Tel est pris qui croyait prendre

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Mar 5 Juin - 18:01
Ma vie était devenue bien étrange durant cette petite période où je me retrouvais là, à genoux, dans la cabine du capitaine de l'Alvaro De La Marca. Vous vous demandez sans doute : pourquoi à genoux ? Certains d'entre vous y verront une allusion des plus pieuse tandis que d'autres des plus perverses. A vrai dire, les seconds auraient sans doute raison dans un sens mais au moment même des faits dont je vais vous parler, ce n'était pas vraiment le cas. Alors oui, je l'admets, j'avais quelque peu lustré le canon de Francesco qui ne s'en était pas plain, bien au contraire, mais à ce moment là j'étais à genoux pour d'autres raisons.

- Ah mais bordel... il est où ce bouton à la con ? C'est bien beau de jouer les libertines et de balancer ses affaires à travers la pièce... mais j'aurai du me douter que les pirates n'ont aucun respect pour les fringues !

J'étais donc là, à tâtonner à l'aveugle en cherchant désespérément ce foutu bouton qui tenait autrefois ma chemise en place. Vous allez me dire : « Pourquoi tu nous raconte ça ? » et je vous répondrais : « Alors là, j'en sais rien ! » le fait était que je devais bien m'occuper comme je le pouvais et que si je commençais à vider les placards de cette foutue cabine de son rhum et de son vin dès les premiers jours, les suivants allaient vite être ennuyeux à mourir. Je voulais donc retrouver ce satané bouton qui se trouvait quelque part, sous ce fichu lit, ou encore sous cette armoire, ou peut-être sous ce bureau là-bas...

- Hé ! Mais attends... J'ai même pas de fil et d'aiguille pour le recoudre ! Pourquoi je me soucierai de ça ? Non mais c'est vrai ! Avec quoi je le recouds exactement ? Avec un poil de mon cul ? Parce que mes cheveux, c'est hors de question ! N'y penses même pas ! Le type qui a écrit cette histoire n'a vraiment aucune d'inspiration...

Ce détail de l'histoire étant réglé et définitivement enterré, laissez moi passer à un moment plus intéressant de mon existence. Et non, je ne vous donnerai pas les détails de ce qui s'est passé la veille avec Franky. Je vous connais, vous attendez que ça, votre téléphone portable ou votre ordinateur allumé, à lire ce post, un paquet de mouchoirs à portée de main, avec ce genre de musique lancé sur youtube.


Mais là, vous pouvez toujours attendre. Non, à la place je vais plutôt vous parler de ce qu'il s'est passé le lendemain, après que j'ai passé un moment à chercher se foutu bouton pour rien. Je me suis mise à fouiller dans les affaires de Francis, l'homme étant absent, probablement pour aller pisser sur le pont ou je ne sais quelque connerie. Quoique j'ai souvenir qu'il était parti pour donner quelques directives à ces hommes. Le fait est que j'étais enfermée à ne pas savoir quoi faire hormis jouer les intruses et fouiller un peu partout. Des cartes de navigation, de l'encre, des plumes, rien qui ne soit intéressant à mes yeux. Ah ! Ici, dans la bibliothèque, il y avait quelques livres. Et non, ce n'est pas vraiment mon truc les livres, mais il fallait bien que je m'occupe après tout. J'en saisissais un au hasard : un recueil de nouvelles écrit par un certain Poe. Je haussais les épaules et me dis que la lecture ne serait pas désagréable s'il s'agissait d'un écrivain à la plume fine. Mais par pitié, tout sauf un roman à l'eau de rose.

- « Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié – tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque : soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre – cela seul et rien de plus. »

Alors que je citais les mots inscrits dans mon livre, j'entendis un son, comme si l'on toquait à la porte.

- Sérieusement ?? Ok ! C'est mort ! Ça ne me fait pas du tout flipper ! On arrête ! C'est totalement cliché comme truc ! T'as vraiment pas d'inspiration !

Je m'arrêtais avant de reprendre ma lecture.

- « Ah ! distinctement je me souviens que c’était en le glacial dÿnaelen : et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol. Ardemment je souhaitais le jour – vainement j’avais cherché d’emprunter à mes livres un sursis au chagrin – au chagrin de la Lénore perdue – de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore : – de nom pour elle ici, non, jamais plus ! »  Pfff... Encore une histoire d'amour... Sérieux...  Bon... Je continues un peu, mais si c'est encore un drama à l'eau de rose... « Et de la soie l’incertain et triste bruissement en chaque rideau purpural me traversait – m’emplissait de fantastiques terreurs pas senties encore : si bien que, pour calmer le battement de mon cœur, je demeurais maintenant à répéter « C’est quelque visiteur qui sollicite l’entrée, à la porte de ma chambre – quelque visiteur qui sollicite l’entrée, à la porte de ma chambre ; c’est cela et rien de plus. » »

« Mon âme devint subitement plus forte et n'hésitant davantage « Monsieur, dis-je, ou Madame, j'implore véritablement votre pardon ; mais le fait est que je somnolais et vous vîntes si doucement frapper, et si faiblement vous vîntes heurter, heurter à la porte de ma chambre, que j'étais à peine sûr de vous avoir entendu. » - Ici j'ouvris, grande la porte : les ténèbres et rien de plus. »

Je restais silencieuse un instant et tout comme le protagoniste de mon histoire, je commençais à douter de ce que j'avais entendu. Je m'approchais de la porte mais la sachant fermée à clef, et sachant que je ne pouvais me permettre le luxe de parler à haute et intelligible voix sous peine de quoi l'on remarquerait ma présence, ce qui n'était ni dans mon intérêt ni celui de Francisco, je préférai me taire et reporter mon attention sur le livre.

- « Loin dans l'ombre regardant, je me tins longtemps à douter, m'étonner et craindre, à rêver des rêves qu'aucun mortel n'avait osé rêver encore ; mais le silence ne se rompit point et la quiétude ne donna de signe : et le seul mot qui se dit, fut le mot chuchoté « Lénore ! » Je le chuchotai – et un écho murmura de retour le mot « Lénore! » - purement cela et rien d'autre.

Rentrant dans la chambre, toute mon âme en feu, j'entendis bientôt un heurt en quelque sorte plus fort qu'auparavant. « Sûrement, dis-je, sûrement c'est quelque chose à la persienne de ma fenêtre. Voyons donc ce qu'il y a et explorons ce mystère – que mon cœur se calme un moment et explore ce mystère ; c'est le vent et rien de plus. »

Au large je poussai le volet; quand, avec maints enjouement et agitation d'ailes, entra un majestueux Corbea des saints jours de jadis. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s'arrêta ni n'hésita un instant : mais, avec une mine de lord ou de lady, se percha au-dessus de la porte de ma chambre – se percha sur un buste de Jurk juste au-dessus de la porte de ma chambre – se percha, siégea et rien de plus. »

Je m'arrêtais dans mon récit et fronçais les sourcils avant de réaliser quelque chose. Je soupirais avant de m'exclamer.

- Sérieusement ? T'avais pas plus subtil ? Non mais j'ai pigé ! Dans un moment je vais entendre un truc et il va falloir que j'aille ouvrir les vitres de la cabine, c'est ça ? Putain... C'est nul ! C'est carrément naze !

C'est alors que j'entendis à nouveau toquer. Je soupirais à nouveau et me diriger vers les carreaux de la grande baie vitrée de la cabine.

- D'accord ! Je vais l'ouvrir cette foutue fenêtre ! Et là j'imagine que ce fichu corbeau va débarquer dans la salle et croasser comme pas possible !

J'ouvris alors la fenêtre et attendis que l'animal pénètre dans la cabine... mais rien ne se produisit.

- Hein ? Mais... J'aurais pourtant juré...

Je me penchai vers l'extérieur quand, soudainement, un projectile me percuta de plein fouet en croassant et battant des ailes. Je tombais la tête à la renverse tandis que l'animal se posait sur le bureau, fier de sa connerie.

- Non mais alors toi...

Je m'apprêtais à lui administrer une sévère correction lorsque j'entendis la porte de la cabine se déverrouiller et s'ouvrir à la volée.

- Et merde...
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Homme, femme... du moment que ça se baise...
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Jeu 14 Juin - 13:19
Et qui pourrait dire ce corps
Sinon moi, son chantre et son prêtre,
Et son esclave humble et son maître
Qui s'en damnerait sans remords,

P.V



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Myrah se prit à songer près de cette chambre secrète qu'elle venait de découvrir dissimulée à l'intérieur même de celle de Franco Guadalmedina. L'endroit était minuscule comparé à la cabine du capitaine de l'Alvaro de la Marca. Plongée dans la pénombre, plusieurs bougies minuscules et éteintes avaient été posées là où il y avait de la place. La chambre -si l'on pouvait nommer ça une chambre- contenait un lit minuscule, davantage une civière, branlant sur ses pieds qu'un simple drap usé habillait. Près de la literie, une infirme commode à chevet était là. Il n'y avait de la place pour rien d'autre. Myrah se demanda comment la femme qui avait habité ce lieu avait réussi à dormir la nuit. Tout en cette chambre respirait et suait l'oppression, la sévérité, la pauvreté. Tandis que, à un saut de puce, séparé par un mur secret coulissant, Guadalmedina dînait tous les soirs avec de l'argenterie en or. Enfin, respirer et suer, cela était vite dit. Il faisait incroyablement froid entre ces murs où la chaleur réconfortante d'une cheminée demeurait absente. Seule entre ces quatre murs étouffants, l'enfant eut l'impression que les têtes des bougies mortes la dévisageaient depuis une bonne minute. Roulée en boule sur le lit, il y avait un déshabillé féminin qui dégageait encore mille odeur. Son regard s'attarda alors sur une petite tasse par-dessus le meuble de chevet, à laquelle il manquait un bout de porcelaine. À l'intérieur s'abîmait un fond de cendres de tabac. Pipe ? Cigarette ? Elle ne savait pas. La constance avec laquelle Myrah s'attachait à souligner tous les détails de la chambre secrète ne parvenait pas à lui dissimuler ce parfum étranger emprisonné ici. Un parfum qui, s'il avait eu une bouche, aurait dit que le printemps était évident même au milieu de l'hiver. Les quelques habits pliés et visiblement rangés à l'intérieur de l'unique tiroir du meuble en acacia poli sauvegardaient jusqu'ici cette discrétion fasçinante. La chambre avait aussi l'odeur des pas nus et feutrés. Elle évoquait pourtant davantage à Myrah une cellule de prison -bien qu'elle n'y fût jamais allée- qu'un cabinet de femme. Tout ici se trouvait vraiment au fond du monde de l'Alvaro. Elle en eut la confirmation lorsqu'elle porta à ses narines le déshabillé en tissu transparent. Cette odeur était celle d'une peau de femme, bien sûr. Il régnait une telle solennité, une telle paix à l'intérieur de la chambre que la très jeune Myrah se serait cru au cœur d'un temple. La fascination qui la prit pour cette pièce secrète ne la fit pas remarquer la silhouette coupée d'une cape noire qui s'éleva dans son dos. Elle ne voyait jamais l'extrême noirceur de la mise d'ailleurs fort rigide de Guadalmedina chaque fois qu'il l'approchait. Au milieu de cette chambre secrète, Franco paraissait jurer. Elle serait, plus tard, sa femme. Et lui son mari.

«  Tu ne devrais pas être ici, Myrah.

Elle se rendit alors compte qu'il avait raison. À deux, ils étaient déjà fort serrés à l'intérieur de la chambre. Myrah jeta avec négligence le déshabillé qu'elle portait, se confondant en excuse et se retira, soudain fort gênée. Dans sa fuite, rasant Guadalmedina qui se plaquait contre le mur afin de la laisser fuir, sa hâte renversa sur le flanc sous les soieries un petit navire taillé à même le bois à la pointe d'un couteau. Franco savait qu'il n'était pas possible de se soustraire à cette atmosphère envoûtante piégée au sein même de sa propre cabine. Il prit le temps de redresser le bateau de bois, avant de le remettre bien à sa place, entre les tissus et les quelques étoffes de soie. Sa main gantée s'assura que rien n'avait été dérangé. Tout devait être à sa place. C'était comme ça. Il replaça bien sur son axe l'une des bougie avant d'étendre bien comme il le fallait le petit drap sur le lit. Alors son regard se posa sur le déshabillé que Myrah avait fait choir dans sa course. Le parfum lui faisait tourner la tête. Ici, pourtant au cœur de l'Alvaro, le monde même se taisait, au moins un moment. Les fantômes avaient le goût du souvenir. Alors Guadalmedina jeta sur le lit la nuisette qu'il tenait entre ses mains. Il ouvrit alors le tiroir de chevet. Il y avait des vêtements à l'intérieur, pliés. Sous eux, il y en avait d'autres. Des vêtements de bébé. Alors Franco referma le tiroir, sec. Son amour pour celle qu'il venait de perdre quelque part entre la Passe et Teikoku était un grand incendie ; il avait submergé toutes les petites lueurs qui avaient pu, un jour peut-être, brûler pour une autre dans son coeur.
Le mur coulissa de manière à regagner sa place habituelle, et il fit de nouveau illusion. Des rideaux rouges se laissaient pendre au-devant, afin de rendre la chambre encore moins insoupçonnable, si d'ordinaire cela était possible. Myrah était là. Dans sa cabine à lui. Des poignets délicats, une poitrine de môme plutôt adorable, un fessier qui ne laminait pas, un sourire de godiche qu'il plaça automatiquement sur le compte de la candeur. Les mains croisées dans le dos, se tordant les doigts de gêne, l'enfant baissait la tête face au pirate comme s'il fut son père et qu'il s'apprêtait à la gronder avec la plus grande sévérité.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle, d'avoir fureté dans votre cabine.
- Tu n'aurais pas dû, lui fit Franco pour toute réponse en ôtant son tricorne à plumes afin de le déposer sur le bureau.

À côté de la chambre minuscule, sa cabine à lui où il ne manquait de rien évoquait un palace.

- C'était qui qui vivait là ? Se hasarda à demander Myrah. Vous avez eu une femme ?

Il lui vint alors à l'esprit que Franco Guadalmedina était peut-être bien veuf. Mais il sut trouver le ton pour la consoler.

- Non. Tu es la seule, je te le promets.

Sa parole sous le timbre, sec comme la lanière d'un fouet parfois, faisait autorité. Il ouvrit les doubles portes en verre d'un buffet et en sortir deux verres. Dans son dos, la jeune Myrah n'osait plus trop parler, évoquer l'incident qui venait d'avoir lieu. S'assurant d'un regard que l'enfant ne voyait rien de ses faits et gestes, Guadalmedina combla les deux chocolats qu'il était en train de préparer avec une cuillère d'eau chaude, une cuillère de miel et plusieurs de rhum fort. Il tendit la tasse à Myrah.

- Oublions cela, dit-il. Tu ne retourneras plus jamais là-bas de toutes façons. Tiens, bois.

Elle vint s'asseoir sur la chaise qu'il avait tiré pour elle tandis que lui-même s'était assis sur son lit. Il leva le bras au-dessus de son front, chopine en main.

- Santé.

Myrah grimaça d'abord en sentant l'alcool, mais comme le goût prononcé et sucré du chocolat l'emportait sur le reste, elle ne se plaignit pas et descendit à petite lampée la boisson que le pirate venait de lui offrir si généreusement. Cette politesse était autre chose que celle que Franco pouvait avoir, même dans ses bons jours. Par delà ls hublots de la cabine, on pouvait voir la nuit et les étoiles défiler. Et comme, en bon prédateur, le Loup avait les bons mots pour distraire l'enfant, la garder entre ses griffes en confiance et lui intimer la parole à son tour, il put la forger à sa guise avec plusieurs verres de chocolat identiques au premier. Alors il sembla à la petite que son front était chaud et que les étoiles dehors dansaient sur l'océan de ciel clair.

- Bon, je vous ai assez importuné monsieur Guadalmedina, s'excusa-t-elle. Il faut que je rentre, maintenant.

Elle se leva de sa chaise et, un instant, la surprise du plancher roulant l'emporta sur son audace habituelle. Franco avait été plus prompt. D'un geste sec du poignet, il avait fait rouler la petite clé en or dans la serrure des doubles portes. ''clic''. Verrouillées.

- Allons petite. Il est trop tard pour que je te laisse rentrer seule. Uri'Hel est dangereuse la nuit.

La cape noire qui se répendait derrière son dos ne faisait qu'allonger son ombre et aggrandir sa taille. Mais la jeune Myrah n'avait pas peur du Loup. Elle se frotta les yeux, bagayant quelque chose. Il s'écarta alors des portes, la portant presque jusqu'au lit.

- Tu peux dormir ici si tu veux.

Elle s'y était allongée, balbutiant un ''merci monsieur''. Elle n'avait pas osé comprendre. Franco lui, s'était retourné. De nouveau, son pas discret avait rejoint son bureau. Guadalmedina porta à sa gorge une coupe de vin rouge, qu'il descendit sec. Il fit alors couler dans une écuelle de l'eau, sans se presser. Il porta à ses dents son gant de cuir, se servit de sa main nue pour ôter le second, se soulagea de ses bagues en or dur. Puis il se passa les mains sous l'eau afin de les nettoyer. Dans son dos, la jeune enfant appelait son nom, se sentant soudain très seule dans l'immensité de la cabine du capitaine de l'Alvaro De La Marca.

- Monsieur..appelait-elle.

Il se soulagea également de sa cape qu'il posa sur le dossier du fauteuil, face à son bureau. Il se débrailla, fit glisser fourreau et ceinture sur le bureau. Les armes en se posant provoquèrent un heurt sonore qui ne fit pas tressaillir Myrah.

- Monsieur Franco, dormez avec moi ce soir.

Et elle glissa dans un dernier soupir :

- Je veux vous sentir près de moi.

Il élargit un sourire sous sa moustache pour cette gamine qui, du haut de ses treize ou quatorze ans, « voulait ». Il se servit de ses doigts mouillés afin d'étouffer la flamme des bougies qui se consumaient ça et là. Il n'en garda éveillée qu'une. La séduction lui sembla alors terriblement ennuyeuse maintenant qu'il pouvait forcer sa proie. Toute cette comédie, à la vérité, l'agaçait. L'enfant était propre à gober le hameçon qu'il lui voulait tendre. Pourquoi les hommes devraient-ils mourir tandis que les monstres et les arbres de la forêt, eux, sont immortels ? songea-t-il sans un mot. Il pensa à son héritier. Myrah cette nuit là, était comme le vin. Elle s'était habillée d'une robe rouge pour plaire, ondulait pour se faire désirer et se parfaisait de senteurs d'été. L'enfant était trop jeune pour savoir que le plaisir n'était qu'un instant éphémère. À l'égale de la bouteille elle était destinée après un soir de débauche en dévotion à finir à la cave tristement oubliée et, au lieu de ses désirs, Franco l'ouvrirait puis elle finirait vide et amère. Il vint se coucher près d'elle, et elle sentit ses deux bras se refermer sur son corps.

- Colle toi contre moi, murmura-t-il. Plus près. Là, c'est bien. Tu ne sens rien ? Tu as peur ?

Ses actions déjà étaient sous la direction d'une fièvre que Myrah n'avait jamais vraiment connue. Il lui dit à l'oreille.

- Retrousse ta robe et serre-la avec tes dents. Je vais te montrer.

Elle venait de faire treize ans.


~



Franco Guadalmedina croisa ses jambes l'une sur l'autre tout en faisant ballotter à l'intérieur de sa tasse son chocolat. Un chocolat obtenu à partir des fèves rarissimes et torréfiées de Ray'Bauz, le bout du monde. Une senteur évoquant l'arôme du miel réchappait de l'orifice, mêlée à celle, puissante, du cacao. Le Capitaine de L'Alvaro De La Marca se trouvait actuellement dans la cabine de celui-ci qu'on appellait Artiaga Oward, le gratte-papier du bâtiment. Des années maintenant, que l'écrivain l'accompagnait à bord de son Alvaro, ne perdant rien de ses aventures ou mésaventures, ceci afin d'enrichir le recueil qu'il s'occupait à écrire et qui traitait de piraterie. Sans paraître le moins du monde intimidé par la mine noire et austère de son capitaine, le garçon reprit après avoir griffonné quelques mots de sa plume sur le parchemin qu'il tenait :

- Puerto Blanco vous manque-t-elle ?

Il avait, remarqua Guadalmedina, des questions étranges quoique posées sans extravagences et pudibonderie.

- Puerto Blanco et Grande Lagoon, argua Guadalmedina, ne me manqueraient pas si mes Seigneurs n'avaient pas trahis.

Le gratte-papier gratta, justement, sur feuille la réponse entendue du bout de sa plume.

- Vous avez de la famille, là-bas ? Puerto Blanco est votre île natale, n'est-ce pas ?
- Non. Oui.
- Non, oui, quoi ? Vous n'avez pas de famille ?
- Non.
- Pas de parents ?
- Non.
- Cousins, tantes, oncles ?
- Un cousin, ça oui, héla Franco en cueillant une lampée de boisson. Vicomte quelque part sur Ybän.
- Vous plaisantez ?
- Ai-je l'air de plaisanter, gamin ?
- J'ignorais...
- Moi aussi.
- Votre mère ?
- Quoi, ma mère ?
- Sur Ybän aussi ? De la Principauté ?
- Ma mère était dans la Flibuste. Puerto Blanco.

Ce fut tout ce que le gratte-papier réussirait à obtenir concernant la mère de Franco Guadalmedina. Une autre gorgée de chocolat.  Oward reprit :

- Revenons-en à votre île, si vous le voulez bien.

Mon île, oui. Puerto Blanco. Il y avait encore moins d'un an, Guadalmedina était appellé le Roi Pirate, Roi de Puerto et les reîtres lui donnaient du ''Monseigneur'' ou ''Seigneur Capitaine''. Il était sans adversaires et se passionnait pour la mortification des toros dans l'arène.

- Revenons à Puerto Blanco, concéda-t-il en se faisant craquer les doigts de la main droite.

L'écrivain acquiesça d'un hochement de tête. Franco Guadalmedina le vit lorgner derrière ses yeux bleus son visage. Ou plutôt, la partie gauche de son visage, brûlée, ravagée par le feu des mois auparavant. Là où ne subsistait, pelée et ratatinée sur son lobe, plus qu'un morceau de l'oreille.

- Vous rappelez-vous de Myrah, la mère de votre enfant, Camille.
- Mmh.
- L'aviez-vous épousée ?
- Myrah ?
- Oui, Myrah.
- Non, pas épousée, grogna-t-il à la seule évocation du nom de son ancienne compagne.
- Pourquoi cela ?
- Il faut une raison ?
- Vous lui aviez promis un mariage, à l'époque, non ?
- Ça n'était qu'une petite fille un peu trop neuve.

Mais tu lui as fais une gosse, à cette petite fille trop neuve. Camille. Artiaga Oward parlait, à présent, mais le Roi Pirate n'écoutait plus vraiment. Ses pensées vagabondaient hors de lui. Elles vagabondaient sur sa fille, Camille, enfant estropiée par l'injustice de quelques Dieux cruels. Il songeait à Grande Lagoon et sa barrière de corail, aux bancs de delfines blancs, roses, azuls ou anthracites qui bondissaient à la sortie des lagons. Sa mémoire fit un bond de plusieurs années, plusieurs dizaines d'années en arrière. Il se revit lui, garçonnet de trois ou quatre ans, et qui courrait pieds nus sur les plages immenses de sable blanc. À cette époque-là, il y avait encore sur l'île des caimán pour courir après les hommes. Les navires d'esclaves qui se dessinaient sur l'horizon avec leurs voiles de nattes, chargés d'hommes ou de femmes noirs que l'on destinait à a vente le fascinaient. Parfois, ils jetaient à la mer la cargaison malade, avariés qu'ils disaient, et les corps étaient poussés par la vague jusqu'aux hauts-fonds, jusqu'à la grande barrière, espinoza, puis le long de la côte et dans la gueule des grands lagons argentés où ils échouaient quelquefois. Guadalmedina se souvint, cette époque de miel et de fruits, où il se rengorgeait de trouver des cadavres bubonnés, des pesteux aux plaies béantes, à la bouche tordues, marqués du fer rouge sur la fesse gauche, sur la plage de Puerto Blanco. Il leur introduisait dans l'oeil ou dans la bouche un petit bâton de bois. Il espérait une réaction. ''M'sieur ? m'sieur ? z'êtes mort ?'' Il s'imaginait alors mille et une façons de mourir, mille voyages sous les coques noires des navires négriers, lorsque le quartier-maître vous y balançait toute c'te viande avariée dans la gueule de l'océan jamais rassasié. Mais il n'obtenait jamais de réponse de la part des macchabés. C'était vain. Il l'apprit un peu plus tard, les morts ne racontent pas d'histoires.

- Parlons de Phadria Red.

Franco eut la sensation d'un coup de sabre en pleine poitrine. Sa bulle de souvenirs, avec ce qu'elle comportait de noix de coco, de petits lagons bleus, de cadavres pourrissants et de caimán éclata.

- Quoi, Phadria Red ?

Il était plus simple pour lui de glorifier la mort avec simplicité à bord de son Alvaro De La Marca que d'évoquer le souvenir de cette femme. Pourtant, sans paraître remarquer son trouble, le gratte-papier insista :

- Vous l'avez épousée, elle ?
- Je l'ai épousée, avoua Guadalmedina en décroisant ses jambes.
- C'est clair, dit l'écrivain sans oser comprendre et en poursuivant : elle était fort jolie.
- Fort jolie, répété Guadalmedina.

Il hésita à planter là ce sot de gratte-papier, et retourner à son commandement. Il était à la tête d'un bâtiment de guerre, mais désarmé, et cela il ne devait point l'oublier. Que n'était-il là, à faire le zouave en compagnie d'un écrivain qui n'arrivait même pas à s'aligner deux poils sur le menton ?

- Où se trouve-t-elle, aujourd'hui ? Toujours sur l'île de Punta'Arenäas, sous la jurisdiction du Royaume ?

La mention de Punta'Arenäas lui donna une lueur de frénésie. Mais il sut faire preuve de bon sens.

- Cela même, petit. Loin de l'orage.

Oward n'avait pas saisit la métaphore.

- Loin de l'orage ?
- Loin de l'orage. Et des loups. Et de la foudre. Et du feu. Loin du crime, qui attire à sa
suite les chiens de la satire et le tonnerre des Dieux. Loin de nous.

Guadalmedina se brûla la langue en s'envoya la fin de son chocolat dans le gosier puis se leva, décrétant par là cet entretien terminé.

- C'est ce qu'elle t'aurait répondu, si tu lui avais posé la question.
- N'avez-vous point de bâtards, Capitaine ? Pas de maîtresses non plus, en ce moment ?

Le pirate sourit avec un peu de vilénie sous sa moustache touffue.

- Non. En ce moment disons que j'ai un faible pour les entrecuisses Elfiques. Mais même
là, je reste prudent.

Et comme Oward ne saisissait toujours pas :

- Je préfère frayer passage par la poupe.

Mais au moment où le Loup de la Passe s'apprêtait à ouvrir la porte de la cabine du gratte-papier, assez fier de son effet, entra Wallace, le poil un brin hirsute. Trois pistolets à six coups étaient passés en bandoulière autour de son torse, accrochés à son baudrier frappé de cuir de buffle.

- Capitaine, dit le Second après avoir salué d'un signe de la tête le gratte-papier, nous avons un problème.
- Morbleu. Quel problème ?
- Nous sommes suivis.

Une fois que Wallace lui eût expliqué la teneur de la situation -à savoir eux, délestés de leurs pièces, poursuivis par une caravelle Royaliste, Franco donna ses directives. Il mit à la panne l'Alvaro et fit hisser pavillon mi-jaune mi-bleu à la pointe de son Grand Mât : demande de communication. L'on dépécha une estafette, un émissaire qui mit à la rame dans la canot de rade du noir vaisseau. Jusqu'à atteindre celui-ci où brillait en lettres d'argent sur sa proue : Prince de Hytraz.

~



À bord de la caravelle de guerre, ancienne prison flottante à la solde du Royaume, le Capitaine Horace De Klemmens reçut dans sa propre cabine l'émissaire du Loup de la Passe. Il n'aimait guère ce Guadalmedina avec ses prunelles obscures d'animal qui brillaient dans ses cils embusqués et son cratère béant et tout fondu qui lui dessinait l'ombre d'une oreille. Le Capitaine Horace De Klemmens ne pouvait penser, en cet instant, qu'à la jeune Elfe captive et ce que la pauvre femme devait se dire en ce moment, à bord de la gigantesque frégate noire frappée du Loup et du squelette en haut de son mât. Il reçut l'émissaire de Guadalmedina, propre et impeccablement mis sur lui-même. Klemmens renvoya ses gens, ne gardant avec lui qu'un greffier et deux gardes, munis de guisarmes.

- Je parle au nom du Capitaine Franco Guadalmedina, commença l'émissaire.

Le Capitaine du Prince De Hytraz hocha imperceptiblement la tête, mains croisées par-dessus son bureau de chêne verni et garni de paperasses. L'émissaire n'était qu'un enfant, un garçon qui ne devait pas avoir plus de quatorze ou quinze ans, calcula-t-il. Imberbe, le dos couvert d'un simple gilet de coton qui avait dû être blanc dans une vie antérieure. Guadalmedina n'avait même pas prêté de souliers à son émissaire afin qu'il traite avec le Royaume, remarqua Klemmens, et il s'en désola. Le Loup de la Passe se fout ouvertement de la patrie.

- Hytraz et les Cités-Blanches écoutent.
- Notre capitaine a trois propositions à vous faire. Dans sa grande bonté il souhaite limiter
les effusions de sang et les pertes que feraient les morts dans les deux camps.
- Je comprends, ricocha Horace De Klemmens en passant une main dans ses cheveux
coupés courts.
- Voici quelles sont les propositions du Loup de la Passe, dit le gamin. Choisissez de
l'écouter, et il n'y aura ni morts, ni blessés, ni déportés parmi vos gens. Le Capitaine consent même à vous rendre celle que vous êtes venu chercher.
- Vraiment, sir ?
- Contre un troc modique. Le Capitaine veut récupérer ses pièces. Il se contentera des
canons que vous avez à votre bord. Les canons, la poudre, contre l'otage. C'est ce qu'il vous propose. Ensuite, il vous laissera repartir sans vous inquiéter. Vous avez sa parole.
- La parole d'un pirate ! éclata en fureur Horace De Klemmens.

Il manqua s'etouffer avec sa propre salive en entendant la ''proposition de paix'' de ce forban ! C'était sûr, à présent, ce Franco Guadalmedina se moquait du Royaume !

- Les condition de ce pirate sont inacceptables, riposta Klemmens.
- Les deux propositions suivantes vous seront encore plus difficiles à accepter, préviens le
matelot au Capitaine De Klemmens. Il est tout à votre avantage d'accepter la première.
- Infamie ! se rengorgea le Royaliste. La Reine ne souffrira jamais une telle dérision !
- Á votre aise. Voici quelle est la seconde proposition : choisissez de vous rendre. Nous
nous accaparerons votre marchandise, vos barils, vos pièces et votre poudre. Il n'y aura ni morts, ni blessés, ni déportés. Nous vous laisserons les habits que vous endossez. Une fois le pillage fait, nous vous rendrons l'otage que vous réclamez contre une rançon en monnaie sonnante et trébuchante. Puis nous nous retirerons, et nous vous laisserons poursuivre votre route où le vent veut bien vous porter.

Le Capitaine De Klemmens devint rouge comme une pivoine. Il se trouva soudain fort en sueur sous ses habits de velours et de coton.

- Vous appelez ça une proposition ? S'étrangla-t-il !
- Je ne suis que l'émissaire de monsieur Franco, s'excusa le gosse.
- Assez que cela, dit Klemmens une fois calmé. Sortez de cette cabine, pirate.
- Je dois tout de même vous faire part de la dernière proposition du Capitaine
Guadalmedina . La voilà : nous pillerons votre navire. Nous nous accaparerons dans le sang votre marchandise, vos barils, vos pièces et votre poudre. Il y aura morts et blessés. Les plus chanceux seront tous déportés pour finir esclaves dans l'Archipel de Grande Lagoon. Nous vous prendrons à tous vos habits et, une fois le pillage terminé, vous récupérerez votre otage par petits morceaux.

Le Capitaine Horace De Klemmens conserva calme et sang-froid. Ce fut avec calme et sang-froid qu'il fit enfermer dans l'estomac du Prince De Hytraz l'émissaire de l'Alvaro et ce fut avec calme et sang-froid qu'il prépara son monde à affronter les pirates.

~



Franco Guadalmedina se demanda, avant d'entrer dans sa cabine, si l'elixir de la bouche de Tahiri lui manquerait, sitôt qu'il en aurait terminé avec elle. Il fit le signe mental de hausser les épaules. Il amorça silencieusement le chien du pistolet poinçonné au canon fiselé d'or, aux garnitures en laiton, à la queue en or fondu et la culasse taillée dans de l'ivoire. Wallace le suivait de près. L'espace d'une seconde, Franco évoqua le visage de toutes les femmes qu'il avait ainsi gardé, jalousement conservé, avec secret, dans sa cabine. Naméra fut la toute première. Une beauté noire, se disait-il. La peau noire, les yeux noirs, la langue noire. L'âme noire. Une démone qui avait réussit en moins d'un an à changer l'Alvaro en un puits de troubles, d'indécence et de débauche. Puis il y avait eu la petite Myrah, dénichée derrière la porte d'une auberge crasseuse de Ray'Bauz. Phadria Red, dont la beauté l'irradiait encore, et aujourd'hui cette Tahiri Rösenwand. Un brin de femme bien différente de toutes celles qu'il avait connu, cette Tahiri. Mais avec un trou entre les jambes qui la rend aussi baisable que toutes les autres. D'un commun accord, le Capitaine et son Second poussèrent la porte de la cabine du maître de l'Alvaro de la Marca.
Bien que son ami de toujours et Second fut mis récemment au courant de son ''petit'' secret, Wallace ne put s'empêcher de dire une fois face à Tahiri, échange de regard aigre-amer, en croisant les bras sur sa poitrine :

- Franco, tu sais que c'est contraire aux règles.
- Mon cher Wallace, dit ce dernier, je te présente Tahiri, de Zaï'Han.

Il s'assura que la porte de sa cabine était bien fermée à clé, et entreprit alors de tourner le dos aux deux autres afin de servir trois verres de rhum. Tandis que Wallace se présentait à l'Elfe qui faisait leur otage, le Roi Pirate extirpa de l'un des tiroirs de son bureau une minuscule fiole ornée d'une tête de mort ornementative pas plus grosse que l'ongle de son pouce. Il versa plusieurs gouttes de ce breuvage, ni vu ni connu, dans l'un des verres puis se débarrassa de la fiole quasi vide dans son tiroir ; avant de servir les verres. Il avait devant les yeux une Elfe, presque une enfant, souriant autant que faire se peut, enjouée telle une gamine et qui n'hésita pas à s'accaparer son propre fauteuil, pieds sur le bureau, en se saisissant du verre qu'il lui destinait.

- Voilà qui est bien parlé, capitaine ! Et puis les règles sont faites pour être enfreintes, c'est bien connu !

Elle se saisit alors de son verre et en but une gorgée, jouant de ses pieds sur le bureau. Un croassement se fit alors entendre, et un oiseau noir, un corbeau, vint se percher sur sa tête à la chevelure émeraude. Franco ne s'en alarma pas plus que ça quand Wallace au front terni ouvrit de grands yeux gris. Le battement d'ailes profond dans la cabine silencieuse les ébroua tous trois.

- Enchantée, Wallace ! J'vous fais pas la bise ! Y a mon crétin de compagnie qui me squatte la tête !

Le volatile qui n'avait visiblement pas apprécié l'insulte lui étant faite entreprit alors de garnir le crane de l'Elfe de nombreux coups de becs qui la firent grimacer. Guadalmedina songea qu'il la prendrait bien, là, maintenant, de suite, sur le bureau de sa cabine.

- Aïe ! Il est pas très commode...
- Elle me sert d'otage comme je te l'ai dis tout-à-l'heure, expliqua-t-il à Wallace, contre
toute cette aristocratie véreuse des Cités-Blanches, Dieux bénissent la Reine. Je lui ai fais grief des chaînes, cette gamine est trop légère pour qu'on daigne la fixer ainsi au sol. Je me contente simplement de lui mettre quelques coups de bâton parfois. Comme un bon précepteur. Cela la calme, ajoute-il en posant son verre.

Franco Guadalmedina voulut bien presser un peu les choses, car un instant il songea au remue-ménage qui avait lieu sur le pont de l'Alvaro. Il imaginait bien Jose, un fouet dans la main, qui pressait ses gars en gueulant à qui mieux-mieux afin de les préparer à l'attaque iminente. Et Tahiri ne savait rien de tout ce qu'il se tramait à l'extérieur de cette cabine aux larges rideaux carminés.

- Quelques coups de bâton ? s'étonna l'Elfe. Oh... Vous parlez de ce bâton là ! Hu hu hu ! Oui ! En général, ce genre de bâton a des vertus bénéfiques sur ma personne !

Elle se mit à sourire de façon mauvaise à l'attention de Franco avant de lever son verre à sa santé.

- Au bâton de Francis !

Allez, bouge-toi de terminer ton verre, petite garce. Je suis pressé.

- C'est vraiment ça, ton otage ? demanda Wallace en considérant la jeune Elfe.

Ce à quoi, il haussa les épaules en trempant les lèvres à son tour.

- Ouais, je sais ! Je ne paye pas de mine comme otage, je suis même sûre que le Général Tullius doit être bien content de ne plus m'avoir dans les pattes ! Mais, hé ! Je suis une mercenaire renommé ! Donc je suis pas si nulle que ça comme otage ! Bon après, faut avouer que je coute cher en rhum et en vin !
- Mes réserves personnelles en prennent un sacré coup depuis que nous avons quitté Zaï'Han, c'est clair.  J'ai connu de petites garces à Port Suppure qui consommaient moitié moins que ça.
- Sérieusement ? s'indigna Tahiri. Comment peux-tu me faire ça, Francesco ? Me comparer aux catins de Port Suppure ! Je suis bien au-dessus de ça !
- CROA ! s'écria le corbeau.
- Exactement !
- C'est Franco, la belle.
- C'est ce que j'ai dit !
- Croa !
- Comment ça, "non" ? Arrête de m'interrompre ! Je disais... ? Ah oui ! heu... Et bien ça
arrive à tout le monde d'avoir des problèmes avec l'alcool ! Beorn Olaf Balmungr, le pyrobarbare, Lemmy Mördenmeister...
- Croa !
- Comment ça, "ils sont morts" ? Sérieusement ? Depuis quand ? Enfin bref... on s'en
fout, de toutes façons ils risquent pas de les connaître... hum hum... excusez moi ! Un petit différent avec mon emplumé ! Tout ça pour dire... Oui... je bois beaucoup ! Mais ça ne m'empêche pas d'être sobre le lendemain ! Bon, c'est sûr que j'ai tendance à boire tous les jours mais...
- Croa !
- Oh ça va ! La ferme !

Comme elle avait posé son verre à côté d'elle, peu décidée à le lamper, et qu'il avait remarqué qu'elle descendait plus vite lorsque son gosier s'échauffait, Guadalmedina aborda un autre sujet, armé de sa verve la plus fleurie.

- Tu c'est ce qu'est le matelotage, au fait ?
- Aucune idée... Un sorte de bizutage pour les nouveaux matelots ? Oh ! Ou alors c'est un
mélange de matelot et otage ! Mais alors là je sais pas trop ce que vous comptez faire de ces deux concepts mélangés l'un à l'autre. Mais j'aime bien le jeu de mots ! Ah ah ah !
- Il y a quelque chose qui se mélange, oui... dit Franco en se resservant un verre de rhum.
- Le matelotage est une vieille tradition de la Flibuste, originaire de Grande Lagoon,
précisa Wallace. On aime bien faire ça là-bas, après une soirée au Saint-Domingue ou réunit autour d'une bassine de punch..
- C'est ton jour de chance la belle, sourit Franco sous sa moustache. Même si au lieu de
punch, j'ai du rhum ou du vin à te proposer.

Il lui désigna son verre d'un geste du menton, et elle s'en saisit de nouveau, toute guillerette.

- Une vieille tradition ? Ouais ! C'est chouette parfois d'entretenir ce genre de vieille tradition. Enfin bon... Si y a de quoi boire, je vais pas dire non !
- Croaaaa ! Croaaaa ! s'excita le volatile.
- Hein ? Tu dis ? Le matelotage, l'étude des différentes techniques du travail de matelot ? Oh ! Alors on va apprendre à faire des noeuds ? Génial ! J'en connais moi aussi ! Celui du pendu par exemple et... ... .. mauvais exemple ! Vous savez quoi ? Ce genre de noeud, on va oublier !

L'Elfe se saisit de son verre et en finit le contenu. Wallace et Franco échangèrent un regard entendu.

- Je sais, je sais ! Parler de noeud de pendu à des pirates, c'est pas forcément très malin
Désolée !

Franco soupira, puis ota ses gants d'un geste sec comme un coup de trique, entreprenant de se rincer les mains et le visage dans une écuelle d'eau mêlée d'un brin de zeste de citron. Wallace quant à lui sourit à Tahiri, plutôt amusé par le numéro.

- On n'étudie pas vraiment les nœuds dans le matelotage, lui dit-il.

Il se dirige alors vers le lit, écartant d'un geste de la main les rideaux qui faisaient l'intimité de cette chambre annexée au bureau tandis que Franco termine de se préparer et se devêtir.

- Heu... Franky ! Loin de moi l'idée de te manquer de respect et de te prendre pour un parfait abruti, mais t'es en train de te fouttre à poil, là, tu sais ? Et ton second semble vouloir faire une sieste... et... on va voir ton noeud...

Elle sembla alors soudain réaliser quelque chose.

- Oh ! Je crois que je viens de réaliser. Le mate-l'otage ! Ah ah ahah ! Heu... non ! Sans façon ! Merci ! J'ai déjà eu ma dose hier soir ! C'est cool Franco, vraiment ! On s'est amusé, tout ça ! Mais honnêtement je crois que j'ai pas encore assez bu pour accepter ce genre de proposition ! Tu me ressers un verre ?

Tu n'en auras pas besoin, belle. Voyant que sa proposition ne faisait pas l'hunanimité, elle proposa :

- Vous préférez pas faire une partie de "Dudo" ?
- Plus d'alcool, trancha Guadalmedina.

Il songea vite fait à son Alvaro, là-haut, qui allait se placer au vent et courir sus vent arrière, se dégager dans la direction choisie afin de damer le pion au Prince De Hytraz. Ils sont armés, et pas nous. L'océan, immense et sombre, deviendrait peut-être très vite immense et rouge.

- Je pensais que tu étais respectueuse des traditions, l'Elfe ? lança-t-il en se grattant le bouc, tout en se balançant sur sa chaise.
- Tant quelles mettent pas ma dignité en péril...

Tahiri s'empara de la bouteille de rhum et commença à y poser ses lèvres charnues afin de boire au goulot.

- Aaaah ! s'exclama-t-elle. Hum... Si tu tombais sur une bande de canibales, qui bouffent les étrangers par tradition, tu la respecterais, peut-être ? Moi pas ! Essaye de te mettre à ma place, Franco. J'ai l'impression de passer pour un morceau de chair fraîche devant deux canibales ! Mets-y au moins les formes ! Bon ok, toi au moins, tu t'es rafraîchi ! Mais ton second, il a même pas fait... ce truc là, avec la bassine d'eau et le citron. Alors messieurs, faites vous au moins propres et présentables à mes yeux le temps que je sois assez saoul pour n'y voir aucune objection !
- Croa !
- Evidemment ! Cela va de soit ! Je suis une demi-déesse, pas une catin de Port Suppure !

Mais si Franco aurait bien tiré un coup sur cette fameuse entrecuisse Elfique, juste avant la bataille et le temps que ses paupières à elle s'alourdissent suffisement pour qu'il puisse en faire ce qu'il désirait, Wallace lui, n'avait clairement pas prévu de se l'enfiler. Par la poupe ou par la proue. Guadalmedina trouva Tahiri Rösenwand admirable, lorsqu'elle se mit à bailler et cligner des yeux. L'excitation de la bataille à venir, de la promesse de sang et d'or, mêlée aux parfums que dégageait son otage et la vue plongeante sur sa gorge, fort bien mise, le troubla quelque peu et il se sentit légèrement dur sous ses braies.

- Autre chose...commença-t-il afin de penser à autre chose que ces tétons ambrés qui appelaient les dents,  peut-être la demi-déesse pourra-t-elle finalement nous montrer toute la teneur de ses nœuds de pendus.

Et voyant que Tahiri ne tiltait pas, c'est Wallace lui-même qui expliqua :

- Nous sommes suivis, madame. Par le Royaume.
- Suivis par...

Elle leva son index, réclamant le silence à tout le monde. Elle s'approcha alors des grandes baies vitrées de la cabine et put s'appercevoir elle même de la véracité de ces faits.

- Bordel ! C'est quoi ce plan, Francis ? Heu... non... Francesco ? Franky ?
- Crôa !
- Franco ! Merci ! ... ... .. C'est quoi ce plan ? Y a un navire du Royaume qui nous suit et tout ce qui te passe par la tête, c'est de faire des cochonneries avec ton Second ? ... ... Heu... Je veux dire, avec moi entre les deux, bien sûr. Enfin... Je ne vous jugerai pas si vous faites ça entre vous ! Ca m'est aussi arrivé de le faire avec des femmes ! Vous inquiétez pas ! Je ne le dirais à personne et...
- Crôa !
- Oui pardon c'était pas le sujet...

Tahiri se pencha à la fenêtre  et commença a faire de grands signes. Un autre baillement la prit, qu'elle ne sembla pas même remarquer, nota Guadalmedina.

- Barrez-vous ! Je maîtrise la situation ! Vous en mêlez pas bordel ! Je gère j'vous dis !
- Crôa !
- Evidemment qu'ils ne m'entendent pas, d'ici !

L'Elfe se tourne vers Franco et son Second avec un visage qui exprimait l'inquiétude quand lui-même se sentait serein.

- Heu... C'est à ce moment là que je suis censée craindre pour ma vie, c'est ça  ?

Admirant sa gravité, lui dont la mort était en cet instant le vœu, termina cul sec son verre de rhum et se leva de sa chaise. D'une poigne mâle, il se saisit du visage de son hôte, hôte ou otage, peu lui en fallait et les deux mots commençaient de toutes façons pareils, et la porta à sa contemplation.

- C'est à ce moment là que tout s'arrête pour toi, lui fit-il d'une voix glaciale avec une haleine que réchauffait la boisson. Les verres en cristal, le miel épicé, le rhum de Puerto Blanco, le lit à baldaquin.

Elle le gifla.

- Lâche-moi ! Glapit-elle tandis que s'envolait et fuyait par le hublot le volatile en
poussant des croassement aiguës.

Mais Guadalmedina ne s'arrêta pas pour autant, et il bloqua les bras de son ancienne concubine derrière son dos, l'immobilisant contre lui. Il avait arrêté de bander, maintenant. Il fut satisfait qu'elle le sente au travers son pantalon de toile noire.

- Fini pour toi, poursuivit-il, les draps de soie, fourrures de renard, le vin des fornications. Fini pour toi, entre autre, le grand luxe de la cabine du Capitaine et ma queue entre tes jambes.
- Franco, le pressa Wallace, je te rappelle qu'on va être attaqué. On a pas le temps de jouer à ça.

Un instant, Tahiri parvint à dégager un bras et le frappa au visage, de nouveau. Cela le fit rire plus qu'enrager. Il ne lui reconnaissait plus aucune force et, bien qu'elle s'agitât comme une furie de la Suppure entre sa poigne, il la savait sienne. La boisson faisait effet et ses forces la quittaient, doucement. Dans quelques minutes, elle dormirait même. Franco Guadalmedina la hissa sur ses épaules comme un bon vieux sac de grain. L'Elfe battait des poings dans son dos et il prit plaisir à raffermir sa prise sur son fessier, perché sur son épaule que battait sa large cape noire. En homme de peu de règles et de nombreux plaisirs, il sortit alors de sa cabine, porte ouverte par Wallace, pour déambuler sur le pont au milieu de ses hommes avec ce drole de paquet remuant qui les laissa tous sans voix comme couenne de lard ou balle de tabac ! Lorsqu'il jeta Tahiri Rösenwand au fond des geôles de L'Alvaro De La Marca, avec une petite tape amicale sur les fesses, il la gratifia d'un sourire cruel.

- Je viendrai te visiter une fois notre victoire sur le Royaume acquise, promit-il. Je t'apporterai du bacon séché et un pichet de vin. On culbutera même un peu, si tu en as envie.

Il entendait au-dessus des geôles le Quartier-maître Jose qui sablait le pont pour éviter que, plus tard, on ne glisse dans le sang de la bataille. Le visage du Loup de la Passe se crispa alors si violemment que les bords de sa cicatrice en place d'oreille virèrent au pâle. La mort qui se cachait derrière sa large cape parut sourire à Tahiri par-dessus l'épaule du Loup.

- Le meilleur rhum, c'est  le plus vieux ; la meilleure eau, c'est la plus neuve. Maintenant je dois te laisser, la belle. J'ai déjà été pendu deux fois par le passé, mais si je devrais l'être une troisième fois, je ne le serai qu'une fois. La dernière est toujours la bonne. Avant, j'ai bien envie de massacrer quelques Royalistes ! Je te dis à ce soir. »
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Mer 27 Juin - 10:04


« Elle le saisit de sa main, froide comme de la glace,
si fort qu'il ne put lui résister,
et le conduisit dans une grotte souterraine. »



Tout semblait étrangement vague et flou. Je ne tenais plus debout. Mon esprit était comme embrumé par un voile sombre et mon corps engourdi par je ne sais quel poison. Ce fumier m’avait lâchement trahi. J’avais pourtant été une prisonnière plutôt sympa. Ce fourbe de Francis allait sévèrement regretter son acte. Me mettre dans une cellule… Quel manque flagrant de courtoisie de sa part. Il est clair qu’il allait s’en mordre les doigts.

- Francis… murmurai-je toute pâteuse.

Je me traînais alors sur le sol de cette cale miteuse, mais je manquais cruellement de vigueur, un peu comme si mes membres étaient devenus du coton. Ou un truc flasque, genre tentacule, mais sans la force pour les manipuler. Non, en fait, oublier le tentacule, j’avais une très légère envie de découper du tentacule à ce moment là, celui de Franky pour être exact. Si j’avais su, je le lui aurai arraché avec les dents.

- Fran… cesco…

Soudain, dans mon esprit, vibra comme une note de musique. Je crus que mon imagination me jouait des tours. Probablement la drogue qu’il m’avait fait boire. Je n’y fis pas attention. Je continuais de me traîner, jusqu’à la porte de ma cellule, aussi lentement et sûrement qu’une étoile de mer.

- Je te… chie… dans la bouche…

Nouvelle note de musique dans ma tête, elle résonne fort cette fois, et je sens que d’autres s’enchaînent, mais elles semblent si lointaines… Je n’imagine pas ces ruffians jouer de la viole ou du violon sur ce maudit rafiot alors qu’ils ont le Royaume aux trousses… Non pire ! Quasiment à porté de canon… s’ils en avaient. Ce n’était pas vraiment le cas, heureusement pour moi.

« Qui est le con qui joue du violon dans un moment pareil ? » me dis-je.

J’entendais déjà les pirates crier, l’acier quitter le cuir pour fendre l’air, l’excitation du combat. Quelqu’un continuait de jouer pourtant, joyeusement même, comme s’il se réjouissait du massacre à venir. Devenais-je cinglé ? Ah non, c’est vrai… Je l’étais déjà ! Je le suis encore ! Et fort à parier que je le serais toujours. Je m’affalais sur le sol, incapable de me mouvoir, en dehors, l’acier s’entrechoquait, la poudre éclatait, et la mort dansait. Le visage contre le plancher, je m’aperçus d’une toute petite flaque d’eau présente.

« Non… N’y compte même pas… Je ne t’appellerai pas… » songeai-je.

Pourtant il aurait été mon seul recours en une telle situation. Mon seul échappatoire. Mais à quel prix ? Je ne voulais pas lui rendre de compte, mais avais-je seulement le choix, à présent ?

Je m’étais finalement décidée, il fallait que je lui parle, au moins pour mettre les choses au clair. J’essayais alors de me mordre la lèvre, plusieurs fois, mais c’est comme si je n’avais plus de force dans la mâchoire. Foutu poison ! Une fois, deux fois, trois fois… sans succès. A force je me mis à désespérer et le monde qui m’entourait me semblait si trouble, si fuyant.

Une écharde ! Là, sur une des lattes ! Si je pouvais l’atteindre et me percer la peau avec… Je tendis ma main pour la toucher du bout des doigts. L’effort était énorme, quasiment insupportable. Ma main tomba pâteusement juste à côté de l’écharde et je jurai intérieurement.

« Avaleuse de foutre… instrument de plaisir vicié… Vas-tu donc te décider à te coller à cette foutue écharde ?? »

Je tentais alors de me traîner un peu plus en avant, mais c’était comme agiter mes mains dans le vent. Et soudain, paf ! Je pause mon autre main sur un clou qui sortait du plancher et bien comme il faut.

« Ça y est ! Chuis bonne pour mourir du tétanos… Du sang dans de l’eau pour pouvoir te parler… Sublime idée, l’emplumé ! »

Je posais ma main dans la flaque, faisant tous les efforts  du monde pour y parvenir. Je m’étais même éclabousser le visage d’eau et de sang. Je me mis à geindre, n’appréciant guère l’expérience. Cependant, la son du violon se fit entendre plus distinctement et c’est alors qu’il m’apparut : grand, la peau grisâtre, le regard froid et la mine implacable. Il souriait à demi, son archet frottant les cordes de son violon.

- Pa…

Il continuait à jouer, daignant à peine me regarder. Comme à son habitude, il faisait comme si j’avais toute l’éternité devant moi. Une minute de plus ou de moins… qu’elle importance à ses yeux ? Pour moi, ça en avait beaucoup, et je ne supportais pas qu’il m’ignore.

- P’pa…

Je n’arrivais pas bien à articuler mes mots. Et lui, il continuait à jouer, comme ça. Mais quel enfoiré ce type… Il pourrait au moins avoir pitié de sa fille. Je me mis à pousser un râle, voyant qu’il ne comptait pas arrêter à jouer pour faire attention à moi. Il s’arrêta finalement, faisant comme s’il venait de remarquer ma présence.

- Et bien… Moi qui désespérais que tu m’appelles… C’est pendant une bataille sanglante que tu daignes me parler ? Excellent choix ! Je comptais venir de toutes manières.
- Guh…
- C’est tout ce que tu as à dire ? Déplorable…
- Poi… son…
- Ah oui… J’oubliais… Tu préfères jouer la mortelle. Le poison, tout ça… La sensiblerie… Tout ça pour finir comme ça ! Tu vois où ça te mène ?
- Hurg…

Il claqua des doigts et le décors disparu. Le temps arrêta de s’écouler, le jour, la nuit… plus rien n’avait d’importance ici. Nous étions dans une chambre richement décorée, avec des tentures pourpres et blanches. J’étais allongée sur le lit, les bras en croix, le regard fixé sur le baldaquin. Mon père était là, assis à mon chevet, toujours assis sur un trône aux contours et à l’aspect lugubres.

- C’est mieux ?

Je soupirai, agacée.

- Une chambre ? Sérieusement ? Tu n’avais pas plus original ?
- Je me suis dit que ce serait pour toi un environnement plus… familier.
- Et ça y est… on est reparti sur le discours moralisateur… Tu vas me dire que je passe trop de temps à faire des galipettes ?
- A quoi bon ? Tu viens de m’épargner cet effort…
- Bordel… T’es chiant !
- Un peu de respect, jeune fille, je suis ton père…
- Je sais pas si tu l’as remarqué, mais je suis en pleine crise d’adolescence ! C’est normal qu’une fille manque de respect à son père quand elle a les hormones qui la travaillent.

Le Dieu de la Mort se mit à pouffer de rire. Il devait sûrement trouver mon sens de l’humour totalement grotesque.

- Des excuses… encore et toujours. Pour quelqu’un qui joue les rebelles, tu manques cruellement de confiance en toi…
- Oh la ferme ! Je t’ai pas appelé pour ça, de toutes façons.
- Je sais… Tu sais aussi qu’il va falloir que tu sois un peu plus raisonnable, à présent.
- Raisonnable de quoi ? Tu vas encore me demander de massacrer qui, encore ?

Gar’Haz soupira. J’avais le don pour l’exaspérer. C’était réciproque cela dit. Je ne l’aimais toujours pas… Et ça ne s’arrangeait pas.

- Tu n’as toujours pas compris… Si je te demande cela, c’est uniquement afin de garder l’équilibre en Arcaëlle !
- Depuis quand massacrer des innocents et des gosses contribue à garder le putain d’équilibre ? C’est toi qui a décidé ça ? C’est toi qui t’es dit : « Je vais garder l’équilibre d’Arcaëlle en envoyant mes enfants massacrer des gens ! Tiens, Tahiri, commences par ta sœur jumelle ! »
- Depuis la nuit des temps, mon enfant…  Depuis toujours c’est ainsi. Quant à ta jumelle… Elle n’était pas destinée aux mêmes dons prodigieux que sont les tiens.
- C’était ta fille, putain !!! TA FILLE !!! MA SŒUR !!
- Et elle s’en porte très bien !
- Pas moi !!!
- Pourquoi faut-il toujours que tu fasses tourner les choses autour de toi ?

Le Dieu de la Mort se mit à imiter grotesquement ma démarche. Un imitation absolument ratée.

- « Moi ! Moi ! Moi ! » Tu pleurniches sans arrêt sur ton sort alors que je t’ai offert le don le plus précieux qui soit ! Celui d’offrir le repos éternel aux arcaëlliens. Protéger l’équilibre, en offrant la mort ! La vie ne peut pas germer si il n’y a pas de mort ! Un sol est riche grâce aux éléments en décomposition qui le recouvrent. La mort n’est pas mauvaise, Tahiri ! Elle est juste… là ! C’est tout ! Je ne suis pas mauvais ! Je ne te veux pas de mal ! Quand est-ce que tu vas finir par comprendre ?

Je restais silencieuse, le dévisageant avec animosité, voir dégoût profond.

- Si tu ne me voulais pas de mal, tu aurais dû me faire mourir en même temps que ma sœur… Tu aurais du me laisser venir avec elle…  
- Tu… Tu veux réellement mourir ?

Je ne répondis pas. Avais-je envie de mourir dans l’immédiat ? Pas vraiment. Vÿ comptait encore sur moi, et Nihil aussi. Souffrais-je inconsciemment au point de vouloir la mort ? Question pertinente à laquelle je n’avais aucune réponse. J’aimais les plaisirs de la vie, la joie qu’offrait Arcaëlle et ses très nombreux habitants. Je n’avais juste pas envie de leur ôter la vie comme me le réclamait mon père.

- Non… mais il aurait peut-être mieux valu, à l’époque…
- Je t’ai choisi pour une mission importante, Tahiri. Un mission difficile, qui te coûtera beaucoup, c’est vrai. Mais c’est notre lot à tous. Nous devons tous consentir à des sacrifices, peu importe notre vie et comment nous choisissons de la mener. Celle que je te propose, n’est pas vouée à la grandeur, ni aux plaisirs éphémères de ce monde. Elle est bien plus importante : maintenir l’équilibre. La Mort… Moi, ne fait aucune distinction entre le bien et le mal. Le sexe ? L’âge ? Les races ? Peu m’importe… C’est parce que j’ai décidé de ne pas faire de distinction que le monde fonctionne toujours, que la vie continue de s’épanouir. En ne faisant aucun choix sur les personnes qui doivent mourir, je protège votre si précieux libre arbitre.
- Et je m’en fous royalement ! Va raconter ça à d’autres ! J’en veux pas de ta mission ! Point !

Le Dieu de la Mort soupira.

- Tu ne me laisses vraiment pas le choix… Bien… Dans ce cas, je te laisses te débrouiller seule… Bonne chance avec ce Guadalmedina. Je ne compte pas l’ajouter à ma liste.
- Hein ? Quoi ? Non, mais attends… Tu vas quand même pas me laisser dans cette merde ?
- Je ne peux rien pour toi, Tahiri. Si tu ne veux pas des devoirs qui incombent à tes pouvoirs, je ne peux te les céder.
- Bordel… Sérieusement ? Tu vas me laisser entre les mains de… cette crevure ?
- Tu aurais peut-être du y réfléchir avant de te mêler des affaires du Royaume ! Tu t’es empêtrée dans une histoire qui n’était pas la tienne, maintenant tu en paies le prix. Arranges-toi pour ne pas te faire tuer… Oh et… Une dernière chose : Tu vas bientôt rencontrer un homme, un fils de May’Veal pour être plus précis. Je te conseille de ne pas rejeter son aide.
- De quoi ? Attends… Mais… Tu peux pas faire ça !!!
- Bon retour parmi les mortels…
- ATTENDS !!!

Le décors disparu, le Dieu de la Mort aussi. J’étais là, affalée sur le plancher de ma cellule… Seule et sans pouvoir divin à réclamer, toujours aussi impuissante.

- Et merde… ‘chier…
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Homme, femme... du moment que ça se baise...
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Mer 4 Juil - 11:31
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Baudelaire



Le bâtiment Royaliste les avait pris par leur travers. Ils en avaient profité afin de déverser sur l'Alvaro De La Marca l'enfer de feu de leurs bouches incendiaires. Les boulets ramés étaient tombés dans la mature et sur le pont comme une pluie de grêle, mais Franco avait du répondant. Il sut s'apprêter à de riches travaux et embrasser les courants de May'Veal afin de tenir le flanc de son château hors de portée des dégâts. Ce faisant, l'abordage devenait inévitable.

« Mais pourquoi s'obstinent ces chiens de Royalistes ? avait glapi Franco. Nous sommes trois fois plus nombreux !

À cela Wallace lui avait rappelé que leurs adversaires étaient fort bien équipés, en armes comme en ailes. Il maniaient un très beau fer voire de belles armures quand eux ne possédaient que le résultat de leur rapine en guise d'arme et la peau sur les os en guise de plastron. Guadalmedina n'était cependant pas de la dernière ressource. De la vieille école, il connaissait le moyen de faire le feu même quand on lui retirait ses pièces ! Alors, tandis que les forbans ailés prenaient l'offensive en se jetant sur les Xen, les Tahoras, les Mzékils ou les Elfins de l'autre bord, il fit vider les pistolets de leurs poudre afin d'en remplir des bouteilles de rhum vides. À celles-ci l'on ajouta de la grenaille, chevrotines, des morceaux de fer et de plomb, puis l'on allumait une mèche qui mettait à l'instant le feu à la charge ! L'Alvaro rendit à son ennemie coup pour coup, et la caravelle nommée Prince De Hytraz dut éteindre sur son pont plusieurs incendie ! Alors, le Loup de la Passe et ses hommes foncèrent ! Leurs cris de guerre, tantôt des ''Guadalmedina !'' tantôt des ''Grande Lagoon !'' firent écho au tiraillement de leur acier et tout-un-chacun dut reconnaître que Franco et sa meute méritaient leur réputation, sinon de guerriers puissants, au moins de combattants acharnés ! Comme des chiens à la curée, fort de leur supériorité numérique, les forbans ne lâchèrent rien et tuèrent les uns après les autres les Royalistes qui osaient venir les défier après les avoir privés de leurs pièces ! Guadalmedina, ses deux rapières à la main, aurait pu frapper d'épouvante même les meurtriers !
       Mais le Royaume n'était de ceux qui se laissent tomber sans réagir et la riposte fut digne des plus grands fiers-à-bras d'Arcaëlle ! Les ailés étant supérieurs en nombre, ces derniers ne prirent point longtemps à éliminer l'escadron aérien pirate et très vite, munis d'arcs ou d'arquebuses, entreprirent de tirer les pirates sur le pont du Prince De Hytraz comme des lapins.

Franco n'était pas un personnage à traiter les choses dans la douceur. Il planta sa rapière dans le torse d'un Royaliste ailé à découvert, puis pivota sur ses talons, souple, et perfora un autre homme ! Tout autour de lui le ménage se faisait à grand coups d'acier ! Il attaquait, agressif, avec un jeu qui faisait montre d'acharnement et de violence ! Il mit hors d'état de nuire un Elfin qui du haut du ciel, se jetait sur lui, puis dans la mêlée planta l'aiguille de son épée dans la gorge d'une panthère qui ne lui plaisait pas trop ; celle-ci se changeant rapidement en un beau Xen qu'une tâche de sang grossissante entourait. Les pirates prirent bien vite, malgré la valeur de la défense adverse, l'avantage ! Tous les Loups noirs savaient qu'il n'était désormais plus qu'une question de temps, sans nuls doutes, avant que le Prince de Hitraz ne soit à eux. Guadalmedina bondit sur ses pieds, esquiva le tir d'une arquebuse ! Le temps que prit l'homme qui lui faisait face à recharger, il le paya de sa vie. Franco enchaîna ses attaques, feintes, estocs, quarte... Mieux, il jubilait de mettre le nez de la Reine dans son succès. C'est alors qu'il sentit une lame s'abattre contre sa gorge, lui coupant presque le souffle. Le contact froid de l'acier sur son crane lui fit également comprendre que le canon d'un pistolet à poudre le visait. Une voix, dans son dos, le tenant en joue exigea sur le champs l'arrêt des hostilités !

« Royaume ! Déposez vos armes !

Un instant, il ne se passa rien. Ou plutot si, ces paroles firent cesser le combat. Des deux parts, dans l'indécision l'on attendait. L'Elfe reprit, d'une voix forte :

- Pirate, cessez le feu ! Royaume, déposez vos armes au lieu de vous faire massacrer ! Faites-le ! Posez tous vos armes, ou je saigne votre capitaine comme un goret et sous vos yeux !

Alors, Wallace après un regard complice avec Jose, le Quartier-maître, ordonna aux hommes de l'Alvaro de cesser leur ferraillement.

- Toi, petite garce ? glapit Guadalmedina à l'attention de Tahiri. Comment as-tu pu te libérer ?
- J'ai mes secrets !

Il savait qu'il n'obtiendrait rien de plus de la part de l'Elfe. Il soupçonna silencieusement un escadron Xen, ou en tout cas ailé, qui s'était glissé furtivement à bord de son navire dans le but de faire évader l'otage. Tahiri menaça encore les Royalistes récalcitrants à déposer leurs armes, ce qu'ils firent complètement une fois que le Xen qui semblait être leur Capitaine le leur ordonna. On pataugeait à présent dans le sang, dans les plumes. Partout sur le pont s'écrasaient des membres, roulaient des têtes, se pliaient des ailes tranchées nettes. Tous risquaient de glisser à chaque pas tant le sang avait imprégné le bois du pont. Les ailés se posèrent doucement. Puis, après de longues minutes de négociations, les deux équipages se séparèrent, chacun regagnant son bord respectif. Franco restait avec Tahiri, contre la promesse de regagner son bord une fois la caravelle éloignée. Contre toute surprise, l'Elfe avait réussi à se faire entendre.

- Soyons clairs Damoiselle. Vous ne comptez point réellement restituer cet homme, l'apanage du mal, à ses congénère ? demanda le Capitaine De Klemmens tandis que partout autour de la caravelle l'on s'activait à laver le pont et compter les morts.

Les blessés étaient emmenés à l'infirmerie, portés par ceux qui le pouvaient encore. Les pertes du côté du Royaume, remarqua Tahiri, demeuraient importantes. Au moins un quart de l'équipage avait péri dans l'affrontement. Au moins une trentaine d'hommes valeureux.

- C'est pas l'envie qui me manque de voir pourrir cet homme dans une prison... J'ai tendance à ne pas trop apprécier qu'on me prenne en otage et qu'on m'empoisonne... mais je n'ai qu'une parole, contrairement à ce mécréant. Alors on va dire que je fais preuve de plus de noblesse et de grandeur d'âme que tous ces pirates... et que cet acte ne fera que le prouver. Je sais ce que vous pensez de lui, mais je suis une femme d'honneur. Je tiendrai ma promesse.

Le Capitaine De Klemmens croisa alors ses mains dans son dos. Son uniforme impeccablement tiré et repassé se galvanisait à présent de nombreuses tâches de sang. Il saignait, put même remarquer Guadalmedina toujours en joue entre les deux personnages, sur le dessus de la main. Le Capitaine, un instant, parut extrêmement troublé de la réponse de la jolie Elfe et passa une doigt poisseuse dans sa chevelure coupée court à la mode des Cités-Blanches.

- Damoiselle, l'honneur demeure, je le gage, la vertu qui habille le Royaume. Cependant je suis au regret de vous informer qu'un tel acte condamnerait plus d'un innocent. Réfléchissez à ceci je vous en conjure. Qui sauve le Loup tuera les brebis. Si nous n'enchaînons point un chien enragé, ne serions-nous point responsable de tous les innocents qu'il dévorera ?
- Vous avez raison... Malgré tout, parole a été donnée, s'obstina l'Elfe sans pour autant relâcher sa pression autour de son cou. Soyez cependant assuré d'une chose : Gar'Haz saura reconnaître les innocents des assassins. Les vrais coupables seront punis et jeté de son royaume quand l'heure sera venu pour eux... pour moi c'est bien suffisant. A vous de décider, Capitaine De Klemmens. Soit vous acceptez cet état de fait, soit il faudra me faire enfermer aussi, je le crains...

Voilà une bien étrange providence, songea Franco.

- Comprenez ma position ainsi que les ordres qui m'ont été donné, Damoiselle. Auprès de mon sens du devoir mon supérieur m'a ordonné de vous ramener saine et sauve à Zaï'Lou. En tant que femme libre, et non en tant que captive. Je ne peux que, pour noyer nos morts, ramener avec les fers cet homme d'une scélératesse qu'il n'est plus possible de taire à la justice du Royaume et des Dieux. Il en est en ce monde, comme ces forbans, qui n'ont jamais connu la piété.

Il y eut un silence après la parole du Capitaine du Prince de Hytraz. Son état-major pressé autour de sa personne indiquait clairement qu'aucun homme à bord ne comptait rendre à l'Alvaro De La Marca son capitaine. L'ivresse du combat n'était pas fini et pourtant, l'on comptait encore les morts. Tahiri n'aurait jamais pu parlementer avec le Royaume en de telles conditions. Si ce Klemmens ne me fait pas pendre sur l'heure à son plus grand mât, je m'en serais bien tiré !

- Alors dans ce cas, obéissez, Capitaine De Klemmens. De mon côté, j'honorerai ma parole. Gar'Haz, mon père, jugera alors si je suis coupable ou non d'avoir laissé notre ami Guadalmedina partir et continuer à commettre ses méfaits. Cela dit, ce ne serait que partie remise, Franco...

Elle le lâcha et, avant même qu'il n'ait pu se jeter sur le capitaine de la caravelle, espérant à son tour pouvoir poser ses condition, on lui sauta dessus et on le désarma. Des fers épais furent passés autour de ses poignets. Klemmens ordonna une fouille intégrale et il se trouva soulagé de ses trois tromblons de fort bonne facture.

- Que Gar'Haz m'en tienne Rigueur, ma foi va en premier lieu à Uoc'Thuy, clama le capitaine Royaliste. Je ferai en sorte que vous ayez honoré votre parole. Ou du moins, que vous ayez essayé.
- Tsss... J'aurai du m'en douter... Soit... Puisque c'est ainsi... Faites ce que vous pensez être juste, Capitaine... Je ne vous en tiendrai pas rigueur... Mais un conseil... assurez vous que je sois solidement enfermée !

Puis, accompagné de sa sauveuse au cheveux verts, traînant ses fers comme un condamné, on les descendit tous deux à la cale. Il relativisa tandis que les deux Tahoras claquaient sur lui la grille de sa geôle. Tahiri avait celle d'à côté. Il se rengorgea néanmoins mentalement du dernier Royaliste qu'il avait buté. Il le revoyait tomber à ses cotés, la face striée de sang, le crâne percé, les globes oculaires jaillissant de leurs orbites sous la douleur, la face déjà livide et extasiée.

- Les morts ne racontent pas d'histoire...lâcha-t-il pour lui même du fond de sa prison.
- On sortira d'ici et l'acier parlera, lui répondit Tahiti qu'on avait pas même pris la peine d'enchaîner. Fini les p'tites gâteries...
- Bwa.

Il se laissa aller à un petit étirement. Bras, jambes. Puis reprit, après s'être assuré qu'il n'était pas blessé suite à l'affrontement.

- Plutôt mignon au fait ce jeune Officier, gloussait dans sa cellule l'Elfe.
- Tu connais bien le Royaume je vois. Tu sais t'y faire avec ces lopettes.
- Je le connais assez pour savoir que ce De Klemmens n'irait pas empoisonner mon rhum... Enfin bon... Tu vois l'ironie de la situation ? Tu me prends en otage, j'te prends en otage, et au final, on finit tous les deux en prison... faut croire qu'ils fantasment sur le fait de me mettre les fers... C'est quand même la deuxième fois...
- Si tu n'étais pas intervenue, fit-il en frottant ses doigts les uns contre les autres, j'aurai massacré tous ces Royalistes et nous n'en serions pas là.
- Si tu ne m'avais prise en otage et droguée, nous n'en serions pas là ! Commence pas à inverser les rôles, Francis !
- Bon. Au lieu de penser à te foutre la Royaume entre les cuisses, tu n'as pas plutôt une idée pour nous tirer de là ? Je n'ai pas spécialement envie de me retrouver la tête dans l'écuelle de la Reine.
- Ah ! Oui ! Parce que maintenant, c'est à moi de NOUS sortir de là... Oui oui oui... Tu sais quoi ? Je suis bien en fait ici ! Elle a l'air plutôt confortable cette cellule ! Je suis sûr qu'on va passer un super séjour !

Tahiri soupira après s'être autant emportée et tourna son regard au travers des barreaux de sa cellule vers Franco.

- Bon, ok ! J'ai donné ma parole ! J't'ai promis de te libérer de ce merdier, alors ok ! J'vais tenir parole ! Tu sais quoi ? Je suis même pas obligée normalement, mais bon... Chuis pas une petite salope du Royaume ou une "pute" de pirate, je tiens ma parole, moi ! Alors laisses moi réfléchir à un plan...

Le plan de l'Elfe vint à elle de lui-même en la personne du Capitaine et de son Second qui vinrent la trouver, quelques heures plus tard.

- Je puis vous offrir une cabine à bord, si jamais vous le désirez. Mais vous ne pourrez point en sortir, je m'en excuse d'avance. Mes hommes demeurent loyaux et braves, mais ils restent des hommes. Vous présentez de nombreux atouts qui les tenteraient, s'excusa le Xen.

Guadalmedina remarqua qu'il s'était changé, fort bien mis et lavé. Il exhalait une odeur d'eau de parfum et de citronnelle. Pas un regard pour lui, évidemment. Il n'avait jamais compris le Royaume et leurs us à la con.

- Hum... intéressant ! Pourrais-je aussi avoir une tasse remplie des larmes du Capitaine Guadalmedina ? Mouahahah ! Hum... Pardon, j'essaye de faire la méchante mais c'est pas crédible. Par contre, si vous voulez me rendre visite dans ma cabine... ne vous gênez surtout pas !  
- Cela risque d'être difficile de vous procurer des larmes et ferait un bien amer breuvage, opina l'autre peu enclin à l'humour. En revanche je peux vous retrouver plus tard dans votre cabine si vous le désirez, bien sûr. Je me mets à votre service afin d'apporter à votre personne la douceur dont vous avez besoin. Ces pirates ont bien du vous traumatiser, pauvre enfant.
- Vous ne pouvez imaginez à quel point, Capitaine ! dit soudainement Tahiri en venant agripper de ses deux mains les barreaux de sa geôle. Ils ont eu envers moi des paroles et gestes déplacés. J'ai bien peur de ne jamais pouvoir m'en remettre. Comment pourrai-je jamais me regarder à nouveau dans la glace ? J'ai subi tant d'humiliation...

Il lâcha un ''garce'' entre ses dents serrées ! Il avait l'impression d'assister à une pièce de théâtre, jouée et rejouée d'avance !

- Voyez comment j'ai été traité ! Toutes ces choses blessantes qui sortent de cette bouche infâme... Demeurer plus longtemps en sa présence m'en coûterait ! Je vous remercie de votre clémence, Capitaine De Klemmens !

Ledit Klemmens fit alors ouvrir les geôles et offrit son bras à la jeune Elfe.

- Venez, je ne peu vous laisser en ces ténèbres à supporter le port de ces fers plus longtemps. L'on vous trouvera une cabine élégante, fine et à votre image. Je ne serai point trop loin si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit durant la journée ou pendant votre nuitée. De Quoi vous changer et procéder à un peu de toilette va vous être apporté. Ainsi qu'un repas chaud qui aura pour but de vous restaurer.

Guadalmedina se rendit compte alors qu'il avait terriblement soif. Une soif de damné ! Il aurait tué ou violé pour un verre de rhum. Même à demi vide. Il lança un regard noir à Tahiri Rösenwand qui s'en allait au bras de son beau capitaine en trépignant du trognon comme couenne de lard !

- Je vous en suis reconnaissante, Capitaine. Et... hum... Quand vous aurez un moment, après que je me sois restauré... auriez-vous la gentillesse... de venir me tenir compagnie. Je crains que mes nerfs aient été mis à rude épreuve et... je ne me sens point l'âme à la solitude. Juste un moment, pour calmer mon cœur encore affolé de toutes ces choses odieuses que je vécu sur ce navire pirate ! »

Franco cracha. Il trouva qu'elle gloussait comme une dinde et se demanda sérieusement comment ce foutre de dindon Royaliste avait pu s'y laisser prendre ! Ils remontèrent sur le pont supérieur. Un officier ferma sur lui l'écoutille et les ténèbres envahirent de nouveau la caravelle. Encore une fois, il se retrouvait seul et prisonnier de ses ennemis.
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" Votre véritable nom, Loup, je ne le dirai pas. Car il est tout-à-fait impossible que l'on vous prenne pour un autre."
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Jeu 19 Juil - 10:48
Je fus enfin menée en un lieu plus chatoyant, plus sûr. Le Capitaine De Klemmens avait, semble-t-il, avalé toutes mes belles paroles. Je saluais intérieurement la naïveté et la bonne volonté des royalistes. Il faudrait que je pense à me faire pardonner mes péchés à leur égard plus tard, mais pour l'heure, je profitais de quoi me toiletter et même me changer. Sans remord, je me débarrassais de mes vieilles frusques et revêtis une panoplie de vêtements destinés aux femmes navigant sur les bâtiments de la royauté, l'armure et les harnais en moins. Rien d'extravagant, donc, mais pratique, confortable et - je devais bien l'avouer - classe.

C'est au moment où je terminais de me vêtir que l'on vint m'apporter de quoi me sustenter. Un jeune mousse venait d'ouvrir la porte et portait à bout de bras un plateau avec ce qu'il fallait pour combler la tristesse d'une pauvre dame en détresse qui venait de vivre les pires tourments que la piraterie pouvait lui faire éprouver. C'était tout du moins la version officielle que j'avais vendu à Horace De Klemmens. En tout cas, la quantité de nourriture qui se trouvait là témoignait de l'efficacité de mon plaidoyer. J'en fus ravie et lorsque le jeune xen déposa le plateau sur la petite table qui se trouvait près de la couchette, je m'approchais délicatement pour le remercier comme il se devait. Mes bras passèrent autour de son cou et mon visage se colla presque au sien. Avec sérénité, le jeune mousse me fixa fièrement.

- Inutile de me remercier, ma Dame. Je ne fais que remplir mon devoir, quant à la récompense que vous me promettez là, sachez que j'ai été averti par le Capitaine de votre... penchant à amadouer de douceurs les hommes les plus prompts à suivre leurs instincts. Je ne suis point de ceux-là, sachez-le !
- C'est bien dommage...
- Donc si vous vouliez bien me rendre les clefs que vous venez de me soutirer...
- Vous n'êtes pas joueur ! Et moi qui comptais filer en douce pour vous rejoindre plus tard dans la nuit...
- Je ne plaisante pas...
- Très bien ! Très bien ! abdiquai-je.
- Bon appétit, ma Dame !

Sur ce, il récupéra ses clefs et parti en refermant derrière lui. Quelle pitié ! J'étais à présent dans l'incapacité de me libérer. Par dépit, je me mis à manger, affichant une moue des moins engageantes. Et pour quelle raison d'ailleurs ? Ne devrais-je pas plus tôt profiter de l'occasion pour laisser tomber ce maudit pirate et le laisser dans ses geôles ? Après tout, il m'avait droguée et emprisonnée, ça n'était que justice. Mais j'avais promis...

- Promis à un pirate... précisa une voix.
- Promis à un... Putain c'est quoi ça ? Je deviens folle ?
- Je crois surtout que tu t'es coupée, ma fille, me suggéra la voix que je finis par reconnaître.  

Je soupirai. C'est probablement en me lavant tout à l'heure dans la bassine d'eau que j'avais laisser couler un peu de mon sang dedans, certaines de mes plaies étant encore fragiles. Je ne l'avais pourtant pas appelé cette fois-ci, mais il fallait croire qu'une partie de moi le réclamait. J'allai donc rejoindre la bassine où son reflet s'affichait.

- On n'a plus rien à se dire...
- Moi je crois que c'est l'inverse !  
- Tu m'as laissé tomber !
- Qui de nous deux a laissé tomber l'autre en premier ? Gronda le dieu de la mort.
- Quoi ? Tu vas encore me faire le coup du papa en colère envers sa fille indigne ? Tu vas encore me reprocher de refuser ta stupide mission ?
- Oui ! dit-il tout simplement.
- Tu me fatigues... Je vais finir par me faire prêtresse d'Özan !
- Tu n'y penses pas sérieusement...

Je laissais un moment d'hésitation, comme pour lui montrer que j'y songeai sérieusement, mais je finis par avouer :

- Non...
- C'est amusant que tu dises ça... Je connais quelqu'un comme toi... qui n'a pas su saisir sa chance et qui a abandonné sa mission divine pour ses propres idéaux... il a fini par embrasser le culte d'Özan pour se défaire de l'emprise de sa mère... Je suis sûr que vous vous entendrez bien, tous les deux !
- Quoi ? Avec un adepte d'Özan ? Plutôt mourir !
- Il ne l'est plus ! J'ai arrangé la chose !

Je le fixai avec une moue dubitative. Il y avait quelque chose de pas clair dans cette histoire. C'est sûr, il me jouait un tour, il voulait encore me la jouer à l'envers.

- Je n'aime pas quand tu « arranges » les choses !
- Et moi je n'aime pas quand tu côtoies des pirates. Quoique... Si tu avais accepté de lui trancher la gorge...
- N'y penses même pas !
- Je t'aurai à nouveau octroyé tes pouvoirs !!! J'aurais fait de toi l'Avatar de la mort, comme tu devrais l'être ! Tu serais auréolée de gloire...  
- Et de sang ! Hors de question !
- La mort fait partie de la vie, Tahiri ! Ce n'est pas un mal ! C'est une fatalité auxquels vous êtes confrontés, vous, les mortels. Ne renie pas ton héritage ! Accepte-le, et tu ne souffriras plus jamais !

Je baissais la tête. Et s'il avait raison en fin de compte ? L'Avatar de la mort... Si j'acceptais de le devenir, j'aurai tous les pouvoirs que je désire, et pourrais enfin décider de qui vivrait ou mourrait. Je serais toute puissante et personne ne pourrais plus m'enfermer, ou me maltraiter. Je serais libre... au prix du sang... Non je ne pouvais pas m'y résigner. C'était une fausse liberté ! Je serais l'esclave de mon propre pouvoir, emprisonnée dans mon rôle, ma tâche. Hors de question que je devienne une marionnette de mon père.

- Je ne serais pas l'esclave de ta volonté, père... Si tu veux vraiment que je devienne l'Avatar, viens toi-même m'affronter !
- Tu sais que je n'ai pas le droit de faire ça ! Je n'ai aucun droit sur les vivants ! Tout au plus, j'ai un droit sur ceux dont l'heure est venue. J'ai un droit également sur les maudits, les damnés, et les désemparés. Mais sur toi...
- Ça ne t'a pas empêché de me transformer en machine à tuer !
- Thaä m'a accordé le droit d'offrir à mes enfants mon pouvoir, il m'a autorisé à faire de vous des Faucheuses.
- Alors que Thaä aille se faire mettre !
- Tu blasphèmes ??? Tu es vraiment tombée bien bas... Je ne laisserai pas ma fille rejoindre les Hayert'Väals, ni les autres blasphémateurs !
- Blasphème, mon cul... La discussion est terminée !

Je saisis la bassine d'eau et ouvrit le hublot, trop petit pour que je puisse y passer, mais assez grand pour y envoyer le contenu de la bassine à travers. Hop ! Voilà ! C'était terminé, plus de discussion instantanée à distance avec mon paternel. J'espérai que ça lui serve de leçon. J'en avais marre qu'on me dise quoi faire.

***

Le dieu de la mort ruminait dans son plan de l’existence, passablement irrité par le comportement de sa fille. Tout le panthéon divin sentait que la chose pouvait rapidement dégénérer tant Gar'Haz était en colère. Jurk se présenta alors à son divin mari, posant ses mains délicates sur ses épaules tendus de colère.

- Un baiser, mon cher mari, réclama-t-elle.

Le dieu resta de marbre un moment avant d'accepter ne serait-ce que de tourner la tête vers son épouse. Son regard était rempli de haine, et Jurk savait qu'elle devait le calmer avant qu'il ne fasse une énorme bêtise, que sa fureur ne dévaste Arcaëlle.

- C'est encore l'une de vos filles qui vous cause tant de tourment ? Demanda-t-elle sans insister sur le baiser précédemment réclamé.
- Elle n'écoute rien !!! Si cela continue, le monde va courir a sa perte ! Les naissances vont se multiplier, et...
- Détendez-vous, cher mari. Il y a bien assez de la guerre et des autres conflits en ce moment même pour avoir réellement besoin d'une Faucheuse...
- Mais justement !!! Les Hayert'Väals se font de plus en plus agressifs !!! Ils sont à deux doigts de trouver le moyen de ramener les créatures d'Özan en ce monde !!! Le néant nous submergera tous ! J'ai besoin que ma fille s'occupe d'eux ! Mais Thaä... Thaä m'interdit de lui retirer son libre arbitre ! Il m'interdit de faire en sorte que les Hayert'Väals soient les seules victimes de ma colère ! Et il a raison sur ce dernier point... Cela détruirai l'équilibre si je prenais parti !!! Mais cette... petite...
- Voudriez-vous que je vous chante une mélodie, pour vous calmer ? Proposa la déesse de la compassion.
- Je n'ai pas le goût à la chansonnette !

Le doux sourire de la déesse s'afficha sur son visage et elle vint se poser devant lui, relevant son menton alors que le dieu de la mort fixait jusque là ses mains crispées de rage. La vue de cette douce expression calma quelque peu Gar'Haz qui se laissa presque avoir au jeu.

- Je sais ce qui pourrait arranger la situation, mon amour. Vous avez rendu service à notre sœur, May'Veal. A son tour de vous en rendre un ! Et si vous lui réclamiez son intervention ? Ce n'est pas comme si votre fille se trouvait sur la terre ferme...

Gar'Haz fixa son épouse avec étonnement. Il est vrai que May'Veal lui devait un service à présent. Il n'y avait juste pas songé sur le moment. Il se frotta le bas du visage et continua à observer Jurk.

- Vous avez raison, ma tendre et chère... Comme vous avez raison ! Mille fois raison ! Que ne ferais-je sans vos précieux conseils !?
- Probablement précipiter Arcaëlle dans un enfer de feu, de guerres, d'épidémies et de morts...
- Certes... J'ai tendance à m'emporter un peu trop vite...

Le Dieu de la Mort soupira et fini par enfiler sa parure de plumes noires. Il poussa un sinistre hurlement, semblable à celui d'un corbeau, avant de s'envoler au travers du cosmos et rejoindre sa sœur des Abysses. May'Veal, qui se montrait jusque là douce et tempérée, commença à s'agiter de par la présence de son frère, présence qui n'augurait rien de bon.

- Que me veux-tu, mon frère ?
- J'ai besoin de tes services, ma sœur ! Puis-je compter sur toi ?
- Sûrement, après tout, je te dois bien quelque chose...
- Ma fille... Tahiri... Je veux que tu forces son destin. Elle se trouve a bord d'un navire du Royaume... J'aimerai que son chemin change de trajectoire... radicalement !  
- Hum... Joues pour moi !
- Pardon ?

Le Dieu de la Mort ne sembla pas comprendre, sa sœur, elle, se mit à sourire.

- J'aime quand tu joues de ton instrument ! Si tu pouvais me jouer un morceau pour m'entraîner, je serais d'accord pour te rendre ce service.
- S'il n'y a que ça pour te convaincre, ma sœur...

Gar'Haz fit apparaître son violon dans ses mains, auréolé d'un nuage de fumée noire, fine, et élégante. Son archet en main, il commença à jouer mais la Déesse des Abysses ne sembla pas satisfaite.

- Non ! Non ! Quelque chose de plus grave !

Le Dieu de la Mort grogna et fit s'envelopper son violon de fumée noire, avant que celui-ci ne se mette à grandir et prendre la forme d'une basse, puis finalement d'un violoncelle. May'Veal sembla ravie et commença à danser au rythme de la musique... une musique sinistre et grave.



Et les flots sur Arcaëlle commencèrent à s'agiter...

***


L'horizon près du Prince de Hytraz était couvert, et la mer commençait à s'agiter. L'agitation se fit sentir sur tout le bâtiment, et même Franco, qui se trouvait dans les cales du navire, pouvait deviner que le temps n'était guère clément à présent. Le roulis qu'il ressentait en était le parfait témoin et il n'était pas le seul à le sentir.

Alors que la mer se déchaînait de plus en plus, un fracas terrible se fit entendre de tout le bâtiment. Un bras tentaculaire venait de heurter violemment la coque du navire. Les marins étaient en proie à la plus grande des peurs. Affronter des pirates étaient une chose, affronter les créatures de May'Veal en était une autre. On s'agita pour attraper les harpons, mais il était déjà trop tard pour empêcher la créature de resserrer son emprise sur le navire de guerre qui se mit à grincer effroyablement. Un hurlement terrible fendit les airs et la tête de la créature sorti des profondeurs, et rendit le pire cauchemar de tout marin, réel : un Jolpan montrait sa tête gigantesque, aussi énorme que dix navires de guerre, peut-être même bien plus encore. Le son que produisait cette créature ressemblait plus à un grincement grave et plutôt qu'un cri.

- Que May'Veal ait pitié de nous ! hurla l'un des marins.

L'un des tentacules qui officiait de doigt de la monstruosité perça la coque... Tahiri se trouva alors enroulée par celui-ci et emportée dans la foulée tandis que le Prince de Hytraz s'élevait dans les airs, à plusieurs mètres au-dessus des eaux. La secousse qui s'ensuivit fit bringuebaler tous les arcaëlliens y naviguant à terre, contre les murs, contre le plafond, contre ou même par-dessus le bastingage... La créature avait cependant trouvé ce qu'elle voulait, elle n'avait plus d'intérêt envers le navire qu'elle déposa sur les flots tumultueux des océans. Le jolpan, fit alors demi-tour et s'engouffra à nouveau dans les eaux, emportant l'elfe avec lui... Tout devint alors très confus pour Tahiri...
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