tu ne mérites pas d’y entrer ! J’ai bien envie de te laisser errer ici jusqu’à la fin des temps… Car même le néant d’Özan serait une trop grande consolation pour toi.

L’homme se drapa de sa cape, faite de plumes de corbeaux. Il prit un air hautain et te jugea du regard, comme si ton âme était un livre ouvert pour lui.

- Au cas où tu ne l’aurais pas deviné, mortel à ascendance divine, je suis Gar’Haz, dieu du Royaume des Morts. Et oui, je te le confirme, tu es bel et bien mort… May’Veal a eu pitié de toi et m’a donc demandé de t’épargner… Mais avant toute chose, tu vas devoir passer devant la cour des morts ! Que commence ton jugement !!!

Suggestion d'écoute:
 

Soudainement, le dieu de la Mort disparu, la salle infiniment blanche devint une salle infiniment noire. Un rayon de lumière blanche venu de nulle part était à présent projetée sur toi tandis qu’apparaissait une immense estrade ou se dressa une table centrale, elle même gigantesque derrière laquelle était installé Gar’Haz. A sa gauche, se trouvait un squelette drapé d’une toge, une plume de corbeau à la main, prêt à noter les moindres détails de l’affaire tandis qu’à droite se dressait un autre, habillé très élégamment, portant une fraise à son cou et un manteau de velours rouge sur les épaules. Une assemblée de plusieurs crânes (et seulement de crânes) fixaient la scène en silence.

Le squelette au manteau rouge se leva et prit alors la parole avec une aisance indéniable.

- Veuillez décliner votre identité, ainsi que votre profession.
Niveau 10
avatar
Je suis dispo pour : Demandez, je vous servirais
Identité : Je peux être n'importe qui !
Expérience : 849

Carnet de bord
Fluide(s)/Compétence(s): Je peux tout maîtriser
Groupes:
Race: Toutes
Voir le profil de l'utilisateur
Niveau 10


Je suis le Maître !
Revenir en haut Aller en bas
Lun 2 Avr - 19:07
Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angelus se sont tus...
Sur la nature défleurie
Faites s'abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.

A.R



Dazaën se serait mieux plu partout ailleurs qu'au cœur de cet enfer blanc. Il pensait à quelque chose. Mais il ne savait plus quoi. Tout autour de lui, la morsure du givre le pénétrait, l'égorgeait et l'avilissait. Il ne se sentait plus d'âme, plus d'espoir, plus de pensées. À cette époque de sa vie, il avait déjà été atteint plusieurs fois par d'innombrables maux. Affection. Guerre. Rancune. Cruauté. Deuil. Amour.
Blanc.

Tout était blanc. Tout n'était plus rien. Rien d'autre, rien de plus que le froid. Il avait si froid. Eût-il fallu qu'il fut un monstre durant toute son existence mortelle passée sur Arcaëlle pour qu'il arrive ainsi, une fois mort, à la difformité. Un sursaut d'existence lui revint, rouge. Un éclair rouge frappa son regard, contrastant avec ce paysage qui lui faisait mal aux yeux. Il était nu. L'éclair était rouge comme le sang. L'éclair était un souvenir. Il voyait une lance, en un flash, lui transpercer et lui ouvrir les boyaux. Puis le froid. Puis la mort. Il avait vécu comme un colosse que les nœuds, les fers et les carcans rendaient plus beau. Il n'aimait pas les endroits fermés, comme les grottes ou les prisons, bien qu'il y allât en général fort peu de lui même. L'Elfe se sentait assailli de souvenirs, ses propres souvenirs mais qu'il observait en son fort intérieur comme s'il eussent été ceux d'une autre personne. Il buvait ses souvenirs jusqu'à l'ivresse. Jusqu'à la folie.

Il ne savait pas depuis combien de temps était-il ici. Il avait essayé de marcher, de partir. De s'endormir. De se réchauffer. Son torse large comme une armoire, glacé, au contact de ses bras qui le frictionnaient ne s'était pas réchauffé. Le monde avait de grands charmes cachés, songea-t-il, puis il oublia et bascula de nouveau dans la folie. Autres lieux, autres souvenirs. Sa terre natale, un doux bruit s'accouplant dans l'âme. Les jeunes poëtes allongés dans l'herbe émeraude scandant des vers sibyllins en contemplant les moulins et les Meyran. Les branches qui, dans leurs doux ébats, se jetaient les oiseaux les unes-aux-autres du bout de leurs raquettes. Encore une fois. Trop de blanc. Un autre souvenir le submergea. Il oubliait au fur et à mesure. Un autre Elfe. Ca ne pouvait pas être lui. C'était un autre. Plus vieux. Plus noir. Pas lui, cela c'était impossible. Un géant au poitrail large comme un tronc, à la voix d'outre-tombe, rauque et graveleuse comme un roulis de pierre dévalant une falaise. Le Gamin court après la balle. Il la suit du regard. Chaque fois que ses petits bras tentant de la rattraper, ses pieds nus la percutent. Et la balle roule encore plus loin. Toujours plus loin. Le Gamin court après la balle. Il la veut. Elle dégringole falaises, rochers, vals. La balle roule toujours plus vite à mesure que les doigts du petit Tahora essaie de se refermer dessus. C'est la balle qui joue avec le Gamin. Elle va vite, la balle. Elle dévale les à-pics, les combes, les récifs. Elle roule sur la plage, au milieu des langues de vagues qui meurent en roulant sur le sable. Gamin a enfin réussi à attraper sa balle. Il veut la soulever du sol et essuyer le sable collé dessus, mais il y a une botte qui retient la balle. Gamin lève les yeux. Devant lui se dresse un Elfe au regard en bec de corbeau, aux lèvres avec des lueurs de sang. Ses cheveux longs flottent dans l'azur. Il porte une armure sur sa colossale poitrine, ses bras sont aussi larges que des troncs d'arbres. Il était effrayant, cet Elfe là. Qui ne souriait pas. Qui semblait connaître le fond de toutes choses. Qui avait l'immensité de la mer dans les yeux. C'était un vilain animal, qui aimait faire bien le mal. La cruauté tordait ses lèvres. La luxure tâchait sûrement ses cuisses. Gamin reste sans voix. L'Elfe est très grand. Son ombre encore plus. Gamin le comprend, il le sait : il a l'image de la mort devant les yeux. Alors l'Elfe, qui est un pirate, qui est l'un des pires d'Arcaëlle, qui lève chaque jour un toast au Dieu Maudit, prend la poignée de son sabre qui pend accroché à son flanc. La tête de Gamin se détache du corps. Et la tête roule encore plus loin. Toujours plus loin. Le Gamin ne court plus après la balle. Les pirates se pressent derrière leur chef. C'est un Elfe Noir. Ce sont des Hayert'Vaäl. Elle va vite, la tête. C'est la tête qui joue avec les vagues. Le rouge et l'écume.

C'est un autre souvenir.

Qui le brûle presque autant que le froid car il sait, il a toujours su, que ce souvenir lui appartient.

« Veuillez décliner votre identité, ainsi que votre profession.

Dazaën savait à qui il avait affaire. Et il savait pourquoi il était ici. Lorsque lui était apparu Gar'Haz, le Dieu de la Mort, cette puissance indéfinie et indénombrable l'avait tout de suite contraint à plier le genou. Il prit conscience de sa petitesse, de sa nudité. C'était une de ces puissances, la puissance Divine, qui vous écrasait et vous accablait plus que les mots ou que n'importe quel fléau. Il répondit après un silence qui lui parût à lui-même comme éternel, d'une voix forte mais dénuée de tout orgueil :

- J'ai plusieurs identités tout comme j'ai plusieurs professions. J'ai été plusieurs personnes. Je suis de la race Élue et les siècles sont passés au travers moi comme la clameur passe au travers le bois des doubles portes. Les Dieux m'ont pourvu d'une bouche pour maudire ou pour bénir, et d'un cœur pour exécrer ou pour m'éprendre. Je naquis parmi l'écume, les perles et les vagues, fils de May'Veal. À l'époque de mes premières années, je portais le nom de Dazaën Thelazma, qui était celui de mon père. Car il faut que, lorsque la barque s'engloutisse, elle laisse derrière elle un sillage. J'avais la fidélité d'un jeune chien. Le jeu, l'audace et l'aube dans les yeux. J'étais le fidèle serviteur de ma Mère. Je le fus durant des années, qui devinrent des siècles. Puis les temps passèrent. J'avais peur d'un baiser comme j'avais peur d'une abeille. On m'appela alors Amour. Je refusais de traîner pour ma divine Mère au fond d'un chemin creux. Je parlais d'un air maladivement tendre. J'entretenais des feux torrides. Je renversais une coupe d'hydromel au visage de ma Mère, m'insurgeant contre Sa parole pour la première fois de ma longue existence. Je devins alors le Maudit. Les éclairs de Mère me rattrapèrent. Je fus le Paria. Le Traître. L'Affligé. Le Supplicié. J'appris que le bonheur tremblant ne s'offrait pas deux fois. Je devins Celui Que l'Oeil Ne Voyait Pas et que l'Oreille N'Entendait Pas. Je me rebellais pour offrir mes services à Özan. Chaque jour, je livrais une âme neuve au Royaume de l'Obscurité et j'échappais une journée de plus au courroux de ma Mère. Je me revendiquai hérétique, et je trompai ma Divine ascendance. Je m’appelais Ildezzeeth. Enfant Renaît. Elfe Noir. Le Maudit. Un fantôme aux noires pauses qui psalmodiait en tendant le bras. Je foulais Arcaëlle, et ses océans, et ses cieux, et ses rois de mon pied. Puis l'endurcissement de mon cœur plein de vices se troubla, et j'appris qu'on peut tout perdre en une fraction d'éternité. Je redevins Dazaën Thelazma, aussi chétif et aussi nu qu'au jour de ma naissance. Dépourvu de tout, captif de rien. Je redevins Dazaën Thelazma, et c'est ce nom-là que je portais lorsque je mourus. J'ai traîné ainsi ma carcasse aux confins d'un sommeil qui s'est achevé à Shin'Taï.

Il y eut un silence qui aurait bien pu contenir l'Éternité de Gar'Haz.

- Si Mère a pour moi des projets secrets. Si elle m'a véritablement fait grâce. Si son cœur déborde pour moi de pitié et de compassion, pourquoi ne se trouve-t-elle pas ici, à vos côtés ? Afin qu'Elle et moi réglions enfin tous nos comptes...»
Niveau 2
avatar
Je suis dispo pour : Demandez
Identité : Héros Antique Fiche Perso

Expérience : 176

Carnet de bord
Fluide(s)/Compétence(s):
Groupes: Neutre
Race: Elfe
Voir le profil de l'utilisateur
Niveau 2




"Si l'Aventure est une garce séduisante, il arrive que ses galants finissent au bout d'une corde."

"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
Revenir en haut Aller en bas
Mar 3 Avr - 14:28
Le dieu de la mort se le va de toute sa hauteur. Il était immense, bien plus que toi, Dazaën, qui pourtant es de très grande taille et d’une carrure impressionnante.

- Dazaën Thelazma, fils de May’Veal, sache qu’en ce lieu, nul autre dieu que moi n’a d’emprise. Si ma sœur des abysses, des mers et des océans d’Arcaëlle n’est pas là, en cette assemblée, c’est tout simplement car elle n’a aucune emprise sur le monde des morts. Tu te trouves actuellement, mortel, dans la Cour des Morts, et seront appelés à comparaître ceux que cette cour jugera bon de faire venir ! Qu’ils appartiennent au Royaume des Dieux, au Royaume des vivants… ou au Royaume des Morts ! acheva-t-il d’une voix soudainement gutturale. Maître Azraël, c’est à vous ! dit-il tout en désignant le mort drapé d’un manteau de soie rouge.

Le squelette se leva et de sa voix d’outre-tombe, il prit alors la parole.

- Mesdames et messieurs les jurés, maintenant que l’identité de ce mortel est vérifiée, nous allons pouvoir assister au jugement du dit mortel pour lequel nous sommes ici rassemblés. Ce sera Maître Netzach, si présente, qui sera chargée de votre défense !

De l’obscurité totale surgit le fameux Maître Netzach, une créature qui ressemblait fort à une lorcq dont la peau grise contrastaient fort avec ses yeux et cheveux orangés. Sa tenue semblait n’être qu’une carcasse, une sorte de tenue constituée de peau et d’os. La seule chose qui semblait rassurante chez elle, était son physique délicat et son regard compatissant. L’avocate qui t’es commise d’office, Dazaën, te lance un regard se voulant rassurant.

- Je suis Maître Netzach, et en tant qu’avocate à la défense, j’aimerai tout d’abord que l’on définisse pour quelle raison Dazaën Thelazma est ici présent.
- Mais bien évidemment ! s’exprima l’avocat général d’un voix d’outre-tombe. Nous portons ici plusieurs chefs d’accusations à son encontre. Les voici : vols avec agression, piraterie, viols de plusieurs arcaëlliens, violences aggravées, tortures, meurtres, assassinats et le pire de tous : blasphèmes. Blasphèmes envers May’Veal mais également envers Gar’Haz ! Également comptés dans les chefs d’accusation : hérésie et adulation du dieu Özan, consistant en de très nombreux sacrifices à son attention, dont un petit arcaëllien, un tahora jeune, pur et innocent !

Maître Netzach se lève et prend place à la barre tandis qu’elle t’appelle au banc des accusés, Dazaën.

- Avant toute chose, j’aimerai m’assurer de la personne que l’on juge actuellement ! Dazaën Thelazma, c’est bien votre nom, n’est-ce pas ? Vous avez dit, plus tôt dans cette cour, je cite : « j’ai plusieurs identités, comme j’ai plusieurs professions. » Nous sommes tous ici bien placés pour savoir que le temps est quelque chose qui change les êtres suivant les circonstances. La personne accusée si présente a néanmoins affirmé être, je cite « redevenu Dazaën Thelazma ». Si l’on en croit ses mots, seul Ildezeeth, l’Elfe Noir, Le Maudit, a perpétré les crimes dont vous accusez Dazaën Thelazma ! Confirmez-vous mes propos, Monsieur Thelazma ?
- KAKAKAKA ! Objection votre honneur !!! s’empressa de s’écrier Maître Azraël. Maître Netzach essaye d’influencer le jury !
- Objection rejetée, siffla la voix glaciale de Gar’Haz. Dazaën Thelazma, fils de May’Veal, veuillez répondre à cette question je vous pries !

Maître Netzach:
 
Niveau 10
avatar
Je suis dispo pour : Demandez, je vous servirais
Identité : Je peux être n'importe qui !
Expérience : 849

Carnet de bord
Fluide(s)/Compétence(s): Je peux tout maîtriser
Groupes:
Race: Toutes
Voir le profil de l'utilisateur
Niveau 10


Je suis le Maître !
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 5 Avr - 12:59
Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !

A.R



Le Dieu de la Mort était véritablement gigantesque. Tant que sa puissance et sa taille écrasait Dazaën. Il avait tout-à-fait oublié sa question sitôt que Gar'Haz en eût fini avec sa répartie. Le Maître des limbes attendait sa réponse, le haut du corps légèrement penché -ce qui lui donnait l'air d'une falaise sur le point de l'ensevelir- et avec un air sévèrement orgueilleux. Dazaën Thelazma offrit de perdre cette bataille avec beaucoup de grâce. Personne ici ne semblait se réjouir de ce procès. Gar'Haz  compris. Dazaën voulut abréger. Il ne croyait pas lui-même en sa défense. Il acceptait muettement le sinistre sort qui le livrait en ce jour à la mort. Il resta un moment submergé par cette aura divine qui émanait de Gar'Haz, c'est ainsi qu'il se faisait apparemment reconnaître auprès des mortels Arcaëlliens, courroucé de ce que Dazaën demande la venue de sa Mère en ce tribunal post mortem.

« Je confirme vos propos, répondit-il simplement en baissant les yeux. Vous me soumettrez à vos divins pouvoirs car je ne tiens pas à m'enticher d'une défense. Finissons-en au plus vite, si vous le voulez bien.

Il releva la tête et se força à reprendre d'une voix forte :

- Oui, Seigneur, je confirme bien vos propos. Il faut périr, car du temps de mon vivant j'ai volé les biens des rois et du monde, usé de pillage, combattu sous le Jolly Roger, agressé, violé, torturé, tué. J'ai juré fidélité à Özan et j'ai pactisé avec le Dieu Sombre afin de me rendre invisible au regard de ma Divine Mère. Je me suis insurgé contre elle et contre l'une de ces créatures. Mon sommeil ne se peuplait plus d'aimables souvenirs, car j'entretenais une vie pécheresse. J'ai blasphémé en ployant le genou pour Özan. Et je l'ai fais en connaissance de cause. Je savais que je rendrais un jour des comptes à ma Mère, dans l'autre monde. Je peux tout confesser, Seigneur, et n'ai nul besoin d'une défense, veuillez prendre pitié de moi Maître Netzach, et non vous irriter contre ce cœur mortel. Si la Cour le permet, avant de passer au verdict, je souhaiterai néanmoins m'exprimer une dernière fois, après quoi je resterai coi jusqu'à la fin : il est facile pour vous autres, Seigneurs des Limbes, Rois d'Outre Tombe, Déité de l'Empyrée, de conduire les mortels que nous sommes à la barre des accusés. Faites-nous grâce de vos tendances orgueilleuses car vous possédez une âme inaltérable et sèche, indifférente aux tentations du monde et à ces maux. Il est facile de peser sur votre balance d'or et d’airain l'âme d'un malheureux qui a pêché. Vous qui êtes la voix sinistre de l'horizon à l'oreille des mortels ne devriez pas vous permettre de nous juger, en cause que vous ne nous connaissez pas. Que connaît l'Éternité des proscrits blessés rampant au fond des caves ? Si je n'ai pas voulu clore l'oeuvre que Mère me fit commencer, elle n'avait qu'à me la laisser, elle. Voilà donc ce que fait le veuvage à l'Elfe, tout Noir soit-il. J'ai finis, Seigneur. Je me tais donc, maintenant. »

Il crut voir frémir quelque chose dans le regard rouge de Gar'Haz qui le frappa au cœur. Peut-être un souffle d'Éternité.
Niveau 2
avatar
Je suis dispo pour : Demandez
Identité : Héros Antique Fiche Perso

Expérience : 176

Carnet de bord
Fluide(s)/Compétence(s):
Groupes: Neutre
Race: Elfe
Voir le profil de l'utilisateur
Niveau 2




"Si l'Aventure est une garce séduisante, il arrive que ses galants finissent au bout d'une corde."

"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
Revenir en haut Aller en bas
Mar 10 Avr - 10:41
Le regard rouge de Gar’Haz se pose à présent sur toi, Dazaën. Le dieu des morts semble à la fois agacé par la tournure des événements mais également curieux de tes paroles. D’un geste de main, il fait disparaître toute l’assemblée et vous ne vous retrouvez plus que tous les deux. Le décors autour de vous a changé, l’obscurité infinie a fait place à une immense plage déserte, qui s’étend à perte de vue. Le sable tout comme l’océan semble pourtant dépourvus de leurs couleurs naturelles, comme si l’essence même des choses autour de vous avait disparu, vidées de toute vie. Le ciel, lui est vague, gris sans pourtant se voiler de nuage.

- Tu as raison sur plusieurs points, fils de May’Veal, et à présent il est temps de cesser cette mascarade. Toute cette comédie n’était là que pour remettre les choses à leur place, te faire reconnaître tes actes tout en éclaircissant des faits qui ne m’étaient point connus. De plus je dois avouer que cela m’a fort bien distrait !

Le dieu affiche à ton attention un sourire glaciale, avant de pointer son doigt griffu vers l’océan. Au cœur des vagues qui s’écrasent sur le rivage, se trouve la créature de tous tes cauchemars, le hideux triton qui n’avait de cesse de te suivre lorsque tu apparaissais encore aux yeux de ta divine génitrice. Il est cependant immobile, tout comme l’océan et les vagues qui sont figés dans le temps.

- Cette chose… Elle te suit à présent que le regard de May’Veal n’est plus masquée par le rituel qui te cachait à elle. Je ne comprenais pas pourquoi… Mais maintenant je sais ! Je comprend également beaucoup de choses à ton sujet à présent…  Dazaën, toi qui a réussi à te soustraire de la causalité, toi qui a échappé au jugement de la Déesse des abysses, j’ai de plus grands projets pour toi que le Royaume des Morts, ou même que l’errance éternelle dans cette enfer sans vie dans lequel tu as été enfermé avant de te retrouver ici.

Gar’Haz se détourne à présent de toi, faisant quelques pas sur le sable qui ne fit étrangement aucun bruit sous son poids. Il se met à fixer l’horizon glacé et croise ses bras derrière son dos tandis qu’un corbeau se pose sur son épaule.

- C’est au nom d’Özan que tu as sacrifié des milliers de personnes, mais toutes ces âmes me sont parvenues, car innocentes pour la plupart d’entre elles… A cet égard, tu es l’un de mes plus grands serviteurs, quoique l’on puisse en dire. Je me moque bien que les âmes qui entrent ici soient jeunes, vieilles, prématurément séparées de leur enveloppe charnelle… La mort, moi, est une causalité inéluctable, imparable. Personne ne se dérobe éternellement à mon emprise, hormis les fous qui vénèrent Özan et disparaissent à jamais dans le néant. Certains trouvent asile éternel en mon royaume, d’autres sont à jamais condamnés à errer sur Arcaëlle sans jamais pouvoir y trouver le repos. Mais tous, finissent inévitablement par mourir… La causalité est faite ainsi.

Le Dieu du Royaume des morts se tourne à nouveau vers toi, Dazaën, et encadre ton visage de ses mains glaciales, plongeant ses yeux cruels dans les tiens. Tu connais ce regard pour l’avoir si souvent imposé à d’autres, ce regard plein d’envie et d’avarice qui signifie : « Tu es à moi à présent ! »

- Cependant tu avais entièrement raison quand tu disais que je ne connaissais rien aux mortels ! Je ne les comprend absolument pas, comment le pourrai-je d’ailleurs ? Vous êtes si surprenant... Alors que nous vous avons créé, vous continuez sans cesse de nous surprendre, d’échapper à notre logique divine. Parfois, votre volonté, vos sentiments, sont si puissants qu’ils vous soustraient à la causalité. Le croirais-tu, si je te disais que je ne comprends même pas mes propres enfants mortels ? Évidemment, tu me croirais, tu as parfaitement saisi, que nous, divins, vous jugeons sans même vous comprendre !

Il te relâche doucement, mais continue à te fixer intensément. Il semble véritablement fasciné par ce que tu es, ou ce que tu représentes à ses yeux en tout cas. Tu n’as pas même la force de t’opposer à lui, ni à son regard, ton âme toute entière est enfermé dans son emprise. Tu voudrais t’exprimer que tu ne le pourrais pas, Dazaën. Gar’Haz continue de te parler de sa voix morne mais pourtant si puissante, si envoûtante.

- Tu vas m’aider à vous connaître ! Tu vas m’aider à comprendre ce qui fait que certains d’entre vous arrivent à échapper à la causalité aussi surprenant que cela puisse paraître !

Il te tend alors sa main et dans le creux de sa pomme, apparaît l’image éthérée de Mary Fortune, celle pour qui tu t’es damné tant d’année, celle pour qui ta colère a explosé au point de faire de toi un être tout à fait différent en assistant à sa mort.

- Cette mortelle que tu affectionne tant… elle aussi s’est soustrait à la causalité ! Elle n’est plus que l’ombre d’elle même mais continue de fouler de ses pieds le monde des mortels ! Elle pourrait être à nouveau à tes côtés si tu acceptais toutefois de me rendre un service… Un tout petit service… et je ferrais en sorte que May’Veal ne t’en sépare plus jamais ! Qu’en dis-tu, demi-dieu ? Es-tu prêt à accepter le marché que je te proposerai contre cette faveur que je t’accorde ? Es-tu prêt à assouvir ce rêve au prix qui sera le mien ?
Niveau 10
avatar
Je suis dispo pour : Demandez, je vous servirais
Identité : Je peux être n'importe qui !
Expérience : 849

Carnet de bord
Fluide(s)/Compétence(s): Je peux tout maîtriser
Groupes:
Race: Toutes
Voir le profil de l'utilisateur
Niveau 10


Je suis le Maître !
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 12 Avr - 13:54
Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d'avant-hier,
Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !

A.R



Le monde de Dazaën s'écroula. Alors que l'empire que détenait le Dieu immense sur son âme le paralysait tout entier, un éclair parut le foudroyer sur place. Face à lui, flottant là, dans le creux de la paume du Dieu de la Mort, sa Fortune, devenue par la suite Mary Fortune, qu'il avait crut perdre une fois, puis deux. Une petite lumière semblait trembler à son front, quand bien même tout cela n'était qu'une représentation de la femme pour laquelle l'Elfe s'était damné tous ces siècles. Des pensées en cavale coulèrent des yeux de l'Elfe au regard flavescent ; son monde s'était écroulé.

« C'est impossible...dit-il en un tremblement. Elle ne peut pas être... Elle ne peut pas être...

Dans son coeur, si tant est qu'il en possédait toujours un, tout s'accordait à pleurer.

- Comment Fortune, ma Fortune peut-elle toujours être en vie ? Je l'ai vue mourir, sous mes yeux maladifs. Il y a des mois !

Le doute l'environna. Autour de lui la peur circula tandis que son pied maladif paraissait ne plus vouloir le porter. Son coeur s'était mis à battre la chamade. Dazaën craint alors une autre ruse mesquine de la part du Dieu.

- Comment puis-je être certain qu'il ne s'agit pas là d'une de vos tromperies cruelles ? Si tel est le cas, Seigneur, je préfère encore mourir et m'en aller. À quoi bon s'attacher à la vie, si elle est là pour séparer ce que la mort unit ? »

Il était tombé à genoux aux pieds de Gar'Haz sans même s'en apercevoir. Dans son âme où plus rien depuis longtemps ne passait, quelque chose se mit à chuchoter tout bas. L'amour en flambeau l'avait déjà embrasé tout entier. Fortune et lui seraient peut-être bientôt réunis. Pour toute l'éternité.
Niveau 2
avatar
Je suis dispo pour : Demandez
Identité : Héros Antique Fiche Perso

Expérience : 176

Carnet de bord
Fluide(s)/Compétence(s):
Groupes: Neutre
Race: Elfe
Voir le profil de l'utilisateur
Niveau 2




"Si l'Aventure est une garce séduisante, il arrive que ses galants finissent au bout d'une corde."

"L'Amour véritable se distingue de l'or et de l'argile en ceci : diviser ce n'est rien enlever."

D.T
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Aube des Mondes :: Le monde :: Kaïl :: Sud :: Shin'Taï-